Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour ,

Je fais une explication de texte sur un extrait Les devoirs.

Quelqu'un pourrait il m'aider j'arrive à la fin et je n'arrive pas à comprendre la dernière phrase :

"Il n'y a pas lieu de s'en tenir aux promesses faites par un homme pressé par la crainte ou abusé par une tromperie"

Merci Maxime

Réponses

  • Voici le texte en entier.

    Il arrive souvent des circonstances où ce qui paraît spécialement digne de l’homme juste et de celui que nous appelons un homme de bien se modifie et s’inverse : par exemple, rendre un dépôt, tenir une promesse ; et tout ce qui concerne la vérité et la loyauté, il devient parfois juste de le transgresser et de ne pas le respecter. Il convient, en effet, de se reporter aux fondements de la justice que j’ai posés en commençant : d’abord, ne nuire à personne ; puis, servir l’intérêt commun. Lorsque ces choses changent du fait de la circonstance, le devoir se modifie et ne demeure pas toujours identique. Il peut arriver, en effet, que la réalisation d’une promesse ou d’un accord soit nuisible à son bénéficiaire ou à son auteur. De fait, si, comme le raconte le mythe, Neptune n’avait pas accompli sa promesse envers Thésée, celui-ci n’eût pas été privé de son fils, Hippolyte : c’est que, parmi les trois voeux de Thésée, le troisième fut, dit-on, de souhaiter, sous l’emprise de la colère, la mort d’Hippolyte ; et, quand il l’eut obtenue, il fut plongé dans un abîme de tristesse. Les promesses nuisibles à leur bénéficiaire ne doivent donc pas non plus être tenues ; et si elles te nuisaient davantage qu’elles ne profitaient à qui tu les as faites, il n’est pas contraire au devoir de préférer le plus au moins. Supposons, par exemple, que l’on ait convenu avec quelqu’un de se rendre sur les lieux d’une affaire pour l’assister en justice et que, sur ces entrefaites, notre fils soit tombé gravement malade : on n’agirait pas à l’encontre du devoir en ne tenant pas parole, et ce serait plutôt celui à qui l’on aurait promis son assistance qui manquerait à son devoir s’il se plaignait d’avoir été délaissé. D’autre part – qui ne le voit ? – il n’y a pas lieu de s’en tenir aux promesses faites par un homme pressé par la crainte ou abusé par une tromperie.

    Cicéron, Les Devoirs [44 av. J.-C.], I, X, trad. du latin par S. Mercier, Les Belles Lettres, 2014, p. 35-39.

    Cicéron parle du devoir. Il vient de dire que nous ne sommes pas forcés de tenir nos promesses quand leurs conséquences seraient pires que de les tenir. Il donne ici un autre exemple : ne pas tenir compte de promesses faites par un être sous le coup de la peur ou auquel on a menti.

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