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Capes lettres modernes

Bonjour,

Ce qui m'amène à vous c'est une question un peu (beaucoup) naïve concernant l'agrégation.

Est-ce qu'il est possible de passer (et de réussir) ce concours sans vouloir et surtout sans devoir enseigner ?

Dans ce cas, si on refuse d'entrer dans l'Education Nationale, est-ce qu'on garde notre agrégation ?

Merci de votre éclairage.

Fleur de Lys
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Réponses

  • Bonjour,

    L'agrégation est un concours pour enseigner. On peut bien sûr le passer sans vouloir enseigner, puisque les oraux ne sont pas des entretiens de motivation, mais ça n'a pas de sens (surtout vu la difficulté du concours). De plus, si on n'enseigne pas on perd le concours. On peut reporter sa prise de poste dans le secondaire (par exemple en prenant un contrat doctoral) mais ce n'est qu'un report temporaire.
  • Merci Sohanelle pour ta réponse.

    Je sais que l'agrégation est un concours très difficile.

    Mais lorsque je vois les rapports de jury des épreuves précédentes, cela me tente de me confronter à la difficulté, d'apprendre, de m'améliorer.

    Non pas tant que j'ai l'esprit de compétition, mais plus par défi personnel. Cela me permettrait d'attester un degré d'expertise de la discipline.

    J'adore apprendre, découvrir, me challenger mais je n'aime pas enseigner bien que je sois pédagogue, cela ne suffit pas.

    C'est plus pas stimulation intellectuelle que l'agrégation me tente et non pour me comparer aux autres et encore moins pour enseigner.

    Je trouve cela dommage qu'on puisse perdre le titre d'agrégé si on renonce à l'enseignement. Il devrait y avoir 2 types d'examens, l'un pour les futurs enseignants et l'autre pour les amoureux de la discipline.

    Tout comme le Doctorat ne nous force pas à être chercheur par la suite, j'aurais aimé que l'agrégation en fasse de même...

    Fleur de Lys
  • Oui, mais l'agrégation n'est pas un examen: c'est un concours de recrutement, rien d'autre... :/
  • Le nombre de place est limité et d'ailleurs insuffisant : passer le concours de recrutement pour la beauté du geste puis démissionner, c'est surtout prendre la place de quelqu'un qui aurait exercé ce métier avec passion. Merci de ne pas leur piquer la place ni leur rendre la tâche plus difficile.
    Faites un doctorat si vous aimez le challenge, et personne ne pleurera si vous ne postulez pas après !
  • passer le concours de recrutement pour la beauté du geste puis démissionner, c'est surtout prendre la place de quelqu'un qui aurait exercé ce métier avec passion. Merci de ne pas leur piquer la place ni leur rendre la tâche plus difficile.
    Je ne saurais mieux dire. Le CAPES comme l’agrégation sont des concours de recrutement de professeurs.
    Si vous ne voulez pas enseigner, passez votre chemin.
    Si vous voulez stimuler votre esprit, écrivez des livres ou adonnez-vous à la critique. Voyagez, expérimentez, rendez compte de vos expériences ou gardez-les pour vous. Jouez aux échecs, ou encore apprenez à jouer du violon, et de l'épinette ou du cor d’harmonie.
    Il y a des tas de façon de chercher l’excellence si l’on n’a pas besoin de gagner sa vie.
    Un concours de la fonction publique conduit à devenir fonctionnaire. Au moins dans un premier temps.
  • Merci pour vos réponses.

    Je suis bien évidemment consciente du problème éthique de devoir prendre la place de quelqu'un en cas de réussite.

    Ce n'est pas ma volonté.

    Pour autant, je ne crois pas non plus que tous les candidats soient des passionnés de l'enseignement, cela se saurait. Certains candidats passent l'agrégation pour avoir un meilleur salaire et une place stable.

    Donc en somme pour des raisons personnelles également, toutes aussi légitimes que les miennes du coup et qui n'ont rien à voir avec l'envie d'enseigner.
  • Pour autant, je ne crois pas non plus que tous les candidats soient des passionnés de l'enseignement, cela se saurait. Certains candidats passent l'agrégation pour avoir un meilleur salaire.
    Enseigner en ayant un meilleur salaire, oui.
    C’est un but louable, une façon de finaliser ses études avant de se mettre au travail.
    C’était en tout cas mon but : un professeur agrégé en général enseigne.
    Après il peut également faire de la politique et finir ministre ou président de la république.
    Si au départ on ne se destine pas du tout à l’enseignement, il faut choisir une autre orientation, passer le concours de polytechnique ou d’une grande école de commerce, celui de l’ENA, celui de l’Ecole de la magistrature...que sais-je...
  • Je comprends le dilemme.

    L'agrégation a un objectif double :

    - recruter des gens passionnés par l'acte d'enseigner

    - et recruter des gens passionnés par la discipline dont l'agrégation fait l'objet


    Dans la réalité, nous pouvons avoir des gens qui soient passionnés par l'enseignement et d'autres par la discipline en soi.

    Il est finalement pas si simple d'avoir ces 2 passions réunies en une seule personne.
  • Il est finalement pas si simple d'avoir ces 2 passions réunies en une seule personne.

    Figure-toi que les amphis de préparation à l'agrégation en sont remplis. On ne s'astreint pas à passer un concours si stressant juste pour le plaisir d'user ses fonds de culotte sur des bancs durs dans des amphis non chauffés (mon expérience personnelle). Pour certains, l'enseignement en lycée n'est pas le but ultime (certains souhaitent poursuivre vers un doctorat et l'enseignement supérieur, par exemple), mais le goût de la transmission est beaucoup plus courant que tu ne semble le penser. Le fait d'avoir un salaire décent et une situation stable est un but tout à fait honorable, qui n'exclue pas du tout le fait d'aimer ce que l'on fait (sans en faire pour autant un sacerdoce).

    Certes, c'est passionnant, les cours d'agreg ; mais il faut savoir aussi que c'est un formatage assez strict : le formatage Éducation Nationale. Ça ne te servira nulle part ailleurs. Si tu as une année à perdre, va plutôt faire le tour du monde, ou écris un livre, mais ne fais pas perdre une année à quelqu'un qui ne peut pas se le permettre.

    J'ai passé l'agreg à 24 ans, sans pression financière particulière et des parents qui me soutenaient, mais parmi mes co-préparationnaires, il y avait aussi des parents d'enfants en bas âge qui ne pouvaient plus joindre les deux bouts en étant contractuels (mais pas assez d'ancienneté pour passer les concours en interne) ou des gens qui vivaient avec une bourse du CROUS à peine suffisante pour se payer une chambre d'étudiant et pas d'aide des parents. Chaque place compte. Je ne sais pas quelle discipline t'intéresse, mais lettres modernes, c'est 115 places pour toute la France, en histoire, c'est 72 et en philo 73.
  • TheRedRoom a raison de le signaler: l'agrégation est un concours exigeant et, de mon expérience personnelle en tout cas, très fastidieux à préparer.
    Si je devais faire la liste des pires années de ma vie, celle ou j'ai passé l'agreg serait certainement tout en haut (ex aequo avec celle de mon service militaire...).
    Ce concours ne favorise en effet ni la virtuosité ni la finesse: c'est plutôt du last man standing... Car il faut bachoter un énorme programme, et tenir le cap sur au moins 14 mois d'affilée (on doit se mettre au boulot dès la publication du programme, au printemps, tandis que les oraux s'achèvent début juillet de l'année suivante).

    Cela n'exclut pas les découvertes intellectuelles excitantes. En latin, j'eus Catulle, et en grec, le livre I de Thucydide. Mais il y a aussi des pensums redoutables (je n'en citerai pas au cas où ce serait le livre de chevet de l'un d'entre vous).

    Pour moi, la préparation de l'agreg reste une expérience d'autant plus pénible que j'étais condamné au succès (pour un ulmien, l'échec eût été déshonorant) et qu'en même temps je savais ne pas pouvoir prétendre aux toutes premières places, parce que je côtoyais quelques candidats vraiment "monstrueux".

    Bref, passer l'agreg "pour la beauté du geste" me paraît aussi saugrenu que se faire refaire toutes les dents par plaisir.
  • Bonsoir,

    Merci de vos différents témoignages et avis sur l'agrégation et ses diverses conséquences.

    Si j'ai bien compris, vous avez majoritairement gardé un mauvais souvenir de cette épreuve fastidieuse voire même des séquelles (si j'en juge la virulence de certaines réactions), et vous avez à la fois de l'empathie pour moi afin de me préserver de pareilles souffrances et de l'empathie pour celui ou celle dont je "prendrais" la place si je devais réussir le concours puis démissionner.

    Cela sous-entend que vous m'affectez un réel potentiel de réussite et je vous remercie de me juger positivement a priori.

    Mais je lis aussi entre les lignes que vous sous-entendez que ma situation personnelle et financière serait a priori également positive et que par conséquent, il serait d'autant plus scandaleux de ma part de "vouloir voler" la place d'un autre candidat, qui, pour accentuer votre contraste, trimerait nécessairement pour s'en sortir.

    Ce forum est intéressant en ce sens où vous "imaginez" la situation des personnes qui écrivent et vous en déduisez tout un tas de conclusions, qui vous horripilent.

    Or, vous vous horripilez tous seuls puisque, jusqu'à preuve du contraire, je n'ai à aucun moment évoqué ma situation personnelle ou financière.

    Et pourquoi ?

    Parce que ce n'est pas du tout le sujet.

    Le sujet n'est pas :"est-il éthique ou pas de prendre la place d'un candidat à l'agrégation si on ne veut pas enseigner ?"

    Mais : " Est-il possible de passer et réussir l'agrégation sans devoir enseigner ?"

    En tant que Professeurs de surcroît agrégés (pour certains), je crois que vous devriez faire attention au "Hors-sujet" et privilégier l'argumentation basée sur des faits et non votre imagination.

    Alors il est possible que vous n'ayez pas de réponse exacte à mon sujet mais ce n'est pas grave, je ne blâmerai personne de ne pas tout savoir.

    C'est un échange bienveillant entre internautes, c'est tout.

    Mais je vous rejoins, si je maintiens l'idée de passer l'agrégation sans vouloir enseigner, je ne le ferai pas pour la "beauté du geste" mais pour la passion de la discipline.

    Ce serait donc pour la beauté de la discipline et non du geste, si on devait rester dans ce registre.

    Je ne souhaite absolument pas me "torturer" avec l'agrégation même si je sais que c'est très sélectif.

    Merci de votre compréhension.

    Fleur de Lys
  • Bon, tu es adulte, tu fais ce que tu veux ! Si tu veux passer 14 mois a potasser comme un dingue, libre à toi. Tu demandes leur avis au membres du forum, ils te le donnent, ca n"est quand même pas notre faute si ce n'est pas ce que tu veux entendre.

    Je ne sache pas qu'un message sur un forum réponde aux mêmes critères méthodologiques qu'une dissertation, et même si c'était le cas, à la question "est-ce légal ?", on serait en droit de répondre "oui mais ce n'est pas pour autant souhaitable, ni moral", ce ne serait pas forcément hors sujet. D'ailleurs il me semblait que la réponse t'avait été donnée dès le début mais si ça n'est pas le cas la voici : oui, tu peux réussir puis démissionner mais tu perds bien entendu le bénéfice du concours.

    Pour la situation financière, je plaide coupable, j'imagine des choses. Mais pour songer à passer une année qui ne rapproche d'aucun métier à part un métier qu'on ne souhaite pas exercer, j'imagine qu'il ne faut pas avoir une pression folle pour trouver un emploi stable rapidement, pas d'enfants, pas de crédit immobilier, etc.
  • Mais pour songer à passer une année qui ne rapproche d'aucun métier à part un métier qu'on ne souhaite pas exercer, j'imagine qu'il ne faut pas avoir une pression folle pour trouver un emploi
    Mais theRedRoom a tout à fait raison.
    Passer l’agrégation, ce n’est pas particulièrement passionnant.
    Certaines œuvres au programme ne sont pas forcément folichonnes.
    L’écrit, passe encore, mais l’oral, c’est une vraie horreur.
    Alors le faire dans un but utilitaire, soit, mais pour rien, alors là, c’est complètement stupide.
    Chacun peut faire des choses stupides, mais on est également en droit de le lui signaler.
  • Effectivement, dans le prolongement des autres réponses je pense que vous idéalisez un peu trop l'émulation intellectuelle de la préparation de l'agrégation. Il s'agit avant tout de la maîtrise d'exercices canoniques très artificiels qui n'ont que peu à voir avec le coeur de la discipline, et de bachotage des ouvrages. Cela peut bien sûr faire découvrir des oeuvres, mais pas besoin pour cela de s'inscrire au concours : on peut se tenir au courant chaque année des oeuvres au programme, et approfondir celles qui nous semblent intéressantes. Je comprends parfaitement votre envie de continuer à être stimulé dans la discipline, et votre passion, que partagent d'ailleurs beaucoup de profs du secondaire qui après quelques années ont envie de retrouver leur discipline à un niveau universitaire. Ils font dans ce cas un doctorat, ce qui pour le coup permet vraiment de se dépasser puisqu'on n'apprend plus ce que les autres ont écrit, on participe soi-même à la création de la discipline.
  • J'espère que tu seras sincère et que tu diras à tes camarades que tu prépares l'agreg mais que tu ne veux pas prendre ton poste.

    On verra si ils acceptent de travailler avec toi ! (et oui, l'agrèg, ça se prépare mieux à plusieurs)

    Franchement, fais une thèse. L'agrégation, c'est vraiment limité. Tu te seras juste prouvé, si tu l'as, que tu peux réussir un concours. Que tu sais faire une dissert. Rien de plus, je peux te l'assurer.
  • Franchement, fais une thèse
    Et en faisant une thèse, tu prouves quoi ?
    Il n'y a pas de classement dans une thèse. ;)
    Bien sûr ta thèse peut être reconnue par tes pairs, mais souvent uniquement par tes pairs.
  • Passer l'agrégation pour obtenir une reconnaissance sociale, c'est stupide. Il vaut mieux qu'il fasse des maraudes, il aura tout aussi peu de reconnaissance sociale mais au moins il servira à quelque chose.
  • Il vaut mieux qu'il fasse des maraudes, il aura tout aussi peu de reconnaissance sociale mais au moins il servira à quelque chose.
    Sans doute. A condition d'avoir les moyens de vivre par ailleurs.
    On sort un peut du sujet, là. On peut être agrégé et faire du bénévolat. Les deux ne sont pas incompatibles;
    Ce qui était en question ici, c'est que, logiquement, l'agrégation conduit à un métier.
  • On sort du sujet, donc je me permets d'y contribuer. ;)

    Quand on fait une thèse, on est justement censé prouver une thèse, pardi ! :) Et personnellement, bien que l'exercice ne soit pas exempt de problèmes et de limites, je le trouve plus intéressant et stimulant que l'agrégation. Au-delà du fait que passer l'agrégation quand on ne la veut pas n'a pas tellement d'intérêt, la passer quand on la veut n'a pas tellement d'intérêt intellectuel non plus, je trouve. Cela dit, je suis peut-être mauvais joueur, ne l'ayant pas eue !
  • la passer quand on la veut n'a pas tellement d'intérêt intellectuel non plus, je trouve.
    Alors là, nos avis divergent. :)
    Passer l'agrégation quand on la veut, et la réussir a eu pour moi des conséquences tout à fait positives. Intellectuellement, je ne saurais dire (peut-être en tout cas, un gain de confiance en soi dont je manquais cruellement), mais sur le plan pratique, assurément.
    Faire une thèse ne m'a par contre jamais tenté.
    J'en ai déjà tellement bavé pour écrire mon mémoire de maîtrise, pourtant très réussi paraît-il, sur la figure du fou dans la littérature du XVIe siècle !
    Mais sans doute n'avais-je envie de ne prouver aucune thèse. :) ...et préférais-je faire le clown dans une classe de collège.
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