Fiches méthode Bac de français 2021

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Réponses

  • polari56polari56 Membre

    Merci je vais alors peut-être lire ces oeuvres en texte abrégé

  • JocrisseJocrisse Membre
    18 juin modifié


    Une très bonne liste, mais je suis toujours surpris de trouver assez souvent Anouilh, comme ici, dans les listes de ce type. La fréquence de l'incident me conduit à m'interroger : y a un truc que j'ai manqué, y a quelque chose qui m'échappe, là.

    La liste est un genre littéraire, c'est toujous intéressant de lister et il y a des auteurs qui l'ont beaucoup fait. Au plan psychologique, il faut faire attention, ça peut devenir obsessionnel, mais nous ne parlons ici que de littérature.

    Pour Camus, je crois que le problème est autre : L'Etranger est beaucoup plus pénible et nous met dans le malaise. Camus nous force à nous mettre à la place d'un sale bonhomme qui commet un crime sans motivation, sauf peut-être une motivation raciste. Il tue soit pour rien, soit pour casser de l'Arabe, il n'est pas sympa. Il n'exprimera à aucun moment les moindres remords ou quoi que ce soit qui nous permette de l'excuser. Il ne nous met pas dans une position confortable et on ne peut pas lire l'Etranger confortablement (et surtout pas sur la plage !).

    Alors que le Docteur Rieux, dans La Peste, c'est un type qui sauve des vies, qui est un "humaniste", pas raciste, qui a une famille, des gens qu'il aime, on s'identifie (même si ce n'est pas vraiment ce qu'on est réellement, ça peut ressembler à ce qu'on aurait envie d'être) tout de suite, on n'est pas mis mal à l'aise.

  • polari56polari56 Membre
    18 juin modifié

    Dis-tu qu'il vaut mieux lire La Peste parce que l'étranger serait raciste ?

  • JocrisseJocrisse Membre
    19 juin modifié

    Ce sont deux bons livres, il faut lire les deux.

    Meursault, le personnage de l'Etranger, est probablement un raciste, en effet. Mais ce n'est pas le cas de Camus, qui n'est ni un raciste ni un tueur, et encore moins un criminel raciste, c'est seulement le personnage qui est comme ça.

    Et on ne peut pas s'en débarrasser parce que Camus a choisi d'écrire au "je", qui est un procédé littéraire puissant, qui fait que, que tu le veuilles ou non, tu es forcé de t'identifier. Nabokov a exploité la même veine en nous obligeant à adopter le point de vue d'un pédophile, qui est une véritable ordure, dans Lolita, en produisant le même type de malaise (1)

    Je peux réécrire tout l'Etranger en mettant des "il" là où Camus a mis "je'" et raconter l'histoire d'un type qui, sur une plage, a buté un Arabe, cette petite intervention juste grammaticale fait que ce n'est pas du tout le même livre. Ca devient du Balzac, ou un passage de journal dans la section "faits divers", qui peuvent être des choses intéressantes, mais ce n'est plus l'Etranger de Camus.


    (1) Avec la différence que Nabokov commet des adresses au lecteur absentes chez Camus, et qui affaiblissent le propos, à mon avis. Ces adresses tendent à souligner que le héros (Humbert Humbert, qui parle, qui est le "je" du bouquin) n'a absolument aucune excuse. Il n'est pas pédophile et criminel parce qu'il a eu une enfance malheureuse, ou parce qu'il a une mauvaise vue du bien, non, il dit lui-même qu'il est un salaud intégral.

  • polari56polari56 Membre

    Merci pour le message, j'apprends des choses. En fait j'étais étonné par le message précédent, étonnement que j'ai montré par ma question (j'ai déjà lu L'Etranger).

  • HapoHapo Membre

    Oui, c'est tout à fait vrai, Jocrisse.

    Néanmoins, je n'avais pas perçu l'enjeu "ne pas déstabiliser le lecteur" dans la question initiale, qui était de choisir vingt oeuvres classiques pour quelqu'un qui lit peu.

    Si un livre provoque des émotions fortes chez un lecteur, qu'il s'agisse de tendresse et de compassion ou, dans le cas présent, de rejet ou de malaise, ce lecteur pourra être marqué et cherchera peut-être d'autres œuvres procurant le même type d'émotions. Je ne suis pas sûr qu'une longue expérience littéraire permette d'être moins gêné par ce type de livres. Au contraire, il peut même s'agir de ce qu'un jeune lecteur de classiques recherche. Il sait qu'il va livre des ouvrages qui, soit ont traversé le temps, soit sont reconnus par beaucoup comme des ouvrages d'exception. Il peut légitimement attendre d'être bousculé par ces livres, d'être poussé dans ses retranchements, d'être mal à l'aise, d'être tiraillé.

  • polari56polari56 Membre

    Est-ce que Madame Bovary est digne de mon intérêt sachant que j'ai lu Un cœur simple ? Ces œuvres ont l'air similaires et du même auteur.

  • HapoHapo Membre

    Oui, c'est probablement digne de ton intérêt. Ces œuvres sont quand même bien différentes, déjà par le fait qu'une nouvelle ne peut être approchée de la même façon qu'un long roman.

    Dans Madame Bovary, à mon sens, l'ironie est bien plus poussée, et les personnages ont une autre profondeur. Plus que l'histoire d'une vie, ce roman raconte l'histoire d'une époque dans un environnement précis, et dépeint autant l'héroïne que, à travers elle, tous les personnages qui l'entourent. Le sous-titre, "Mœurs de province", montre bien l'ambition de ce récit, qui, je crois, est bien différent de l'ambition de la nouvelle.

  • polari56polari56 Membre
    19 juin modifié

    Oui mais sachant que je ne peux pas lire beaucoup je devrais peut-être porter mon intérêt sur un auteur que je n'ai pas lu comme Zola ou Stendhal. Est-ce que Le Rouge et le Noir ressemble beaucoup à Bel-Ami et au Père Goriot ? Parce que j'ai déjà lu ces derniers.

  • Bel-Ami est agréable à lire. Le Père Goriot est embêtant avec ses descriptions. Le Rouge et le Noir ? Boff ! Il faut le lire,bien sûr. Mais à choisir, je préfère Zola.

    Pour Stendhal, il y a une nouvelle assez courte (mais qui donne une idée du style), c'est "L'abbesse de Castro" qui fait partie de ses Chroniques italiennes.

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