Simon UASimon UA Membre
22 juin modifié dans Littérature française

Bonsoir,

Je ne pense pas que ce sujet existe déjà, aussi je le crée.

Quels livres ont marqué votre adolescence ? Par là, un livre que vous avez lu peut-être plusieurs fois, dont les personnages vous ont marqué(e), dont l'univers a influencé vos goûts et centres d'intérêt, etc.

Ça peut aussi être un livre que vous trouveriez médiocre, si vous le relisiez maintenant...

Bonne soirée !

😀

Réponses

  • plutoniumplutonium Membre
    23 juin modifié


    J'ai quasiment appris à lire avec Jules Verne, et à 12-13 ans, j'avais lu pratiquement tout ce qu'il a écrit. Quand j'étais gamin, je me suis souvent identifié à ses personnages.

    Il se trouve que j'ai relu "L'île mystérieuse" récemment, et ça reste toujours plaisant. Evidemment, maintenant, je vois ça et là des invraisemblances, mais cela ne compromet pas l'ensemble. Globalement, Jules Verne vieillit plutôt bien, dans sa catégorie.

    Je remarque tout au plus des choses qui n'avaient pas spécialement attiré mon attention quand j'étais plus jeune, qui sont sujettes à polémiques, mais qui ne relèvent pas vraiment de la qualité littéraire (des préjugés imprégnant une bonne partie de la littérature du 19ème siècle).

    Ensuite, j'ai eu ma période Zola. Et puis Victor Hugo.

    Par contre, je n'ai jamais terminé un roman de Balzac à l'époque. Il faudrait peut-être que je réessaye maintenant.

    La relecture récente de Barjavel a été assez décevante, je l'ai écrit ailleurs. Je pense qu'un roman comme "Ravages" doit sa survie dans la culture populaire plus par le thème traité (l'effondrement de la civilisation) que par sa qualité propre. Et "Le voyageur imprudent" est assez dépourvu d'intérêt. Celui qui se tient le mieux est "La nuit des temps".

  • J'ai lu mon premier lire de "grande personne" à 9 ans : le Claudine à l'école de Colette. Certes un peu osé à mon âge, mais bon... Son livre m'a marquée à vie et, bien sûr, à défaut de "maîtresse", je suis devenue prof... J'ai lu tout Colette et la relis souvent. J'adore son style.

  • Simon UASimon UA Membre

    La nuit des temps de Barjavel je l'avais lu un peu par hasard, je ne sais plus pourquoi. Mais à l'époque je n'avais pas saisi toute la portée du livre. J'avais été touché par cette histoire d'amour, mais le reste (les événements de Mai 68 je crois, la Guerre froide...) m'avait échappé.

  • 24 juin modifié

    En ce qui me concerne, j'étais un assez gros lecteur jusqu'en classe de 5e ou 4e. Mes meilleurs souvenirs : Robinson Crusoé de Daniel Defoe, Les trois mousquetaires et Vingt ans après d'Alexandre Dumas, Sans famille et En famille d'Hector Malot, L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson, Les Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet, Voyage au centre de la terre et L'Île mystérieuse de Jules Verne... J'en omets beaucoup.

    Je dois aussi une reconnaissance éternelle à Maurice Leblanc pour les Arsène Lupin ainsi qu'à Conan Doyle pour les Sherlock Holmes, Pierre Souvestre et Marcel Allain pour les Fantômas et Gaston Leroux pour les Rouletabille, (que j'ai toutefois lus un peu plus tard).

    À l'école primaire, je m'étais enthousiasmé pour les séries policières » comme Le club des cinq et Alice d'Enid Blyton, ainsi que Les six compagnons de Paul-Jacques Bonzon. Quant aux livres illustrés - à mi-chemin entre le livre et la bande dessinée parce que le texte était situé sous les cases et qu'il n'y avait pas de phylactères -, j'ai usé jusqu'à la corde (de la reliure) Les Pieds Nickelés de Louis Forton, ainsi que La Famille Fenouillard et Le Sapeur Camembert de Christophe.

  • JocrisseJocrisse Membre
    24 juin modifié

    À l'école primaire, je m'étais enthousiasmé pour les séries policières » comme Le club des cinq et Alice d'Enid Blyton, ainsi que Les six compagnons de Paul-Jacques Bonzon.

    Aah, les Six Compagnons, j'adorais aussi, j'ai bien dû en lire une vingtaine. Je pouvais d'autant plus m'identifier que j'étais Lyonnais à l'époque, et ce n'est pas très courant, les histoires qui se passent à Lyon. C'est peut-être ce régionalisme naïf qui fait que j'ai moins apprécié le club des Cinq, va savoir...

    En revanche, je n'ai jamais accroché à tout ce qui était fantastique ou science-fiction, et dans la suite, je suis allé très vite vers le polar (et le réalisme en général).

  • perluèteperluète Membre
    25 juin modifié

    Je me souviens avoir lu pas mal de romans de Pearl Buck, de Maurice Leblanc aussi, des BD... Bien sûr, en primaire Enid Blyton, la comtesse de Ségur. J'ai sûrement lu beaucoup d'autres romans dont je ne me souviens plus, ou vaguement, dont une série avec un certain Prince Eric...J'ai bien dû lire quelques Jules Verne, mais je ne sais plus lesquels!

    Dans tout ça, je crois que je n'ai relu que les BD...et découvert plus tard d'autres Jules Verne.

  • JocrisseJocrisse Membre
    25 juin modifié

    Je suis un peu surpris par la récurrence de Maurice Leblanc. Ce n'est pas un mauvais auteur, mais je ne le trouve pas très facile, pour des jeunes. L'aiguille creuse ou des choses comme ça, c'est bien, mais pas évident, je trouve. Dans les années 70, il y avait la série télé des Arsène Lupin, avec Georges Descrières, qui réussissait la prouesse d'être à la fois un sociétaire de la Comédie française et le plus mauvais des acteurs qu'on n'ait jamais vus, un nullard qui a fait époque dans l'histoire du cabotinage et de la ringardité, un parangon, un spécimen.A le voir, on se demande infiniment comment on peut être mauvais à ce point, et comme cela n'apparaît que comme quelque chose de voulu, quel est le but exactement. Le succès de la série a peut-être un peu bousté la lecture ?


    Ce qui m'avait frappé en lisant les bouquins, c'est que Lupin n'est absolument pas un type sympathique, chez Leblanc. C'est un vrai voleur et il n'a aucun alibi moral, c'est pas Robin des bois ni rien de ce genre. Il vole pour s'enrichir, il essaye d'éviter la violence s'il le peut, mais quand il ne peut pas, il l'utilise tranquillement et sans états d'âme. La violence n'est pas bien maligne et c'est surtout ce qui fait que vous serez chopé. S'il évite, ce n'est pas par humanisme, mais par prudence. C'est juste un salaud intelligent. Ils on choisi de pervertir la chose pour la série télé et rester corrects avec un Lupin sympa, et pour accréditer l'idée, ils ont pris ce qui peut se rapprocher le plus, ce qui fait faire le voyage le plus court, en prenant un abruti.


    Le talent était ailleurs. Dutronc, avec sa classe habituelle, a fait une bonne chanson pour cette série.

  • Simon UASimon UA Membre

    Moi vers la fin de primaire/début du secondaire je lisais les Bob Morane aux éditions Marabout. Il y avait un énorme magasin (Le Bric, qui existe toujours) qui vendait des livres d’occasion et j’en achetais régulièrement. J’en ai vraiment lu beaucoup ! J’adorais ce héros sans défaut, chevaleresque, plein d’humour...

    Apres, j’ai surtout dévoré des livres d’espionnage, notamment ceux de Robert Ludlum. Notamment La mémoire dans la peau et La mort dans la peau (qui n’ont rien à voir avec les films à grand spectacle qui en ont été adaptés), L’illusion Scorpio et La trahison Prométhée.

    Quelques Tom Clancy aussi, mais j’appréciais moins.

  • Simon UASimon UA Membre

    Le club des cinq c’était la bibliothèque verte ? Je crois qu’une maison d’édition fonctionnait comme ça : bibliothèque rose pour les enfants, bibliothèque verte pour les adolescents...

  • JocrisseJocrisse Membre
    25 juin modifié

    Moi vers la fin de primaire/début du secondaire je lisais les Bob Morane aux éditions Marabout

    Je me suis forcé à en lire deux ou trois, j'ai craqué. Je crois que ce qui me gênait, c'était son acosmie absolue, c'est-à-dire que je ne voyais pas du tout dans quel monde il pourrait y avoir un Bob Morane. Vous m'entendez, ce n'est pas Bob Morane que je conteste, mais juste l'existence d'un monde où Bob Morane pourrait exister.

    Pour parler comme les philosophes, c'est sa mondanité (cela veut dire : son appartenance à un monde) que je trouve très suspecte. J'ai plutôt l'impression qu'il existe si le monde n'existe pas, ou même que son existence est une espèce de protestation contre le monde. Si je me souviens bien, ses qualités sont toutes négatives. Les mérites qu'on peut lui attribuer consistent seulement à ne pas être ou à ne pas faire, en sorte qu'on s'attachera à sa personne d'autant plus qu'il ne fera rien, une proposition que je serais prêt à soutenir d'ailleurs :i l est très beau, et principalement quand il ne fait rien.

    Je ne dis pas qu'il n'y a pas une petite gestique, d'ordre purement esthétique, je crois - pour faire bouger un peu le personnage, et donner un semblant d'activité à ce genre de personnage. Au reste, on leur a donné (aux personnages, je veux dire) ce semblant de réalité dans le même moment où on l'a vidé de toute réalité. Si bien qu'à un moment, il n'a plus été question d'autre chose que d'un jeu du vide avec lui-même. De manière un peu résiduelle, on a pu observer des grosses bêtises, mais insister là-dessus relève des chipotages.

  • Simon UASimon UA Membre

    @Jocrisse

    Evidemment, Bob Morane est un personnage finalement un peu caricatural. Mais à l'époque j'aimais bien ce genre de héros sans peur ni reproche et au sens moral inaltérable.

  • Bonjour

    Je lisais Pagnol ses souvenirs d enfance

    J aimais beaucoup "Lili" je crois l ami d enfance du narrateur.c était un personnage proche de la nature...un enfant du pays qui n allait pas à l ecole mais connaissait tous les secrets de la nature alors qu il était un pré adolescent

    Je me souviens d une phrase ou Pagnol écrivait que ce " Lili" plus tard et encore jeune était mort à la guerre tué par des éclats d obus le visage contre terre sur" des fleurs dont il ne savait pas le nom"(de mémoire je crois que c est la phrase ...elle m est restée)

    J ai trouvé Pagnol merveilleux dans la description et dans ce qu il restituait de l amour de sa region

    J étais en quatrième

  • webmestrewebmestre Administrateur

    Bonjour Emmanuellela,

    J'ai relu récemment les Souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol.

    La phrase exacte est reprise dans l’article consacré à Lili sur Wikipédia :

    Mon cher Lili ne l'accompagna pas avec moi au petit cimetière de la Treille, car il l'y attendait depuis des années, sous un carré d'immortelles : en 1917, dans une noire forêt du Nord, une balle en plein front avait tranché sa jeune vie, et il était tombé sous la pluie, sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms…

  • Pagnol, voilà bien un auteur adoré des français à une certaine époque, ne serait-ce que pour ses adaptations au cinéma et au théâtre pour les plus chanceux (car servies la plupart du temps par de grands acteurs), et qui, aujourd'hui, semble un peu oublié, boudé ou plus encore probablement inconnu des jeunes générations. À mon sens, en tant que « classique » du XXe siècle il mériterait deux volumes dans La Pléiade...

  • JocrisseJocrisse Membre

    Dans l'absolu peut-être, mais un Pléiade ne se fait pas comme ça. Il faut trouver un ou des érudits qui connaissent leur Pagnol par coeur pour rédiger tout l'apparat critique. Il faut trouver les gens et pour cela il faut qu'ils existent. L'ambition de cette collection étant en effet de produire des ouvrages de référence.

    Et après, il faut aussi l'espérance qu'il y ait un peu de clients pour acheter. Le besoin de l'heure, est-ce de lire Pagnol ?

    C'est une question.

    Peut-être que le côté campagnard ou rural peut passer pour une forme d'écologie, remarquez. Une préface de Yannick Jadot, ça pourrait peut-être teaser, va savoir...

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.