Fiches méthode Bac de français 2020

Je suis en 1ere générale et j'ai un commentaire à faire pour mardi sur un extrait de Bouvard et Pécuchet de Flaubert.

La problématique et la suivante: Dans quelle mesure cet extrait romanesque est-il une parodie de l'amour romantique ?

J'ai fait mon intro et les axes mais je suis pas sur que que les axes soient bon: 


I. Pécuchet face à l'amour

II. Une critique de la Femme

III. Une parodie de l'amour


Pouvez m'aider à trouver des sous parties et des exemples à mettre dedans parce que j'y arrive pas trop et aussi me dire si les axes sont bons ?

Voici l'extrait:


Depuis le jour où Pécuchet avait observé la petite bonne tirant de l’eau, il lui parlait plus souvent ; et soit qu’elle balayât le corridor, ou qu’elle étendît du linge, ou qu’elle tournât les casseroles, il ne pouvait se rassasier du bonheur de la voir, surpris lui-même de ses émotions, comme dans l’adolescence. Il en avait les fièvres et les langueurs, et était persécuté par le souvenir de Mme Castillon, étreignant Gorju.


Il questionna Bouvard sur la manière dont les libertins s’y prennent pour avoir des femmes.

— On leur fait des cadeaux, on les régale au restaurant.


— Très bien ! Mais ensuite ?


— Il y en a qui feignent de s’évanouir, pour qu’on les porte sur un canapé ; d’autres laissent tomber par terre leur mouchoir. Les meilleures vous donnent un rendez-vous, franchement.


Et Bouvard se répandit en descriptions, qui incendièrent l’imagination de Pécuchet comme des gravures obscènes.


— La première règle, c’est de ne pas croire à ce qu’elles disent. J’en ai connu qui, sous l’apparence de saintes, étaient de véritables Messalines ! Avant tout, il faut être hardi !


Mais la hardiesse ne se commande pas. Pécuchet, quotidiennement, ajournait sa décision, était d’ailleurs intimidé par la présence de Germaine.


Espérant qu’elle demanderait son compte, il en exigea un surcroît de besogne, notait les fois qu’elle était grise, remarquait tout haut sa malpropreté, sa paresse, et fit si bien qu’on la renvoya.


Alors Pécuchet fut libre !


Avec quelle impatience il attendait la sortie de Bouvard ! Quel battement de cœur, dès que la porte était refermée !


Mélie travaillait sur un guéridon, près de la fenêtre, à la clarté d’une chandelle ; de temps à autre, elle cassait son fil avec ses dents, puis clignait les yeux, pour l’ajuster dans la fente de l’aiguille.


D’abord, il voulut savoir quels hommes lui plaisaient. Était-ce, par exemple, ceux du genre de Bouvard ? Pas du tout ; elle préférait les maigres. Il osa lui demander si elle avait eu des amoureux ?


— Jamais !


Puis, se rapprochant, il contemplait son nez fin, sa bouche étroite, le tour de sa figure. Il lui adressa des compliments et l’exhortait à la sagesse.


En se penchant sur elle, il apercevait dans son corsage des formes blanches, d’où émanait une tiède senteur, qui lui chauffait la joue. Un soir, il toucha des lèvres les cheveux follets de sa nuque, et il en ressentit un ébranlement jusqu’à la moelle des os. Une autre fois, il la baisa sur le menton, en se retenant de ne pas mordre sa chair, tant elle était savoureuse. Elle lui rendit son baiser. L’appartement tourna. Il n’y voyait plus.


Il lui fit cadeau d’une paire de bottines, et la régalait souvent d’un verre d’anisette…


Pour lui éviter du mal, il se levait de bonne heure, cassait le bois, allumait le feu, poussait l’attention jusqu’à nettoyer les chaussures de Bouvard.


Mélie ne s’évanouit pas, ne laissa pas tomber son mouchoir, et Pécuchet ne savait à quoi se résoudre, son désir augmentant par la peur de le satisfaire.


Merci

Réponses

  • florealefloreale Membre
    8 févr. modifié

    Dans quelle mesure cet extrait romanesque est-il une parodie de l'amour romantique ?

    Le sentiment amoureux : entre rêve et réalité.


    (La parodie de l'amour romantique réside aussi dans la condition des personnages : Pécuchet attiré par la petite bonne)

    Tu pourrais successivement aborder

    I. Le comportement de Pécuchet 

    II. Les conseils stéréotypés de Bouvard 

    III. L'attitude de la promise et l'écart que  propose son portrait.


    I. Un Pécuchet transi d'amour

    • les émois
    • le vocabulaire des émotions
    • la timidité, la maladresse, le ridicule


  • AmmyAmmy Membre
    9 févr. modifié

    Il n'y a pas de critique de la femme. C'est pour cela que Floreale a modifié ton II. Ce sont ces deux hommes qui ont une vision caricaturale des femmes.

    Pour ce II tu peux voir par exemple tout d'abord l'apparence du savoir chez Bouvard : il donne les "règles", il dit "j'en ai connu", il prononce des vérités générales (qui ne le sont pas en fait) et énumère tous les types de femmes ou de réactions selon lui.

    Ensuite tu peux analyser sa vision ridicule et stéréotypée de la femme, qui selon lui ment, s'évanouit juste pour être portée, laisse tomber son mouchoir pour qu'un homme le ramasse... D'ailleurs cela ne se vérifie pas du tout chez Méllie : "Mélie ne s’évanouit pas, ne laissa pas tomber son mouchoir", ce qui perturbe Pécuchet. 

  • MisterManMisterMan Membre
    9 févr. modifié

    Merci beaucoup pour le plan et les exemples ça m'a vraiment aidé.

    Pour le III, j'ai pas trop compris. Je peux parler du fait qu'elle contredit la vision de Bouvard ? A part ça je ne vois pasce que je peux dire. Avez-vous d'autres idées ? Merci.

  • L'attitude de la jeune femme (qu'il te faut décrire avec ses activités) est à l'opposé d'une héroïne de roman telle que l'évoquait Bouvard. Son naturel et sa simplicité pourraient faire réfléchir les deux amis.😉

  • MisterManMisterMan Membre
    9 févr. modifié

    Merci, ça m'aide à mieux comprendre le texte. Auriez-vous d'autres idées, svp ?

  • Les pistes, tu les as. Il te faut maintenant analyser le texte .

  • D'accord mais j'ai pas compris quand vous parlez des émois (pour le I). Vous voulez parler des émotions de Pécuchet ? Le fait qu'il soit troublé, excité ?

    Pouvez vous m'expliquer svp ? Merci.

  • Et pouvez vous m'expliquer la dernière de l'extrait phrase svp, j'ai pas compris le sens de la phrase.

  •  "Mélie ne s’évanouit pas, ne laissa pas tomber son mouchoir", ce qui perturbe Pécuchet. 


    Le crédule et naïf Pécuchet est perturbé parce qu'il s'attendait à ce que Mélie se comporte comme une héroïne de "lectures romantiques".

    L'accumulation de formules négatives montre son désappointement et l'ironie de Flaubert, dont on sait ce qu'il pense de l'influence de la lecture de romans.

    Recherche ce que l'on appelle "des amours ancillaires."

  • AmmyAmmy Membre

    Oui les émois de Pécuchet c'est ce que tu as compris. On dirait un adolescent de 13 ans !

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