Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonjour,
Je suis actuellement en 1ère L et déjà de nombreuses questions se posent à. ..parcoursup étant assez anxiogène pour moi ....
Je souhaite être professeur de lettres dans le supérieur ( universités, classes prépas ).
Est-il obligatoire de passer le CAPES pour présenter l'Agrégation ?
Le latin est il obligatoire à l'agrégation de lettres modernes ? Si oui, je n'en ai jamais fait. Mon niveau sera-t-il suffisant si je le commence seulement l'année après le bac ?
Vaut-il mieux passer l'agrégation en externe ou en interne lorsque l'on veut postuler pour un poste d'enseignant dans le supérieur ?
Master lettres ou Master métiers de l'enseignement ?
Et enfin, la classe prépa littéraire est-elle indispensable pour réussir ?
Je sais que cela fait beaucoup de questions d'un coup mais je suis certaine que je trouverai des personnes qui me donneront un peu de leur temps pour m'aiguiller. Je me sens un peu perdue....

Réponses

  • Bonsoir,
    Vaut-il mieux passer l'agrégation en externe ou en interne lorsque l'on veut postuler pour un poste d'enseignant dans le supérieur ?

    En lettres, agrégation comme certification sont deux concours du secondaire. Pour postuler pour un poste d'enseignant dans le supérieur [hormis les classes prépa, attention, qui sont rattachées à l'éducation nationale], il suffit, dans l'idéal:
    • d'une thèse
    • d'une validation par le Conseil National des Universités

    Les postes sont ouverts établissement par établissement; on est recruté.e par ses futur.es collègues.

    Ceci dit: il y a peu de postes ouverts chaque année. Conséquence de quoi, des dizaines de dossiers sont envoyés pour un poste de MCF; c'est là que l'agrégation intervient. Il y a une présélection officieuse, et les dossiers des candidat.es sans agrégation sont en général pénalisés.


    Bienvenue dans l'enseignement supérieur français. Pour répondre à ta question donc, je crois que les jurys s'en fichent.
    Et enfin, la classe prépa littéraire est-elle indispensable pour réussir ?

    La classe prépa est particulièrement utile pour passer des concours (ENS et concours de l'enseignement). Elle permet d'accumuler un certain volume de connaissances en peu d'années, et de travailler de façon transdisciplinaire pendant tout ou grande partie de la licence. Je ne crois pas qu'elle soit indispensable pour réussir dans l'enseignement supérieur; son fonctionnement ne convient pas à tout le monde. Ceci dit, elle offre la facilité de diriger l'élève: l'autonomie y est bien moindre qu'à l'Université et c'est souvent un bien, même si certaines personnes travaillent beaucoup et très bien en autonomie.


    Pour le reste de tes questions, je ne pense pas que tu aies besoin des membres de ce forum. Demande à ton moteur de recherche favori (et ne le considère surtout pas comme ton ami).
  • Tu peux aussi voir les réponses qu'on avait donné à un membre de ce forum concernant l'enseignement du latin dans le supérieur.

    Enseigner à l'universite, cela signifie faire de la recherche, alors que la recherche ne fait pas partie du service en enseignant en prépa.

    Faire soi-même une prépa littéraire est très utile car ensuite la préparation à l'agreg semble plus... Je ne trouve pas les mots... "Facile" n'est certainement pas le bon mot... Disons plus naturel, car on a l'habitude de bosser pour un concours, avec les rapports de jury, etc.

    Edit: j'avais oublié de te laisser le lien de l'autre fil :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/discussion/61688/enseigner-le-latin-dans-le-superieur
  • madewhat a écrit:
    Est-il obligatoire de passer le CAPES pour présenter l'Agrégation ?
    Non. Les deux concours ne sont pas liés. Par exemple, je suis agrégé mais je n'ai pas passé le CAPES : j'ai fait un master recherche, puis j'ai directement passé l'agrégation, et j'ai aussitôt eu la chance d'être retenu pour un contrat doctoral puis une année supplémentaire comme ATER. Cependant, suivre ce type de parcours pose problème lorsqu'on se retrouve obligé, en tant qu'agrégé, de prendre son poste dans le secondaire (étant donné la rareté des postes temporaires à l'Université) : tout découvrir sur le tas, sans avoir bénéficié de l'étape intermédiaire du stage, cela peut être très difficile, surtout qu'on peut débuter dans des établissements compliqués. Enfin, les deux métiers n'ont pas grand chose à voir.

    L'agrégation externe reste l'étalon fondamental privilégié par les jurys de recrutement pour différencier les dossiers, avant de passer à la partie recherche.
    Il faut garder à l'esprit ce qui a été dit plus haut : il y a très peu de postes et même les jeunes docteurs les plus brillants peuvent attendre longtemps de devenir titulaires dans le supérieur, malgré des CV impressionnants. Le doctorat donne accès à la possibilité de candidater ; quant au fait de devenir chercheur associé à une unité de recherche, ce n'est pas un poste et ce n'est pas payé. Il faut donc avoir une activité par ailleurs.
  • Bonjour à tous,

    Je suis actuellement en 1ère année de Lettres Modernes à l'université. Depuis quelques mois, je me demandais quel métier je voudrais faire suite à mes études, et mon choix s'est surtout porté sur le fait de devenir professeur de lettres à la fac. Je me suis renseigné et je sais qu'il faut que j'aille jusqu'au doctorat,... Cependant j'avais plusieurs questions auxquelles j'aimerai que vous m'éclairiez si possible.

    1. Quel Master dois-je faire ? J'ai vu sur certains sites qu'on doit aller en Master de Recherche, d'autres me disent qu'il faut aller en Master de Lettres,...
    2. Combien de pages doit contenir une thèse ?
    3. Si on rate sa thèse, peut-on avoir un rattrapage ou quelque chose du genre ?
    4. Quelle est la différence entre un maitre de conférence et un prof universitaire ? Malgré les définitions et sites que j'ai consultés, je n'arrive pas à bien faire la différence...
    5. Est-ce obligatoire d'être maitre de conférences pendant quelques années avant de pouvoir devenir prof à la fac ?
    6. Dans sa thèse, doit-on donner notre pt de vue ou bien doit on rester purement objectif ?

    Je vous remercie d'avance pour vos réponses, qui me seront très utiles.

  • dinozordinozor Membre
    12 nov. modifié

    Bonjour,


    1- un master de recherche en lettres. Un master de recherche est forcément rattaché à une discipline, on ne recherche pas dans le vide

    2- je crois que c'est très variable, de 350 à 800 ?

    3- non, mais il me semble qu'aujourd'hui personne ne rate sa thèse, tout le monde l'a avec des félicitations plus ou moins sincères. Il doit sûrement y en avoir qui abandonnent en cours de route, en revanche. Je crois qu'il est possible de reculer l'échéance, au besoin.

    4- Le grade, la paie, peut-être les obligations. Je crois qu'un PU est nécessairement HDR (habilité à diriger des recherches), ce qui n'est pas le cas de tous les MCF. Pour devenir HDR, à moins que je ne dise des bêtises, il faut produire un travail qui ressemble beaucoup à une thèse.

    5- Oui, et même plus longtemps que "quelques années"

    6- C'est avant tout un travail de recherche codifié.


    Je me permets d'ajouter que, pour espérer un poste dans le supérieur, il faut nécessairement, en lettres du moins, être agrégé, et, à titre d'exemple, dans mon master, un seul professeur (qui, de surcroît, est PRAG, mais je pense qu'il aura bientôt un poste de MCF) n'est pas normalien : il a fini premier à l'agrégation et est un professeur tout à fait exceptionnel. En somme, tu devrais plutôt songer à préparer l'agrégation dès maintenant pour y être le mieux classé possible qu'à préparer une thèse.

  • D'accord, merci beaucoup pour tes réponses et tes conseils, je tiens note de tout ça !

  • J'avais juste une dernière question par rapport à l'agrégation, en regardant les examens,...qu'il y avait, j'ai vu qu'il y avait une épreuve de grec ou de latin (au choix), même pour les lettres modernes, cependant je n'en ai jamais fait, et même dans ma fac en lettres modernes, je n'en fais pas. Cela veut-il dire que je dois obligatoirement prendre des cours ou est-ce remplacé par autre chose pour ceux qui n'en ont jamais fait ?


    Bonne journée.

  • dinozordinozor Membre

    Cette épreuve (latin ou grec, donc) est obligatoire.

  • AscagneAscagne Membre
    17 nov. modifié

    J'ajoute quelques petits points :

    1. Le master recherche est vivement recommandé pour toutes celles et ceux qui ont déjà l'idée de faire une thèse plus tard. Le problème, c'est évidemment que ces deux ans de formation ne conduisent pas directement à un poste et à un salaire contrairement à ce qui est vrai pour le master MEEF.
    2. Cela dépend de ce que l'on pourrait appeler le type de thèse : j'ai déjà vu des thèses "courtes" (inférieures à la taille minimale donnée par @dinozor), mais cela relevait plutôt de doctorants ne cherchant pas à candidater plus tard ou bien ayant travaillé sur un sujet très, très pointu qu'il était possible d'épuiser, en quelque sorte, avec ce nombre de pages-là. Généralement, le nombre de pages dépend aussi de la mise en page demandée par telle ou telle université et n'est pas le meilleur critère (c'est plutôt, dirais-je, le nombre de mots, de signes). Autres différences : la taille peut varier selon qu'il s'agit d'une édition critique d'œuvre ou d'une thèse classique. Il faut garder à l'esprit que pour l'édition d'un texte antique, médiéval, ou postérieur mais ayant demandé un travail particulièrement lourd (brouillons dans le cadre de la critique génétique par exemple), quelques dizaines de pages concernant le stemma codicum et le propos présentant les manuscrits peuvent synthétiser, à plus forte raison que pour d'autres thèses, un travail titanesque !
    3. Il y a des abandons, peut-être davantage ces dernières années. C'est un projet difficile. Il survient souvent à un moment de transition durant la vie, qui se heurte facilement aux changements familiaux, aux nécessités et contraintes financières (en lettres, la plupart des doctorants travaillent à côté en dehors du monde universitaire), au manque de temps en raison des contraintes professionnelles. Toutefois, depuis quelques années, il est possible de mettre en pause son inscription pour répondre à d'éventuels problèmes de ce genre.
    4. Le Professeur doit effectivement avoir passé son HDR (habilitation à diriger des recherches) et obtenu un poste de professeur. Concrètement, il y a un certain nombre de maîtres de conférences qui ont leur habilitation et sont en quelque sorte dans une situation intermédiaire en attendant un poste de professeur. L'habilitation est un travail important, de longue haleine, qui aboutit souvent à une publication importante, qui témoigne aussi de la capacité de conduire des travaux d'autres chercheurs dans un domaine donné. Du reste, le Professeur assure davantage de tâches liées à la direction, notamment des unités de recherche. Autorité reconnue, le professeur est la référence en matière de cours magistraux, de direction doctorale, de jury de thèse et évidemment aussi de jury d'HDR.
    5. À l'exception de quelques filières qui échappent aux règles communes, comme le droit (où le passage de l'agrégation du supérieur permet de court-circuiter cette question), il faut un certain temps pour préparer un dossier d'HDR. Au moins 8-10 ans après la thèse, peut-être. Il n'y a pas de règle d'âge à ma connaissance. Tout dépend du parcours du docteur. Mais comme je l'ai indiqué plus haut, avoir obtenu son HDR permet de candidater sur un poste de professeur, ça ne le donne pas.

    Il faut vraiment savoir que c'est un parcours compliqué, difficile, pour tout le monde. Peut-être moins pour les normaliens, qui ont certains avantages. Il y a beaucoup de concurrence de fait. Il faut souvent se résoudre à des sacrifices pour faire sa thèse, pour se constituer un dossier solide, à la fois en matière de recherche, mais aussi en matière d'enseignement. Ceux qui réussissent à obtenir des conditions favorables et des postes temporaires sont favorisés par rapport aux autres, évidemment, mais ça dépend parfois, voire souvent, de la fortune... Pour donner un exemple, je dois une année d'ATER au fait qu'une collègue pouvait rester ATER dans sa fac d'origine ; sinon, elle aurait sans doute accepté le poste pour lequel j'étais classé initialement deuxième. J'ai été classé premier l'année suivante pour être reconduit. En somme, deux années de vie et de travail, 384 heures de cours (HTD) et des conditions favorables pour la recherche et la thèse ont dépendu initialement en quelque sorte de la chance dans mon cas.

    Mais quand j'écris favorables, il faut avoir en tête ce que ça veut dire : mon salaire net est de 600 € inférieur à ce que j'aurais dans le secondaire (sans heure supplémentaire) et la différence est bien plus grande par rapport à l'année où j'ai eu des HSA. Je ne peux pas économiser, j'ai déménagé à l'autre bout du pays, c'est compliqué pour le budget... La thèse est l'objectif, mais il n'y a aucune garantie pour la suite et il est difficile de se motiver pour assurer plus solidement encore son dossier dans la perspective de devenir titulaire, quand les perspectives sont minces.

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.