Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonjour, je suis en deuxième année de CPGE Ingénieur SPÉ Industrie et totalement découragé. Je suis venu en TSI parce que j'étais le premier de ma classe en term STI et selon les conseils de tous mes profs "c'est ce que font tous les premiers de classe". Cet filière m'allait bien en première année parce que je ne savais pas du tout ce que je voulais faire et cela me permettait de réfléchir pendant deux ans supplémentaires. Cependant, d'après mes profs, à la fin de cette deuxième année on est destinés à devenir ingénieur, malheureusement, c'est un métier qui ne m'attire pas du tout et cela m'a découragé de tout travail, les cours m'intéressent de moins en moins, je dessine, je fais du air guitar dans ma tête, j'imagine ma vie en licence... bref je suis en total échec scolaire.
Mon souhait aujourd'hui est de devenir traducteur dans l'industrie ou professeur d'anglais technologique. Je voulais savoir dans quelle filière je pourrais me réorienter.
Merci par avance. :)

Réponses

  • Bonjour,

    D'abord, il faut faire la différence entre un véritable problème d'orientation et une crise passagère. Je ne veux pas du tout minimiser tes difficultés actuelles : il y a des moments où on sent que l'on n'est plus du tout motivé pour faire ce qu'on fait, mais cela peut venir de beaucoup de choses, qui ne sont pas forcément un problème d'orientation.

    D'abord:
    1) rêver d'autre chose, c'est parfaitement normal. Je suis prof en prépa, et je conçois que cela n'a rien de naturel d'enfermer 45 jeunes de 18-19 ans et de les soumettre à un rythme effréné d'exercices, de TPs, de colles, de DS... Mais voilà, c'est à ce moment-là que les choix d'orientation se font, et c'est comme ça.

    2) Les métiers auxquels tu aspires sont intéressants, mais peuvent être difficiles.
    a) La traduction technique est un secteur très spécifique. Tu peux te renseigner sur les écoles de traduction (l'ISIT et l'ESIT) ou les masters universitaires de traduction spécialisée, que l'on peut intégrer après une formation en langues comme une licence LEA. Attention, tu as l'air de bien aimer l'anglais, mais je crois que toutes les formations en traduction demandent 2 combinaisons linguistiques, c'est-à-dire que tu dois être en mesure de traduire vers le français depuis 2 langues étrangères. Dans les faits, il n'est pas rare que les traducteurs doivent travailler avec 2 langues. Autant te dire que les places sont chères, en particulier en anglais, qui est la langue la plus couramment maîtrisée.
    b) l'enseignement, c'est bien ! ça veut dire encore quelques années de préparation de concours... tu es prêt à faire de la grammaire, de la civilisation, de la littérature ? Le contact avec les ados, ça t'enthousiasme ?
    => je te dis tout cela parce que parfois, on a une vision idéalisée de "l'ailleurs". Si c'est une remise en question profonde de ton orientation, il est vraiment nécessaire de faire ce travail de recherche au préalable. Il serait dommage de lâcher la proie pour l'ombre, et de te rendre compte au bout de quelques années d'études difficiles et peut-être des galères en début de carrière que finalement ton métier ne t'enchante pas plus que cela.

    3) last but not least : "ingénieur", ça ne veut pas dire grand chose. Il y a beaucoup de métiers, en réalité, y compris sur des postes en lien avec l'international, ou des postes où l'anglais sera la langue de travail (et des postes où tu seras toujours mieux payé qu'en tant que traducteur ou prof). Je dirais même qu'une excellente maîtrise de l'anglais est un sérieux atout dans une carrière d'ingénieur. Et puis on ne devient pas ingénieur à l'issue des deux années : on intègre une école d'ingénieur... Ce serait vraiment bien que tu te renseignes sur les métiers auxquels tu auras accès, et sur les écoles que tu aimerais intégrer. Pour cela, tu pourrais rencontrer des anciens élèves de ta prépa, ou aller sur un salon ou des journées portes ouvertes des écoles. Ca pourrait vraiment te remotiver, car c'est dur de travailler si ce qu'on fait n'a pas de sens.
  • Je ne saurais mieux dire.
    CCCC est vraiment de bon conseil.
    Être ingénieur, cela ne représente pas un métier mais la possibilité de métiers vraiment très différents.
  • Je vous remercie pour votre réponse très complète.
    J'ai vraiment du mal à travailler dans certaines matières qui ne m'intéressent pas du tout, notamment la physique et le TIPE, j'ai peur de ne trouver que des écoles très faibles qui bloqueraient mes perspectives.
    Je sais qu'il y a autant de métiers d'ingénieur que d'ingénieurs, mais j'ai peur d'être bloqué à devoir faire des PFD toute ma vie.
  • Salut,

    Je l'ai dit plusieurs fois dans ce forum, je le redis de manière concise : les études, c'est court, la carrière, c'est long.

    J'ai l'impression que c'est vers l'âge de trente ans que j'ai commencé à réfléchir, dommage que je n'aie pas commencé aussi tôt que toi.
    À dix-huit ans, j'étais le roi des cons. Et j'étais plus ou moins bon en maths. Un con, ça ne réfléchit pas, alors qu'est-ce que fait un con bon en maths en terminale ? Il va en maths sup. Il aime les maths et ça le tente d'en faire de plus compliquées. En plus, maths sup, c'est prestigieux, ce qui enthousiasme le con bon en maths. Il ne faut aucune imagination pour aller en maths sup : c'est une classe de lycée où on fait plus de maths et de physique qu'en terminale et moins de matières secondaires mais ça reste une classe de lycée, une sorte de super-terminale scientifique et maths spé une sorte de super-super-terminale scientifique. Sans se poser de questions (en tout cas pour moi) on passe de seconde en première scientifique puis de première scientifique en terminale scientifique puis de terminale scientifique en super-terminale scientifique puis de super-terminale scientifique en super-super-terminale scientifique.
    Et on est content car on aime faire des maths.
    (Si on n'est pas trop bon en maths en terminale scientifique, on doit réfléchir : quelle prépa ? quelle fac ? quel métier ?)

    Mais ensuite on se retrouve en école d'ingénieurs et là, on fait moins de maths (mais plus de physique) et plus d'autres choses mais ce n'est pas parce qu'on est bon en maths qu'on est intéressé par ces autres choses. Et si on n'est pas intéressé, on se retrouve dans le club des branleurs de la promo. Ensuite on se retrouve ingénieur. Il y en a à qui ça plaît mais d'autres que ça ennuie, seulement, pour ces derniers, il est un peu tard pour y réfléchir.
    On ne fait plus de maths (pour la plupart des ingénieurs).
    Et ça dure longtemps, comparé aux deux ou trois années de prépa.

    Imagine-toi ingénieur de profession. Tu te sens bien, comme ingénieur ? Sans oublier, comme ça a été dit plus haut qu'il y a trente-six sortes d'ingénieur.

    Normalement, on est content en prépa (sauf dans le cas où on est largué) si on était bon en terminale. Or toi, en prépa, tu flanches (je ne parle pas de ton niveau mais de ton plaisir, de tes motivations). Alors prends le temps de réfléchir (tu as l'air de faire ça mieux que moi à ton âge).

    Attention à ne pas faire l'erreur inverse : laisser tomber la voie qui conduit au métier d'ingénieur pour t'orienter vers un métier qui finalement te plaira moins. Car, quand même, beaucoup d'ingénieurs sont contents de leur métier. Tu as peut-être seulement un passage à vide. Et il n'y a pas que des cons bons en maths en maths sup ou spé.

    Discute avec des gens variés, ici et ailleurs.


    (Croisement de messages. Qu'est-ce qu'un PFD ?)
  • Merci beaucoup pour votre témoignage. J'ai presque le même parcours, j'ai fait une prepa parce que c'était la suite logique des tronches en maths, mais plus j'avance et moins je me sens à ma place,
    J'aimerais beaucoup savoir la suite de votre histoire, un fois être devenu ingénieur.
    (je parlais des applications du principe fondamental de la dynamique en sciences de l'industrie qui sont aussi intéressantes qu'un documentaire sur les taupes)
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.