Grammaire française Participe passé

Bonjour,

J'ai vu différentes définitions du terme "synesthésie" mais j'ai pas trop compris, c'est comparer quelques chose avec des termes sensoriels ?

Est ce que ces vers font appel à la synesthésie SVP ? Et qu'est ce qu'ils veulent dire ?

"Le parfum de la fleur est votre petite âme, Et l'âme de la femme est votre grand parfum !"

Victor Hugo

Merci Bonne journée

Réponses

  • Bonjour Glad,

    Pas vraiment. En fait, la synesthésie = les correspondances chères à Baudelaire avec son vers : "les parfums, les couleurs et les sons se répondent."

    Les sensations olfactives, visuelles et auditives se mêlent.

    Voir ici => https://www.etudes-litteraires.com/baudelaire-correspondances.php

  • lamaneurlamaneur Modérateur

    Un exemple de synesthésie est le compositeur Scriabine pour qui les notes de musique, ou du moins les accords, lui évoquaient très fortement certaines couleurs.

  • Donc Hugo par ces deux vers, présente la nature comme un lieu sacré (dans mon livre, en note, il y a marqué : "la nature est un temple", J.Vianey). Il envisage la nature perceptible par nos sens, ici l’odorat « parfum ». La nature est évoquée comme un temple. Mais je n'ai toujours pas compris ces vers : le parfum de la fleur est comparée à l'âme de la femme ? Mais qui est le "vous" ?

  • Donc ici ce n'est pas un cas de synesthésie ?

  • JehanJehan Modérateur
    22 mai modifié

    Mais qui est le "vous" ?

    O champs ! il savourait ces fleurs et cette femme.

    O bois ! ô prés ! nature où tout s'absorbe en un,

    Le parfum de la fleur est votre petite âme,

    Et l'âme de la femme est votre grand parfum!

    Le poète s'adresse ici à la nature, et en particulier aux bois, aux champs, aux prés qu'il invoque et interpelle. C'est à eux (les champs, les bois, les prés) qu'il dit "vous". Et la petite âme, le grand parfum, ce sont les leurs. La petite âme des champs, des bois, des prés est le parfum des fleurs... Le grand parfum des champs, des bois, des prés, c'est l'âme de la femme.

  • JocrisseJocrisse Membre
    22 mai modifié

    Non, aucune. Il n'est question que de parfum et ce parfum n'est pas associé à une sensation visuelle ou auditive, ou tactile, etc. C'est mis en relation avec l'âme - l'image est belle quoique rebattue, c'est presque un truisme - , mais l'âme, ce n'est pas une sensation, il n'y a pas l'idée d'une convergence de sentiments divers, pas de synesthésie.

    Rhétoriquement, c'est une analogie (une des formes de l'analogie). A mon avis, Hugo est dans la pure intellectualité, là. Il parle de parfum, mais sans dire lequel. Musc ? Fraise écrasée ? On ne sait, c'est juste l'idée du parfum. Puis c'est La femme, et puis l'Ame. On a le sentiment que la sensation, la mise en éveil des sens du lecteur n'atteint pas son point optimal, là. Derechef, nous avons dit bonsoir à la synesthésie.

    Et pour vous dire ce que je pense à l'intérieur de ma Ford, comme disait Frédéric Dard, ce n'est pas du grand Hugo, cela. Quand il est en forme - le plus souvent, à mon avis, il avait une forme remarquable - le Totor, il te tourne l'alexandrin un peu mieux que ça et avec un contenu plus robuste et palpitant.


    Pour l'étymologie : syn = ensemble (disons) aisthesis : sensation. Cela signifie que différentes sensations se rencontrent et se mêlent, comme cela a été dit

  • HapoHapo Membre

    Concernant la note "la nature est un temple", Vianey fait justement directement référence à Baudelaire et son poème "Correspondances" : "La Nature est un temple où de vivants piliers...".

    Je ne peux que te conseiller de le lire 😉

  • Merci pour vos réponses, je n'avais pas compris cela, donc rien à voir avec la synesthésie.

  • JocrisseJocrisse Membre
    23 mai modifié

    C'est la base, bien sûr.

    Très explicite là par exemple :


    Pendant que le parfum des verts tamariniers

    Qui circule dans l'air et m'enfle la narine

    Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.


    Ce qu'il y a de bien, c'est que le baudelairien peut construire une sorte de pélérinage de l'âme, revenir sur les lieux de son culte, non par un bête mouvement touristique, une simple translation corporelle, mais un voyage plus spirituel, plus intérieur.

    On doit bien trouver en boutique de l'encens parfum tamarin, et pour la couleur verte, il doit bien rester à la cave un spot vert rangé avec le matériel pour fêter Noël.

    C'est simple : vous vous enfermez dans une piaule que vous éclairez en vert, en faisant brûler de l'encens parfum tamarin. Pour le chant des mariniers, deux options :

    • vous faites passer, sur votre pick-up, un vieux 33 tours de Du rhum, des femmes et d'la bière nom de Dieu
    • ou le chant des marins, dans le Vaisseau fantôme de Richard Wagner

    Le second est plus raccord avec les goûts de Baudelaire, mais les deux expériences méritent d'être tentées. Essayez, vous m'en direz des nouvelles.

  • HapoHapo Membre

    J'adore la façon dont tu parles de Baudelaire, Jocrisse.

    C'est un plaisir à lire 🙂

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