NSAXNSAX Membre
29 févr. modifié dans Littérature française

Mais si faut-il mourir, et la vie orgueilleuse,

Qui brave de la mort, sentira ses fureurs,

Les Soleils hâleront ces journalières fleurs,

Et le temps crèvera cette ampoule venteuse.

Ce beau flambeau qui lance une flamme fumeuse,

Sur le vert de la cire éteindra ses ardeurs,

L’huile de ce Tableau ternira ses couleurs,

Et les flots se rompront à la rive écumeuse.

J’ai vu ces clairs éclairs passer devant mes yeux,

Et le tonnerre encor qui gronde dans les Cieux,

Où d’une ou d’autre part éclatera l’orage,

J’ai vu fondre la neige et ses torrents tarir,

Ces lions rugissants je les ai vu sans rage,

Vivez, hommes, vivez, mais si faut-il mourir.


Bonsoir, j'ai besoin d'aide pour une question qui m'a été posée sur ce poème. En effet, la voici:

En quoi ce poème confirme-t-il que pour qu'une émotion poétique émane du lecteur, il faut avant tout que tout soit donné d'un seul coup dans le poème, qu'il n'y ait aucune progression.

J'ai bien repéré le vers "mais si faut-il mourir" au début et à la fin qui semble fermer le poème mais voyez-vous d'autres éléments dans ce poème qui répondent à cette affirmation ?


Merci d'avance !

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Réponses

  • NSAXNSAX Membre

    Serait-ce une progression narrative ? J'ai pensé que le memento mori: serait-il une façon de transcender la temporalité et donc la progression narrative, si oui comment ?

  • On peut être touché d'emblée par ce sonnet d'esthétique baroque. Le thème est donné d'entrée : nous sommes mortels et le poète va développer l'idée de l'instabilité de la vie. Questions et inquiétudes existentielles qui sont quasi universelles. L'émotion naîtra du thème mais aussi des images de flots en furie, d'orages, de tonnerres, de lions. Se dégage une impression d'éléments déchaînés, de vie chaotique. Vivre et mourir. Notre destin.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour,

    Il y a une unité de sens : tout est destiné à disparaître.

    Il y a une unité de registre : la tonalité élégiaque (le temps qui fuit, la tristesse) et tragique (le caractère inéluctable).

    Il y a une unité de construction : une suite de métaphores qui évoquent toutes l'épuisement de la force.

    Sponde produit des variations sur un même thème.

  • NSAXNSAX Membre

    Merci beaucoup, mais je ne vois pas le rapport entre le caractère universel du poème et le refus de la progression dans la poésie ?

    Est-ce le refus de la temporalité qui entraîne un caractère universel ?

    Dans ce cas, peut-on dire qu'au travers de ce poème, la poésie transcende la temporalité ?

  • LaoshiLaoshi Membre
    1 mars modifié

    Déjà, il est assez facile de voir qu’il n’y a pas de progression dans ce poème dans la mesure où il se referme sur lui-même. Il commence et se termine exactement dans les mêmes termes. Entre temps, une variation sur l’instabilité et la fragilité de l’existence humaine, thème baroque s’il en est ! Mais ce motif est universel.

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