Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • L'histoire de ce mot est complexe : Fouché lui consacre 31 lignes !
  • Quel est le nom du livre que je puisse me le procurer ?
  • Je pense qu'il n'est plus édité. Il doit être difficile à trouver, surtout à bon marché (le marché de l'occasion en ligne est un scandale).

    Pierre Fouché, Phonétique historique du français en 3 volumes : 1 - Introduction, 2 - Les voyelles, 3 - Les consonnes, éd. Klincksieck (1958- 1961).

    Assez difficile à consulter, en dépit de son index très complet ; développe à l'envi certains points, reste évasif sur d'autres. Datation souvent absente. S'il est si développé, c'est qu'il traite plus complètement que les autres l'époque "moderne".

    Je vous recommande plutôt le manuel de Bourciez, dont le plan est très clair et qui comporte des tableaux synoptiques (sans date !) ; par contre, il est lacunaire :

    E. et J. Bourciez, Phonétique française, étude historique, éd. Klincksieck (1978 pour le dernier tirage).

    Il faudra que je songe à rappeler à seesaw qu'il faut qu'il étudie aussi la morphologie historique ! J'espère que ça ne lui sapera pas le moral. :rolleyes:

    Et qui dit morphologie dit aussi... syntaxe ! :rolleyes: :rolleyes:
  • Moi c'est uniquement par passion je ne passe pas d'examen là dessus CAPES et autres examens.
    Merci.

    Namnetum>Namnte une dentalisation du m assez tôt dans la langue pour nante écrit Nantes .
  • En fait, l'étymon est Námnētes > Nannētes. Ce mot, d'origine gauloise, était accentué sur l'initiale, comme Cárnutes (Chartres), Túrones (Tours), Trícasses (Troyes), etc...
    Comme cette accentuation contrevenait à celle du latin (l'accent devrait frapper la pénultième longue), le e s'est assez vite abrégé, on a donc eu : *Nánnĕtes. La chute de la pénultième a dû se produire vers le Vème siècle, avant la sonorisation des sourdes intervocaliques.
    On a ainsi eu *Nanntes > *Nantes > *Nãntes > Nantes.
    Le -s final a pu persister assez longtemps (cf les autres noms de villes), le -e final s'étant maintenu pour servir d'appui au groupe n(n)t-.
  • Merci.

    cocinam>cuisine
    kokina>kotsina>koydzina>kuoydzina>kuydzina>koydzine .
    Le uoy s'est réduit en uy dès que celui-ci fut formé .
    comme trimodim> tremuie puis trémie.
    Et puis le n de diurnum>jour a disparu par analogie .
    Diurnus>jorns>jors>jorts écrit jorz en ancien français
    Mais Diurnum>jorn>jor par analogie avec son cas sujet "jors" et peu de temps après l'apparition de jors au V ème quand la pénultième a chuté .
  • cucina, tramoggio, giorno... Les étudiants italiens n'ont pas grand chose à faire en phonétique historique !
  • Juste une palatalisation et la diphtongue romane à se mettre sous la dent
  • Pour cuisine, je ne suis pas tout à fait d'accord.

    Le o fermé initial (qu'il soit issu du o long ou du u bref latins), suivi d'un yod aboutit normalement à oi [wa] ou à oy si une voyelle suit :
    otiosu > oiseux, fusionem > foison, locariu > loyer.

    C'est par analogie avec cuire < coquere, de formation régulière (l'accent est sur le o ouvert initial ; suivi d'un yod, il aboutit à ui comme dans corium > cuir).
    Même phénomène analogique pour cuisson (coctionem qui devait donner *coisson).
  • On a aussi noctem>nuit aussi hodiem> aujourd'hui et même octo> uit écrit huit
    ces mots auraient dû être noit, hoi ou oit
  • Non, puisque qu'ils comportent un o ouvert accentué : ils sont réguliers.

    C'est cuisson < coctionem, qui comporte un o fermé initial atone, qui ne l'est pas.
  • Donc il s'agit de diphtongue du o "uo" puis le groupe "uoy" se simplifie en "uy" aussitôt formé .
    Comme noctem>noyte>nuoyte>nuyte>nuyt pour nuit
  • nŏcte > ncte (époque impériale)
    ncte > nuoi̯te (bas latin)
    nuoi̯te > nui̯te (id.)
    nui̯te > nüi̯te (VIIème)
    nüi̯te > nüi̯t (VIIème-VIIIème)
    nüi̯t > nüi̯ (IXème voire Xème, le-t se conservant presque toujours dans la graphie)
    nüi̯ > nẅi (XIIIème)
  • Merci beaucoup .

    Concernant le n final comme je le disais auparavant
    je pense qu'il s'agit d'une analogie.
    Diurnus>Jorns>Jors Cas sujet
    Mais Diurnum>Jorn Cas régime attesté mais je soupçonne une latinisation ici.
    Jorn a dû devenir jor peu de temps après que jors est formé c'est-à-dire vers le Vème à la chute de la pénultième car le groupe rns devient aussitôt rs .

    Là dessus rien n'est sûr , sur cette chute .
    Juste une hypothèse.
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