Grammaire française Participe passé

ShadowShadow Membre
6 juil. modifié dans Langue française

Bonjour à vous tous

Je suis devant un dilemme que je vais me permettre de vous exposer.

1. Conformément au Bon usage de Grevisse, dans le syntagme « une girafe mâle » ou « un enfant prodige », j’analyse « mâle » et « prodige » comme des appositions.

Mais selon Le Grevisse de l’étudiant, dans ces mêmes syntagmes, « mâle » et « prodige » sont analysés comme des noms épithètes.

2. Dans le syntagme « Le roi Albert », Le Grevisse de l’étudiant fait de « Albert » une épithète nominale alors que le BU estime que c’est « le roi » qui est apposé à Albert, cas dans lequel l’apposition précède le nom.

3. Enfin, Le Grevisse de l’étudiant considère que dans « pause café » (sans le trait d’union) « café » est aussi une épithète nominale alors que spontanément j’en fait un nom composé (avec un trait d’union) ce que conforte le Grand Robert.

Bref c’est le chaos… et ces analyses me posent un vrai problème car fidèle à ma grammaire de Denis et Sancier-Château, j’ai toujours considéré que la fonction épithète était réservée à l’adjectif ou à ses équivalents.

En ce qui concerne l’apposition, je me fie toujours à la notion de co-référence et de prédication, raison pour laquelle, je m’attache à bien distinguer les épithètes détachées qui pour moi ne sont pas des appositions. D’ailleurs, sur ce point, Le Grevisse de l’étudiant admet les deux analyses alors que pour la notion du nom épithète à aucun moment n’est envisagée l’éventualité d’une apposition. C’est posé comme une « règle »…

Je suis impatiente de savoir ce que vous en pensez.

Réponses

  • HapoHapo Membre

    J'ai appris la grammaire avec le Grévisse de l'étudiant.

    Ainsi, pour moi, la caractéristique de l'apposition est d'être séparée du nom, à l'écrit par une virgule, un point virgule ou un autre syntagme, et à l'oral par une pause ou un autre syntagme. Les deux conditions doivent être réunies.

    Donc j'analyse bien le "mâle" d' "une girafe mâle" comme un épithète, étant donné qu'il n'y a aucune séparation graphique ou phonique. Il en va de même pour tous tes autres exemples.

  • Une question sûrement très naïve: "mâle" peut être un nom ou un adjectif. Pour moi, c'est un adjectif dans "une girafe mâle", et il est donc épithète, non ? 😏

  • ShadowShadow Membre

    @perluète C'est vrai ça! D'ailleurs le CNRTL considère cet emploi comme adjectival. Toutefois, Le Grevisse de L'étudiant reformule ce syntagme sous la forme "une girafe qui est un mâle", lui conférant une nature nominale...

    @Hapo Et oui, je te comprends. Mais de mon côté, j'ai appris la grammaire avec Denis Sancier-Chateau et le BU... et la démarcation par la ponctuation et la pause à l'oral ne sont pas des critères suffisants car, il me semble, qu'on ne peut pas se limiter à des phénonèmes syntaxiques ou prosodiques, il faut aussi y mettre du sens... Il me semble que la co-référence reste un critère essentiel pour l'apposition et de ce fait, la virgule ne suffit pas à faire une apposition...

  • HapoHapo Membre

    Je ne comprends pas bien cette notion de co-référence. Entre les phrases "Un homme malade m'a parlé" et "un homme, malade, m'a parlé", je ne vois pas de différence de référence.

    Mais peut-être que cela vient du fait que je ne différencie pas épithète détachée et apposition.

  • JehanJehan Modérateur
    6 juil. modifié

    Cela dit, pour Riegel, un nom peut également être épithète. Il lui suffit d'être l'équivalent d'un adjectif ou d'un complément de nom.

    Le deuxième nom assigne une qualité au premier (des propos cochons, un livre choc, un gardien de but passoire, une guerre éclair, une justice escargot, un sujet bateau ) ou est l'équivalent d'un complément prépositionnel (une pause café, un arrêt maladie, des talons aiguilles, du bœuf gros sel, une tarte maison, un billet aller-retour, l'affaire Dreyfus, le musée Picasso, la tour Eiffel ).

    Le nom épithète peut être aussi un nom propre ayant une valeur identifiante par rapport à la "catégorie" exprimée par le premier nom : le président Mitterrand, la planète Mars, le roi Henri IV...

  • ShadowShadow Membre

    Dans "Un homme malade m'a parlé", j'analyse "malade" comme une épithète que l'on peut qualifier de liée. Et dans "un homme, malade, m'a parlé", pour moi, "malade" est une épithète détachée. Dans le second cas il y a une dépendance moins forte de l'épithète par rapport au nom. C'est pourquoi cette épithète est mobile dans la phrase. On part aussi du principe que l'on peut supprimer l'épithète détachée sans modifier le sens logique de la phrase.

    Si j'écris "Les hommes malades sont hospitalisés", cela signifie que seuls les hommes malades sont hospitalisés. Il y a une valeur restrictive.

    Mais si j'écris "Malades, les hommes sont hospitalisés", cela signifie que les hommes sont hospitalisés et ils sont malades. Il n'y a pas de valeur restrictive.

    Pour en revenir à ton exemple, dans les deux cas, il n'y a pas identité entre l'homme et le fait qu'il soit malade. C'est pour cela que, malgré la virgule, je n'en fais pas une apposition. Dans "Cet homme, maire du village, m'a parlé", il y a identité des deux syntagmes : "cet homme" et "maire du village" désignent la même personne. Il y a donc co-rérérence.

  • JehanJehan Modérateur
    6 juil. modifié

    Mais si j'écris "Malades, les hommes sont hospitalisés", cela signifie que les hommes sont hospitalisés et ils sont malades. Il n'y a pas de valeur restrictive.

    Oui. Bien préciser : cela signifie que tous les hommes sont hospitalisés et qu'il sont tous malades.

    Et un adjectif épithète détachée présente souvent une valeur circonstancielle.

    Les hommes, malades, doivent garder la chambre. ( = parce qu'ils sont malades).

  • ShadowShadow Membre

    Et oui! D'ailleurs on trouve aussi cette analyse non pas dans le Grevisse de l'étudiant, mais dans le Grevisse de l'enseignant qui estime que le nom est épithète quand il est employé sans déterminant et directement postposé au nom qu'il modifie... Et cet ouvrage-là a pour auteur JC Pellat qui est aussi le co-auteur de Riegel...

    Est-ce à dire que les analyses du BU et surtout de Denis et Sancier-Chateau commencent à être obsolètes (et moi avec.... 😔)???

  • JehanJehan Modérateur
    6 juil. modifié

    Oui, Denis-Sancier-Chateau préfère nommer "complément de nom" la fonction des catégories autres que l'adjectif et le participe qui peuvent modifier le nom... Simple divergence de nomenclature. Pas de quoi te sentir obsolète !

    Et pour mettre tout le monde d'accord, épithète, apposition, complément de nom... On peut dire que tout ça, ce sont des expansions du nom.

  • ShadowShadow Membre

    Effectivement, cela met tout le monde d'accord. Les expansions du nom restent une valeur sûre.

    Merci Jehan!

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