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Capes lettres modernes

Bonjour,

J'espère ne pas être critiqué ou jugé ici, ce forum est mon dernier recours. Je suis un homme de 29 ans qui souhaite comprendre pourquoi j'agis toujours de la même façon.
Ce message n'a pas pour but de faire tirer des larmes ou de me placer en position de victime, mais après avoir faire le bilan de ma vie, j'en arrive à la conclusion d'un échec cuisant.

Ayant fait un parcours professionnel (BEP mécanique automobile) et une expérience professionnelle dans différents jobs, j'avais repris mes études et obtenu mon bac L à l'université (DAEU) avec mention assez bien à 20 ans.

- Je m'étais alors inscrit en L1 de lettres modernes en septembre 2010 mais j'avais arrêté en octobre car j'avais de gros problèmes de famille à régler. J'avais quand même passé quelques matières aux partiels de décembre et mes notes étaient entre 7 et 12.

- En septembre 2011 je m'étais inscris en L1 de philo (erreur de parcours) j'avais également abandonné en octobre pour chercher du travail et les notes que j'avais eu étaient autour de 10.

- En septembre 2015 je m'étais inscrit en L1 d'histoire et j'ai abandonné une semaine après par manque de confiance en moi et problèmes d'argent.

- En septembre 2016 je m'étais inscrit en L1 de lettres modernes et j'avais abandonné en novembre car j'avais subi des actes de harcèlements et de menaces de la part de quelques étudiantes.

- En septembre 2017, salarié à temps plein, j'avais tenté la L1 Humanités par correspondance et pareil, j'avais abandonné en novembre car c'était difficile de concilier travail et études.

- En septembre 2018 je reprends mes études en histoire, tout se passe pour le mieux, très bonnes notes, exellents profs et j'ai arrêté il y a un mois. J'ai arrêté la licence car je traverse une longue dépression accompagnée d'un manque de confiance en moi. En effet, peu avant les vacances de la Toussaint, j'ai été victime de la part de certains étudiants de remarques déplacées dont deux qui cherchaient systématiquement le contact physique et visuel. L'un deux me suivait et se collait à moi lors de mes recherches dans les rayons de la bibliothèque.

J'ai vite été identifié par certains comme étant un "fayot" alors que je participais par intérêt du cours.
Ces ondes négatives ont perturbées mon bien-être et de par mon âge avancé par rapport à la promo, ces puérilités m'ont amené à croire que j'étais pas à ma place.
Cela a freiné mes élans et ma volonté de devenir enseignant. Comme je suis un adulte en reprise d'étude, je doute aujourd'hui de la réalisation de ce projet pourtant j'aime réellement les études. Les enseignants m'ont encouragé et ont trouvé dommage que j'arrête car j'étais dans la bonne voie. Cet épisode je le vis pour la 6eme fois (inscription à la fac en 1er année, abandon en octobre).

Je sais que ça peut paraître surréaliste, mais ça s'est vraiment passé comme ça. J'ai des envies suicidaires car je n'arrive pas à réaliser mon projet. Je viens d'un milieu très difficile et j'ai un passé très lourd qui explique mon manque de confiance en moi et mon manque de détermination.

J'espère trouver des pistes de compréhension, des solutions, et non pas des jugements.
J'ai l'impression d'être le seul à avoir ce parcours chaotique ( inscriptions en L1 puis abandon).

Puis-je encore y croire ? J'ai le sentiment d'être un vieux, dépassé. J'ai le sentiment d'avoir gâché ma vie.
Mon coeur balance entre trouver un travail et me "ranger" et les études.

Merci de m'avoir lu. :( :/

Réponses

  • Bonjour,
    D'abord on n'est pas vieux à 29 ans.
    Si on reprend le début de ton parcours, on constate que tu as une formation professionnelle, une expérience du concret donc tu as des compétences et des aptitudes. Tu as repris des études, tu as des envies. Elles donnent l'impression de t'avoir amené dans plusieurs voies.
    Mais qu'aimerais-tu faire ? Quelles sont tes motivations ? Dans quels domaines as-tu l'impression de t'épanouir ? Dans quelle activité te verrais-tu ?
    Si tu pouvais transformer des envies floues en projet ... te faire conseiller ... faire un bilan de compétences ... trouver des encouragements auprès de personnes qui te connaissent bien et qui t'apprécient ...
    Pour sortir du découragement, il suffit parfois d'un domaine de réussite, de lien social
    (qu'on peut trouver dans les activités périscolaires, dans les loisirs ...)

    Sache qu'ici, les nombreux pédagogues portent un regard bienveillant sur les élèves et étudiants qui aiment les études. Même des expériences jugées négatives constituent de l'expérience.

    Je t'envoie ce poème d'Aragon :
    J'entends, j'entends
    J'en ai tant vu qui s'en allèrent
    Ils ne demandaient que du feu
  • Bonjour,

    D'abord il convient de te féliciter: Passer - et réussir - le DAEU après une formation pro, c'est déjà un parcours qu'il faut saluer ! C'est toujours plus difficile de se tracer son propre chemin lorsqu'on marche hors des sentiers battus... Cela m'attriste de voir que certaines personnes que tu as rencontrées n'ont pas la maturité de comprendre cela. Mais ce n'est pas eux qui doivent définir ton parcours.

    Ensuite, j'ai remarqué quelque chose de très étrange concernant les notions de réussite et d'échec : il y a le sentiment qu'on éprouve d'une part et la réalité de notre situation d'autre part. Les deux n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Absolument rien. J'ai rencontré des étudiants aux résultats scolaires brillants, mais qui se sentaient en échec. J'ai rencontré des titulaires de doctorat qui se sentaient en échec ! Malgré les réussites de leur parcours, chaque difficulté qu'ils rencontrent ne font que les enfoncer dans cette perception ("j'ai mis 9 ans a boucler mon doctorat, je suis vraiment nuuuuuul....", "mon directeur n'a pas le temps de me rencontrer en ce moment, il ne croit pas du tout à mon projet...") Dans beaucoup de cas, on arrive a vivre avec, il y a des hauts et des bas, mais parfois le poids de notre propre "échec" (tel qu'on le perçoit) pèse trop lourd, on attend une validation, une reconnaissance de notre entourage, qui ne vient pas et on se sent complètement bloqué dans l'échec. J'ai l'impression que c'est la situation dans laquelle tu es.
    Je suis 100% d'accord avec tout ce que dit Floreale.

    J'ajoute que tes difficultés à poursuivre des études est un symptôme d'un mal-être qui va bien au-delà (et qui date, si j'ai bien compris, d'une époque plus ancienne). Le problème, c'est que ce symptôme aggrave ton mal-être. Alors, vu de l'extérieur, si je peux te donner un conseil (excuse-moi, c'est toujours délicat de donner des conseils... prends-le si tu veux... s'il ne te plaît pas range-le dans une petite boîte à archives de ta mémoire et oublie-le dans un coin...) : ne te mets pas la pression sur tes études, car visiblement il y a un blocage quelque part qui t'empêche d'avancer. Ta priorité, c'est peut-être de résoudre ce blocage. J'ai l'impression qui tu essayes de gravir le Mont-Blanc en portant un boulet de 100kg, alors tu n'arrêtes pas de tomber et de revenir à la case départ... tu te demandes avec désespoir comment faire pour gravir ce Mont-Blanc... Peut-être est-il trop haut ? Peut-être n'es-tu pas assez fort ? Ni l'un ni l'autre. débarrasse-toi du boulet, et après tu pourras gravir l'Everest !
    Cela veut dire que pour un temps, il faut peut-être accepter de mettre les études de côté (assieds-toi et passe du temps à limer les chaînes qui te lient au boulet...) Cela veut dire, sans doute, faire appel à un professionnel pour t'aider à guérir d'expériences traumatiques passées qui te confortent dans l'idée (inconsciente) que tu ne mérites pas de réussir, que tes tentatives sont vouées à l'échec et que les gens autour de toi ne peuvent pas te comprendre.
  • De simples remarques, laconiques, mais qui se veulent en fait bienveillantes.

    Sachez qu'on ne devient pas enseignant (dans le secondaire) simplement parce qu'on aime les études. Il faut avoir une réelle vocation.

    Si je dis cela, c'est parce que vous avez manifesté votre intérêt pour les études, alors que vous n'avez évoqué le métier d'enseignant qu'incidemment.

    Il ne faut pas que vous deveniez un jour enseignant parce que vous ne voyez pas quoi faire d'autre.

    Et notez bien que je n'ai pas dit "savez", mais "voyez". La nuance est importante.
  • Sache qu'ici, les nombreux pédagogues portent un regard bienveillant sur les élèves et étudiants qui aiment les études.
    Je suis tout à fait d'accord avec floreale et personne ici ne va te juger. On va essayer en premier de te répondre avec bienveillance, car ton message traduit une souffrance.
    Le problème est plutôt dans la capacité que nous pouvons avoir à t'aider.
    Si je reprends certaines de tes phrases...

    Je suis un homme de 29 ans qui souhaite comprendre pourquoi j'agis toujours de la même façon...
    ...mais après avoir fait le bilan de ma vie, j'en arrive à la conclusion d'un échec cuisant...
    j'ai abandonné une semaine après par manque de confiance en moi et problèmes d'argent...
    j'avais abandonné en novembre car j'avais subi des actes de harcèlements et de menaces de la part de quelques étudiantes...
    j'avais abandonné en novembre car c'était difficile de concilier travail et études...
    J'ai arrêté la licence car je traverse une longue dépression accompagnée d'un manque de confiance en moi.
    J'ai des envies suicidaires car je n'arrive pas à réaliser mon projet. Je viens d'un milieu très difficile et j'ai un passé très lourd qui explique mon manque de confiance en moi...
    ... J'ai le sentiment d'être un vieux, dépassé. J'ai le sentiment d'avoir gâché ma vie.


    ...je te dirais tout d'abord que tout est relatif et que je ne te trouve pas vieux, et plutôt assez jeune,(même si à ton âge j'étais déjà professeur depuis sept ans. Mais peu importe moi. Et je n'en étais pas forcément plus heureuse, sois-en sûr.).
    Il n'est donc pas question de faire à 29 ans le bilan d'une vie qui commence à peine.
    Le problème, c'est que tu te trouves ici sur un forum d'études littéraires où tu seras lu par beaucoup de professeurs, quelques étudiants et élèves, toutes personnes peu habilitées à te conseiller utilement.
    Il émane en effet de ton message tellement de lassitude, de sentiment d'échec, de découragement, une impression que rien ne peut évoluer, que tout est joué, que ton avenir est bouché, qu'à mon avis, c'est tout d'abord de cet état-là qu'il faut te tirer.
    Cela n'est pas forcément facile, il faut trouver les bonnes personnes.
    Je suis complètement d'accord avec la fin du message de CCCC
  • Bonjour Kakui,

    J'ai eu une période ressemblant beaucoup à la tienne. J'ai fini par savoir que je souffrais d'une névrose d'échec. C'est le terme qu'ont utilisé les professionnels que j'ai rencontrés : mon médecin généraliste et des psychiatres. Cette névrose était due à la façon dont j'avais été élevé : je suis né dans une famille de dingues (pas du genre dingue gentil).

    J'ai mis longtemps à comprendre et à admettre que j'avais besoin de voir ces professionnels.

    Quand j'ai dit à diverses personnes que je voyais un psychiatre, je me suis rendu compte que beaucoup de gens avaient vu ou voyaient un psychiatre, y compris des personnes que je connaissais depuis longtemps mais qui ne m'en avaient jamais parlé. C'est parce que je disais que je voyais un psychiatre que ces personnes me disaient qu'elles aussi étaient passées ou passaient par là.

    Il me semble qu'il te faudrait voir un psychiatre et sans doute suivre une psychothérapie.
    Tu te dis peut-être que c'est pour les fous. Eh bien non. En général, les fous ne demandent pas qu'on les aide.

    Tu exposes bien la liste de tes échecs. Pour en arriver à raconter tout ça, tu as dû commencer à réfléchir à ta vie. C'est un grand premier pas en avant que beaucoup de gens concernés ne font jamais.
    Si tu ne l'as pas encore fait, je te suggère de parler de ton problème à plusieurs personnes. Des personnes que tu connais qui te paraissent intelligentes, portées sur l'écoute (peu de gens écoutent les autres) et discrètes. Pourquoi discrètes ? Parce qu'il vaut mieux éviter de te retrouver entouré de gens connaissant tes difficultés. Mais que quelques personnes bien choisies les connaissent serait une bonne chose. Tu aurais quelques bons interlocuteurs et ça te ferait du bien.

    Ton problème se manifeste dans ta scolarité alors dans ce forum où il y a plein de profs, tu auras sûrement des réponses judicieuses à certaines questions. Mais tu devrais aussi fréquenter un forum consacré à la psychologie.

    Une remarque : il se peut que tes échecs répétés au même endroit : l'entrée dans une fac littéraire, soient dus au fait qu'une partie de toi pense que ce n'est pas dans la bonne voie que tu cherches à avancer. Essaie d'anticiper et demande-toi dans quel métier tu te sentirais bien.
  • Effectivement, j'apporte mon petit caillou à l'édifice : j'ai l'impression que vous n'avez pas encore trouvé votre voie. Vous savez que votre formation initiale ne vous convient pas, mais ne savez pas encore quelle voie suivre.


    Le problème n'est pas dans la capacité à suivre des études, mais de savoir lesquelles choisir.
  • Je n'ai pas beaucoup mieux à dire que ce que mes autres camarades internautes ont déjà très bien dit. Simplement, sachez qu'à 29 ans vous avez encore la vie devant vous ! Quand j'étais en licence de Lettres modernes, j'avais des camarades de 32 et 59 ans (et oui!) qui ont réussi avec brio. Nous avons tous le droit à l'errance dans nos vies, et on apprend beaucoup de ce qu'on considère parfois des échecs.

    Je vous envoie tous mes encouragements ! ;)
  • Je n'ai rien à ajouter à ces témoignages, si ce n'est ma sympathie et mes encouragements ! :)
  • Personnellement, j'estime qu'un "vieux" peut trouver assez drôle l'idée de voir un adjectif propre à son âge être employé pour désigner un jeune homme qui n'a pas dépassé la trentaine, et qui par là même a donc encore toute la vie devant lui.


    Je comprends tout à fait les doutes qui t'amènent à penser que tu as fait des erreurs de parcours, mais il n'y a pas de règle qui vaille pour définir les étapes d'une carrière bien accomplie. Car quel que soit notre âge, on partira toujours du principe qu'il nous reste tant à accomplir.


    Fais quelque chose que tu aimes. Et si tu subis des échecs, recommence. Car la meilleure des victoires ne survient qu'après dépassement de plusieurs échecs, aussi nombreux soient-ils.
  • dépassement de plusieurs échecs, aussi nombreux soient-ils
    N'exagérons rien...

    Deux ou trois échecs, ça va, ça peut être fortifiant ; vingt ou trente, c'est destructeur. Je ne suppose pas que Kakui ait encore une longue liste d'échecs à venir. Il est temps pour lui de commencer à piger le pourquoi de ses ratages.

    J'aimerais bien être un vieux de 29 ans. :)
  • J'aimerais bien être un vieux de 29 ans.
    Comme je le disais dans mon premier message, tout est relatif, et l'on peut avoir l'impression que sa vie est finie même à cet âge qui peut faire envie à certains d'entre nous.
    Je me répète donc, mais Kakui doit avant tout dépasser son mal-être pour entreprendre quelque chose.
    Si l'on est au fond du trou et qu'on n'a pas de corde pour en sortir, on reste au fond du trou.
    Pour cela, il a besoin de médicaments peut-être, de professionnels sûrement... et de professionnels de qualité.
  • @ floreale :

    Bonjour et merci d'être bienveillant.

    Professionnellement c'est dans le domaine de l'éducation scolaire que je me vois. Depuis mon DAEU il y a une dizaine d'années c'est toujours ce domaine qui m'a intéressé.
    La littérature est ma principale passion que je concilie avec le contexte historique et philosophique. En somme, l'histoire littéraire est vraiment ce que j'aime le plus c'est dans ce domaine que j'épanouis, mes motivations sont d'ordre littéraire. Je lis énormément.

    En dehors de ces loisirs, j'aime beaucoup la musique et j'aime composer des instrumentales et des arrangements c'est le second loisir que j'aime beaucoup mais c'est plus de façon amateur.
    Tu as raison je dois faire un bilan de compétence car le souci est que je dois trouver un travail (je suis au chômage) stable mais en même temps il y a un envie en moi de réussir mes études.

    Je me suis acharné à m'inscrire années après années alors que je dois d'abord travailler sur ma confiance en moi.

    Qu'en penses-tu ? :|

    @ CCCC :

    Bonsoir,

    Je te remercie beaucoup pour ce message. Tu as parfaitement ciblé le cœur de mon problème. Tu penses donc que je devrai remettre mes études entre parenthèse le temps de "soigner" mon mal-être ? En effet lors de ma reprise d'études (DAEU) des membres de ma famille mon littéralement cassé en disant que je ne valais rien avec des phrases du genre "tu veux faire lettres alors que t'as même pas réussi tes études secondaires ?" et des agissements cassant ma confiance en moi. Plus les années passent moins je crois en moi et moins je suis persuadé de réussir.

    Je dois donc, comme tu l'as souligné, que je travail sur ce sac que je porte, ce fardeau chargé d'épisodes traumatisants. Je te remercie beaucoup pour ton message.

    Je vais légèrement mieux, mais envies suicidaires se sont atténuées.
    Je suis allé au CMP, ils m'ont emmené dans un hôpital psychiatrique j'y suis resté une nuit et j'ai demandé à le quitter le lendemain contre l'avis du psychiatre. Cela ne m'a pas aidé, je pense qu'en quittant ma ville natale (là où il y a les gens qui m'ont fait du mal) est la bonne solution en plus de réaliser mes projets.

    Au Cmp je me suis d'abord entretenu avec un infirmier, puis avec un psychiatre et à l'hôpital, à nouveau avec un psychiatre suivi de deux infirmiers et le lendemain encore avec le même psychiatre, un médecin et une infirmière. En un jour j'ai dû me livrer, raconter tout ça à 7 personnes différentes et j'ai trouvé ça impudique. :(

    J'ai du mal à parler de ma vie privée, enfin bref, merci beaucoup pour ton soutien. Je cherche une ville dans laquelle je pourrai m'épanouir désormais. Mais je le vois comme un éternel recommencement et c'est ça qui me stress aussi.

    Pour mes études, je ne sais plus quoi faire : travailler et suivre des études le soir ou par correspondance ... mes allocations chômage se terminent dans un an. Je dois me relever rapidement.

    @ Jacques Vassier :

    Je pense avoir une véritable vocation pour le métier d'enseignant et une réelle appétence à l'idée de transmettre un savoir. C'est pas un projet de roue de secours.

    @ Laoshi :

    Merci beaucoup pour vos conseils. Je dois apprendre à ne plus vivre à travers le regard des gens et à vouloir correspondre à une "belle" image car ça m'a détruit de chercher à être aimé, accepté, mais c'est ainsi que ma mère m'a éduqué. :(
    Me reconstruire par mes passions, mes loisirs, mes projets est ma thérapie. Comme vous le dites j'ai ressenti de la lassitude est une "haine" envers moi en me disant "en 10 ans t'es pas foutu de faire des études" avec un sentiment de honte quand hélas, je me comparais à d'autres personnes. C'est aussi ce sentiment que je dois corriger.

    @ Hippocampe :

    Je te remercie beaucoup pour ton témoignage et ça me soulage de voir que je ne suis pas le seul à avoir connu ces remises en question. Je veux être aidé mais d'une manière différente que de parler à un psy, ça ne m'a jamais aidé. Au contraire.

    Je dois apprendre à m'aimer et m'accepter car on m'a toujours renvoyer l'image de quelqu'un de "bizarre", qui n'est pas "commun", on m'a toujours dis que j'étais "à part", à moi ... qui voulait toujours être dans la norme. Même un psy (celui qui s'est moqué de moi) m'a dit que j'étais un extraterrestre ! :/

    Je dois donc apprendre à ne pas vivre à travers le regard des autres.

    Je veux à nouveau fuir, quitter ma ville natale (une seconde fois) et retrouver un équilibre que j'avais trouvé de manière très éphémère.

    @ Simon UA:

    En effet, j'aime tellement à la fois la littérature, l'histoire et la philosophie que je ne sais pas dans laquelle rester. Un exemple, quand je lis un auteur, je ne peux pas m’empêcher de faire un long travail sur le contexte d'historique de l'oeuvre et la rapprocher du contexte philosophique. Les enseignants à l'université m'ont toujours encouragé et soutenu mais je continue à ne pas croire en moi. Cette contradiction est difficile à vivre.

    @ Korax :

    Je vous remercie pour votre message et votre bienveillance. en 10 ans j'ai connu des périodes d'activités et d'errances que je qualifierai de oisiveté et j'en ai honte. Effectivement on apprend beaucoup de nos échecs.

    @ Artz :

    Merci pour vos encouragements !

    @ Embu :

    Merci pour ce message, je suis quelqu'un d'hypersensible, je ressens trop fortement et trop facilement les ondes négatives et positives.

    Je me sens pas totalement mieux, mais l'envie de me tuer se calme, de part votre bienveillance à tous. Je suis allé au CMP en urgence mais ça m'a pas aidé. Je dois trouver réponse en moi et en parler à des gens de confiance.
  • Je dois trouver réponse en moi et en parler à des gens de confiance.
    Tu tiens effectivement la solution.
    On ne résoudra jamais un problème de fond dans un service d’urgences. De même une consultation isolée une fois à jamais avec un psychiatre lambda ne peut être d’un grand secours.
    Un suivi régulier avec un médecin de qualité ne fait pas forcément de miracle mais peut se révéler plus efficace. Même si parfois on en sort avec l’impression que c’est totalement inutile. Les médicaments peuvent aider. C’est aussi chimique ces affaires-là. En plus d’être parfois cyclique...
    Retrouver l’estime de soi, c’est très important. Cela te permettra d’avancer.
    Il n’y a pas de raison pour que les choses ne s’arrangent pas.
    Bon courage !
  • Kakui a écrit:
    @ Jacques :

    Je pense avoir une véritable vocation pour le métier d'enseignant et une réelle appétence à l'idée de transmettre un savoir. C'est pas un projet de roue de secours.

    Je ne vais pas aller de mon couplet traditionnel sur la mission de l'enseignant, ça finirait par lasser. Il faut malgré tout que vous sachiez que l'enseignant du secondaire n'a pas seulement pour mission de transmettre des savoirs, mais aussi et surtout des savoir-faire.
    C'est cette mission de l'enseignant - la plus belle, mais aussi de loin la plus difficile - qui doit être déterminante dans votre vocation.

    Pour le reste, je vous souhaite bon courage.
  • Kakui a écrit:
    Merci pour ce message, je suis quelqu'un d'hypersensible, je ressens trop fortement et trop facilement les ondes négatives et positives.

    Je comprends tout à fait. Moi-même je suis assez sensible sur bien des aspects : voir quelqu'un terminer sa phrase par un point par exemple, je le prends parfois comme le témoignage d'un dérangement ou d'un agacement de sa part. Cela peut paraître curieux, mais je sais que je ne suis pas le seul à penser ainsi. Heureusement, je sais également que sur ce forum on met des points plus par souci de respecter l'orthographe que par souci de marquer son mécontentement :)
    Kakui a écrit:
    Je me sens pas totalement mieux, mais l'envie de me tuer se calme, de part votre bienveillance à tous. Je suis allé au CMP en urgence mais ça m'a pas aidé. Je dois trouver réponse en moi et en parler à des gens de confiance.

    N'hésite pas à t'ouvrir aux autres, même si tu as l'impression de révéler tes faiblesses. Parfois, la réponse viendra des autres et pas de soi-même, car on ne peut pas avoir réponse à tout. Ce n'est qu'à travers autrui qu'on se réalise.

    D'ailleurs, ce fil de discussion l'a bien prouvé !
  • J'ai bien réfléchi avant de de répondre : il est fort difficile de dire à quelqu'un "arrête des études" ou "persiste". C'est une question très personnelle et tu es la seule personne à pouvoir décider de ton orientation. Mais tel que je vois les choses, si tu ne tentes pas de comprendre le fond du problème et de travailler là-dessus, alors les mêmes causes ayant les mêmes effets, tu risques surtout d'essuyer un nouvel echec, qui te plongeait à nouveau dans les abysses. Un tel travail sur soi (pas aux urgences, comme il te l'a été signalé plus haut) peut être douloureux donc si tu es mal entouré, cela ne peut pas t'aider à aller mieux.
    J'ai repensé à tes messages en deux occasions les jours passés :
    La première fois, c'est quand j'abordais en cours la définition de l'oxymore, cette figure de style qui fait coexister les contraires (comme "le soleil noir"). je cherchais quelques exemples et... C'est le titre de ton sujet qui m'est venu en tête. "Ne pas arrêter de" et "abandonner" sont de parfaits antonymes. Comme si tu étais pris dans des injonctions paradoxales. Alors à défaut de parler à un bon psy (il faut le trouver, il faut le payer, il faut parfois attendre qu'il ait de la place...) as-tu pensé à de confier à un bon vieux carnet ? Pas pour être lu ! Au contraire : jamais un carnet ne te jugera, jamais il ne se moquera, jamais il ne te dira que tu n'est pas capable. L'absence de lecteur est très importante.
    La deuxième fois, c'est en lisant "la promenade au phare", de Virginia Woolf, un passage où Lily Briscoe repense aux voix entendues par le passé, dire qu'elle était incapable de peindre, de créer. Ces voix restent dans son flux de conscience, bien qu'elle ignore qui les a prononcées au départ. Je trouve ce passage très beau, et j'ai repensé à ce que tu nous as dit sur ta famille.
  • Bonjour Kakui
    Voici un peu de mon expérience au cas où cela pourrait aider
    J ai passé mon DAEU à 36 ans et obtenu ma licence de lettres à 57 ans. J ai toujours exercé mon travail de monitrice-éducatrice excepté pendant ces 3 années de licence. Ma licence ne me sert pas du tout dans mon travail et ne m a pas permis d exercer dans un autre domaine que celui que je connais depuis longtemps. J ai vu en revanche que même si je ne m inscris pas socialement dans quelque chose qui m aurait plus valorisée (à mes yeux seulement) j ai appris dans tous les domaines que ce soit (mon travail ou ailleurs) les choses essentielles qui m ont fait avancer dans la vie. Je dirais d ailleurs que mon psychiatre m a beaucoup aidée. Tu es jeune et certainement désorienté, pour ces mêmes raisons j ai eu besoin d aide de la part d un professionnel...un psy.. .c est une porte intéressante. Sinscrire socialement tu l as déjà fait... .Tu as maintenant toute la vie pour ouvrir toutes les portes qui se présenteront à toi.. il n existe pas qu un seul chemin...
  • Embu :

    Je te remercie pour ton message. En effet certaines personnes utilisent le point pour faire comprendre quelque chose. Ton conseil m'est utile, tu as sans doute raison, mais je dois rencontrer des personnes bienveillantes, je sais que ça existe. :)

    CCCC :

    Je te remercie également pour ton message et tes conseils. Le fait que t'es pensé à ce sujet pendant ton cours me fait plaisir et me flatte. J'ai déjà essayé de me "confier" à un carnet mais j'ai arrêté au bout de la quatrième page car ça devenait trop dur et je ressentais trop de douleur, comme si je revivais les moments traumatisants de mon enfance et de mon adolescence. Je dois peut-être recommencer. En effet je dois faire un travail sur moi, il sera long et éprouvant.

    Emmanuellela :

    Merci pour ton témoignage et ton soutien. Je te félicite pour ton parcours et ta détermination, au moins tu t'es prouvée à toi-même que tu pouvais y arriver. Effectivement je dois me reconstruire car là c'est vraiment difficile à vivre, le manque de projet, le manque d'estime de soi ...
  • Bonjour cher ami,
    J'apprécie beaucoup ton courage pour ton partage. Permets moi de te dire qu'à 29 ans, tu es encore très jeune.
    Lorsque j'analyse ton parcours, j'identifie beaucoup de courage et de détermination. Mais je crois que ton problème réside dans le fait que tu te compares aux autres. Tout le monde a son histoire, son parcours. On est pas tous tenu d'avoir un parcours en ligne droite. Personnellement, je crois que si tu persévères, ton histoire sera une grande source d'encouragement et de confiance pour ceux et celles qui l'entendont.
    Sans trop parler, je te suggère de te poser les questions suivantes :
    - Qu'est ce que j'aime vraiment faire dans la vie ? Ou qu'est ce qui me passionne réellement dans la vie ?
    - Qu'est ce que je peux faire tous les jours de ma vie sans même qu'on me paie ?
    - Dans quel environnement est-ce que je me sens plus à l'aise ? (l'environnement agit aussi considérablement sur notre productivité dans la vie)
    Après avoir trouver les réponses à ces questions, trouve un moyen de faire la transition entre ce que tu fais actuellement et ta passion.
    Retiens que la réussite dans la vie n'est pas strictement liée aux études que tu as faites ou aux choses que les personnes autour de toi ont pu réaliser contrairement à toi. Sinon des gens comme Mère Theresa seront des échecs pour l'humanité.

    Ta passion est très souvent une source de bonheur pour les autres et ton bonheur vient souvent de celui des autres.


    Évite simplement de te comparer aux gens autour de toi.

    (J'ai 30 ans, je viens de quitter un boulot que j'avais depuis 5 ans avec tous ses avantages pour reprendre mes études dans un domaine qui me passionne vraiment.)
    Tout depend de l'angle par lequelle tu perçois ta vie.
    Bon courage, le meilleur est devant toi, pas derrière mais devant.
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