Questions sur l'enseignement : disponibilité et affectation

Salut tout le monde, je passerai les concours CAPES/Agreg l’année prochaine, et c’est un fouillis pas possible pour avoir des infos claires là-dessus, pourtant j’ai des questions essentielles :

- combien d’années de disponibilité (de pause en gros) puis-je espérer en pratique ? Payées et non payées ?
- Est-ce que si pète un câble je pourrai me former à autre chose en percevant l’Indemnité de Départ Volontaire sans pb, en pratique ?
- est-ce facile d’avoir des disponibilités pour élever ses enfants ? Quand on est un homme/une femme ?
- Est-ce possible, si j’ai le pot de réussir l’agreg, de rester tranquillou avec les collégiens toute ma carrière ?
- Paris/Créteil/Versailles en première année/avec peu de points, c’est vraiment l’enfer à ce point-là ?
- le classement au concours est-il important pour avoir un bon bahut rapidement ? Pour le CAPES/l’Agreg ?

Merci par avance les gars, j'ai un peu fureté sur l'ensemble du forum mais j'ai surtout vu des éléments flous. S'il y en a qui ont des liens vers des docs clairs, des témoignages précis je suis preneur (d'ailleurs j'avais trouvé ça sur les disponbiilités pour la théorie, mais je vous pose la question au premier tirer pour savoir si en pratique ça se passe bien comme ça --> https://www.snes.edu/Obtenir-un-conge-ou-une-disponibilite-comment-faire-13663.html)

Réponses

  • AscagneAscagne Membre
    À part erreur de ma part, il n'y a pas de disponibilité payée... ?
    Ne confonds-tu pas par hasard avec le détachement ? (On va dans une autre administration, et on est payé par celle-ci) ?
    - Est-ce que si pète un câble je pourrai me former à autre chose en percevant l’Indemnité de Départ Volontaire sans pb, en pratique ?
    Apparemment, la politique actuelle veut faciliter la possibilité de départ des enseignants...
    Dans les faits, attention, les démissions ne prennent pas effet comme par magie aussitôt que le prof décide de partir. Les disponibilités, les détachements peuvent aussi être refusés. Même des personnes qui étaient recrutées comme ATER par des universités ont dû batailler face à des rectorats refusant leur transfert pour des raisons de nécessités de service. À Versailles, dans quelques sections, il y a eu des cas.
    - Paris/Créteil/Versailles en première année/avec peu de points, c’est vraiment l’enfer à ce point-là ?
    Il faut enlever Paris de la liste quand on a peu de points. Comme lieu d'affectation et d'exercice, bien entendu.
    Je n'ai passé que deux ans dans le secondaire, dans un établissement de lointaine banlieue. Les expériences sont diverses. Il y a vraiment des coins très difficiles. Il ne faut pas le nier.
    Être "expatrié" du jour au lendemain pour vivre et travailler dans une zone qu'on n'aime pas peut être difficile. Pour moi, seule la possibilité de me rendre à Paris, de visiter les musées (etc.), malgré beaucoup de temps perdu dans les transports en commun pour m'y rendre, m'a permis de survivre à la grosse dépression de la première année - mais j'étais dans une situation particulière.
    - le classement au concours est-il important pour avoir un bon bahut rapidement ? Pour le CAPES/l’Agreg ?
    On te répondra mieux que moi. Le classement est pris en compte pour l'affectation, mais je ne suis pas sûr que ça change fondamentalement énormément les choses à moins d'être vraiment très bien classé. En revanche, le classement est considéré avec beaucoup d'attention si on veut ensuite enseigner en prépa. Pour l'université, peut-être pas dans la même proportion. En tout cas, pour les postes temporaires, pas besoin d'être super bien classé pour les obtenir, puisque d'autres choses, heureusement, rentrent en compte (dont évidemment la recherche et les travaux).
    Le fait d'être agrégé donne une avance pour obtenir un poste au lycée, sans aucune garantie cependant.
    Le petit plus que représente la réussite à l'agrégation par rapport à la réussite du CAPES est léger. Une collègue qui a hélas manqué l'admission à l'agrégation mais a obtenu son CAPES, est restée dans notre académie d'origine, tandis que j'ai été envoyé automatiquement dans l'académie de Créteil.
    Une collègue très haut classée a été envoyée dans l'académie de Nice, mais, alors qu'elle avait un profil on ne peut plus universitaire, a été affectée dans un collège difficile.
  • YvainYvain Membre
    Alexandre, pardonnez ma franchise, mais votre vocation d'enseignant ne me paraît pas très assurée...

    Un mot d'explication concernant ce que dit Ascagne à propos d'une demande d'affectation à Paris. La ville est tellement demandée que c'est un vœu de gâché, tout simplement.
    Et puis du côté de la Place des Fêtes, il faut vraiment des super-profs.

    Ah ! au fait, vous pouvez aussi être "tranquillou" avec le CAPES, qu'on me semble dévaloriser un peu trop...
  • AscagneAscagne Membre
    C'est en effet un peu curieux que les premières questions posées soient de cette nature-là. Surtout pour la disponibilité.
    J'ai passé et obtenu l'agrégation parce qu'il le fallait pour mon parcours universitaire et faire mon doctorat, et aussi parce qu'il était impensable de commencer ce-dernier sans avoir le filet de sécurité d'un poste derrière. Le secondaire n'est donc pas ma vocation fondamentale. Je ne m'interdis pas de bifurquer vers autre chose, dans l'attente ou à défaut (pour d'évidentes raisons) d'un poste universitaire.
    Certes, comme j'ai eu et comme j'ai actuellement des postes universitaires, je joue au Cunctator en ce qui concerne cette décision-là. Je crains le retour dans le secondaire, notamment parce que ma première expérience a été très difficile, et que c'est un peu comme un jeu de hasard : il est possible que je travaille dans de meilleures conditions, mais il est tout autant possible qu'elles soient identiques ; quant à la potentialité qu'elles soient pires, elle n'est pas exclue.
    J'avais de bonnes raisons de vouloir prendre la poudre d'escampette parfois, quand j'étais dans le secondaire, y compris pour des raisons de santé. J'ai tenu. À mon détriment, parfois. J'ai fini ma première année. J'ai fini ma seconde. J'ai accompli mes tâches.
    Si l'on se rend compte qu'on ne tiendra pas, ou que l'on voudra forcément uniquement jouer sur la disponibilité ou plutôt sur le détachement, ça ne vaut pas forcément le coup de se lancer, non ?
  • YvainYvain Membre
    Bien sûr. Si la vocation est de faire de la recherche et d'obtenir un poste à l'Université, c'est très bien : il faut à la France des chercheurs de haut niveau. Si l'on n'a pas de financement pour faire une thèse, le "filet de sécurité" se conçoit tout à fait dans le système actuel.
    Mais il faut qu'on sache bien (je ne parle pas pour vous), que la tâche d'un professeur du Secondaire n'est en rien à confondre avec un travail alimentaire ou un pis-aller.
    C'est d'ailleurs pourquoi je serais assez partisan de faire passer des entretiens de motivation aux étudiants avant d'aborder les études ou les concours.
  • AmmyAmmy Membre
    Des disponibilités pour élever ses enfants, je n'ai jamais vu autour de moi. Je ne sais pas si ça existe, je ne crois pas. Des mi-temps ou 3/4 temps oui.
    On a vaguement droit à une année payée pour formation (en général les certifiés pour préparer l'agreg) mais il faut la demander plusieurs années consécutives et c'est une seule fois.
    Toute sa vie en collège avec l’agrégation... oui c'est autorisé mais il n'est pas certain qu'au bout de quelques années en collège ce soit toujours aussi un projet de vie si excitant ! Certains collègues préfèrent. Personnellement j'en avais largement assez au bout de 8 ans.
    "tranquillou" en collège, je n'ai pas connu. Au niveau des préparations et copies c'était certes moins lourd (nettement) mais les heures de cours étaient beaucoup plus éprouvantes.
    Le classement au concours est important, je ne saurais pas dire dans quelle mesure précisément.
  • YvainYvain Membre
    J'ai nettement préféré le collège au lycée. J'y étais plus libre, je n'avais pas le carcan du bac sur les épaules.
  • AmmyAmmy Membre
    Je sais que certains préfèrent Yvain, je l'ai précisé. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde, et surtout on ne peut pas faire ce choix juste pour être "tranquille", personnellement je ne me suis jamais sentie "tranquille" en collège où il faut être très psychologue, tout en étant autoritaire, tout en étant un peu assistante sociale, maman... C'est très intéressant mais demande beaucoup d'implication.
  • LaoshiLaoshi Membre
    Moi aussi, j'ai préféré le collège, mais seulement à partir de la quatrième. Et mieux encore les troisièmes.
  • YvainYvain Membre
    Moi aussi. Une fois qu'on les a conquis (sans faire pour autant de démagogie), ils peuvent nous donner les moments de satisfaction intense que tout prof éprouve quand "ça passe bien". C'est égoïste ce que je dis, mais ça compte aussi dans l'enseignement. C'est d'ailleurs là qu'il faut faire attention, parce que lorsqu'on dit qu'un cours a bien marché, c'est que le groupe pilote a bien "participé" (et non les indifférents, les timides ou les branleurs). Mais parfois, il faut se faire plaisir et lâcher la bride à ceux qui vont de l'avant (des filles en général à cet âge ;) )
    Par contre, tout n'a pas été toujours rose dans mes 22 classes de 3ème ! Malgré tout, le niveau que j'ai trouvé le plus difficile est celui de 5ème : préadolescence, grosses différences de maturité...
  • LaoshiLaoshi Membre
    Moi aussi, les 5èmes ! J'en ai eu deux fois dans ma carrière, en français, et je n'ai pas aimé du tout. Sauf quand on a commencé le latin en cinquième et là, initier les petits au latin, bien sûr, c'était pain bénit.
    En même temps, il y a déjà plusieurs années que je n'enseigne plus , ni en collège, ni en lycée, et je me sens quelquefois un peu gênée de faire part d'une expérience qui manque d'actualité.
  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur
    Le congé parental est de droit (on ne peut vous le refuser), sans distinction de sexe, mais il n'est pas rémunéré :
    https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F517

    6 mois renouvelables, faire la 1e demande avant les 3 ans de l'enfant.
  • Merci pour vos réponses et ravi de voir que la conversation est partie sur autre chose, c'est des infos utiles ça les différences de comportement des élèves selon les classes!

    Bon du coup pour la disponibilité et l'IDV c'est toujours pas clair, je vais me renseigner ailleurs et voir, mais bon je pars du principe que si c'est pas connu c'est pas la norme et si c'est pas la norme c'est pas facile à obtenir voire pas possible. Et le classement au concours du coup on sait pas vraiment, pour certains ça compte, pour d'autres pas, en tout cas c'est flou

    Ah et oui mes questions sont inquiétantes au vu de la "vocation" (je ne crois pas du tout à cette idée il est vrai) mais c'est surtout pour avoir des infos précises si jamais je tombe en zones ultra hard et que je craque complet ! (je regarde ptet un peu trop Twitter mais ça existe quand même)
  • AscagneAscagne Membre

    Alexandre, as-tu déjà fait un stage dans le secondaire en guise de "test" ?

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