Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

ScaraBScaraB Membre
9 mai modifié dans La filière littéraire

Bonjour ! Je viens vers vous pour obtenir quelques renseignements puisque je suis un peu perdue dans mes choix de master pour la rentrée prochaine.

Je vous présente un peu mon parcours : suite à un baccalauréat littéraire, je me suis dirigée immédiatement en Licence de Philosophie. Si je ne suis pas allée en prépa littéraire, en dépit de mes résultats qui le permettaient (16 de moyenne et plus de 18 au bac), c'est que j'ignorais l'existence de l'ENS. Pour vous dire à quel point mon ignorance était crasse, je pensais que la prépa visait science-po, bref. Je dois avouer que j'ai un peu d'amertume car sans me rendre compte, je me suis fermée des portes. Enfin, c'est comme ça ! J'ai toujours envisagé l'enseignement en terminale même si, je dois l'avouer, je suis attirée par le monde de la recherche. Cependant, je n'ignore pas que cette voie est réservée qu'à un faible nombre. Mais autant tenter tout de même et ne pas se décourager même si je n'ai pas le parcours type (prépa + ENS).

J'ai obtenu ma licence de Philosophie mention bien. Pareil, j'éprouve un peu de regret à ne pas avoir travaillé davantage, mais comme avoir 14/15 de moyenne suffisait pour être dans les têtes de classe, voire être la tête de classe, je n'ai pas forcé (ce n'est pas très malin, oui). Puis cette année, je me suis inscrite en Master 1 à l'Université Paris 8. J'ai assez vite déchanté car la formation offerte ne me convenait pas pour plusieurs raisons, en dépit des cours d'une certaine qualité et les bons résultats que j'ai pu obtenir. En effet, j'envisage de préparer à l'avenir l'agrégation, et je me suis rendue compte que je faisais faux bond en étant à Paris 8. De plus, l'environnement assez anxiogène de Paris n'aide pas.

J'aimerais, à l'avenir, préparer l'agrégation et si possible aller en thèse. Or, j'ai un peu la pression car cette année, je ne dois pas me tromper de formation, déjà que je suis obligée de refaire un M1...

J'ai donc envisagé de candidater à Rennes 1, Strasbourg et Lille 3.

Ces formations sont toutes en cohérence avec mon projet de mémoire, offrent toutes la possibilité de préparer l'agrégation, et ont un doctorat dans la faculté (sauf Lille). Je me demandais si certains d'entre vous pouvaient me transmettre des retours à propos de ces universités.

J'entends souvent qu'un parcours à Paris I ou IV est mieux vu que dans des facs hors Paris. Dans le doute, je dois avouer que j'ai candidaté pour un Master Paris 1. Sauf que financièrement parlant, ça me pose problème. De même que de passer deux heures en moyenne dans les transports, être dans de grandes classes etc. Je me demande s'il ne serait pas plus judicieux de passer mon Master dans une université aux effectifs plus restreints et où j'étudierais dans de meilleures conditions. Je sais aussi que dans les prépas agreg hors Paris, à l'exception de Lyon, peu de personnes qui parviennent à obtenir l'agrégation (cf les comptes rendus de l'agrégation)...

Je suis donc un peu perdue, j'ai peur de me tromper. Aussi, j'envisage de préparer un doctorat, je commence à avoir une idée et je me demandais si je pouvais préparer un doctorat après le master, puis l'agreg après tout ça. Sur les plateformes de Rennes ou Strasbourg, par exemple, il est écrit que seul un master - au moins mention Bien - est requis, alors que je lis sur des forums comme celui-ci que l'agrégation est conseillée pour entrer en thèse.

En vous remerciant par avance.

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Réponses

  • Bonjour,


    Je ne suis pas philosophe mais suis tout de même un cursus en LSH (en mon cas lettres classiques), prends donc mes conseils comme très généraux et non pas comme une vérité absolue, d'autres plus experts que moi en philosophie répondront avec davantage de précision.

    Concernant le fait de ne pas être à l'ENS, ce n'est pas trop grave : on peut arriver à décrocher un poste d'enseignant-chercheur même si l'on n'est pas normalien (c'est certes plus difficile, mais cela ne peut que motiver pour travailler avec d'autant plus d'acharnement). Tu peux en tout cas y rentrer comme normalienne étudiante via le concours universitaire (qui devient de plus en plus sérieux et sélectif, bien qu'il le fût même auparavant), si cela t'intéresse.

    Concernant les masters de philo, je n'y connais rien mais être en province peut avoir ses avantages : bien que la formation y soit moins prestigieuse (je ne dis pas de moindre qualité, attention) on peut jouer sur les phénomènes de localisme, c'est-à-dire la tendance à recruter le candidat local. La même chose vaut, et même davantage, pour les thèses.

    L'agrégation, si tu souhaites faire de la recherche en France, est absolument obligatoire et, sur ce point, je ne peux que conseiller les prépa des ENS (Ulm et LSH) mais également Paris I, c'est absolument nécessaire d'obtenir ce concours pour avoir une chance réelle de décrocher un poste d'enseignant-chercheur en France. Si tu songes à l'étranger, au contraire, ce concours peut être même un petit obstacle.

    J'espère avoir répondu, je te souhaite en tout cas bon courage pour la suite!!

  • ScaraBScaraB Membre

    Bonjour, je te remercie de ta réponse.

    Je viens de regarder le recrutement des normaliens étudiants en Philosophie et j'ai raté l'inscription. Puis en étant honnête, même si j'ai un bon dossier, il n'est pas excellent non plus, donc je doute que j'aurais pu être admise.

    C'est ce que je me disais pour les universités hors Paris qui ont tendance à privilégier leurs étudiants pour l'accès à un doctorat.

    Je me demandais en fait s'il valait mieux que je passe l'agrégation avant ou après une thèse, sachant qu'après l'obtention du concours, on doit enseigner. J'envisageais la prépa de Paris I, sauf que je ne sais pas s'ils acceptent les étudiants qui ont fait un master ailleurs que Paris. Je ne songe pas vraiment à l'étranger, non.

    Merci beaucoup, bon courage à toi aussi.

  • ArtzArtz Membre

    Bonjour,

    Avant la thèse et ce pour plusieurs raisons. D'abord, parce que le travail de recherche, c'est très différent du travail d'agrégation (qui tourne en gros autour de la maîtrise d'un canon philosophique et des codes de la dissertation et du commentaire) et que revenir à celui-ci après avoir connu celui-là, je pense que c'est pénible. Ensuite, parce qu'avoir un contrat doctoral en philosophie est très difficile et qu'il vaut mieux avoir le meilleur dossier possible, ce qui passe notamment par l'obtention de l'agrégation. Si tu n'as pas de contrat doctoral, rebelote pour les contrats ATER (qui sont en gros des contrats pour les thésards et les jeunes docteurs avec une charge de cours beaucoup plus importante que les contrats doctoraux). Enfin, la thèse dure longtemps (disons entre 3 et 6 ans, parfois plus) et donc avoir l'agrégation ça veut dire que tu assures une source de revenus.

    Au contraire, je ne vois aucun avantage à préparer la thèse avant l'agrégation.


    Bon courage ! :)

  • ScaraBScaraB Membre

    Je comprends, merci de ces informations ! Je comprends mieux comment cela fonctionne.

    Je ne sais pas si selon toi (ou quelqu'un d'autre), cela serait plus judicieux de faire mon master et la prépa agreg à Paris I même si leurs masters et la perspective de rester sur Paris trois ans me plaisent peu, ou si je peux faire mon master ailleurs et tenter la prépa agreg après à Paris I (en espérant qu'ils me prennent même si je viens d'une autre fac). C'est un point qui me taraude.

    Merci, à toi aussi :

  • ArtzArtz Membre

    Bonjour,

    Je ne sais pas vraiment à quel point la sélection pour la prépa agrèg est importante. Par ailleurs, je ne crois pas que Paris 1 soit particulièrement bonne - ni particulièrement mauvaise non plus - : je crois surtout que l'avantage d'être à Paris, c'est qu'on peut aller à tel cours à Paris 4, tel autre à Paris 1, et trouver des fiches des cours de l'ENS.

    Bref, je pense que personnellement, j'irais au master qui paraît le plus sensé pour ta recherche et serait à même de me donner un cadre de vie agréable (être heureux, ce n'est pas négligeable). Et de là, je verrais ensuite pour la prépa agrèg en M2.

  • JocrisseJocrisse Membre
    18 mai modifié

    Je confirme les propos de Artz, frappés au coin du bon sens : agrégation d'abord, aussi bien au plan tactique qu'au plan stratégique, si j'ose dire, et comme il dit, on ne voit pas beaucoup d'arguments contraires. Et d'après mes statistiques personnelles (sans prétention scientifique), des agrégés docteurs j'en connais, des docteurs qui ont passé l'agrégation après beaucoup moins.

    L'agrégation sanctionne des capacités liées à des exigences académiques, des exercices précis (disserter, commenter), qui ont la priorité (aussi bien en fac qu'à l'ENS) dans les études antérieures. Les moyens qui permettent d'y réussir ont une nature particulière, singulièrement l'accent mis sur la rhétorique (au sens positif du terme). Ou aussi le rôle de la mémoire : il vaut mieux connaître "son" Kant ou son Nietzsche par coeur, vous travaillez en temps limité, sans documentation, etc. ou quelques autres qualités de ce genre qui ne sont pas celles d'un docteur. (On ne cherche pas un chercheur, on cherche un bon prof, qui soit capable de pondre un cours magistral robuste. )Et psychologiquement, quand vous avez passé 3 ans, 5 ans ou plus à faire tout autre chose que du plan dialectique à trois parties, vous ne vous y remettez pas si facilement que ça.

    Ajouter à cela que si vous avez envie de faire un travail de recherche, il vous faudra trouver un directeur, et vous n'en trouverez un facilement que si on vous prend au sérieux, et être agrégé de philo, ça fait plus sérieux que Master de philo.

    Ceci est d'autant plus vrai si vous choisissez un sujet de recherche un peu original ou improbable. Si vous avez des titres, on sera plus souple avec vos manières "grand seigneur" éventuelles. On envisagera que c'est peut-être parce que vous êtes génial en effet.

    J'ai une bonne formule, dont je ne suis pas l'auteur, elle m'a été apprise par mon prof d'Histoire en hypokhâgne, dans son discours d'introduction aux jeunes élèves réputés brillants que nous étions, formule dont il disait qu'elle devait être, notre devise, notre maxime cent fois méditée, notre mantra, qui devrait être inscrit au fronton de l'ENS ou autres lieux, en lettres d'or et en majuscules :


    "Vous aurez le droit d'avoir du génie quand vous aurez l'agrégation. "


    Veut dire : pour l'instant et à partir de maintenant et jusqu'au jour de l'agreg, vous mettez votre petit génie dans une boîte et vous faites ce qu'on vous dit. Après, vous ferez ce que vous voulez.

  • mattlevmattlev Membre
    19 mai modifié

    "Veut dire : pour l'instant et à partir de maintenant et jusqu'au jour de l'agreg, vous mettez votre petit génie dans une boîte et vous faites ce qu'on vous dit. Après, vous ferez ce que vous voulez."

    Bof. Après l'agrégation, il y a les bourses de thèse, puis les ATER, puis le CNU, puis les campagnes de maître de conférences. On pourrait reculer le moment de l'autorité suffisante jusqu'au Collège de France en exagérant un peu.

    Dans toutes les disciplines il y a des cours qui n'ont rien à voir avec l'académisme à la française, et il faut en profiter.

    Si vous avez du génie, ça se verra avant comme après l'agreg. Si ça aide à faire carrière dans le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche, c'est autre chose. Mais il faut arrêter de faire de l'agrégation un grââl. Surtout si c'est pour après ne pas faire ce pour quoi on a été recruté (à savoir, enseigner dans le secondaire): franchement, quel système absurde.

  • ScaraBScaraB Membre

    Bonjour @Artz

    Je me suis renseignée et on peut être pris en prépa agreg à Paris 1 en venant d'une autre université ; ils regardent surtout nos résultats et portent peu d'intérêt envers l'université d'où l'on vient. Du coup, même si je fais une fac hors Paris, je peux être prise. Ah oui ? Je pensais que cela était une bonne prépa agrégation au vu de son taux d'admission très supérieur aux autres universités.

    Je pense faire ça aussi, j'ai pu constater cette année que le cadre de vie était très important. J'hésite surtout entre l'université de Rennes et de Strasbourg ; je vais tenter de glaner autant d'informations que possible.

    Merci de m'avoir répondu en tout cas.

    Bonjour @Jocrisse,

    Merci de m'avoir partagé vos statistiques personnelles, car de mon côté, les chargés de cours doctorants ou docteurs que je connais n'ont pas passé l'agreg et cela rend peut-être leur parcours plus complexe.

    Vous avez raison, le concours de l'agrégation est dans la continuité de ce qu'on apprend en licence et en master, à savoir les exercices de dissertation et commentaire (trop délaissés à mon sens au profit des dossiers). Je pense d'ailleurs consacrer ces deux prochaines années à travailler la méthodologie de ces exercices tout en approfondissant mes connaissances de certains penseurs, le tout en parallèle de mon master recherche et de mon apprentissage du grec ancien et de l'allemand. Ces deux années vont être denses, mais il vaut mieux que je me prépare bien en avance.

    Je comprends. Je ne pense pas que mon projet de thèse - encore en germe - ne soit pas très original (Une mise en parallèle de Benjamin et Lefebvre dans la lutte contre la modernité, un approfondissement de ce qu'est le romantisme révolutionnaire).

    Cette phrase donne à penser, mais je pense qu'elle ne s'applique pas dans tous les établissements. Je pense à Paris VIII, par exemple, où un des professeurs nous a dit qu'il cherchait des étudiants originaux qui ne cherchent pas forcément à préparer l'agrégation. Les travaux atypiques sont plutôt acceptés et encouragés dans cette faculté. Ceci dit, je me suis sentie quelque peu exclue de fait puisque j'envisage depuis un certain temps de passer l'agrégation puis que je suis une étudiante très (trop ?) scolaire... Puis le génie d'un étudiant peut se déployer ailleurs que dans la sphère de l'université par la réalisation de travaux personnels. Ceci dit, il faut avoir une certaine prétention pour penser détenir une forme de génie au point de remettre en cause la méthodologie qu'on nous invite à suivre en tant que étudiant, par exemple.

  • ScaraBScaraB Membre

    @mattlev , oui, le parcours ne s'arrête pas à l'agrégation.

    A titre personnel, j'envisage de passer l'agrégation puisque je souhaite autant enseigner dans le secondaire que travailler dans la recherche. Ce concours me permet l'accès à ces deux choses. Je ne pense pas vraiment avoir "du génie", je cherche juste à pouvoir poursuivre dans ce qui m'intéresse, à savoir l'enseignement et la recherche ; je n'ai pas plus de prétention que ça.

    Maintenant, je me pose une autre question. Obtenir le CAPES avant le doctorat est-il aussi préférable ? Même si je vise surtout l'agrégation, je pense aussi passer ce concours, même si ça me ferme potentiellement des portes pour enseigner au sein d'une université (comme je l'ai dit, l'enseignement dans le secondaire ne me déplaît pas non plus).

  • ArtzArtz Membre

    Je pense qu'en réalité, l'opposition entre originalité et canon n'est jamais complète. Dans les concours, il faut cultiver une forme d'originalité, la capacité à sortir du lot, tout en montrant sa maîtrise des exercices (c'est d'ailleurs l'idée des Héritiers de Bourdieu). Dans la thèse, on a davantage de liberté pour s'exprimer mais il s'agit, à la fin, d'engager un dialogue avec une communauté donnée (et donc de suivre un certain canon, que ce soit dans la structure de l'argument, les références, le style, etc.). Bon, je pense que ce que je dis là n'est pas une révélation, mais c'est pour nuancer ce que vous dites, Jocrisse et mattlev. Ce n'est pas surprenant qu'un professeur de khâgne refuse le génie, puisqu'il représente l'institution. Ce n'est pas pour autant qu'il faut tout sacrifier à la norme (à la fois pour avoir une vie intellectuelle épanouie et pour, paradoxe, pouvoir rentrer à l'Ecole normale supérieure). Par contre, ce n'est pas toujours simple de faire varier le curseur de liberté que l'on s'autorise et donc faire les concours d'une traite, ça semble plus facile psychologiquement. Et je crois qu'on est tous d'accord sur la question (même si mattlev ne se prononce pas clairement sur la question).


    Pour revenir à toi ScaraB, je pense que ça ne sert à rien pour le moment de penser à ton originalité ou ton génie. Je ne sais pas bien ce que serait le génie, mais en tout cas, c'est difficile de savoir si on est original et il est trop tôt pour que tu te poses la question.

    En ce qui concerne le parcours :

    • Passer l'agrégation et le Capes (il n'est pas rare du tout de passer les deux à la fois, la même année, et en général, quand on se prépare à l'agrégation on s'adapte assez bien au Capes) avant la thèse paraît plus logique. Les seuls contre-arguments que je verrais, à la réflexion, seraient si tu envisageais ensuite de partir à l'étranger (puisque le Capes et l'agrégation n'ont aucune valeur à l'étranger) ou dans le privé. Ca ne semble pas être ton cas.
    • Car justement, le doctorat n'est pas une fin en soi. Et malheureusement, si l'idée est d'avoir une carrière universitaire, ce ne sont pas les parcours des doctorants qu'il faut regarder, mais ceux de tes profs. La plupart des doctorants ne feront pas une carrière universitaire derrière...

    En ce qui concerne la préparation de l'agrégation, je pense qu'il faut commencer à faire des fiches sur les auteurs canoniques, c'est sans doute le plus utile pour le moment. Il y a les auteurs qu'il faut absolument connaître, parce qu'ils ont posé les cadres que l'on attend à l'agrégation : je dirais comme ça, Platon, Aristote, Descartes et Kant. Et puis, ensuite, tu peux ajouter tous les autres les stoïciens, Epicure, Spinoza, Hume, que sais-je. Et là, tu peux explorer des jardins secrets qui vont te permettre de faire preuve de cette originalité normée que l'on attend (voire, de t'épanouir intellectuellement). Pour ce que j'en dis.

  • ScaraBScaraB Membre

    A dire vrai, je ne me pose pas la question de l'originalité que je pourrais potentiellement avoir, la citation de Jocrisse donnait juste à réflexion.

    En effet, je n'envisage pas vraiment d'enseigner à l'étranger.

    Je ne connais pas vraiment le parcours exact de mes professeurs (hors chargés de cours) en dépit de leur profil visible sur internet. Mais je me doute que le doctorat seul ne suffit pas.

    Je prends note, je pensais reprendre plusieurs auteurs en particulier dès cet été, notamment Kant et Hegel. Je dois avouer m'intéresser surtout à des auteurs tels que Bloch et Benjamin mais cela ne peut être que bénéfique de mieux maîtriser des auteurs plus classiques, ne serait-ce que pour mieux comprendre les allusions que font les auteurs que je lis (typiquement, les références à Hegel que écrit Debord dans La société du spectacle).

    Enfin bref, merci, je vois un peu plus clair sur le parcours que je pourrais suivre. Reste plus qu'à voir où je vais être admise à la rentrée !

  • JocrisseJocrisse Membre

    Je précise que je n'ai pas répondu à une alternative agrégation ou thèse, qui n'était pas la question posée, mais par quoi il est préférable de commencer, l'auteur de la question envisageant de passer l'un et l'autre, et non l'un ou l'autre.

    Ca peut être aussi un conseil pour le Capes ou l'Agrégation : rester dans la question précise...

  • mattlevmattlev Membre
    22 mai modifié

    J'avoue avoir fait dériver la discussion volontairement, et j'assume (c'est un verbe à la mode).

    Ma réponse était hors sujet mais la fin de cette réponse pas totalement à côté de la plaque.

    Si tu présentes une bourse de thèse sans l'agrégation, tu as moins de chance d'être admis.e.

    Si tu présentes une bourse de thèse en ayant l'agrégation et sans être normalien.ne (= avec des appuis), le rectorat pourra refuser la disponibilité, ou le détachement, je n'ai jamais compris la différence.

    Sans parler du fait que l'agrégation ne forme absolument pas à la didactique ni à l'enseignement. Ni même de l'opposition absurde (salaire et service) entre certifiés et agrégés. Que je sache, le travail est exactement le même.

    Je suis désolé de dire ça mais c'est la réalité. Ça, sans compter la situation catastrophique à l'Université (et au CNRS d'ailleurs), dans toutes les sciences inutiles (maths et physique fondamentale comprises): on arrive dans certains UFR à des taux de 60% de CDD. Si on parle de carrière, il est important de parler de cela. Si tu envisages sérieusement d'enseigner dans le secondaire, lance toi sans aucun remord. Pour les personnes qui liraient ce fil et qui n'envisagent pas le secondaire (c'est mon cas), je ne suis pas sûr de conseiller cette voie. Devenez donc plutôt soignant.es, mais rapidement: il reste peu de temps avant que l'opinion se lasse de feindre soutenir les blouses blanches.


    Dans tous les cas, effectivement, l'agrégation ou le capes est à passer avant la thèse, même s'il existe sur le papier un second concours pour les thesé.es. Si vous avez des infos à ce sujet d'ailleurs je suis preneur.

  • ScaraBScaraB Membre

    @mattlev , je suis bien au courant de l'amère réalité du monde universitaire et de l'inégalité des classes.

    Ce n'est pas pour rien que moi, issue d'un milieu plutôt ouvrier dont les parents n'ont pas le bac, n'ai pas eu connaissance de l'existence de l'ENS quand j'étais en terminale et que cela joue désormais en ma défaveur pour les années à venir. Je l'ai mauvaise, mais bon, cela ne m'empêchera pas d'enseigner.

    La disponibilité et le détachement, je ne vois pas à quoi cela se réfère.

    Normalement, une personne agrégée est censée avoir moins d'heures de cours pour consacrer davantage de temps à la recherche. Mais je te rejoins, les oppositions sont assez absurdes.

    Oui, c'est une catastrophe à l'Université. Les enseignants en cdd sont payés une misère, parfois au smic et à la tâche tout en ayant un CV de fou. Il faut limite galérer pendant 10 ans pour espérer être titulaire, et cela va s'aggraver avec la LPPR. Je ne sais pas si je suis prête à ça, d'où le fait que je pense préparer l'agreg avant la thèse pour m'assurer dans tous les cas une sécurité financière.

    Pour nuancer un peu le pessimisme de cette conversation, j'ai discuté récemment avec un prof ATER dans mon université. Il a un doctorat mais pas d'agrégation. Il m'a dit que son parcours était certes compliqué, mais qu'il ne le regrettait pas parce qu'il faisait ce qu'il aimait.

  • mattlevmattlev Membre
    22 mai modifié

    Je suis heureux que tu sois consciente de la réalité de ce monde, et j'ai l'impression que tu es bien outillée pour t'y frotter. Je ne suis pas sûr d'avoir la bonne stratégie en étant aussi négatif (surtout que je parle d'une position privilégiée, j'ai eu des conditions d'études optimales et j'ai un financement de thèse), mais il me semble nécessaire de parler de cette réalité, au risque de décourager les nouveaux et nouvelles entrantes dans ce monde. Je ne sais pas.


    "Normalement, une personne agrégée est censée avoir moins d'heures de cours pour consacrer davantage de temps à la recherche."

    Non, pas du tout ! L'agrégation est un concours du secondaire qui n'a strictement rien à voir avec l'université (sauf cas 'exceptionnel': prépa, BTS ou PRAG qui sont des postes détachés dans le supérieur) ou la recherche.


    La disponibilité et le détachement, ce sont deux situations administratives où tu es dépendant de l'EN, mais où tu retardes ta prise de poste, ou bien tu quittes ton poste pour une durée donnée sans en perdre le bénéfice (dispo), ou alors où tu es prêté(e) par l'EN à une autre structure d'État (détachement), dans notre cas l'Enseignement Supérieur. Que les autres me corrigent si je dis des bêtises, je ne suis pas tout à fait sûr de moi.

    ATER sans agrégation ni certification, ça veut dire un contrat d'un an non renouvelable (contrairement aux ATER avec concours qui peuvent être renouvelés deux ou trois fois, selon le concours). J'espère qu'il a une bonne porte de sortie...


    Bon courage en tous cas ! Et profite de tes études !

  • @mattlev présente une triste réalité : je suis engagé dans cette voie mais ne veux pas du tout enseigner dans le secondaire ; pour l'instant cela ne me gêne pas (j'aurai encore 3-4 ans d'École après l'agrégation et avant la thèse) mais le moment venu ça va me poser pas mal de problèmes...Tout cela pour dire qu'il faut prendre la décision de se lancer dans cette voie en toute conscience, mais ce me semble ton cas @ScaraB !

  • tropictropic Membre

    Bonjour, je me permets juste de rectifier : ATER sans avoir passé les concours, c'est un contrat d'un an renouvelable une fois. C'était du moins ma situation il y a une dizaine d'années, peut-être que les choses ont changé depuis.

    Mais effectivement, je déconseillerais ce parcours sans filet de sécurité !

  • AscagneAscagne Membre
    22 mai modifié

    En effet, lorsqu'on est fonctionnaire de catégorie A, on peut être ATER pendant trois ans et il me semble qu'il est même possible de faire une quatrième année si l'on obtient l'autorisation de renouvellement : la DRH de l'université où j'enseigne m'a rappelé ce point en passant (j'en suis à ma candidature pour une troisième année). Le détachement est recommandé puisqu'il permet de conserver sa progression en termes d'échelons.

    Ce qui peut poser problème avec le poste d'ATER, c'est la rémunération, notamment lorsqu'on est fonctionnaire de catégorie A, qu'on a avancé en termes d'échelon et qu'on est plus âgé (j'ai trente ans, je suis célibataire et sans enfant mais je vois bien que j'ai des aspirations différentes par rapport à mes 24 ans ou même un peu plus tard quand j'ai accepté un poste d'ATER à mi-temps qui ne posait pas problème dans la mesure où j'habitais encore dans un appartement d'étudiant). Je suis aujourd'hui moins bien payé avec 192HTD que lorsque j'étais doctorant contractuel avec 64HTD, alors que j'ai beaucoup plus de responsabilités et d'expérience. Pour donner un ordre d'idée, j'ai perdu 1000€ de rémunération par rapport à une année de secondaire où j'avais dû accepter des heures supplémentaires...

    Tout simplement, pas mal de doctorants et de docteurs ne peuvent plus se permettre de candidater à ce type de poste (malgré leur goût du supérieur) lorsqu'ils doivent gérer un foyer. Il est vrai que les conditions d'exercice d'un ATER sont avantageuses par rapport au travail dans le secondaire. La recherche peut produire de la fatigue nerveuse, mais ça n'a rien à voir à mon avis avec l'épuisement face à des ados turbulents. Cela ne justifie cependant pas cette rémunération qui est basse face aux responsabilités (l'ATER n'a pas les fonctions administratives d'un MCF mais il a un service équivalent quoique sans HS).

    Évidemment, il faut pour cela avoir réussi un concours, par exemple l'agrégation. Il faut garder à l'esprit qu'à partir de ce moment-là, la situation normale est d'être en poste dans le secondaire (même si on n'a pas vraiment la vocation, même si l'on n'est pas trop taillé pour le métier) et qu'il reste très difficile d'obtenir un poste d'ATER. Cependant j'imagine qu'en philosophie, les enseignants qui visent avant tout le supérieur rencontrent un peu moins de difficultés dans le secondaire dans la mesure où ils enseignent en fin de cycle et pas face à des élèves de seconde...

    Je cite ScaraB : "Normalement, une personne agrégée est censée avoir moins d'heures de cours pour consacrer davantage de temps à la recherche. Mais je te rejoins, les oppositions sont assez absurdes."

    Pas vraiment. On peut certes l'envisager ainsi, mais la réalité, c'est que les différences entre certifiés et agrégés viennent du fait qu'ils ne sont pas censés enseigner aux mêmes niveaux : on estimait qu'il fallait plus de temps de préparation et moins d'heures de cours pour enseigner à des lycéens (agreg) qu'à des collégiens (CAPES).

    Puisque dans les faits on trouve des agrégés au collège et des certifiés au lycée, on se retrouve devant une inégalité de fait, qui n'est pas logique, et que quelques différences marginales ne suffisent pas à expliquer. Du reste, concrètement, l'EN ne prend pas en compte le fait qu'on est doctorant ou docteur et qu'on a besoin de temps pour les recherches car il n'y a pas de statut particulier du certifié ou de l'agrégé doctorant/docteur. L'ironie, c'est que lorsqu'on propose ce genre de chose, les mêmes qui s’accommodent bien de l'inégalité existant entre certifiés et agrégés crient à l'injustice que cela provoquerait au sein de chaque corps.

  • ScaraBScaraB Membre

    @mattlev Je savais que les postes à l'université étaient rares depuis quelques temps, mais ce n'est que cette année, avec la mobilisation contre la LPPR, que j'ai appris que travailler à l'université pouvait être synonyme de galère et de précarité. Je suis aussi assez négative, mais bon, je me dis que je ne perds rien à vouloir travailler dans l'enseignement supérieur si j'ai toujours la possibilité de me tourner vers le secondaire.

    J'ai aussi de bonnes conditions d'étude, dans le sens où mes parents peuvent me soutenir financièrement. Maintenant, je ne peux quand même pas me permettre de me tromper une nouvelle fois de fac (d'où mon stress). Tu as donc pu obtenir un contrat doctoral sans agrégation ? En philosophie ?

    Ce sont des professeurs au lycée qui nous expliquaient ceci, par rapport à la distinction CAPES et agreg, puis surtout que l'agreg garantissait davantage une place au lycée que au collège (enfin, cela ne change rien pour moi vu que la philosophie n'est enseignée que en terminale). Je pensais que l'agrégation se destinait à l'enseignement au lycée mais aussi à l'université, que c'était un peu un pré-requis si on voulait devenir maître de conférence, au même titre que le doctorat.


    Merci de l'information, je vois désormais ce que sont le détachement et la disponibilité. C'est assez dégoûtant - pour être polie - que les normaliens puissent davantage en bénéficier que d'autres. Enfin, cela n'est pas comme si c'était surprenant...

    Il a été ATER pendant trois ans de ce que j'ai compris, mais c'est à Paris VIII. Cet établissement, en tout cas en philosophie, ne cherche pas des chargés de cours ou post doc qui ont forcément l'agrégation. Cependant, il m'a bien expliqué que cela ne s'appliquait que dans peu de facultés en France.

    Merci ! Même si je me prends sans doute un peu trop la tête sur l'avenir, j'essaye de profiter au maximum de ce temps d'étude !

    Si j'ai bien compris, tu es titulaire de l'agrégation et envisages de passer une thèse ? Eh oui, c'est peut-être pour ça que je me prends la tête à l'aube de ma rentrée en M1, histoire de ne pas me tromper, haha.

  • ScaraBScaraB Membre

    @Ascagne , merci pour ton message aussi précis, je saisis d'autant plus les différentes distinctions entre travailler en temps que ATER ou dans le secondaire, ou le fait que décrocher un doctorat après l'agrégation ne va pas forcément de soi...

    A vrai dire, je connais très peu de collègues en philosophie intéressés par l'enseignement dans le secondaire ; cela s'explique sans doute par un souvenir assez amer des cours de philosophie de Terminale qui suscitaient globalement un certain désintérêt chez la majorité de leurs camarades (j'ai pu le remarquer en étant en filière littéraire, on était que trois sur trente à suivre le cours, ce qui a de quoi démotiver plus d'un professeur mais c'est le jeu). Puis les conditions d'accès de l'enseignement dans le supérieur étant ce qu'elles sont, beaucoup se réorientent.

    Quelque chose me dit qu'on n'en a pas fini avec l'absurdité de ces inégalités, enfin...

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