Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

marie_aliamarie_alia Membre
21 mai modifié dans La filière littéraire

Bonjour,

Je suis actuellement en école d'ingénieurs (bac+3) et j'ai décidé de commencer une licence à distance l'année prochaine avec l'université Jean-Jaurès à Toulouse en parallèle de mes cours en école. Dans l'enseignement secondaire, j'avais des facilités dans les matières littéraires et beaucoup d'intérêt pour ces disciplines, mais j'ai été découragée de suivre une filière littéraire car j'avais aussi de bons résultats en sciences et voilà où je me situe actuellement. Toutefois ma formation actuelle me plaît et le métier d'ingénieur me semble adapté à mon profil, donc je ne souhaitais pas l'arrêter.

J'ai donc suivi la procédure sur parcoursup et, hésitant depuis le début de ma démarche entre lettres modernes et histoire, j'ai placé les deux dans mes vœux, et ai été admise dans les deux. En y réfléchissant les mois précédents, en consultant les programmes ainsi que des témoignages et en en discutant avec des amis suivant un cursus littéraire, j'étais parvenue à la conclusion que j'allais partir en lettres modernes.

Mais maintenant que le moment de la décision approche, j'hésite à nouveau... En effet, auparavant, j'aimais beaucoup lire et écrire et plusieurs professeurs de français m'ont affirmé que j'avais des qualités d'écriture ; de plus étant musicienne et également sensible à d'autres arts tels que le cinéma ou la peinture, il me semblait que les lettres me permettraient de toucher plus à cette fibre artistique. Cependant, prépa scientifique oblige, j'ai considérablement réduit ma "consommation" de lecture et j'ai plus de mal qu'avant à me plonger dans une œuvre. J'espérais justement retrouver ce goût pour la lecture en licence de lettres modernes. Quant aux cours de linguistique et de syntaxe, je n'en ai pas fait depuis l'école primaire, et même si à l'époque j'aimais beaucoup la conjugaison et l'orthographe, ça remonte un peu et je ne sais pas du tout de quelle manière c'est abordé en licence.

D'un autre côté, je me souviens, au lycée, et même depuis toute petite, avoir toujours été réellement captivée par les cours d'histoire et cela ne me dérangeait pas d'apprendre mes cours par cœur car cela me passionnait réellement. De plus, j'ai l'impression que l'histoire me permettrait d'avoir une meilleure culture générale et une meilleure compréhension du monde dans lequel nous vivons, et étant issue d'un parcours scientifique, je suis attirée par la démarche scientifique et la rigueur qui vont avec. Cependant j'ai l'impression que l'histoire me demanderait plus de travail personnel et je ne sais pas si j'arriverai à tout gérer, ni si j'arriverai à faire preuve d'une motivation suffisante pour l'étude des périodes qui m'intéressent le moins.

En fait, je pense que les deux peuvent me plaire, ce qui me rend incapable de trancher !

Voilà, si vous aviez des pistes pour m'éclairer je vous en serais très reconnaissante, désolée pour la longueur de mon post mais il me semblait nécessaire d'expliquer le contexte.

Merci d'avance !

Réponses

  • LaoshiLaoshi Membre

    Mais c'est merveilleux de lire un message pareil !

    Ta soif de connaissance est louable.

    Je te conseillerais pour ma part de faire de l'histoire, ce qui n'occulte pas complètement le côté littéraire, bien des oeuvres illustrant la période où elles ont été crées.

    Si cela est compatible avec tes études en école d'ingénieur, tu le verras à l'usage, mais de toute façon, tu n'es pas à la rue, alors tu ne prends pas de grands risques à te cultiver.

    Bon courage !

  • Merci beaucoup pour votre réponse !

    Je vais encore y réfléchir 😊

  • AscagneAscagne Membre
    21 mai modifié

    Petite précision : attention, les études de lettres demandent tout autant de rigueur et de travail personnel que l'histoire. Les deux cursus sont très riches et proposent tous deux de très bonnes perspectives pour forger sa culture et son intellect.

    La difficulté vient du fait que vous évoquez une perte du goût de la lecture littéraire ces dernières années. Certes, cela peut revenir avec la stimulation des cours à distance, mais vous seule pouvez en juger. Il faut aussi beaucoup lire en histoire, évidemment, mais il ne s'agit pas du même type d’œuvres (même si les études historiques ont comme l'écrit Laoshi une facette littéraire). En outre, en lettres, il y a aussi de la langue, mais dans une approche bien différente du primaire et du secondaire...

  • Oui, bien sûr, désolée je ne voulais pas sous-entendre que les lettres ne demandaient pas autant de rigueur, simplement j'ai eu des retours selon lesquels le temps nécessaire pour assimiler des cours d'histoire, surtout en autonomie, à distance, était souvent particulièrement conséquent.

    Quant au goût pour la lecture cela venait surtout d'un emploi du temps très chargé, mais celui-ci s'allégera à la rentrée prochaine, ce qui aidera selon moi, et en prépa scientifique j'ai dû étudier trois œuvres dont la (re)lecture ne m'a pas posé de problème car je savais que je les lisais dans le but de les étudier et cela donnait plus de direction à ma lecture.

    Pourriez-vous m'en dire plus sur l'approche de la langue en licence de lettres ? Ou bien pourriez-vous me rediriger vers des ressources avec des informations plus détaillées à ce sujet?

    Merci beaucoup pour votre réponse !

  • AscagneAscagne Membre
    22 mai modifié

    Concernant la grammaire, dans l'une des universités où j'ai enseigné (pas ce cours-là cependant), l'approche est de repartir des fondamentaux en première année, en allant des constituants de la phrase simple à la phrase complexe, puis en abordant en deuxième année l'énonciation et en faisant de la phonétique, de la stylistique, mais aussi de la versification. Un savoir théorique est aussi présenté progressivement (de la grammaticalité à la grammaire générative en passant par l'analyse distributionnelle). En parallèle, il y a bien sûr aussi le cours d'histoire externe de la langue (qui peut davantage plaire aux étudiants que le cours de grammaire).

    Pour vous faire une idée, vous pouvez par exemple regarder des grammaires de niveau universitaire comme la Grammaire méthodique du français de Riegel, Pellat et Rioul aux Presses Universitaires de France : c'est l'une des plus recommandées par les professeurs. Il existe aussi de nombreux manuels (par exemple chez Armand Colin en Cursus) spécialisés.

    Je remarque que le cursus d'histoire a lui aussi ses matières techniques et ses passages obligés parfois moins appréciés par les étudiants. ;)

  • D'accord, merci beaucoup ! Oui, de toute façon, je pense qu'il y a, dans toutes les formations, des matières un peu moins appréciées que d'autres mais nécessaires ! Je n'arrive vraiment pas à me décider entre lettres et histoire je ne sais pas comment je vais faire 😅

  • AscagneAscagne Membre
    22 mai modifié

    J'ai toujours beaucoup apprécié l'histoire et j'aurais pu me tourner de ce côté-là quand j'étais en prépa et surtout au moment de choisir les équivalences après la khâgne (même si j'avais évidemment pris des options de LC). En réalité, il y avait pas mal de filières qui m'intéressaient et dans lesquelles j'aurais pu m'engager (il y avait Sciences po, aussi, au sortir du bac). Toutefois, il faut bien choisir à un moment donné et je pense que le travail direct sur des œuvres littéraires m'aurait manqué si j'avais pris une autre décision. Les études littéraires sont du reste en position d'interface et de croisement avec l'histoire, les autres arts et les sciences humaines, de telle sorte que je ne regrette en rien mon choix. Évidemment, ma situation n'est pas semblable à la vôtre car c'était aussi une question de "carrière" de mon côté, d'ajouter une corde à votre arc, du vôtre.

    Je vous conseille de réfléchir à ce que j'ai mis en italique, peut-être cela peut-il faciliter votre décision. Sinon, demandez à vos amis des exemples de cours dans les deux filières si vous ne l'avez pas déjà fait. Bon courage pour ce beau projet !

  • Merci pour vos réponses !

  • loglog Membre

    marie_alia,

    S'il n'était pas déjà trop tard pour vos dossiers je vous aurais conseillé de vous orienter vers une licence de lettres classiques, qui combine à la fois une approche littéraire au domaine historique, et qui, à l'UT2J, permet de choisir comme discipline associée soit l'histoire, soit les lettres modernes. Après vérification, la licence d'histoire à Toulouse ne permet pas de prendre les lettres comme discipline associée, et celle de lettres modernes ne permet pas de prendre histoire, malheureusement. Quelque soit votre choix, sachez toutefois que vous pouvez suivre après la L2 des cours supplémentaires avec ce qu'on appelle les "préparations diverses" (https://www.univ-tlse2.fr/accueil/navigation/formation-insertion/inscriptions-scolarite/autres-procedures-d-inscription-514015.kjsp), pris dans les cours de L2 ou L3, dans n'importe quel domaine.

    En ce qui concerne les cours de linguistique et de syntaxe, rassurez-vous : c'est assez technique est très logique. D'ailleurs, si vous êtes fan d'algèbre, il existe toute une branche de linguistique mathématique assez formelle (vue de très loin dans les cours à Toulouse).

    Comme vous êtes dans un cursus ingé, à mon avis il vous faut bien réaliser que aussi bien en histoire qu'en lettres, il est important d'acquérir une culture par une immersion constante dans le domaine. En maths ou en physique, au contraire, je pense qu'on peut plus facilement rentrer dans un domaine pointu sans forcément avoir une culture étendue au départ.

    PS : pour répondre au message d'Ascagne - à ma connaissance à Toulouse, pas de cours d'ancien français, de morphologie, ou de trucs cool sans une dose équivalente de syntaxe de la phrase complexe :-)

  • marie_aliamarie_alia Membre
    24 mai modifié

    Bonsoir,

    Merci pour votre réponse et pour ces informations. En effet, la date limite était hier soir et j'ai finalement choisi l'histoire car c'est ce qui me passionne le plus. J'avais regardé le cursus de lettres classiques, mais l'étude des langues anciennes m'intéressait moins et me paraissait trop chronophage (pour avoir fait un peu de latin, et avoir presque tout perdu, je savais que cela serait difficile, surtout si ça ne m'intéressait pas suffisamment pour le travailler sérieusement).

    Merci mais, ne vous inquiétez pas, même si le temps que j'avais pour me consacrer à mes passions a été réduit en prepa, je lis des romans (même si j'en ai moins lu cette année), un peu d'histoire, l'actualité, des articles de géopolitique, et je m'intéresse beaucoup au cinéma. De plus je me rends régulièrement dans des musées et regarde de la vulgarisation et des documentaires en histoire comme en littérature. J'ai aussi suivi une formation au conservatoire en piano et en chant lyrique, ce qui m'a permis d'acquérir des fondamentaux en histoire de l'art. Tout ça pour dire que le fait d'avoir un parcours scientifique ne fait pas de moi quelqu'un qui ne s'intéresse pas à la culture, contrairement à ce que les clichés laissent entendre :)

    Sinon, entrer dans les maths et la physique quand on n'en a pas fait depuis longtemps, c'est selon moi tout aussi compliqué car il est indispensable d'avoir des fondamentaux solides, sur lesquels on construit en permanence. Je ne sais pas comment cela se passe à l'université, mais en arrivant en prepa, j'ai constaté que ce que j'avais fait au lycée était loin de suffire ne serait-ce que pour comprendre les bases, donc une immersion constante et un travail minutieux ont été requis aussi pour acquérir le niveau suffisant pour passer les concours, qui sont à des années-lumière du bac ; et ça se perd très vite sans pratique.

  • loglog Membre

    J'imagine donc que vous prenez histoire de l'art / archéo comme discipline associée ?

    Dans tous les cas, il me semble qu'il est possible d'assimiler un "classique" en maths de niveau L3 (eg. analyse fonctionnelle de Rudin ou encore Analyse I / topologie de Schwartz) et même dans certains cas de niveau M1 ou M2 (eg. Brownian Motion de Karatzas et Shreve, très pédagogique) sans beaucoup de fondamentaux généraux. En revanche, une référence bibliographique spécialisée en histoire, disons par exemple une monographie sur les rites religieux à Athènes au 5e siècle, me semble bien moins auto-contenue et auto-référentielle. D'où la nécessité d'une espèce d'osmose avec la matière en question.

  • ArthurArthur Membre

    J'enseigne la linguistique en licence de lettres modernes. Il n'y a pas de programme universitaire national donc les choix pédagogiques de chaque enseignant peuvent être assez différents, mais je confirme tout à fait. En première année, il s'agit effectivement aussi pour ma part d'activités de "remédiation" : en commençant par des révisions d'orthographe grammaticale (et des dictées !), puis en passant en revue les parties du discours (morphologie, au premier semestre), la décomposition de la phrase et les fonctions syntaxiques, et enfin la phrase complexe (syntaxe, au second semestre). C'est-à-dire en balayant le programme de l'école élémentaire et du collège ; presque tout le contenu de mon cours de première année est censé être acquis dès le départ, mais même mes meilleurs étudiants ont de graves lacunes. Les choses ne deviennent intéressantes qu'ensuite (et mes choix divergent un peu de ceux exposés ci-dessus).

  • AscagneAscagne Membre

    @Arthur : Cela restera un problème tant que le secondaire ne consolidera pas le savoir grammatical : quelques signes peuvent laisser espérer de ce côté-là, peut-être.

    J'ai corrigé hier un commentaire de texte de L2 dont l'auteur a cru qu'il était de bon ton d'être précis grammaticalement parlant : il n'avait pas tort mais, hélas, pour lui les pronoms étaient des adjectifs et les adjectifs des pronoms. J'imagine sa note au cours de grammaire...

    Concernant les lettres classiques, il faut en effet vouloir faire du latin et du grec ancien, cela n'a pas de sens de s'engager dans cette voie, sinon. Comme @marie_alia n'en parlait pas, je n'ai pas évoqué cette orientation-là. En revanche, @log a tout à fait raison de rappeler cette possibilité en général pour les autres profils (je défends ma paroisse !).

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