Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour pouvez vous m'aider pour ce commentaire svp je suis bloqué, j'arrive pas a trouver la problématique.

[Hélène et Mathieu, qui ne se connaissaient pas, se sont rencontrés par hasard à Lisbonne, au Portugal, dans le hall d’un hôtel où ils séjournent l’un et l’autre.]

Elle a choisi de ne pas quitter sa chambre, a tiré les persiennes , s’est protégée du dehors, de ses rumeurs, de sa corrosive luminosité. Elle est allongée sur son lit, dans une semi-obscurité, dos bien à plat, jambes scellées, bras repliés sur le ventre, elle a l’air d’une gisante, est-elle autre chose ? Elle demeure ainsi, pendant des heures, sans réellement perdre conscience, sans trouver le sommeil, ni même le repos. Les heures passent, dans cette position de cadavre. Elle serait incapable de mesurer le temps écoulé, elle ne compte pas, chasse une à une les pensées qui l’assaillent pour tenter d’accéder à une sorte de vacuité , mais ce sont sempiternellement les mêmes obsessions qui reviennent. À un moment, une femme de ménage toque. En l’absence de réponse, celle-ci pousse la porte. Lorsque Hélène, tirée de ses rêveries, l’aperçoit, s’avançant dans la pièce, remarquant sa surprise, elle la congédie, sans ménagement, sans presque un mot, avec un geste d’exaspération. Après coup, elle regrette sa rugosité, mais c’est trop tard. Elle redevient la gisante, la quasi-morte. Dehors, à coup sûr, c’est encore l’été, le bleu de la ville, tout ce bleu, l’ombre trop rare sous les arcades de la place du Commerce, le pas exténué des touristes, elle s’en moque. Elle accompagne en silence la chute des heures. Et soudain, sans que rien ne l’ait laissé présager, elle se relève, saisie par une évidence impérieuse, ou une urgence. Elle s’empare du combiné téléphonique et compose le numéro de la chambre de Mathieu. Elle est persuadée qu’il ne va pas répondre. Elle l’imagine vagabondant par les rues, sans but précis, et s’arrêtant aux terrasses des cafés pour manger une glace, lire les journaux français de la veille. Ou bien les pieds nus enfoncés dans le sable, ses pantalons retroussés jusqu’aux genoux, sur une plage non loin de Cacilhas , et contemplant négligemment de jeunes gens jouant au ballon ou s’ébattant dans les vagues. Ou encore traînant le long du Tage, à proximité du port, pour apercevoir les cargos qui accostent, les voiliers qui croisent au large. Elle se prépare à lui laisser un message, à lui exprimer son souhait de le revoir, s’il en a le temps, s’il en a l’envie. Elle lui proposera un rendez-vous, lui indiquera une heure pour la rappeler, le laissera libre de décliner l’invitation. Elle reposera le combiné, retournera s’étendre dans le silence. Mais il décroche à la première sonnerie. Elle est déroutée, cherche ses mots. Elle était prête à inventer quelques phrases, à raccrocher, et à attendre. Pas à entamer un dialogue. « Je ne pensais pas que vous seriez là. » Elle balbutie. Pourtant elle sait parfaitement ce qu’elle veut dire. Elle a besoin de cet homme, besoin de sa présence, besoin de lui parler. Il suffirait de renoncer aux conventions. Il suffirait d’un peu de courage pour le lui avouer. Ou encore de s’abandonner, de cesser ce petit jeu des apparences. Il perçoit son étonnement, sa maladresse. Il la sauve : « J’espérais que vous appelleriez.»

Il n’a pas quitté sa chambre lui non plus. Il a résisté à l’appel de la ville, s’est contenté de jouer avec la télécommande comme le font les enfants, passant d’une chaîne de télévision à une autre, ne se fixant sur aucune, recevant sans véritablement y prêter attention des bouts de phrases, des exclamations en portugais, en espagnol, en allemand. Il s’est installé au bureau, a extrait du joli classeur en cuir noir des feuilles de papier à en-tête de l’hôtel, s’est essayé à écrire une lettre, a finalement renoncé. Quoi écrire et à qui ?

Les passants de Lisbonne, de Philippe Besson (2016)

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour Lucas13,

    Regarde ici, tu pourrais trouver un début de piste


  • LaoshiLaoshi Membre

    Quelques impressions :

    De l’art de décrire la dépression et la façon de s’y enfermer.

    De l’inexplicable instabilité qui fait sortir le quasi cadavre de son immobilité.

    La rencontre possible de deux semblables épaves ?

  • Lucas13Lucas13 Membre

    Merci pour votre aide mais pourriez vous m'aider pour la problématique svp?

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    L'hôtel comme lieu d'une improbable rencontre.

  • LaoshiLaoshi Membre

    Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce récit de première rencontre ?

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.