Bonjour,

Une question un peu bizarre, mais je me demandais : de quoi vivaient concrètement les philosophes de l'Antiquité ? La plupart des philosophes modernes ont des activités à côté (enseignants, journalistes, etc...), mais dans le cas de ceux qui vivaient à l'Antiquité ?

Ca peut paraître débile comme question, mais où ces esprits trouvaient à s'employer pour gagner leur nourriture terrestre ?

Un grand merci !

Réponses

  • C'est que justement, à l'époque classique, ni les philosophes ni les poètes n'avaient besoin de nourritures terrestres pour vivre : Platon ne disait-il pas du reste que le poète est "chose légère" ?
    Voilà pourquoi on n'a jamais trouvé le corps des philosophes de l'époque. Platon est parti tout entier dans le monde des idées, Aristote s'est changé en syllogisme...

    Mais déjà avec Socrate, le premier philosophe à avoir fait la manche, comme plus tard Diogène, quelque chose avait changé (comme le dit si bien Nietzsche) : les philosophes qui ont suivi Platon et Aristote ont été tenus de gagner (honnêtement) leur vie pour se sustenter et paraître comme tous les autres mortels. Épicure, faute d'avoir entretenu un corps dont il avait pourtant cherché à prouver la matérialité, a vu subitement tous les atomes dont il était composé s'écrouler en un tas informe. Sénèque, quant à lui, était devenu précepteur de Néron parce que lui aussi il fallait bien qu'il mange, tout philosophe qu'il était. Trop moraliste, il disait souvent que lui mangeait pour vivre, alors que Néron vivait pour manger.
    Ceci étant parvenu aux oreilles du prince, il a très mal fini.

    C'est Descartes qui fixera le statut officiel du philosophe au sortir des périodes obscures et barbares du Moyen Age et de celle, plus idéaliste mais non moins barbare, de la Renaissance. Son mot le plus célèbre lui vint par hasard, un jour qu'il était à table : prévenant le geste de sa servante qui accourait pour éponger du vin qu'il avait répandu, il s'était écrié : "Je mange, donc j'essuie !".
    Il modifia aussitôt sa formule, qu'il traduisit en latin, et qui devint celle que tout le monde connaît : JE MANGE, DONC JE SUIS.
  • Mmmmh, tout est bien beau mais je me demande de quoi se nourrit Yvain...
  • Uniquement de ce que chasse mon lion.
  • JehanJehan Modérateur
    Un lion chasse beaucoup moins souvent qu'une lionne...
    Il te rapporte quand même de bons morceaux ?
  • un petit s'est mis en la trace
    tant qu'a son seignor a mostré
    qu'il a senti et ancontré
    vant et fleir de salvage beste.
  • L'histoire s'arrête un peu vite: a-t-il attrapé la "salvage beste" ?
  • Je te mettrai la suite sur YouTube "A la découverte de la littérature médiévale".
    ______________

    Bon, que répondre à Simon ?
    D'abord, on connaît très mal la vie des philosophes antiques. Notre principal informateur, Diogène Laërce, écrit au IIIème siècle de notre ère ; c'était un compilateur érudit, mais son témoignage est parfois fragile d'après certains spécialistes.
    Des philosophes comme Platon et Aristote enseignaient, ils devaient donc percevoir de l'argent ou des dons en nature. Ce sont aussi des hommes issus en principe de couches privilégiées de la société (surtout pour Platon) ; ils disposent donc d'un patrimoine.
    Aristote, avant de fonder le Lycée était percepteur d'Alexandre, comme Sénèque le sera de Néron. Épicure enseignait avant de fonder son école.
    Comme tu le vois, c'était essentiellement l'enseignement, le plus beau métier du monde, qui les faisait vivre...
  • Un grand merci ! ;)
  • Simon, je ne possède pas une parcelle des connaissances d'Yvain en philosophie, mais on peut dire qu'il y avait des philosophes de toutes conditions, de l'anachorète et du pasteur ambulant jusqu'à l'empereur - je viens de terminer un ouvrage de Marc-Aurèle, c'est pour ça que je me permets... :D

    Voilà pourquoi on n'a jamais trouvé le corps des philosophes de l'époque. Platon est parti tout entier dans le monde des idées, Aristote s'est changé en syllogisme...

    C'est joli. :)
  • Peut-être aussi que beaucoup n'ont été reconnus "philosophes" qu'après leur mort.

    Ils avaient un métier "banal" ou étaient indigents, mais écrivaient sur le côté et que ces écrits n'ont été reconnus de valeur que plus tard.
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