Thibaut de Champagne - Je suis comme la licorne...

Bonjour,

J'ai un exercice en français ( Seconde ) qui est celui-ci :

Quelle image est développée dans la 1ere strophe ? Quel est l'intérêt de l'image ?
Je suis comme la licorne
En extase devant la jeune fille
Dont elle ne détache pas ses regards.
Elle éprouve un si doux malaise
Qu’elle tombe sans connaissance en son giron.
Alors on la met à mort par traîtrise.
De même Amour et ma dame
M’ont blessé à mort, en vérité :
Ils ont mon cœur et je ne puis le reprendre.

Le problème, c'est que je n'ai pas compris le sens de la question et qu'est ce que je dois faire et rechercher, merci pour vos aides.

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    L'image est contenue dans le premier vers
    "Je suis comme la licorne"

    Ici, tu dois expliciter le symbolisme de cet animal fabuleux dans ce poème d'amour courtois.
  • Du coup si j'ai bien compris je dois définir le sens du mot "licorne" et aussi il a quel intérêt avec l'amour dans la 1ère strophe?

    Merci pour votre réponse.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Pas le sens, mais la force de l'image.
    Cherche sur internet ce que représente la licorne pour les poètes courtois.
    Habituellement c'est la jeune femme qui est associée à cet animal fabuleux.
    Il te faut rendre compte de ce détournement.
  • Jean-Luc a écrit:
    Pas le sens, mais la force de l'image.
    Cherche sur internet ce que représente la licorne pour les poètes courtois.
    Habituellement c'est la jeune femme qui est associée à cet animal fabuleux.
    Il te faut rendre compte de ce détournement.

    Associée, mais non confondue (ou je t'ai mal compris ?) A l'époque "classique", une jeune fille séduit la licorne, être mâle attiré par la virginité, et l'entraîne dans le piège du chasseur.
    Il n'y a donc pas détournement.
  • Bonjour,

    Merci pour vos réponse, grâce à ça j'ai essayer de rédiger un texte.

    Est-ce-que je peux vous l'envoyer ?
  • Vous pouvez le poster ici, si vous le voulez.

    Pour votre information, voici le texte original :

    Ausi comme unicorne sui
    Qui s'esbahit en regardant
    Quant la pucele va mirant.
    Tant est liee de son ennui;
    Pasmee chiet en son giron ;
    Lors l'ocit on en traïson.
    Et moi ont mort d'autel senblant
    Amors et ma dame, por voir ;
    Mon cuer ont, n'en puis point ravoir.
  • Voici mon texte :

    L'image dévelopée dans la première strophe est celui de la licorne.
    La licorne au Moyen-Age est présentée sous la forme d'un gracieux cheval blanc, c'est une créature féerique, fabuleuse et fantastique.
    Elle est doublée d'une force surnaturelle et elle est fidèle en amour.
    C'est l'emblème de la pureté d'âme, d'amour honnête et pur et de chasteté.
    Autrefois, la licorne au Moyen-Age était une créature rare recherché par les chasseurs. Pour en attraper une, on devait avoir un jeune femme vierge.

    L'auteur ( Thibaut de Champagne) se compare à la licorne car lui aussi est attirer par la beauté de la jeune fille qu'il a en face de lui, le sort réservé aux licornes est la captivité où même la mort car celle-ci est attirée par la jeune vierge qui ne s'attend pas à voir des chasseurs, c'est la case dans cette première strophe " On la met à mort par traîtrise" (V.6). L'homme est donc mis à mort car il est tombée sous le charme de la jeune dame qui certainement possède déjà l'amour d'un seigneur d'où la traîtrise dans le vers 6.
  • Bon, c'est plutôt bien, mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec la fin de votre analyse, en particulier avec l'interprétation du mot traïson.
  • Pour vous ils faudrait changer quoi ?

    Et par rapport à traîtrise je faisais référence à ce vers " Alors on la met à mort par traîtrise. "

    Merci pour votre réponse.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Yvain a raison.
    La traîtrise évoque plutôt la surprise du poète de se découvrir mortellement blessé par la flèche de Cupidon alors qu'il s'abandonne sans défense.
    C'est une variation sur les thèmes de l'amour, la vie et la mort, du bonheur et de la souffrance inextricablement mêlés.
  • Oui, on a ici un lieu commun de la lyrique médiévale, celui du "piège" que constitue l'amour qui fond sans crier garde sur le pauvre amant. On retrouve un avatar de ce locus jusque chez les Précieux : c'est le fameux thème du "vol du cœur".

    Molière s'en est moqué dans les Précieuses ridicules (scène X) :

    MASCARILLE :
    Oh ! oh ! je n'y prenais pas garde ;
    Tandis que, sans penser à mal, je vous regarde,
    Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur ;
    Au voleur ! au voleur ! au voleur ! au voleur.


    La voilà, la traïson de l'Amour !

    Par contre, dans la suite de la chanson, l'amant va en effet craindre toutes sortes d'obstacles, dont d'éventuels rivaux, mais ça, c'est autre chose...
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