Passé simple dans la chanson

Bonjour! J'ai entendu dans la chanson de ZAZ "La lessive" le Passé simple: "qui fut vous, qui fut moi".
Auparavant je n'ai jamais rencontré le Passé simple dans les chansons!
Dites-moi s.v.p. si c'est pour les regles du grammaire qu'elle a utilisé le Passé simple dans cette ligne? Pour moi ce poème samble demandant l'imparfait.

"C'est la beauté sans mot qui transforme un instant
A genoux dans la glace, laissant faire ce qui doit
Je garde en moi le chaud, la saveur du présent
De ces moments de grâce qui fut vous qui fut moi"

Réponses

  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Bonjour Mirraia,
    Je suppose que vous êtes russophone et j'admire les étrangers comme vous qui tentent d'apprendre le français à travers des chansons ou du moins qui tentent d'en comprendre le texte. Bien souvent, ces textes sont écrits d'une manière très hermétique où certains, optimistes, voient de la poésie, et d'autres, pessimistes, voient de la maladresse et de l'ignorance.
    Je crois que le passé simple est présent dans pas mal de chansons, en particulier quand il s'agit de la forme du verbe "être" : fut. Par exemple dans cette célèbre chanson de Joe Dassin :
    Je m'baladais sur l'avenue le cœur ouvert à l'inconnu
    J'avais envie de dire bonjour à n'importe qui
    N'importe qui et ce fut toi, je t'ai dit n'importe quoi
    Il suffisait de te parler, pour t'apprivoiser

    Dans la chanson de Zaz, aucune règle de grammaire n'impose de mettre le passé simple plutôt que l'imparfait, mais aucune règle ne l'interdit non plus, d'autant qu'on ne comprend pas très bien à quoi se rattache ce "qui fut vous, qui fut moi". Ce qui me semble sûr, c'est que ça doit sembler plus joli avec "fut" qu'avec "était" et cette joliesse a peut-être suffi aux auteurs.
  • Je trouve que joliesse est un joli mot, dommage qu'il soit si peu utilisé.
  • Et je trouve la réponse de Lamaneur d'une grande joliesse également...
    J'ai lu le texte de la chanson que je trouve proprement imbittable
    Bien souvent, ces textes sont écrits d'une manière très hermétique où certains, optimistes, voient de la poésie, et d'autres, pessimistes, voient de la maladresse et de l'ignorance.
    on ne comprend pas très bien à quoi se rattache ce "qui fut vous, qui fut moi". Ce qui me semble sûr, c'est que ça doit sembler plus joli avec "fut" qu'avec "était" et cette joliesse a peut-être suffi aux auteurs.

    Je ne sais s'il faut attribuer ces tournures à une maîtrise aigüe de la litote ou à un sens particulièrement développé de la diplomatie. J'ai pour ma part beaucoup de mal à cacher mon agacement devant ce genre d'amphigouri qu'on tâche de faire passer pour de la poésie. Certes, ce n'est qu'un extrait, mais il y a quand même quatre vers.

    Je ne sais si Lamaneur a vu juste dans son hypothèse russophone mais si c'est le cas, je ne saurais trop conseiller à Mirraia de persévérer dans son apprentissage de la langue française, en se tournant toutefois peut-être davantage vers des textes moins ampoulés ou précieux.
  • Oui, je suis russophone. J'etudie les chansons pour apprendre parler plus vite. On voudrait apprendre mieux la grammaire aussi. Certains professeurs ici disent qu'il ne faut pas du tout utiliser le Passé simple. C'est pour les écrivens de livre. :/

    En fait, merci beaucoup de m'avoir expliqué que le sens du poème n'est pas vraiment clair. C'est à dire ce n'est pas lié à mon incapacité à traduire le texte, ce qui serait trop triste. :)
  • JehanJehan Modérateur
    Il est vrai que de nos jours le passé simple est surtout réservé aux textes écrits...
    L'employer à l'oral n'est évidemment pas interdit, mais tout dépend des circonstances.
    Dans beaucoup de cas, cela paraîtra un peu artificiel
    Cela dit, il existe de très bonnes chansons françaises qui emploient le passé simple :


    Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,
    Le beau temps me dégoûte et m' fait grincer les dents,
    Le bel azur me met en rage,
    Car le plus grand amour qui m' fut donné sur terre
    Je l' dois au mauvais temps, je l' dois à Jupiter,
    Il me tomba d'un ciel d'orage.


    (Georges BRASSENS, L'Orage)
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