Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour, alors voilà j'ai un corpus de texte à faire pour ce lundi et j'ai du mal à le faire, j'aimerais donc votre aide. Habituellement je me débrouille assez bien pour le faire mais pour celui ci qui regroupent des poèmes je n'arrive pas à trouver d'axes.

La question est : "Comment les poètes font-ils de la ville un objet poétique dans les textes de ce corpus ?"

Texte A (Joachim du Bellay)
Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
Et rien de Rome en Rome n’aperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,
Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on nomme.

Vois quel orgueil, quelle ruine et comme
Celle qui mit le monde sous ses lois,
Pour dompter tout, se dompta quelquefois,
Et devint proie au temps, qui tout consomme.

Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s’enfuit,

Reste de Rome. Ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme est par le temps détruit,
Et ce qui fuit au temps fait résistance.

Texte B (Paul Verlaine)
Le bruit des cabarets, la fange du trottoir,
Les platanes déchus s’effeuillant dans l’air noir,
L’omnibus, ouragan de ferraille et de boues,
Qui grince, mal assis entre ses quatre roues,
Et roule ses yeux verts et rouges lentement,
Les ouvriers allant au club, tout en fumant
Leur brûle-gueule au nez des agents de police,
Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse,
Bitume défoncé, ruisseaux comblant l’égout,
Voilà ma route - avec le paradis au bout.

Texte C (Guillaume Apollinaire)
À la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l’antiquité grecque et romaine

Ici même les automobiles ont l’air d’être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme
L’Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D’entrer dans une église et de t’y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut

Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d’aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers

J’ai vu ce matin une jolie rue dont j’ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Les inscriptions des enseignes et des murailles
Les plaques les avis à la façon des perroquets criaillent
J’aime la grâce de cette rue industrielle
Située à Paris entre la rue Aumont-Thiéville et l’avenue des Ternes



Actuellement j'en suis à la recherche d'axe, j'ai relu, analysé plusieurs fois les textes mais je n'ai toujours aucune idée pour la suite. Mes seules pistes sont la description de la ville et les sensation.
Merci d'avance à ce qui m'aideront.
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Réponses

  • J'aurais préféré :

    "La ville, objet poétique : formes et fonctions".
  • JehanJehan Modérateur
    Je n'ai pas touché au titre original du post, je me suis contenté d'insérer les trois textes dans le message. Yvain, tu penses que je devrais modifier le titre ?
  • Essaie d'abord de voir qu'avec un même thème, chaque poète porte un regard différent sur la ville et en parle d'une manière qui s'affranchit de plus en plus des contraintes.

    Du Bellay, dans un sonnet, cherche en vain la splendeur perdue de Rome, ville glorieuse et mythique.

    Verlaine, par touches symbolistes, est sensible à la laideur cachée de la ville, à la circulation, aux lieux de rencontre après le travail. La ville à traverser, des passants à croiser, la pluie et la boue suggérées en espérant des jours meilleurs : le paradis au bout.

    Apollinaire a choisi délibérément la liberté du thème, du ton, du vers. loin de l'imitation des anciens, il se tourne vers la vie, préfère croiser des contemporains. La rue est belle et les sténodactylographes aussi. C'est la ville moderne et une vision assumée, comme un émerveillement devant les nouveautés.
    " A la fin, tu es las de ce monde ancien".

    La ville se désacralise. Le poète est témoin des métamorphoses de la ville
    La ville est le lieu de la vie, de l'activité, un nouveau décor beau ou laid
    La ville est le lieu où se croisent les hommes, la ville appartient au peuple qui travaille, circule, se détend
  • Jehan a écrit:
    Je n'ai pas touché au titre original du post, je me suis contenté d'insérer les trois textes dans le message. Yvain, tu penses que je devrais modifier le titre ?

    Non, c'était une simple proposition personnelle.
  • @floreale

    Je ne vois toujours pas :| :(
    Mais j'ai trouvé une piste pour une partie : "La description de l'aspect négatif des villes" qu'en pensez vous? Avez vous mieux à suggérer?
  • Comment ?

    En évoquant la réalité du monde : le décor de la ville
    En guidant notre regard, en nous montrant une réalité transformée
    En choisissant des mots, d'autres images qui parlent à notre imagination
  • La question est : "Comment les poètes font-ils de la ville un objet poétique dans les textes de ce corpus ?"

    -Derrière la ville, l'histoire. Images contrastée de grandeur et décadence dans le sonnet de du Bellay.
    -Derrière la ville, la vie. Là encore images. Peintures partielles. Peintures du décor, des personnages qui habitent la ville.
    -Derrière encore, une vision déformée ou formée par l'expérience du poète.
  • Autrement dit, la question n'est pas claire, une fois de plus.
  • La question est effectivement complexe. A partir de quand un objet devient-il poétique ?
  • Quand le poète s'empare d'un cageot. :) :) :)
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