Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,

Je suis assez perdue concernant mon commentaire je ne trouve pas de problématique et de plan qui coïncide avec mon commentaire, j'ai déjà repéré les mouvements, repérer beaucoup d'informations concernant l'analyse mais la problématique me bloque. Pouvez-vous m'aidez s'il vous plait ? Je vous remercie d'avance.

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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour,

    Il nous faudrait le texte ou du moins ses bornes pour pouvoir t'aider.

  • brandishbrandish Membre

    Je pense avoir trouver une problématique : De quel manière la vengeance prend-elle de l'ampleur et influence l'ambiance gothique du roman ?

    Qu'en dites-vous ?

    Voici le texte

    Il était huit heures quand nous débarquâmes ; nous nous promenâmes quelque temps sur le rivage pour jouir de la lumière éphémère, puis nous entrâmes à l’auberge, d’où nous contemplâmes le merveilleux paysage des eaux, des bois et des monts envahis par l’ombre, mais dont les contours noirs apparaissaient encore.

    Le vent, qui s’était calmé au sud, s’éleva alors à l’ouest avec violence. La lune avait atteint au ciel son apogée, et commençait à descendre ; les nuages traversaient son chemin, plus rapides que le vol du vautour, et obscurcissaient ses rayons, tandis que le lac reflétait le spectacle des cieux agités, rendu plus mouvant encore par les vagues tumultueuses qui commençaient à apparaître. Tout à coup, la pluie tomba en torrents.

    J’avais été calme pendant le jour ; mais dès que la nuit obscurcit les formes des choses, mille craintes surgirent en mon esprit. L’anxiété et la vigilance m’absorbaient, et ma main serrait un pistolet caché dans mon sein ; chaque bruit me terrifiait ; mais j’étais résolu à vendre chèrement ma vie, et à n’abandonner la lutte qu’une fois éteinte ma propre vie ou celle de mon adversaire.

    Elizabeth observa pendant un certain temps mon agitation en un silence timide et craintif ; mais il y avait en mon regard quelque chose qui lui communiqua la terreur, et elle me demanda en tremblant : « Qu’est-ce donc qui vous agite, Victor ? Que craignez-vous donc ? » 

    « Oh ! soyez en paix, mon amour, répondis-je ; cette nuit seulement et tout sera tranquille : mais cette nuit est terrible, épouvantable. » 

    Je passai une heure en cet état, et je réfléchis soudain au spectacle horrible que serait pour ma femme le combat que j’attendais d’un moment à l’autre ; je la priai donc instamment d’aller se reposer, résolu à ne la rejoindre qu’après m’être rendu compte de la situation de mon ennemi.

    Elle me quitta, et je continuai à faire les cent pas dans les corridors de la maison, examinant tous les coins qui pouvaient servir de cachette à mon adversaire. Mais je ne découvrais de lui aucune trace, et je commençais à supposer que quelque bonne chance était intervenue pour empêcher l’exécution de sa menace, quand j’entendis soudain un cri perçant et terrible. Il venait de la chambre où Elizabeth s’était retirée. En l’entendant, toute la vérité traversa mon esprit, mes bras tombèrent, tous mes muscles, toutes mes fibres furent frappés d’immobilité ; je sentais dans mes veines le sang passer goutte à goutte et un picotement aux extrémités de mes membres. Mais cet état ne dura qu’un instant ; le cri s’éleva de nouveau, et je me précipitai dans la chambre.

    Grand Dieu ! pourquoi n’expirai-je pas alors ? Pourquoi suis-je ici pour raconter la destruction de l’espérance la plus belle et de la créature la plus pure qui fût sur terre ? Elle était là, immobile et inanimée, jetée en travers du lit, la tête pendante, et ses traits pâles et contractés à demi-couverts par sa chevelure. Partout où je me tourne, j’aperçois la même image, ses bras exsangues et son corps effondré jeté par l’assassin sur son cercueil nuptial. Pouvais-je contempler ce spectacle et survivre ? Hélas ! la vie est tenace, et persiste le plus longtemps quand elle est l’objet de la haine la plus profonde. Pendant un instant, je perdis la mémoire et je tombai sans connaissance sur le sol.

    Lorsque je revins à moi, je me trouvai entouré des gens de l’auberge ; leur physionomie exprimait une terreur accablante ; mais l’horreur des autres ne me semblait qu’une moquerie, une ombre des sentiments qui m’oppressaient. Je m’échappai dans la pièce où se trouvait le corps d’Elizabeth, mon amour, ma femme, vivante encore il y avait si peu de temps, si chère à mon cœur et si admirable. On l’avait disposée dans une posture différente de celle où je l’avais d’abord aperçue ; et alors, telle qu’elle apparaissait, la tête appuyée sur son bras, le visage et le cou recouverts d’un mouchoir, j’aurais pu la supposer endormie. Je me précipitai vers elle et l’embrassai avec ardeur ; mais la langueur et le froid mortel de ses membres me disaient que ce que je tenais désormais dans mes bras avait cessé d’être l’Elizabeth que j’avais aimée et chérie. Son cou portait la marque criminelle des doigts du démon, et le souffle avait cessé de passer sur ses lèvres.

    Tandis que j’étais penché sur elle dans toute l’angoisse du désespoir, je levai par hasard les yeux. Les fenêtres de la chambre s’étaient auparavant assombries, et je ressentis une sorte de panique en voyant la lumière jaune pâle de la lune illuminer la chambre. On avait replié les volets à l’extérieur ; et c’est avec une sensation d’horreur indescriptible que je vis à la fenêtre ouverte la plus hideuse et la plus abhorrée des apparitions. Un ricanement s’ajoutait à l’horreur du monstrueux visage ; il semblait railler, tandis que son index affreux désignait le cadavre de ma femme. Je me précipitai vers la fenêtre et, tirant un pistolet de mon sein, je fis feu sur lui ; mais il s’échappa, sauta de la fenêtre et, courant avec la vitesse de l’éclair, disparut au sein du lac.

    Le bruit du coup de pistolet amena dans la pièce une foule de gens ; j’indiquai l’endroit où il avait disparu, et nous suivîmes ses traces en bateau ; on jeta des filets, mais en vain. Au bout de plusieurs heures, nous revînmes, ayant perdu tout espoir, la plupart de mes compagnons croyant qu’il s’agissait d’un fantôme issu de mon imagination. Après avoir débarqué, ils se mirent à fouiller la région, en groupes répartis dans des directions différentes au milieu des bois et des vignes.

    J’essayai de les accompagner, et m’éloignai quelque peu de la maison ; mais ma tête tourna, mes pas étaient semblables à ceux d’un homme ivre, et je finis par tomber dans un état d’épuisement total ; une taie couvrait mes yeux, et la chaleur de la fièvre desséchait ma peau. C’est ainsi que je fus ramené, puis déposé sur un lit, me rendant à peine compte de ce qui s’était passé : mes regards erraient autour de la pièce comme pour chercher quelque chose que j’avais perdu.

    Au bout d’un certain temps, et comme instinctivement, je me traînai dans la chambre où reposait le corps de ma bien-aimée. Des femmes pleuraient autour d’elle ; je me penchai sur elle et joignis aux leurs mes tristes larmes ; pendant tout ce temps, aucune idée nette ne surgit en mon esprit ; mes pensées erraient d’un sujet à l’autre, autour de mes malheurs et de leur cause. J’étais perdu au milieu d’un nuage d’étonnement et d’horreur : la mort de William, l’exécution de Justine, l’assassinat de Clerval, et enfin celui de ma femme ; à ce moment même, je ne pouvais dire si ceux des miens qui me restaient étaient à l’abri de la malignité du démon ; mon père se débattait peut-être à cette heure même sous son étreinte, et peut-être Ernest était-il étendu mort à ses pieds. Cette idée me fit frissonner et me rappela à l’action. Je tressaillis et résolus de repartir pour Genève avec toute la vitesse possible.


  • brandishbrandish Membre


    Je pense avoir trouver une problématique : De quel manière la vengeance prend-elle de l'ampleur et influence l'ambiance gothique du roman ? 

    Qu'en dites-vous ?

    Voici le texte 

    Il était huit heures quand nous débarquâmes ; nous nous promenâmes quelque temps sur le rivage pour jouir de la lumière éphémère, puis nous entrâmes à l’auberge, d’où nous contemplâmes le merveilleux paysage des eaux, des bois et des monts envahis par l’ombre, mais dont les contours noirs apparaissaient encore.

    Le vent, qui s’était calmé au sud, s’éleva alors à l’ouest avec violence. La lune avait atteint au ciel son apogée, et commençait à descendre ; les nuages traversaient son chemin, plus rapides que le vol du vautour, et obscurcissaient ses rayons, tandis que le lac reflétait le spectacle des cieux agités, rendu plus mouvant encore par les vagues tumultueuses qui commençaient à apparaître. Tout à coup, la pluie tomba en torrents.

    J’avais été calme pendant le jour ; mais dès que la nuit obscurcit les formes des choses, mille craintes surgirent en mon esprit. L’anxiété et la vigilance m’absorbaient, et ma main serrait un pistolet caché dans mon sein ; chaque bruit me terrifiait ; mais j’étais résolu à vendre chèrement ma vie, et à n’abandonner la lutte qu’une fois éteinte ma propre vie ou celle de mon adversaire.

    Elizabeth observa pendant un certain temps mon agitation en un silence timide et craintif ; mais il y avait en mon regard quelque chose qui lui communiqua la terreur, et elle me demanda en tremblant : « Qu’est-ce donc qui vous agite, Victor ? Que craignez-vous donc ? » 

    « Oh ! soyez en paix, mon amour, répondis-je ; cette nuit seulement et tout sera tranquille : mais cette nuit est terrible, épouvantable. » 

    Je passai une heure en cet état, et je réfléchis soudain au spectacle horrible que serait pour ma femme le combat que j’attendais d’un moment à l’autre ; je la priai donc instamment d’aller se reposer, résolu à ne la rejoindre qu’après m’être rendu compte de la situation de mon ennemi.

    Elle me quitta, et je continuai à faire les cent pas dans les corridors de la maison, examinant tous les coins qui pouvaient servir de cachette à mon adversaire. Mais je ne découvrais de lui aucune trace, et je commençais à supposer que quelque bonne chance était intervenue pour empêcher l’exécution de sa menace, quand j’entendis soudain un cri perçant et terrible. Il venait de la chambre où Elizabeth s’était retirée. En l’entendant, toute la vérité traversa mon esprit, mes bras tombèrent, tous mes muscles, toutes mes fibres furent frappés d’immobilité ; je sentais dans mes veines le sang passer goutte à goutte et un picotement aux extrémités de mes membres. Mais cet état ne dura qu’un instant ; le cri s’éleva de nouveau, et je me précipitai dans la chambre.

    Grand Dieu ! pourquoi n’expirai-je pas alors ? Pourquoi suis-je ici pour raconter la destruction de l’espérance la plus belle et de la créature la plus pure qui fût sur terre ? Elle était là, immobile et inanimée, jetée en travers du lit, la tête pendante, et ses traits pâles et contractés à demi-couverts par sa chevelure. Partout où je me tourne, j’aperçois la même image, ses bras exsangues et son corps effondré jeté par l’assassin sur son cercueil nuptial. Pouvais-je contempler ce spectacle et survivre ? Hélas ! la vie est tenace, et persiste le plus longtemps quand elle est l’objet de la haine la plus profonde. Pendant un instant, je perdis la mémoire et je tombai sans connaissance sur le sol.

    Lorsque je revins à moi, je me trouvai entouré des gens de l’auberge ; leur physionomie exprimait une terreur accablante ; mais l’horreur des autres ne me semblait qu’une moquerie, une ombre des sentiments qui m’oppressaient. Je m’échappai dans la pièce où se trouvait le corps d’Elizabeth, mon amour, ma femme, vivante encore il y avait si peu de temps, si chère à mon cœur et si admirable. On l’avait disposée dans une posture différente de celle où je l’avais d’abord aperçue ; et alors, telle qu’elle apparaissait, la tête appuyée sur son bras, le visage et le cou recouverts d’un mouchoir, j’aurais pu la supposer endormie. Je me précipitai vers elle et l’embrassai avec ardeur ; mais la langueur et le froid mortel de ses membres me disaient que ce que je tenais désormais dans mes bras avait cessé d’être l’Elizabeth que j’avais aimée et chérie. Son cou portait la marque criminelle des doigts du démon, et le souffle avait cessé de passer sur ses lèvres.

    Tandis que j’étais penché sur elle dans toute l’angoisse du désespoir, je levai par hasard les yeux. Les fenêtres de la chambre s’étaient auparavant assombries, et je ressentis une sorte de panique en voyant la lumière jaune pâle de la lune illuminer la chambre. On avait replié les volets à l’extérieur ; et c’est avec une sensation d’horreur indescriptible que je vis à la fenêtre ouverte la plus hideuse et la plus abhorrée des apparitions. Un ricanement s’ajoutait à l’horreur du monstrueux visage ; il semblait railler, tandis que son index affreux désignait le cadavre de ma femme. Je me précipitai vers la fenêtre et, tirant un pistolet de mon sein, je fis feu sur lui ; mais il s’échappa, sauta de la fenêtre et, courant avec la vitesse de l’éclair, disparut au sein du lac.

    Le bruit du coup de pistolet amena dans la pièce une foule de gens ; j’indiquai l’endroit où il avait disparu, et nous suivîmes ses traces en bateau ; on jeta des filets, mais en vain. Au bout de plusieurs heures, nous revînmes, ayant perdu tout espoir, la plupart de mes compagnons croyant qu’il s’agissait d’un fantôme issu de mon imagination. Après avoir débarqué, ils se mirent à fouiller la région, en groupes répartis dans des directions différentes au milieu des bois et des vignes.

    J’essayai de les accompagner, et m’éloignai quelque peu de la maison ; mais ma tête tourna, mes pas étaient semblables à ceux d’un homme ivre, et je finis par tomber dans un état d’épuisement total ; une taie couvrait mes yeux, et la chaleur de la fièvre desséchait ma peau. C’est ainsi que je fus ramené, puis déposé sur un lit, me rendant à peine compte de ce qui s’était passé : mes regards erraient autour de la pièce comme pour chercher quelque chose que j’avais perdu.

    Au bout d’un certain temps, et comme instinctivement, je me traînai dans la chambre où reposait le corps de ma bien-aimée. Des femmes pleuraient autour d’elle ; je me penchai sur elle et joignis aux leurs mes tristes larmes ; pendant tout ce temps, aucune idée nette ne surgit en mon esprit ; mes pensées erraient d’un sujet à l’autre, autour de mes malheurs et de leur cause. J’étais perdu au milieu d’un nuage d’étonnement et d’horreur : la mort de William, l’exécution de Justine, l’assassinat de Clerval, et enfin celui de ma femme ; à ce moment même, je ne pouvais dire si ceux des miens qui me restaient étaient à l’abri de la malignité du démon ; mon père se débattait peut-être à cette heure même sous son étreinte, et peut-être Ernest était-il étendu mort à ses pieds. Cette idée me fit frissonner et me rappela à l’action. Je tressaillis et résolus de repartir pour Genève avec toute la vitesse possible.


  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour,

    La référence au roman gothique est judicieuse, mais il faudrait rendre la problématique plus précise.

    Quelques pistes à assembler :

    • le registre fantastique lugubre et diabolique propre au roman gothique,
    • le registre pathétique lié au meurtre
    • le registre tragique de la malédiction et de la transgression.

    Il y a conjonction d'éléments du roman noir qui annoncent le romantisme frénétique.

  • brandishbrandish Membre

    Merci beaucoup !

  • Moi, ce qui me bluffe, c'est qu'on étudie le roman gothique en cours alors qu'il y a quelques décennies le genre était considéré comme plus que mineur ! Or quoi de plus moderne que Frankenstein, archétype de la science fiction qui permet à l'occasion des développements philosophiques sur l'évolution de la société ?

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