Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonjour,

j'ai 24 ans, j'ai terminé mes études ( licence d'histoire et master de philosophie mention arabe) l'an dernier et j'ai beaucoup d'interrogations au sujet de mon orientation... Cela m'aiderait vraiment d'avoir quelques avis.

Cela fait très longtemps que je veux être enseignante-chercheuse en université, et mon M2 recherche m'a beaucoup plu, j'ai obtenu 16 à mon mémoire et j'étais vraiment passionnée par mon sujet. Après mon master je suis partie à l'étranger comme assistante de français, à mi-temps, mais la recherche me manque vraiment et j'ai le sentiment d'être restée sur ma faim avec le mémoire de master, j'aimerais aller plus loin... J'ai souvent pensé à m'inscrire

Mais l'aspect précaire du métier de chercheur me fait peur, je n'ai ni le CAPES ni l'agrégation ( et je ne pense pas du tout avoir le niveau pour ça, étant donné que j'ai fait des études pluridisciplinaires et que je ne suis spécialiste ni d'histoire, ni de philosophie, ni de langue arabe)... Et certains témoignages d'anciens doctorants en sciences humaines m'effraient pas mal ( du genre " fuis pendant qu'il en est encore temps"!)... De plus, à mon âge, je n'ai pas de métier stable et le fait de rentrer dans la vie active ( à temps plein) sur le tard me semble un peu angoissant... Sans parler de la vie de famille ( d'après certains de mes professeurs, avoir des enfants ou même une vie sociale est complètement incompatible avec une activité de chercheur...).

Bien sûr, j'ai aussi envisagé un plan B ( devenir traductrice ou professeur de FLE), mais cela demande aussi plusieurs années d'études ( deux ans de master pour chacun de ces métiers)... Certains métiers, comme professeur en lycée, ne sont pas vraiment envisageable pour moi, car j'ai le syndrome d'asperger ( donc pas très douée sur le plan social).

Du coup j'aimerais avoir des avis de personnes ayant fait un doctorat en sciences humaines... Est-ce que c'est vraiment, comme me le disent mes proches, la porte directe vers le chomâge?Sinon, à quels genre d'emplois peut-on prétendre après un doctorat en sciences humaines (je veux me spécialiser dans l'histoire des sciences...)?

Réponses

  • AscagneAscagne Membre

    Bonjour,

    La difficulté vient du fait que les doctorats en sciences humaines ne mènent pas souvent à des emplois autres qu'universitaires (et que de ce côté-là il est très compliqué d'obtenir un poste). Il y a bien des jeunes chercheurs et des MCF qui ont une vie de couple et de famille, mais les nécessités et les sacrifices universitaires peuvent pour ainsi dire retarder certains choix de ce côté-là par rapport à d'autres métiers (car on peut être amené à bouger chaque année ou tous les deux ans avant d'être titulaire). Généralement, les directeurs de recherche conseillent aux doctorants d'avoir un filet de sécurité, une stabilité (un poste par exemple) avant de se lancer en doctorat ou au début de celui-ci.

    Je trouve un peu curieux votre message du côté de la spécialisation, c'est un peu contradictoire de dire que vous craignez les concours pour cette raison alors que vous évoquez à juste titre une nécessaire spécialisation pour le doctorat.

    En revanche, en effet, avec le syndrome d'Asperger, l'enseignement secondaire est risqué car le métier est finalement très social et demande beaucoup d'énergie et d'activité relationnelle. Enseigner à la fac et face à des adultes est très différent.

    Des spécialistes de philosophie pourront mieux vous répondre sur le reste.

  • ArtzArtz Membre

    Je pense que la philosophie et l'histoire sont des disciplines assez légitimistes : difficile donc d'avoir un poste universitaire sans l'agrégation (je ne connais pas d'exemple en philosophie). Et effectivement, difficile de mener une thèse sans avoir un filet de sécurité.

    Etant neurotypique et faute de connaissance sur la question, je ne peux pas te conseiller sur la question de l'enseignement au lycée dans ta situation.

    Je pense donc qu'il faut prendre la question à l'envers : quel métier veux-tu faire ? Si tu veux être universitaire en France, il est probable qu'il faille en passer par l'agrégation, en tout cas en philo et en histoire. Tu peux également réfléchir à faire un doctorat ailleurs, dans des pays francophones (Belgique, Suisse, Canada, par exemple) ou dans d'autres espaces si tu peux et veux, mais cela risque de te fermer davantage encore l'espace français. Tu as peu de chance de parvenir à ce poste, très honnêtement, mais, en ce moment, c'est le cas d'un peu tout le monde (avec malgré tout des variations dans le "peu de chance"). Désolé pour le côté un peu pessimiste de la réponse qui est un propos sur l'état du monde académique et pas du tout sur tes capacités.

    Si tu trouves un autre métier qui t'intéresse, alors rien ne t'empêche de faire une thèse ensuite, à ton rythme, pour le projet intellectuel que cela constitue.

    Le plus simple reste tout de même de discuter de tout cela avec ton directeur/ta directrice de mémoire.

  • sandm77sandm77 Membre

    Les difficultés liées à l'autisme pourront aussi être problématiques dans d'autres carrières :

    - Le monde académique est très structuré par les jeux de relations voire de pouvoir qui se jouent au sein des laboratoires, des universités. Entre l'inscription en doctorat et un éventuel poste de MCF, il faut souvent bouger, jouer de ses relations, et faire preuve d'une adaptabilité que beaucoup de personnes avec le syndrome d'Asperger peuvent vivre comme une rude épreuve.

    - Les postes en entreprise exigent aujourd'hui, souvent, de travailler en équipe, parfois en open space. Les planning bougent souvent, là où la stabilité et la routine sont des repères pour nombres de personnes avec le syndrome d'Asperger.

    Comme le suggère Artz, partir de ce que tu veux faire me semble être plus important que regarder "un champ des possibles" compte tenu de ton handicap. Quoiqu'il en soit, enseignant, chercheur ou n'importe quel autre métier nécessitera des efforts souvent d'autant plus grands que l'autisme ne donne malheureusement lieu que très rarement à des aménagements efficaces dans le monde du travail. L'enseignement secondaire est de même parfois difficile pour les porteurs de ce syndrome, mais ce n'est peut être pas le métier le plus inadapté (des témoignages d'enseignants autistes sur Neoprofs sont disponibles et pourraient t'intéresser).

    Si la recherche (et l'enseignement qui va avec) t'intéresse, il pourrait être opportun sinon indispensable de reconsidérer la possibilité de passer l'agrégation. D'une part parce qu'elle constitue une condition pour nombre de financements de thèse/de postes de MCF dans les disciplines visées. D'autre part, parce qu'elle te permettra d'avoir un poste au cas où ton parcours ne te mène pas jusqu'à la titularisation à l'université. Or, ce dernier point est relativement imprévisible en l'état actuel (peu de recrutements qui amènent une part de hasard d'autant plus grande dans l'accès à un poste de MCF).

  • ScaraBScaraB Membre
    11 juin modifié

    Bonjour, je me suis posé (et je m'en pose encore !) des questions à propos du doctorat de philosophie et de l'enseignement à l'université. J'ai donc fait un post ici et j'ai eu pas mal de réponses, j'espère donc que cela pourra t'aider :


  • Olga2020Olga2020 Membre

    Bonjour, et merci à tous pour vos réponses!

    Effectivement, je pense que le côté social de la recherche serait une difficulté majeure, quant à l'enseignement dans le secondaire, ayant travaillé un an comme assistante de français dans un lycée à l'étranger, ça ne m'a pas déplu mais je ne vois pas faire ça à temps plein ( le bruit m'a beaucoup gêné).

    Ce qui est sûr en tout cas, c'est que je ne me vois pas du tout travailler en entreprise....

    Peut-être devrais je tourner vers les métiers de la traduction, voire même de l'interprétariat, car j'ai aussi une vraie passion pour les langues (espagnol, anglais et arabe) et de bonnes compétences dans ce domaine+expérience à l'étranger... Par contre, comment justifier d'avoir un master de philosophie quand on cherche une formation en traduction, mystère. Cela dit, j'ai fait un master spécialisé dans la philosophie des mondes arabes, à Paris IV, avec une formation en arabe à côté.

    Le problème est qu'il est difficile de savoir si c'est véritablement ce que je veux faire, puisque je n'ai jamais testé. Mais être traductrice indépendante m'éviterait le problème des entretiens d'embauches et une liberté relative en ce qui concerne les horaires. Je pourrais aussi travailler à domicile et donc dans le calme.

    Partir à l'étranger ne serait pas un problème pour moi, j'ai déjà vécu à l'étranger et ça a été une vraie thérapie, je suis devenue beaucoup plus autonome... Je sais aussi qu'au Royaume-Uni ils proposent des doctorats à temps partiel en philosophie, donc cela peut-être envisagé si j'arrive à avoir un métier à côté...

    Merci Scarab pour le témoignage que tu m'as apporté, je ne me reconnais que trop bien dans tes interrogations au sujet d'un projet de carrière dans la recherche universitaire, ainsi que dans les regrets exprimés de s'être un peu fermé des portes...Bon courage à toi aussi!

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur

    Tu peux aussi te renseigner sur le métier d'assistant de recherche... il n'y en a pas vraiment en France, mais dans certains pays, les chercheurs ont besoin de personnes pour conduire des recherche, faire des synthèse de lecture, chercher des archives... C'est de la recherche mais avec beaucoup moins d'activités "sociales" ou de représentation, et très peu d'administratif (qui prend beaucoup de temps aux enseignants-chercheurs).

    Pense aussi aux métiers du livre : si tu aime la recherche, travailler dans une bibliothèque (en particulier une bibliothèque de recherche) peut te permettre de mettre à profit tes connaissances et tes compétences : il faut savoir à quelle revue s'abonner, pouvoir éventuellement conseiller les lecteurs, se tenir au courant de l'actualité de la disciplines etc. Les métiers de l'édition peuvent aussi être une idée, bien que les salaires ne soient pas mirobolants et les postes assez rares dans ce domaine également...

  • Merci, je n'avais pas pensé aux assistants de recherche, cela me semble une bonne idée. En ce qui concerne les bibliothèques, ne faut-il pas une formation spécifique qui permette de passer les concours?

    Merci pour votre commentaire, effectivement je n'avais pas pensé à l'assistanat dans la recherche, cela me semble être une bonne idée, je vais essayer de chercher plus d'informations. En ce qui concerne les métiers des bibliothèques, cela ne demande-t'il pas une formation spécifique qui permettent de passer les concours de la fonction publique?

  • Merci! Je peux essayer de cherche un poste d'aide-bibliothécaire ou de vacataire pour cette année, ça me permettra de voir si ce domaine me plait!

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