Comprendre Rimbaud et Verlaine

Bonjour,

Je poste ce sujet dans le but de comprendre le génie de Rimbaud et Verlaine.
Je sais que le symbolisme (courant dont font partie ces auteurs) n'est pas censé se comprendre.
Mais alors, j'aimerais savoir en quoi est-ce si génial de créer des poèmes qui ne se comprennent pas.

Auriez-vous des articles, des livres, des vidéos dans lesquels je pourrais comprendre en quoi ces poètes sont si géniaux ?
Vous même, vous aimez sans doute ces auteurs. Pourriez-vous me dire pourquoi ?

Merci à vous,
bonne journée.

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour... Est-ce pour un devoir, ou par curiosité personnelle ?
  • Les études et recherches sur ces deux poètes ne manquent pas. L'un et l'autre ont mis des mots sur leur projet.
    https://www.bacdefrancais.net/lettre-du-voyant-rimbaud.php
    http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/34110/ANM_1964_1965_107.pdf?sequence=1
    Si tu veux des avis subjectifs et croisés ...
    http://petitmonde.unblog.fr/2008/05/05/arthur-rimbaud-un-esprit-revolutionnaire/
  • Bonjour,

    Merci pour les liens !
    Par curiosité.

    Cordialement,
    Nicolas

    Bonjour,

    Je me demande si ma question n'est pas un peu stupide.

    Cordialement,
    Frozinone
  • Chacun sur le site pourrait te dire qui sont ses poètes préférés et il y aurait sans doute bien des différences de goût. J'aime plusieurs poèmes de Verlaine, de Rimbaud. Chacun a été dans son genre, un novateur.

    Quant à "comprendre" un poème, je préfère de beaucoup ce sens premier "prendre avec soi".
    Alors pas de complexe si tu ne comprends pas tel ou tel poème. Chacun a sa sensibilité, son univers.
  • Frozinone a écrit:
    Mais alors, j'aimerais savoir en quoi est-ce si génial de créer des poèmes qui ne se comprennent pas.
    Moi j'aimerais surtout savoir quel est l'intérêt de lire des poèmes pour les comprendre et passer à autre chose ?

    Ce que je veux dire, c'est qu'on ne devrait pas demander aux poèmes d'être compréhensibles, d'exprimer une chose clairement. Sinon, ils deviennent des traités, des textes explicatifs, et non plus des poèmes. Le poème c'est aussi une forme, une typographie, des choix stylistiques ou métriques qui peuvent construire un ou des sens mais certainement pas un message, à prendre et à placer dans un classeur ; le poème est ambigu par essence car il exprime l'indicible.

    Après, vous aurez des profs qui vous diront que Le Lac de Lamartine parle du temps qui passe, de la place de l'homme dans l'univers, etc. Mais ce n'est pas comprendre, c'est réduire à une formule. Certains profs voudraient que les textes concordent avec ce qu'on peut en dire sans même les avoir lu.

    Si j'avais un seul conseil à vous donner, ce ne serait pas de vous intéresser à ce que les autres ont écrit sur Rimbaud et Verlaine, mais d'aller lire un peu sur la poésie. Une Introduction à l'analyse du poème par Gérard Dessons, pourquoi pas...
  • Si j'avais un seul conseil à vous donner, ce ne serait pas de vous intéresser à ce que les autres ont écrit sur Rimbaud et Verlaine, mais d'aller lire un peu sur la poésie.
    Voilà un conseil bien étrange et contradictoire !
    Mal formulé en tout cas.
    Lire sur la poésie ou lire de la poésie ?

    Par ailleurs, lorsq’un professeur (ou n’importe qui) dit que Lamartine évoque la fuite du temps dans le poème que tu cites, il constate un fait évident pour tous, que cela te plaise ou non, l’intérêt étant dans la façon dont le poète s’exprime, étant donné qu’il n’est ni le premier ni le seul à aborder ce sujet. Il ne faut pas en prendre ombrage.

    Certains poèmes nous parlent plus que d’autres.
    Certains sont transparents, et délivrent des messages, contrairement à ce que tu dis. (
    Ces messages ne sont pas forcément à mettre dans un classeur :))
    Certains sont hermétiques.
    On peut aimer sans forcément tout comprendre, mais simplement ressentir.
    On a aussi le droit de ne pas aimer.
    La poésie est diverse.
  • Non pas mal formulé, mais mal compris.

    On peut apprendre à mieux lire un poème. Or pour cela, il faut d'abord savoir ce qu'est un poème. Quels sont ses paramètres, comment interagissent-ils, etc. D'où ma recommandation de lecture (Dessons). Avec le ressenti on apprend à discriminer les poèmes et à flatter son égo, pas à bien lire.

    D'ailleurs le ressenti n'a pas grand chose à voir avec la fortune des deux poètes dont il est question ici, fortune qui est due à la reconnaissance d'apports objectifs à la poésie dans tous ses aspects, apports constitutifs de leur génie et malheureusement ignorés par les lecteurs qui ne savent pas bien lire. Or Dessons propose des critères objectifs qui permettent d'apprécier tous les poèmes, dans leur immense variété, à leur juste valeur, au-delà du ressenti.

    Je crois que ces critères pourront servir à Frozinone dans sa quête pour la "compréhension de Rimbaud et Verlaine".

    Quant à Lamartine, en MP si vous voulez.
  • Non pas mal formulé, mais mal compris.
    Si mal compris, problème tout de même.
    J'ai bien compris en revanche ton dernier message.
    Or Dessons propose des critères objectifs qui permettent d'apprécier tous les poèmes, dans leur immense variété, à leur juste valeur, au-delà du ressenti.
    L'ouvrage de Monsieur Dessons sera sûrement utile à l'étudiant en lettres pour lequel analyser des textes poétiques apparaît souvent comme une entreprise difficile, et qui est tenu de se livrer à cet exercice.

    Lecture libre :)
    Bien placés bien choisis
    quelques mots font une poésie
    les mots il suffit qu’on les aime
    pour écrire un poème
    on ne sait pas toujours ce qu’on dit
    lorsque naît la poésie
    faut ensuite rechercher le thème
    pour intituler le poème
    mais d’autres fois on pleure on rit
    en écrivant la poésie
    ça a toujours kékchose d’extrème
    un poème
    Prenez un mot prenez en deux
    faites les cuir' comme des oeufs
    prenez un petit bout de sens
    puis un grand morceau d'innocence
    faites chauffer à petit feu
    au petit feu de la technique
    versez la sauce énigmatique
    saupoudrez de quelques étoiles
    poivrez et mettez les voiles
    Où voulez vous donc en venir ?
    A écrire Vraiment ? A écrire ?
  • J'ai commandé l'ouvrage de G. Dessons et suis curieuse de savoir comment il aborde la poésie de René Char, lui qui disait à propos d'un poème (Compagnie de l'écolière)"Il ne m'appartient plus dans tous les cas, il est sous les yeux d'autrui. Don à vous aujourd'hui".
  • Dessons s'intéresse aux "manières de signifier" de la poésie. Par conséquent, il est attentif à la spécificité de chaque poème, mais il établit quelques cadres de signification, disons de base, qui sont :

    - La phonétique
    - La ponctuation et la typographie
    - L'image
    - Le vers (métrique et libre)
    - Le rythme et l'accentuation

    Son analyse des Feuillets d'Hypnos, vous verrez, est tout à fait savoureuse, car elle est formulée à partir d'éléments textuels concrets. L'analyse, pour autant, n'est pas purement objective, car les choix faits par Dessons lui appartiennent : ils sont, dans une certaine mesure, subjectifs. Mais non pas arbitraires. Surtout, ils permettent une rencontre entre texte et lecteur qui ne soit pas simplement de l'ordre du ressenti.

    Pourquoi ai-je recommandé Dessons à Frozinone ? Parce qu'il met l'accent sur le travail du poème, non pas sur son message. Cela permet non pas de comprendre les poèmes incompréhensibles, mais de les apprécier pour ce qu'ils sont (donc, au fond, de les comprendre).
  • rencontre entre texte et lecteur

    C'est quand même le charme de la littérature mais j'aime aussi la rencontre lecteur/auteur.
    J'ai eu la chance de rencontrer René Char chez lui aux Busclats.
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