Bonjour,

En travaillant sur des médaillons qui datent de l'époque romaine pour un exposé en classe, j'ai remarqué que certaines inscriptions pouvaient varier entre "ob cives servatos" et "ob civis servatos". J'ai ensuite vu que la désinence en -is était une possibilité plus rare pour l'accusatif pluriel de la troisième déclinaison. Cependant, je suis curieuse de savoir quelle est l'origine de cette mutation. Je ne me souviens pas avoir rencontré cette forme auparavant. Ces médaillons ont pourtant été frappés sous Auguste.
Certains d'entre vous auraient-ils la réponse ?

Merci !

Réponses

  • La forme civis < civ-i-ns est étymologique, et elle s'est maintenue jusqu'à la période impériale, en concurrence avec la forme cives, formée assez anciennement par analogie sur les thèmes consonantiques (je ne me souviens plus de l'époque exacte, je ne peux pas contrôler actuellement).
    On trouve aussi civeis dans des inscriptions, mais ei est une graphie du i long.
  • je ne me souviens plus de l'époque exacte
    Tu plaisantes !
  • ArthurArthur Membre
    Bonjour Amélie,

    Les thèmes en *-i (hostis, civis etc.) n'ont au départ rien à voir avec les noms athématiques (rex) et les autres thèmes en consonnes (miles), mais ils s'en sont rapprochés très tôt (dès la préhistoire du latin). L'Acc. pl. en -īs en est un témoignage, comme l'Ab. sg. en -ī (qui survit mieux) et l'Acc. sg. en -im (plus rare). La forme qui perdure le mieux est le G. pl. en -ium, elle s'étend même à des noms d'autres thèmes (on dit encore dentum à l'époque de Varron, mais c'est ensuite la forme nouvelle dentium qui s'impose). Attention, il y a des thèmes en *-i dont la désinence de N. sg. est syncopée (d'où gēns, gentium, mēns, mentium, mors, mortium). Et chez Plaute, on trouve ausis des formes analogiques de N. pl. en -īs qui ne sont pas étymologiques (extension de la forme de l'Acc. au N., sur le modèle des autres thèmes ayant -ēs et -ēs).

    Bien cordialement,
    Arthur
  • Bonjour Arthur et meilleurs vœux.

    Je ne perçois pas la logique de votre démonstration.

    Vous dites que les thème en -i n'ont au départ rien à voir avec les thèmes consonantiques. Nous sommes d'accord.

    Vous dites ensuite qu'ils s'en sont rapprochés très tôt ; j'ai retrouvé la date de la première attestation, c'est - 107, mais mes documents datent. Peu importe. Nous sommes d'accord.

    Ensuite, vous dites que l'accusatif pluriel en -īs en est un témoignage, de même que l'ablatif en -ī. N'est-ce pas plutôt les terminaisons -es et -e dans les thèmes en -i qui sont la preuve de ce rapprochement ? Ce qui permet de répondre exactement à la question d'Amélie.

    Je résume ma réponse pour cette dernière :

    civis est étymologique et a persisté jusqu'au début de l'Empire,
    cives a été influencé par reges, milites, à date assez ancienne.
    Les deux formes ont été employées concurremment durant une période assez longue.

    On trouve donc l'une ou l'autre forme dans les inscriptions de cette époque. On trouve aussi celle-ci dans certains mss. suivant le princeps ou la descendance directe du princeps qu'ils copient.
  • ArthurArthur Membre
    Ensuite, vous dites que l'accusatif pluriel en -īs en est un témoignage, de même que l'ablatif en -ī. N'est-ce pas plutôt les terminaisons -es et -e dans les thèmes en -i qui sont la preuve de ce rapprochement ? Ce qui permet de répondre exactement à la question d'Amélie.

    Oui, bien sûr, témoignage des thèmes en -i, et non de l'analogie avec les autres mots de la troisième déclinaison. Désolé si ce n'était pas forcément très clair.

    Meilleurs vœux à vous aussi.
  • Amelie1Amelie1 Membre
    Merci beaucoup à vous ! C'est un réel plaisir de pouvoir discuter avec des connaisseurs (bien que je n'aie pas de réponses à apporter de mon côté...).

    Puisque je ne l'ai pas fait plus tôt : je vous souhaite à tous une très bonne année.

    Bonne soirée !
  • Bonne année à toi !
    Hippocampe a écrit:
    Yvain a écrit :

    je ne me souviens plus de l'époque exacte

    Tu plaisantes !

    Pas du tout. On est capable de préciser les époques à partir desquelles telle ou telle forme est attestée d'après les inscriptions funéraires, commémoratives, les documents d'archives, les monnaies, les graffiti, etc...
    Ce qui ne veut évidemment pas dire que l'apparition de cette forme date de cette époque ; elle peut être très antérieure. La date du document est ce qu'on appelle un terminus ante quem (terme avant lequel [se situe la date d'un fait, d'un phénomène...]).
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