Y a-t-il une évolution du spleen à travers les quatre spleens de Baudelaire ?

Bonjour,
J'ai une question corpus qui est : il y a t-il une évolution du spleen à travers les 4 spleens de Baudelaire?
Pouvez vous m'aider svp, cela fait 2h que je cherche et je n'ai pas d'inspiration, rien que me donner un plan m'aiderais enormement.
Merci.

Réponses

  • Bonjour Phenza,
    Avant toute chose, ton corpus porte-t-il bien sur les textes suivants ? S'agit-il des poèmes entiers ou d'extraits ?

    Texte A : « Spleen I », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, 1857 :
    Pluviôse, irrité contre la ville entière,
    De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
    Aux pâles habitants du voisin cimetière
    Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.
    Mon chat sur le carreau cherchant une litière
    Agite sans repos son corps maigre et galeux;
    L'âme d'un vieux poëte erre dans la gouttière
    Avec la triste voix d'un fantôme frileux.

    Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée
    Accompagne en fausset la pendule enrhumée,
    Cependant qu'en un jeu plein de sales parfums,

    Héritage fatal d'une vieille hydropique,
    Le beau valet de coeur et la dame de pique
    Causent sinistrement de leurs amours défunts.

    Texte B : « Spleen II », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, 1857 :
    J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.
    Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
    De vers, de billets doux, de procès, de romances,
    Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
    Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
    C'est une pyramide, un immense caveau,

    Qui contient plus de morts que la fosse commune.
    - Je suis un cimetière abhorré de la lune,
    Où comme des remords se traînent de longs vers
    Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
    Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
    Où gît tout un fouillis de modes surannées,
    Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
    Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

    Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
    Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
    L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
    Prend les proportions de l'immortalité.
    - Désormais tu n'es plus, ô matière vivante!
    Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
    Assoupi dans le fond d'un Saharah brumeux;
    Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
    Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
    Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

    Texte C : « Spleen III », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, 1857 :
    Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
    Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux,
    Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
    S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.
    Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,
    Ni son peuple mourant en face du balcon.
    Du bouffon favori la grotesque ballade
    Ne distrait plus le front de ce cruel malade;
    Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
    Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,
    Ne savent plus trouver d'impudique toilette
    Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
    Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu
    De son être extirper l'élément corrompu,
    Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
    Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
    Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété
    Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.

    Texte D : « Spleen IV », Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, 1857 :
    Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
    Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
    Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
    Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
    Quand la terre est changée en un cachot humide,
    Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
    S'en va battant les murs de son aile timide
    Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

    Quand la pluie étalant ses immenses traînées,
    D'une vaste prison imite les barreaux,
    Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
    Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

    Des cloches tout à coup sautent avec furie
    Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
    Ainsi que des esprits errants et sans patrie
    Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

    - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
    Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
    Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
    Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
  • des constantes bien sûr avec le noir, la notion du temps mais un glissement discret d'une atmosphère ambiante dans la ville à un mal-être personnel, à une intériorisation de l'humeur noire. Le spleen opère doucement un glissement entre un malaise physique et un mal-être métaphysique. Le dernier poème sur le spleen se termine avec l'image du drapeau noir planté sur le crâne du poète, influençant sa création mais rappelant son élection.
  • Bonjour,
    J'ai un corpus à faire avec comme question: il y a t'il une évolution du spleen à travers les 4 spleens de baudelaire?
    J'ai un peu toutes les idées en vrac et comme plan j'ai choisi :
    I-La forme des spleens
    II-La présence de l'ennui et de la mort
    Comment trouvez vous mon plan? Est ce qu'il faut que je change des choses? Car c'est une de mes difficultés de trouver des plans.
    Merci.
  • Pourquoi ouvrir un nouveau fil ?
  • Floreale je ne comprends pas votre question
  • Tes deux questions ont été regroupées sur le même fil et c'est plus lisible.

    La question porte sur "une évolution" éventuelle. On attend des étapes pour structurer la réponse. C'était le sens de ma contribution.
  • Réminiscence se sont bien ces textes
  • Il me semble que tu peux modifier ton plan.

    I. Caractéristiques du spleen baudelairien et constantes
    II. Evolution dans les quatre poèmes.
  • Floreale merci je vais essayer avec votre plan merci
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