Sujet de littérature médiévale au concours de l'agrégation externe de lettres modernes

Bonjour,

Je voulais savoir si quelqu'un savait à quand datait la dernière fois que le sujet de littérature médiévale était tombé au concours de l'agrégation externe de Lettres Modernes ?
Malgré mes longues recherches en ligne, les sujets avant 2004 sont introuvables et depuis 2004, le Moyen-Âge n'est pas tombé. Si quelqu'un se rappelle éventuellement ou l'a entendu par un professeur ce serait super !

Merci beaucoup !

(et non ce n'est pas une histoire de "ça va tomber c'est sûr" ou "ça tombe jamais je fais l'impasse)
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Réponses

  • L'usage veut qu'on ne donne pas de sujet de littérature médiévale à l'écrit de l'agrégation, bien qu'aucun texte ne le stipule.

    Il va sans dire que je voulais parler de la dissertation, car à l'écrit, il y a obligatoirement une épreuve d'ancien français (traduction, phonétique, morphologie, syntaxe, stylistique et éventuellement versification).
  • @Yvain a raison, mais...la littérature médiévale est tombée en dissertation en LC en 2010, c'était un sujet sur Chrétien de Troyes ; or, la littérature médiévale est beaucoup plus représentée dans le cursus LM que LC, donc si elle est tombée en LC, j'imagine qu'elle peut très bien tomber en LM. Toutefois cette année, avec Aspremont, comment dire...j'imagine qu'on retiendra une autre période pour la dissertation.
  • Ah oui, mais Chrétien, ce n'est pas un auteur médiéval, c'est un auteur INTEMPOREL et UNIVERSEL ! :lol:

    N'empêche que cela a dû être la catastrophe pour ceux qui s'étaient dit : le MA, on verra ça après l'écrit !
  • Je ne remets nullement en question la valeur littéraire de Chrétien, soyons clairs ; seulement j'ai l'impression que donner un sujet de dissertation de littérature médiévale en lettres classiques soit un peu inusuel, alors qu'en LM cela aurait tout son sens.

    Oui, cette année-là les candidats étaient vraiment peu prêts, mais il faut aussi dire qu'étant un concours, peu importe : si personne ne réussit on arrive quand même à hiérarchiser les copies.
  • donner un sujet de dissertation de littérature médiévale en lettres classiques soit un peu inusuel, alors qu'en LM cela aurait tout son sens.
    ??? Pourquoi ?
  • Je ne vois pas de problème avec le fait de proposer une dissertation sur Chrétien de Troyes dans les deux sections.
    Qu'il soit inusuel de le proposer en LC, peut-être, mais inusuel ne veut pas dire insensé.
    Concrètement, je sais bien que les agrégatifs de LC peuvent être tentés de traiter secondairement de l'oeuvre médiévale, il n'en reste pas moins qu'ils sont forcément interrogés sur un extrait de celle-ci à l'oral, ce qui veut dire qu'ils ne sont pas censés tomber des nues si jamais la dissertation porte sur cette oeuvre-là.

    Ensuite, je suppose qu'au-delà des questions purement administratives ou liées à la filière, il existe plusieurs conceptions de ce que LC et LM veulent dire. Je suis entre les deux (agrégé de LC, mais c'est en section 9 que je postule pour la fac) mais je ne considère pas ma spécialisation en langue et littérature médiévales comme contradictoire avec mon parcours de LC.
  • Attention, je ne veux pas dire que cela soit contradictoire, j'ai bien dit inusuel. Sur Chrétien de Troyes je comprends, cela a son sens : c'est un auteur clef de la littérature française (ainsi que Marie de France ou Christine de Pisan), mais Aspremont me semble assez méconnu pour ne pas tomber. La question est : un dix-neuviémiste qui corrige la dissertation, est en mesure de juger le candidat sur Aspremont? Il se peut que non.

    Pour répondre à Laoshi: une personne avec un cursus en LC pourrait ne jamais avoir fait de littérature médiévale de sa vie avant l'agrégation (prépa + L3 + Master LC on pourrait ne jamais voir quoi que ce soit en médiévale, a fortiori si l'on khûbe et passe directement en master après : je connais plusieurs agrégatif et agrégés qui sont ou ont été dans ce cas).

    Le fait qu'on ait une épreuve dédiée en LC à l'oral est bien vrai (c'est d'ailleurs la seule œuvre de littérature française sur laquelle on est sûr qu'on sera interrogé) mais il s'agit de traduction et commentaire et c'est à l'oral, il y a plus de temps pour la préparer (et le coefficient n'est sans doute pas le même qu'en dissertation). Je ne dis pas que cette période ne doit pas tomber en dissertation, je dis seulement que si elle ne tombe pas en dissertation en LM depuis au moins 20 ans, on doit constater un fait établi et se préparer de conséquence. Chrétien de Troyes en LC est tout à fait justifiable et compréhensible, mais je doute qu'on le fera avec Aspremont. Par ailleurs j'apprécie, par exemple, cette période beaucoup plus que le XIXème et je trouve sacrosaint qu'on l'ait à l'agrégation, mais il faut également constater qu'en dissertation il est rare de l'avoir et avec Aspremont je pense que la donne ne changera pas : si Marie de France n'est pas tombée l'an dernier...
  • Pour répondre à Laoshi: une personne avec un cursus en LC pourrait ne jamais avoir fait de littérature médiévale de sa vie avant l'agrégation (prépa + L3 + Master LC on pourrait ne jamais voir quoi que ce soit en médiévale, a fortiori si l'on khûbe et passe directement en master après : je connais plusieurs agrégatif et agrégés qui sont ou ont été dans ce cas).
    Effectivement. Et c'était à peu près mon cas. Mais il se trouve que le programme de littérature allait du Moyen-Âge au XXe siècle. Alors, il fallait s'attendre à tout,et travailler l'oeuvre du Moyen-âge, comme les autres. Sinon, pourquoi l'inscrire au programme ?
    Même si, en pratique, un sujet de composition français ne tombe pas sur une oeuvre du Moyen-Âge (en fait je ne me suis jamais renseignée à ce sujet...), en théorie, elle le pourrait, quelle que soit la série.
  • Idéalement, vu l'existence de l'épreuve de littérature médiévale à l'agrégation, le cursus de LC devrait inclure une préparation suffisante en préalable à la préparation du concours. On sait que dans la pratique, c'est hélas plus compliqué et que c'est variable selon les universités et leurs moyens. Je sais que certains ne passent pas du tout par la L3, mais c'est une situation particulière. Il n'en reste pas moins que l'agrégation est un concours : le candidat doit se mettre à jour...
    Globalement, je pense que les jurys restent prudents dans le choix des dissertations. Mais on ne devrait pas être hyperboliquement surpris de tomber sur l'oeuvre médiévale en dissertation si l'auteur est Chrétien de Troyes, ou si l'oeuvre est le Roman de la rose, par exemple.
  • @Ascagne, je suis complètement d'accord! Mais pour Aspremont la chose est quelque peu différente ; si la littérature médiévale est déjà délaissée dans le supérieur, quel intérêt de mettre une œuvre comme celle-ci au programme? Je ne m'étonne pas que l'on puisse tomber en dissertation sur Chrétien de Troyes, Le Roman de la Rose, Robert de Boron, Christine de Pisan, Marie de France, François Villon etc. mais sur une œuvre comme Aspremont...je resterais avec quelques perplexités si l'on devait la traiter en dissertation.
  • J'avoue ne pas connaître du tout Aspremont...
    Mais il en est de même pour bien d'autres oeuvres...
    Il y a une certaine contradiction tout de même à mettre au programme des oeuvres dont on sait par avance qu'elles n'ont aucune chance de tomber au concours.
    Et pour reprendre Ascagne, je crois aussi que le cursus de lettres classiques devrait inclure une préparation suffisante en préalable à la préparation du concours. C'est souvent du bachotage ou de l'*agréchotage.
  • Il y a une certaine contradiction tout de même à mettre au programme des oeuvres dont on sait par avance qu'elles n'ont aucune chance de tomber au concours.

    Je ne pourrait pas être plus d'accord avec toi Laoshi!

    Il s'agit en tout cas d'une chanson de geste anonyme de la fin du XIIème siècle qui met en scène la campagne de Charlemagne en Italie contre les Sarrasins et en même temps les enfances Roland, qui y acquiert l'olifant et Durandal, et l'opposition Charlemagne-Girard. Bref, il y a mieux !
  • Laoshi a écrit:
    J'avoue ne pas connaître du tout Aspremont...
    Mais il en est de même pour bien d'autres oeuvres...
    Il y a une certaine contradiction tout de même à mettre au programme des oeuvres dont on sait par avance qu'elles n'ont aucune chance de tomber au concours.

    Quel curieux raisonnement ! Aspremont ne tombera sûrement pas en dissertation, mais :

    + A l'écrit :
    - les LM et les Gr auront à traduire un passage, à faire des études de phonétique, etc...

    + A l'oral :
    - les LM, les Gr et les LC peuvent avoir un sujet de leçon sur cette œuvre,
    - les LC auront une traduction et une explication de texte à faire.
  • Oui, bien sûr, tu as raison. C'est idiot ce que je dis.
    Ma réflexion n'est pas un raisonnement.
    Je ne l'ai faite qu'en lisant sur ce fil que les oeuvres du Moyen-âge n'étaient jamais ou presque l'objet de la composition française. (A vrai dire je n'en savais rien moi-même, n'ayant jamais fait de statistiques sur les oeuvres tombées en français depuis quarante ans. Mais c'est ce qui s'est dit sur ce fil...)
    Tout ce que je sais, c'est que toutes les oeuvres données au programme de l'agrégation lorsque je l'ai passée, je les ai lues et travaillées (celle du Moyen-âge m'a sûrement donné plus de mal que les autres.)
    Et effectivement, à l'oral, il y avait une épreuve sur cette oeuvre en ancien français, magnifique d'ailleurs. Si le sujet de dissertation avait porté dessus, je ne vois pas finalement pourquoi j'aurais été plus démunie, étant plutôt nulle en dissertation de façon générale. :)
    Finalement, c'est à ceux qui choisissent les sujets de composition française qu'on devrait s'en prendre.
    À ceux qui choisissent les œuvres peut-être ?
    Et si Aspremont tombait, UmbertoV96 ? Pas d'impasse. :)
  • Pour les LC, pas d'impasse sur le MA : il est illusoire de penser qu'on va s'y préparer entre l'écrit et l'oral si l'on est admissible. Si en plus on n'a pas l'habitude de la langue, c'est le 1 assuré (au maximum). Si l'on s'y prépare honnêtement, on peut facilement espérer 13 ou 14.

    Oui, laoshi, une épreuve "mythique" pour moi : dès le début de l'entretien qui suivait mon exposé, une discussion s'était instaurée entre deux membres du jury qui n'étaient pas d'accord sur le statut d'un personnage : je m'y étais mêlé, discrètement d'abord (car au début, je ne savais pas si c'était du lard ou du cochon !), puis passionnément ensuite ! L'épreuve semblait avoir été complètement oubliée...
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