fandixhuitfandixhuit Membre
21 mai modifié dans Autres littératures

Pour Simon UA (et d’autres...)

Rien d’exhaustif, évidemment.

Je te fais un résumé accessible des romans les plus intéressants, incontournables à mon avis. Je laisse de côté, d’une part les philosophes (gros morceau ! Je mentionne Nietzsche quand même...), les poètes (mieux vaut les lire en allemand) et le théâtre (Brecht !), d’autre part la littérature « illisible » pour un néophyte comme les écrits de Luther et d’autres...

Du reste, la littérature allemande émerge vraiment au 18e siècle, restant toutefois sous l’influence anglaise (les Allemands adorent Shakespeare) et française évidemment qui, en ces temps reculés, tenait le haut du pavé en Europe.

Donc :

* Les Souffrances du jeune Werther de 1774 (Goethe, influencé par La Nouvelle Héloïse de Rousseau). Un véritable best-seller. Les jeunes Allemands s’habillaient comme Werther (redingote bleue et bottes couleur fauve), se parfumaient « à la Werther » et on nota une recrudescence des suicides (comme le héros). Goethe a composé cet ouvrage à partir de son expérience personnelle en partie (premier amour) et dit plus tard, en substance, que s’il n’avait pas écrit ce roman, il se serait suicidé. L’ouvrage appartient au mouvement du « Sturm und Drang » (deuxième moitié du 18e siècle), sorte de préromantisme où les jeunes auteurs se révoltent contre les valeurs sociales dominantes. Terme intraduisible en français (on utilise le terme allemand) sauf d’une manière très maladroite, style « Tempête et poussée ». En dépit de son importance majeure, je ne te conseille pas de lire Faust (théâtre).    

* On peut lire deux ou trois Contes des frères Grimm que l’on confond souvent avec ceux de Perrault, mais ils sont beaucoup plus noirs et finissent mal. Au début du 19e siècle, l’Allemagne essaie de retrouver son passé et les deux frères (qui s’étaient par ailleurs attelés à un dictionnaire allemand), ont tenté de regrouper les légendes et contes anciens que l’on déclamait au coin du feu, au cœur des sombres forêts...     

* Les Contes fantastiques d’E.T.A. Hoffmann. Romantisme.

* L’Étrange Histoire de Peter Schlemihl (1814) d’Adalbert von Chamisso : le héros a vendu son âme au diable.

* Ne pas passer à côté de Thomas Mann, le grand auteur de la fin du 19e-début 20e. On peut commencer par deux de ses nouvelles : Tonio Kröger (1903), Mort à Venise (1913) – cf. film de Visconti -. Ensuite : Les Buddenbrook (1901), La Montagne magique, et peut-être Doktor Faustus (1947 – destin tragique du héros, un mélange de Faust, Nietzsche et du musicien Schönberg - . Mann obtient le prix Nobel en 1929. Ne pas négliger son frère Heinrich Mann (critique de la société et des mœurs de la société bourgeoise), auteur entre autres du Professor Unrat (1905), traduit en français par L’Ange bleu (cf. film avec Marlene Dietrich).    

* La Métamorphose (1915) de Kafka (né à Prague, mais écrit en allemand).

* Lettres à un jeune poète (1903-1908) et Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910) de Rilke (Autriche).

* Le Loup des steppes (1927) d’Hermann Hesse qui aime les êtres marginaux.

* Nouvelles d’Arthur Schnitzler (Autriche, très grand écrivain), par exemple La Nouvelle rêvée (1926) dont Stanley Kubrick a tiré le film Eyes Wide Shut (1999).

* Erich Maria Remarque avec À l'Ouest, rien de nouveau (1929 – Première Guerre mondiale)

* Stefan Zweig (Autriche) : célèbres biographies de Marie-Antoinette (1932 : la première bio à peu près correcte, sauf qu’il aurait tendance à analyser le personnage selon une vision trop psychanalytique) et de Balzac. Lire aussi (au choix) : 24 heures de la vie d’une femme (1927. Cf. Film), La Confusion des sentiments et Le Joueur d’échecs (nouvelle de 1941-42, écrite juste avant son suicide). Également Le Monde d’hier – Souvenirs d’un Européen (1942) : autobiographie passionnante pour qui s’intéresse au tournant du siècle (19e-20e) en Europe.    

* Josef Roth (Autriche) : La Marche de Radetzky (1932, œuvre remarquable sur le crépuscule de l‘empire austro-hongrois.)

* Toute une littérature de « l’Allemagne année zéro » à partir de 1945, où les intellectuels remettent en question la période nazie. On peut lire la nouvelle de Borchert : Dehors devant la porte (1946, pièce de théâtre « lisible »).   

* Günter Grass : Le Tambour (1959 – Film également) – Prix Nobel de littérature.

* Heinrich Böll : L’Honneur perdu de Katharina Blum (1974 + Film).

* En ce qui concerne la littérature féminine : Anna Seghers, qui dénonce le nazisme dans La septième croix (1942) et Christa Wolf (auteure d’Allemagne de l’Est, défend le parti communiste au début de sa carrière puis amorce une démarche plus critique. Disparue en 2011).

Je connais beaucoup moins la littérature allemande contemporaine.

Mais on peut lire avec plaisir Le Parfum de Patrick Süskind (ça se passe en France au 18e siècle, donc rien à voir).

Bonne lecture ! N’hésite pas à m’interroger sur ceci ou cela si tu le souhaites.

 

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Réponses

  • JocrisseJocrisse Membre

    Et s'il reste un moment, on pourra lire aussi quelques poèmes de Heine ?

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Il serait dommage de ne pas lire Simplicius Simplicissimus de Grimmelshausen.

    Et pour Zweig, ne pas oublier La Pitié dangereuse et Amok.

  • Bien sûr, Jocrisse ! Mais je me suis limitée aux romans.

    Jean-Luc, bien sûr !

  • Merci pour cette liste, fandixhuit ; je m'en inspirerai. J'ai déjà en-tête pour des lectures futures Zweig et Thomas Mann.

    Bien que je connaisse assez peu la littérature allemande, de ce que j'en ai lu, je rajouterais bien à ta liste :

    1/ Wilhelm Meister de Johann Wolfgang von Goethe, parce que ce long roman d'initiation m'a rappelé Don Quichotte et que je l'ai trouvé :

    • infiniment plus intéressant et plus riche que ses autres nouvelles, nouvelles (Les Affinités électives, Les souffrances du jeune Werther,Le Caprice de l'amant, Les Complices, Clavigo, Claudine de Villa Bella, Le Triomphe de la sensibilité, Le Citoyen général, Les Révoltés, Ce que nous donnons, La Fille naturelle, Pandora, La Gageure)
    • nouvelles que je trouve elles-mêmes inférieures à son théâtre (Gœtz de Berlichingen à la main de fer, Stella, Frère et sœur, Iphigénie en Tauride, Egmont, Torquato Tasso, Le Grand Cophte, Faust 2 - il est vrai un peu difficile pour cette dernière).

    Je reste persuadé que Werther donne un image très limitative de Goethe et que, surtout, il est aux programmes scolaires car il est si court qu'il s'apparente plus à la nouvelle qu'au roman. Mais tout ça est histoire de goût personnel et je ne peux évoquer que ce que j'ai lu.

    2/ Et, au minimum, les trois romans de Franz Kafka, Le Disparu (L’Amérique), Le procès et - peut-être même encore plus - Le Château, chef-d'œuvre ultime et insurpassé devant l'Éternel. La Métamorphose est bien entendu un texte très intéressant ; dans le même ordre d'idées, de nombreuses autres nouvelles de Kafka méritent la lecture (disponibles intégralement en Pléiade, mais également en grande partie en éditions de poche).

  • Simon UASimon UA Membre
    23 mai modifié

    Un tout grand merci !

    J'ai lu plusieurs Stefan Zweig, dont la pitié dangereuse, que j'ai adoré. J'ai aussi lu de lui 24 heures de la vie d'une femme, Amok et Le joueur d'échec.

    J'ai l'impression que la structure de ses romans revient toujours : le héros raconte son aventure à quelqu'un, quelques années après les événements en question.

    Je ne sais pas si c'est un vrai classique, mais j'ai aussi lu A l'Ouest rien de nouveau, de Erich Maria Remarque (nom étonnant pour un Allemand). Intéressant de voir le point de vue des Allemands sur cette guerre.

    L’Honneur perdu de Katharina Blum me tente bien. Je vais le commander.

  • Bien sûr, Freddy ! Mais pour une initiation, ça fait beaucoup... Je te conseille vivement Thomas Mann et Zweig.

    Simon UA, son vrai nom est Erich Paul Remark ; il a été naturalisé américain en en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande par les nazis juillet 1938.

  • JocrisseJocrisse Membre
    24 mai modifié

    ooups, j'avais mal lu.

    Erich Paul Remark a pour nom d'auteur Erich Maria Remarque (A l'ouest, rien de nouveau), si vous cherchez le livre.

    Pour le reste, je suis d'accord avec la liste, Sortant encore du cadre, j'en profite pour conseiller les biographies de Zweig. Elles sont peu "scientifiques" et plus des "portraits" que de vraies bio, mais c'est souvent passionnant, son Marie-Antoinette, le Fouché, etc.

    Dans toutes ces références indispensables, j'ai aussi mon coup de coeur : je mets toujours Thomas Mann un petit peu au-dessus du lot, quand même. Ayant appris qu'il avait de l'admiration pour Fontane, j'ai lu Effi Briest, qui pourrait être ajouté à la liste. Du roman réaliste fin 19ème qui peut faire penser à du Flaubert (ou du Zola), la méchanceté en moins.


    Cependant, je tiens que la grande littérature allemande, la véritable Renaissance, c'est la génération (ou les deux générations) miraculeuse entre 1770 et 1820, en gros, et qui se manifeste surtout dans la philosophie (post-kantienne), dans le théâtre (Goethe, Schiller, Kleist, etc.), dans la poésie (Hölderlin, Heine et toute la bande) plutôt que dans le roman.

  • Jocrisse, absolument d'accord avec ton dernier paragraphe. Sturm und Drang, Aufklärung, romantisme allemand (plus précoce que le nôtre et très divers), etc.

    Mais j'ai dressé une liste pour les non-germanistes et je les vois mal apprécier un poème de Hölderlin en français...

    Grand problème des traductions... Je traduis en ce moment "La Lorelei" (de Heine), traduite de multiples façons sur le net. Si tu es germaniste, on pourrait s'y coller.

  • JocrisseJocrisse Membre
    25 mai modifié

    Pour Hölderlin, il faudrait déjà le traduire en allemand. A le lire, on se dit souvent : Ich weiss nicht, was soll es bedeuten...

    Blague à part, je suis tout au plus un amateur éclairé (1), on va dire, et je serais plus une gêne qu'une aide dans votre entreprise. Je lis ces choses en bilingue : je possède le volume Pléiade bien fait sur la poésie et pour le reste, les Aubier couvrent pas mal de terrain. Dès que je ne comprends plus, je regarde lâchement la page de droite, vous voyez le genre...

    Je lis d'ailleurs en ce moment un livre allemand traduit de messieurs Werner et Hauschild, que vous connaissez peut-être, trad. intitulée sobrement : Heinrich Heine, une biographie (titre allemand, une citation de Heine : Der Zweck des Lebens ist das Leben selbst, quelque chose comme : la finalité de la vie est la vie elle-même).

    Très bien fait, très complet, développant des aspects très précis, dans le genre "science allemande", débordant d'infos et d'analyses, très éloigné de la légereté normalo-d'ormessonesque, si j'ose dire, qu'on peut trouver dans certains essais français. Bref, un peu bourratif, mais on apprend des tas de trucs. Il y a par exemple la liste complète de tous des domiciles successifs de Heine à Paris. Je pourrais me faire un périple heinéen dès ma prochaine visite dans notre belle capitale...

    (1) Il y a à l'agreg de philo (oral) une épreuve de langue (traduction puis commentaire d'un extrait d'une oeuvre au programme avec l'aide d'un dictionnaire unilingue, un Wahrig, si je me souviens bien). Cette fois-là, c'était une section d'une centaine de pages de la Critique de la raison pratique.Mais c'est loin, et faute de pratique, je ne pourrais plus le faire.

  • JocrisseJocrisse Membre
    25 mai modifié

    J'ajoute que dans la période dont j'ai parlé, on trouve aussi quelques musiciens qui sont loin d'être les plus mauvais, comme le dernier Mozart, Beethoven, Schubert et quelques autres.

  • Simon UASimon UA Membre

    Est-ce qu'il y a des auteurs allemands dont les histoires se passent en RDA et nous font un peu découvrir ce pays disparu ?

  • Jocrisse, traduire Kant et sa Critique de la raison pure même avec le Wahrig, c'est quelque chose ! Pauvre Heine qui mourut dans la misère à Paris ! Non, je ne connais pas cette bio. Moi aussi, j'ai quelques Aubier bilingues (nous avons tous nos moments de lâcheté). Pour les dicos, j'ai toujours le bon vieux Sachs-Villatte.

    Simon UA, voir ici :

    https://www.monde-diplomatique.fr/1981/01/CASANOVA/35980

    et là :

    https://allemagnest.hypotheses.org/tag/litterature-de-rda

  • Simon UASimon UA Membre

    Un grand merci ! 😀

  • JocrisseJocrisse Membre

    Raison pratique, pas raison pure : la morale. Le dico ne servant pas à grand chose, on n'a pas de problème de vocabulaire avec Kant, pas trop de mots rares, par contre il y a des subordonnées, et de la subordonnée dans la subordonnée, parfois cauchemardesques. J'ai encore le souvenir cuisant de grands moments de solitude, genre mais qu'est-ce que c'est ce que ce verbe, il va avec quel sujet, et pourquoi le sujet n'a rien à voir, etc.


    Pour Heine, vous poétisez un peu en le faisant mourir dans la misère. Dans ma lecture, il a pour le moment 35 ans et tient la forme, mais pour la suite, dont j'ai une idée, je le présenterais de manière plus prosaïque, je le crains. Je remplacerais "misère" par "siphylis". C'est moins classieux mais plus exact. Il est plus mort dans la vérole que dans la misère.


    Je souligne ce petit détail pour introduire une remarque plus générale, touchant à cet aspect des études littéraires, quand on parle de tel écrivain, ou d'un peintre, ou d'un musicien mort "dans la misère".

    Il y a un côté vrai, indéniablement : à des époques ou les droits d'auteur, le copyright, etc. n'existaient pas ou très peu ou très mal, les créateurs étaient mal lotis. Et si on compare n'importe quel auteur de chansonnettes plus ou moins débiles, partageant sa vie entre son yacht et son château en Sologne, ou sa villa à San Francisco, le pauvre Heine, ou Beethoven, ou Van Gogh, passent pour des miséreux. On se dit que si Beethoven revenait pour encaisser tous les droits qu'il y aurait sur sa Neuvième symphonie, ça ferait beaucoup de sous et il se mettrait à l'abri pour les 3000 prochaines années.

    Mais si vous lisez des bios de ces gens-là, après avoir pleuré sur leur misère, on découvre au détour d'une phrase qu'ils ont quand même une femme de chambre, une nurse pour les gamins, etc. Ce qui ne veut pas dire qu'on est riche, mais pas non plus complètement dans la misère noire. Même si les domestiques, protégés absolument par rien dans ces époques, étaient très mal payés, faut quand même les nourrir et leur trouver une piaule (la fameuse chambre de bonne sous les toits, mais encore faut-il en avoir une, de chambre).Dans le cas de Heine, les auteurs citent une lettre où il est mentionné que Heine était une "fine gueule" (la lettre est en allemand, mais cette expression auf französisch, comme il se doit) et qu'il avait une cuisinière. Quand c'était tendu financièrement, il pouvait la virer, mais en principe il avait une cuisinière.

    Il était surtout endetté. D'abord, les éditeurs ne lui donnaient pas forcément ce qu'ils avaient promis, il n'avait donc pas beaucoup de visibilité financière, et par ailleurs, il arrivait que Heine leur promette un travail, touche des à valoir dessus, et ne livre pas la marchandise parce qu'il n'arrivait pas à finir le bouquin ou que ça ne l'intéressait plus. Quand les éditeurs perdaient patience et lui demandaient de rendre le fric perçu sur le boulot pas fait, ou de proposer autre chose, il l'avait déjà claqué et ça posait problème. Il gérait mal et dépensait souvent un peu plus qu'il aurait fallu pour être clean pognoniquement. Un peu plus, pas trop, ce n'était pas un flambeur et il avait des passions peu coûteuses, principalement bonnes bouffes et fréquentation de prostituées lui laissant les souvenirs qu'on a évoqués plus haut.

    Bref, sur ce topos du grand artiste ignoré et miséreux, je crois qu'il faut introduire cette nuance : miséreux et ridicule par rapport à n'importe quel amuseur d'aujourd'hui à la télé, ou de best sellers de sous-romans ou de paralittérature, mais pas miséreux dans un sens économique strict.

  • Bonjour Jocrisse, intéressante mise au point.

    Vous (tu ? ) dites par ailleurs : "par contre il y a des subordonnées, et de la subordonnée dans la subordonnée, parfois cauchemardesques. J'ai encore le souvenir cuisant de grands moments de solitude, genre mais qu'est-ce que c'est ce que ce verbe, il va avec quel sujet, et pourquoi le sujet n'a rien à voir, etc."

    Disons en schématisant que c'est le propre de la langue allemande, que cette avalanche de subordonnées. Des phrases d'une page entière, séparée par des virgules.

    Proust, dans son genre, est pas mal aussi. Le traduire en allemand, ce doit être quelque chose !

    J'ai trouvé difficile de traduire Zola (vocabulaire, adverbes épouvantables, métaphores alambiquées, etc.)

    Pour Beethoven, je connais bien Vienne. Il déménageait "à la cloche de bois" et je ne sais combien de demeures portent la mention "Ici vécut B".

  • JocrisseJocrisse Membre
    29 mai modifié

    Là-dessus, je ne vois pas comment on peut avoir plus raison que vous. Pour l'allemand, si vous n'aimez pas les subordonnées, lasciate ogni speranza, comme on dit en souabe. "Laisse béton", dirais-je, pour une traduction approximative.

    Les cathédrâles gothiques, avec leurs chapelles qui font des autres chapelles, leurs tenants et leurs arc-boutant, bref, l'architecture, ce qui fait que cela se tient bien qu'on semble faire tout ce qu'on peut pour que ça se casse la gueule, c'est ce qui fait qu'on a eu envie de faire de l'allemand et qu'on a aimé cette langue. Mais on souffre quand même. On dira peut-être qu'on est maso, mais la vraie vérité, c'est qu'on aime ça, les visites de cathédrales.

    Et mon écrivain préféré est Marcel Proust. Il a des défauts, comme ceux qui se rapportent aux subordonnées en effet, mais c'est ce j'ai trouvé le plus de plaisir à lire.

    Et Jean-Jacques Rousseau, indépendamment de ses idées, la rythmique périodique, la musicalité et de la subordonnée en veux tu en voilà.

    Complètement d'accord sur Zola, bien que je n'aie pas essayé, et je suis entièrement incapable de traduire du français vers l'allemand : il a beaucoup (à mon avis beaucoup trop) de vocabulaire, les adverbes, je n'ai pas fait attention mais je vous crois et quant aux métaphores ou des comparaisons, c 'est le plus souvent quelque chose de tordu et je comprends qu'on ait des problèmes.

  • L'intérêt de cette langue, entre autres, c'est sa portée philosophique. Je ne m'avance pas trop en disant que c'est la langue des philosophes. Je me suis souvent demandé pourquoi. Les subordonnées, entre autres ! Nous sommes obligés de creuser notre pensée qui entraînent des incidentes, suivant un ordre logique, et de ceci découle cela. Votre comparaison avec les cathédrales me semble justifiée.

    Ceci dit, le vocabulaire est relativement facile. Et on peut fabriquer des tas de mots composés.

    Le + long que je connaisse (mais il manque la casquette du capitaine) :

    die Rheindonaudampfschifffahrt(s)aktiengesellchaft.

    Comment le traduiriez-vous ? En commençant par la fin, bien sûr puisqu'en allemand, le + important est à la fin.

    Ceci dit, il y a eu une réforme de l'orthographe à laquelle les Allemands se sont pliés. Supprimer les 3 f du mot ci-dessus par exemple + diverses autre simplifications.

    En revanche, j'écris toujours nénuphar. Les Français sont des rebelles...

  • JocrisseJocrisse Membre
    29 mai modifié

    Je sais pas. Peut-être une société qui, dans une région qui serait Rhin et Danube ferait des trucs numériques quelconques ?

    En lisant le mot trop vite, j'ai cru d'abord voir "Kampf" au lieu de "Dampf", ça m'a foutu la trouille un moment, j'avoue, et a fortiori avec les prétentions de pilotage.

    J'aurais une question quand même sur "dampfschiffarhrt", j'ai l'impression que ce n'est pas de l'Allemand. J'essaye, mais en rappelant toujours mes limites et le fait que, pour tout ce que je raconte, aller vérifier dans le dictionnaire est le premier geste-barrière; et nous serions plus proches des gestes urgents, du geste "barrière"


    Maintenant, s'il existe en allemand quelque chose comme "Dampfschiffahrt", nous allons avoir une divergence,parce que moi je prétends que ce mot n'existe pas, ou en tous cas pas en allemand, et que ce n'est pas de l'allemand.

    Du Dampfschiff, qu'il y en a besoin, très bien et pourquoi pas ? Mais il n'y a pas de "ahrt", parce que "ahrt", je ne sais pas d'où ça sort mais ce n'est pas de l'allemand.

  • JocrisseJocrisse Membre

    Ouf, j'ai vu ! C'est pas "farht", mais "fahrt".

    Ces gens s'occupent donc d'organiser des voyages en bateau à vapeur sur le Rhin et le Danube, croisière qui peut légitimement être définie comme "fahren"

  • Bon, ce n'est pas si mal !

    Traduction => "Société anonyme de navigation à vapeur sur le Rhin et le Danube". Bravo !

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