Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour / Bonsoir à tout(e)s !

J'ai un devoir à faire sur cette oeuvre de Baudelaire, j'ai pu commencer un peu mais concernant les axes, je ne sais pas comment m'y prendre pour faire un plan à partir de ce sujet car il me paraît trop "vague" car le dégoût ne peut être la même chose pour tout le monde... c'est pourquoi alors je vous demande s'il vous plaît si c'est possible de m'aider pour une quelconque piste avec des poèmes éventuels, merci beaucoup pour toutes explications ainsi qu'aide !

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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    2 mai modifié

    Bonjour FoT85,

    Si l'intitulé exact du sujet figure dans le titre, je vais essayer de te donner quelques pistes.

    Quelle peut-être l'origine du dégoût ? Morale ? Esthétique ? Les Fleurs du mal sont provocantes, sont-elles complaisantes ?

    Baudelaire, dans l’Art romantique, condamne : « Il est une autre hérésie... Je veux parler de l'hérésie de l'enseignement, laquelle comprend comme corollaires inévitables, les hérésies de la passion, de la vérité et de la morale. Une foule de gens se figurent que le but de la poésie est un enseignement quelconque, qu'elle doit tantôt fortifier la conscience, tantôt perfectionner les mœurs, tantôt enfin démontrer quoi que ce soit d’utile... La poésie (...) n'a pas d'autre but qu'elle-même ».

    Il a aussi revendiqué la transformation de la laideur au nom d'un beau "bizarre" ou par souci démiurgique de refaire la création.

    Les Fleurs du mal sont donc une œuvre où s'exprime le dégoût du poète, propension au vice, mal-être maladif. On peut y noter une attirance pour ce que nous rejetons habituellement.

    Le poète a-t-il le droit de partager cette vision et ces comportements. Nous pouvons répondre préalablement que nul n'est obligé de lire une œuvre qui ne lui plaît pas (sauf les élèves bien entendu). L'œuvre a été condamnée au nom de la morale (car il faut protéger la jeunesse) mais aujourd'hui elle ne l'est plus. L'érotisme et la pornographie ont fait bien pire. Peut-on condamner Baudelaire au nom de l'esthétique ? la postérité a reconnu en lui le "prince des poètes". C'est donc que son art poétique, en dépit des apparences, était novateur et remarquable. Enfin la souffrance du poète n'a-t-elle pas quelque chose à nous apprendre aujourd'hui sur les rapports de l'homme à une réalité cruelle et désespérante ?

    Reste enfin la question du plaisir à fréquenter cet enchanteur ?

  • HapoHapo Membre
    2 mai modifié

    Pour se lancer dans une dissertation, il faut bien triturer les termes du sujet. Jean-Luc a donné quelques pistes avec le mot "droit".

    Je pense qu'il faut aussi réfléchir à la notion de dégoût. Dégoût de quoi ? Quel type de dégoût ? Il peut y avoir plusieurs réponses :

    • Provoquer le dégoût par la mobilisation, dans ses poèmes, d'images considérées comme dégoûtantes, repoussantes, et qui vont à l'encontre de ce que le lecteur peut attendre d'un poème. Tu peux ainsi regarder le poème Une Charogne.
    • Provoquer le dégoût du monde et des hommes. Baudelaire, dans son oeuvre (par exemple dans L'Albatros, ou Spleen IV) montre pourquoi le monde le rejette,expose les raisons de son spleen, puis montre que les recours pour le poète à son spleen sont vains (ainsi, il tente tour à tour de fuir par les Muses, les femmes, le voyage, l'alcool, la religion puis la mort). Ainsi, il peut provoquer, communiquer au lecteur, un dégoût du monde.
  • FoT85FoT85 Membre

    Bonjour Jean-Luc et Hapo !

    D'accord je vous remercie de vos indications, et pour ce faire j'avais bien pensé à analyser les mots en partant du principe que le mot poète peut faire référence au mot créateur donc si on part de ce principe-là, je me dis que oui il a le droit pour faire ma première thèse et de là je compte énumérer les poèmes où il a eu recourt à son imagination parce qu'il est libre d'écrire ce qu'il souhaite. De plus, je me dis également qu'à travers un truc dégoûtant, comme l'a dit Jean-Luc, si on prend l'origine de ce "dégoût", il montrerait quelque chose à travers ce dégoût, donc y a une moralité derrière ce dégoût ce qui pour moi, lui donnerait encore le droit. Et pour un dernier axe pour ma thèse, je ne sais pas trop quoi dire mise à part le fait qu'il souhaite exprimer, à travers ces oeuvres, un certain dégoût pour montrer une réalité c'est pourquoi il a eu recourt au dégoût?

    Pour l'antithèse, je ne pense pas avoir trop de mal car je pourrais partir de principe qu'un poète doit faire rêver, montrer des choses qui sont jolies, romantique comme avec la poésie traditionnelle mais que lui ne respecte pas cette condition à maintes reprises comme dans la Charogne où il provoque le dégoût des lecteurs que ce soit en parlant de la mort ou bien avec ses métaphores où il fait allusion au sexe. Après, une fois de plus comme antithèse,serait-ce judicieux de parler du fait qu'il brise les codes morales ou non?

    Merci beaucoup de tout aide ainsi qu'explications au-dessus!

  • LaoshiLaoshi Membre

    car je pourrais partir de principe qu'un poète doit faire rêver, montrer des choses qui sont jolies, 

    Toujours ce verbe devoir qui marque une obligation, et qui nous place dans le cadre de ce que l'on a le droit de faire.

    Ce que l'on a le droit de publier, c'est la censure qui le décide, et elle s'est abattue sur nombre d'auteurs. Elle varie avec l'époque, et ce que l'on était prêt à brûler un temps est aujourd'hui porté aux nues. Il est étrange que l'on vous demande à vous, élèves, si le poète a le droit. Vous n'avez aucune légitimité pour en décider.

    Si le poète est épris de liberté, il doit avoir le droit d'écrire ce qu'il veut, de montrer les choses qui sont jolies et celles qui le sont moins. D'éclairer d'un jour nouveau les choses qui demeuraient jusqu'alors cachées à nos yeux, comme dit l'autre. Si elle sont belles, il sublime leur beauté ; si elles sont laides, il sublime leur laideur.

    En revanche, le lecteur doit avoir le droit de ne pas le lire si cela lui déplaît, comme il peut détourner la tête à la vue de Saturne dévorant ses enfants de Goya. Et s'il est obligé de le lire, comme c'est le cas dans la demande qui nous occupe, il doit pouvoir dire : Non, cela ne me plaît pas, cela me donne mal au coeur, c'est répugnant. Au lieu de s'extasier sans aucun sens critique.

  • FoT85FoT85 Membre
    3 mai modifié

    Bonjour !

    merci beaucoup de toute votre aide, ceci m'a permise de trouver comment m'orienter afin d'élaborer un bon plan !

  • LaoshiLaoshi Membre
    3 mai modifié

    Cela m'a permis (même si tu es une fille 😉)

  • FoT85FoT85 Membre

    Oups toujours des erreurs 😂😅, merci !

  • FoT85FoT85 Membre
    7 mai modifié

    Bonjour,

    y a eu un petit rebond dans mon devoir et le prof n'accepte pas le plan que j'ai fait accepte pas le plan que j'ai fait avec une thèse et antithèse...

    il a alors proposé un plan en donnant les 3 grands axes, et à vrai dire je suis perdue parce que je ne sais pas quoi dans les sous parties car j'avais fondé un plan à partir d'une thèse et antithèse mais qu'avec les 3 grands axes qu'il a donné je suis perdu... voici les 3 grands axes :

    I. La boue

    II. L'or

    III. L'Alchimie du Poète.

    Je vous demande s'il vous plaît, pour la construction du plan car je ne sais vraiment pas quoi mettre dans ce plan là... je vous remercie énormément de tout aide ainsi qu'explications.

  • LaoshiLaoshi Membre

    Vu l’intitulé du sujet du sujet, et le plan suggéré, aucune discussion n’est possible.

    Tu n’as que la solution de te pâmer devant les poèmes les plus dégoûtants de Baudelaire.

    Alors en I., tu parles de la boue, de la fange, de tous les poèmes qui ont pour sujet là pourriture et l’immondice.

    En II. Je suppose qu’il faut montrer que cette boue, le poète la transfigure.

    En III, tu réponds que oui, le poète a le droit de provoquer le dégoût. Le poète a tous les droits. Comme un alchimiste, il est capable de transformer la matière. Tout sujet, même le plus insignifiant, même le plus répugnant est poétique.

  • AmmyAmmy Membre

    Entre nous je ne vois pas en quoi ce plan répond à la question. Mais puisque tu n'as pas le choix...

  • LaoshiLaoshi Membre

    Même avis...

    De toute façon, Ammy, je ne sais pas ce que tu penses de la formulation du sujet, mais elle est déjà étrange.

  • AmmyAmmy Membre

    Oui mais justement elle avait eu le mérite de lancer un débat sur cette notion de "droit", pourquoi pas. Pour finalement en venir au pan bateau que l'on pourrait appliquer sur n'importe quel sujet cette année avec le parcours "la boue et l'or"


    Bref tu as donné à FoT les pistes nécessaires pour développer.

    D'ailleurs cette discussion "boue et or, alchimie poétique" se retrouve à de nombreux endroits du site FoT, tu devrais y trouver d'autres précisions.

  • fandixhuitfandixhuit Membre

    Oui, je trouve que cette question de "droit" un peu bizarre. Le poète a tous les droits. Comme le peintre.

    Au 19e, était-ce trop tôt ? Sans doute...

    Par définition, l'artiste,amoureux de l'idéal et de la beauté, est connecté à un monde autre.

    Il est de laides beautés.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    7 mai modifié

    Une des questions du droit est celle de la condamnation des Fleurs du mal pour immoralité. Si le poète peut peindre toutes les vilénies et tous les comportements déviants, il ne peut tout publier. Bien entendu, les appréciations ont évolué depuis celles du procureur Pinard. Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui encore (même avec la libération des mœurs) certains écrits resteraient répréhensibles aux yeux de la loi (appel à la haine, pédophilie par exemple, ce qu'on ne reprochera pas à Baudelaire). En conséquence on peut s'interroger au sujet de la complaisance à l'égard de certains comportements des écrivains (Baudelaire a été bien misogyne, il a quand même écrit : "Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste.") et de la possibilité laissée à l'art de tout dire au nom d'une immunité esthétique.

    Baudelaire a voulu rivaliser avec Dieu. Il a prétendu que son art pouvait sauver la vie, une création ratée, avant de s'effondrer dans un désespoir lié à son échec. La souffrance du poète a quelque chose à nous apprendre aujourd'hui sur les rapports de l'homme à une réalité cruelle et désespérante. Cette boue intérieure est vraiment touchante. En plus le lecteur peut éprouver un intense plaisir esthétique devant ces "fleurs maladives". La postérité a reconnu en Baudelaire le "prince des poètes". C'est donc que son art poétique, en dépit des apparences, était novateur et remarquable.

  • SimeoneSimeone Membre

    Bonsoir, le "dégoût" chez Baudelaire est présent dans ses lettre à sa mère dès ses 17 ans. Dégoût de l'éducation académique tout d'abord. Dégoût existentiel par la suite en ce qui concerne la médiocrité dans l'art.

  • fandixhuitfandixhuit Membre
    7 mai modifié

    Euh, Jean-Luc, bonsoir !

    Baudelaire misogyne ? Voir Rousseau, Goethe, Diderot... D'une manière générale les mecs intelligents épousent des abruties. Ça les rassure.

    Oui ? 😉

    Euh ! Échec de Baudelaire ? Merveille de son oeuvre !

    Question : pourquoi l'oeuvre est-elle toujours supérieure à son créateur ?

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir fandixhuit,

    Baudelaire avait des problèmes avec les femmes. Je ne m'extasie pas devant certaines pièces qui les dégradent. Cependant je peux les apprécier d'un pur point de vue esthétique, exercice de dissociation peu commode pour de jeunes lecteurs je l'avoue.

    L'échec de Baudelaire n'est pas l'échec de son œuvre qui est bien une merveille. C'est un échec intime qu'il a souvent vécu dans l'impuissance créatrice. C'est pourquoi Les Fleurs du mal restent un miracle.

  • fandixhuitfandixhuit Membre

    Baudelaire ne se dégrade pas. C'est un être humain. Comme nous tous. Échec intime ? Allons !

    Merci toutefois pour ta réponse ☺️

  • JehanJehan Modérateur

    Jean-Luc n'a pas dit que Baudelaire se dégradait.

    Il a dit qu'il dégradait parfois les femmes, tenait parfois des propos dégradants à leur égard.

    Petite nuance...

  • FoT85FoT85 Membre
    8 mai modifié

    Bonsoir !

    Je suis vraiment désolée je me suis rendu compte que je m'étais trompée dans la problématique qui devait être "légitime" au lieu de "droit" désolée j'étais tellement focalisée sur le plan je n'ai pas fait attention, excusez-moi pour tout, je sais pas si peut-être avec ce mot ce sera plus facile ou non... vraiment désolée encore

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