Fiches méthode Bac de français 2020

Bonsoir,

Etudiante en Khâgne, je suis en train de faire une dissertation de lettres. Malheureusement, j'ai peur d'avoir mal compris la citation que l'on doit discuter et ai donc l'impression d'être hors sujet. Je précise que c'est une dissertation à faire à la maison qui nous prépare aux devoirs sur table. Je ne pense alors pas tricher en demandant à ceux qui pensent pouvoir m'aider s'ils estiment que ce que j'ai commencé à faire tient la route ou pas.

J'ai déjà analysé le sujet, rédigé une intro et détaillé un plan.

Je serais donc ravie que l'une ou l'un d'entre vous veuille bien me lire et me dire ce qu'il en pense mais je ne peux pas poster ici toute mon intro.

Il faut discuter cette citation en s'appuyant sur les oeuvres au programme et des lectures personnelles.

Les oeuvres au programme, ce sont 4 recueils de récits brefs, des récits donc denses qui en suggèrent beaucoup plus que ce qui est dit.

Voici la citation :

« Il faut […] en rabattre sur le « réalisme » du récit. Recevant un coup de téléphone dans le bureau où il est de garde, Bond « songe », nous dit l'auteur : « Les communications avec Hong-Kong sont toujours aussi mauvaises et aussi difficiles à obtenir. » Or, ni le « songe » de Bond ni la mauvaise qualité de la communication téléphonique ne sont la vraie information ; cette contingence fait peut-être « vivant », mais l'information véritable, celle qui germera plus tard, c'est la localisation du coup de téléphone, à savoir Hong-Kong. […] La fonction du récit n'est pas de « représenter », elle est de constituer un spectacle qui nous reste encore très énigmatique, mais qui ne saurait être d'ordre mimétique; la « réalité » d'une séquence n'est pas dans la suite « naturelle » des actions qui la composent, mais dans la logique qui s'y expose, s'y risque et s'y satisfait; on pourrait dire d'une autre manière que l'origine d'une séquence n'est pas l'observation de la réalité, mais la nécessité de varier et de dépasser la première forme qui se soit offerte à l'homme, à savoir la répétition : une séquence est essentiellement un tout au sein duquel rien ne se répète; la logique a ici une valeur émancipatrice — et tout le récit avec elle; il se peut que les hommes réinjectent sans cesse dans le récit ce qu'ils ont connu, ce qu'ils ont vécu; du moins est-ce dans une forme qui, elle, a triomphé de la répétition et institué le modèle d'un devenir. Le récit ne fait pas voir, il n'imite pas; la passion qui peut nous enflammer à la lecture d'un roman n'est pas celle d'une « vision » (en fait, nous ne « voyons » rien), c'est celle du sens, c'est-à-dire d'un ordre supérieur de la relation, qui possède, lui aussi, ses émotions, ses espoirs, ses menaces, ses triomphes : « ce qui se passe » dans le récit n'est, du point de vue référentiel (réel), à la lettre : rien ; « ce qui arrive », c'est le langage tout seul, l'aventure du langage, dont la venue ne cesse jamais d'être fêtée. »

Je vous propose ma problématique et mon plan mais je doute que ça ait du sens de le poster comme ça sans l'analyse du sujet ni rien.

[...] Dès lors, le récit reposerait sur une aventure du langage qui peut s’affranchir d’une retranscription fidèle de la réalité suite à l’observation de cette dernière tout en étant la matrice génératrice d’une signification appréciée par le lecteur. Ainsi, Le récit est-il une forme littéraire qui a une valeur émancipatrice dans la mesure où il répond à une logique de construction qui ne repose pas sur l’imitation du réel mais sur la création d’un discours, une aventure du langage dont émanerait tout de même aisément un sens, de telle sorte que sa fonction ne serait pas de représenter le monde mais de constituer un spectacle au sein duquel rien ne se répète et qui enflammerait le lecteur par ce qu'il signifie ? 

Si l’on peut dire que le récit repose sur une communication superficielle orientée vers un ordre supérieur qui est celui du sens et que le récit n’est de ce fait pas réaliste, nous verrons que pour enflammer et satisfaire le lecteur, le récit ne peut se contenter de n’être que spectacle et de s’affranchir réellement d’un rapport fidèle à la réalité, de telle sorte que l’on pourrait dire que le récit n’aurait pas réellement une valeur émancipatrice en ce qu’il s’affranchirait totalement d’un mimétisme de la réalité, mais au contraire car il enflammerait le lecteur car il lui permettrait à la fois de lire entre les lignes pour voir la réalité qui ne peut être totalement représentée du fait de l’importance de l’histoire racontée et d’être porté par une aventure du langage qui l'emporte aisément vers l’information véritable de ce qui est raconté. Le prix de ce spectacle « énigmatique » du récit ne serait-il pas justement le mélange entre vision du monde et efficacité du discours dans le récit ? "

Réponses

  • florealefloreale Membre
    7 févr. modifié

    (Peut-être voir un paralléle avec la préface de Pierre et Jean de Maupassant)

    Le réaliste, s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même.

    Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d'incidents insignifiants qui emplissent notre existence.

    Un choix s'impose donc, ­ ce qui est une première atteinte à la théorie de toute la vérité.

    La vie, en outre, est composée des choses les plus différentes, les plus imprévues, les plus contraires, les plus disparates ; elle est brutale, sans suite, sans chaîne, pleine de catastrophes inexplicables, illogiques et contradictoires qui doivent être classées au chapitre faits divers.

    Voilà pourquoi l'artiste, ayant choisi son thème, ne prendra dans cette vie encombrée de hasards et de futilités que les détails caractéristiques utiles à son sujet, et il rejettera tout le reste, tout l'à ­côté.

    https://www.etudes-litteraires.com/forum/discussion/5690/preface-de-pierre-et-jean-de-maupassant

    Suggestion d'approche ou de structure.

    Le dit

    Le non-dit

    La manière de dire

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