Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • Le cntrl dit que c'est le mot grimace qui a influencé "gramaire" pour devenir grimoire
    https://www.cnrtl.fr/etymologie/grimoire
    Pour le oi je vois ce que vous voulez dire on a Oi>We>e
    Ex: Cognoscere>Conoistre>Conwestre>Conwetre>Conetre écrit connaître
    et aussi Oi>We>Wa
    Ex: tres >treis>trois>trwes>trwa écrit trois
  • Bloch Wartburg cite aussi "grimaud", "grimouart" (grimace dédaigneuse), "grimuche" (figure grotesque), autant de mots dérivés de la racine germanique *grima
  • J'ai finalement déplacé ce que je voulais écrire dans un autre sujet .
  • En cherchant l'explication du mot évêque, dont je me souvenais confusément, j'ai trouvé chez Bourciez des éléments intéressants concernant image, vierge, marge, etc...

    Pour ces mots, et d'autres, la pénultième atone ne s'est pas effacée : elle s'est simplement affaiblie (l'hypothèse du changement de place de l'accent à basse époque est donc fausse), et c'est la fin du mot qui a disparu du fait de la succession de deux voyelles atones.

    Ce fait explique directement l'AF virgene < virge[ne] (mais on a aussi virgene, comme je le disais, qui est demi-savant), image < image[ne], évêque < ebesco[be] < episcopum.

    Pour ange, la transformation s'est poursuivie de la manière suivante :

    angelu > AF angel(e) > angle > anʒle (non par épenthèse, mais assimilation de sonorité) > anʒe (=ange).

    Dans la Vie d'Alexis, on a la chance d'avoir imagene, angele, virgene qui se succèdent dans trois vers du même quintil :

    Puis s'en alat en Alsis la citet
    Por une imagene dont il odit parler,
    Qued angele firent par comandement Deu
    El nom la virgene qui portat salvetet,
    Sainte Marie, qui portat Damnedeu.


    Et ce qu'il faut remarquer, c'est que ces trois mots sont dissyllabiques (les vers sont des décasyllabes) !
    Trois conclusions :
    - Dans la première moitié du XIème, la finale de ces mots ne se prononçait plus.
    - Le texte a une graphie conservatrice, très précieuse pour nous.
    - J'ai commis une faute irréparable en laissant supposer que l'étymon latin était devenus paroxytons !

    Damnedeu, merci vos proie !
  • Donc là aussi le passage de virgine> on trouve virjne Philippe de Thaon au XIIe. le n a dû chuter entre le XIIe et le XIIIe, idem pour margine , imaginem ,virginem etc.
    Elle a dû s'affaiblir très tardivement : j'ai aperçu virjne le e a donc chuté comme ordinem>ordne>ordre .
    La marjne , l'imajne , la virjne et l'angle ont dû exister.

    Si la syllabe finale de marginem ,virginem a chuté, alors, quand a-t-elle chuté ? J'ai aperçu des formes comme virjne XIIe siècle, ce qui veut dire que le e a chuté, mais il s'agit peut-être d'une latinisation comme dans virgene dans la vie de saint Alexis.
  • à quel siècle apparait l'épenthèse dans chambre < camera ?
  • L'épenthèse n'a pas touché tous les mots concernés à la même époque. Dans certains dialectes, le picard, par exemple, elle n'a même pas toujours lieu.
    Les spécialistes (Fouché) évoquent une date très ancienne, antérieure au Vème siècle.

    cam(e)ra > chambre
    num(e)ru > nombre
    cin(e)re > cendre
    mol(e)re > moldre (mais molre en picard)
    ven(i)re habeo > viendrai (mais venrai en picard et en anglo-normand)
    laz(a)ru > lazdre
    sim(i)lare > sembler, mais aussi semler et sembrer ; la forme sanlant est courant dans tous les textes (fere bel sanlant, lait sanlant : (faire bon/mauvais accueil).
  • thesaurum>trésor
    Cette épenthèse doit dater du V ou Vi ème siècle car en occitan et en catalan on la retrouve aussi car dans ces deux langues on dit tresor .
    encau(s)tum>enkode>enkede>enke(de) dernière syllable part comme dans ange(le) ou longitude(ne) >enke >encre Je n'insiste pas sur la nasalisation
  • Dans le cas de trésor, le -r n'est pas une épenthèse, le groupe /te/ étant prononçable. Il s'agit de ce qu'on appelle un son "parasite" amené par la fréquence de la séquence occlusive + r + voyelle en français, comme dans vrille (AF veille < viticula) ou fronde (AF flonde ou fonde < *fundula).
    Difficile à dater : on a tresor aussi bien que tesor, thesor, etc... dès le XIème (tresor dans Alexis).

    longitude est une formation savante, même si la première attestation date de 1377.
  • pour fronde c'est comme amandle>almande un deplacement du l car fundula>fondle>flonde>fronde
  • JehanJehan Modérateur
    Mais fronde peut aussi être issu de la forme attestée fonde, avec un R parasite comme dans trésor.
  • Ici l'étymon serait funda
  • JehanJehan Modérateur
    Oui, l'étymon de la forme fonde est bien funda.
    Et fronde vient peut-être de l'ajout d'un R parasite.
  • En fait, Bloch-Wartburg cite *fundula, diminutif de funda dont serait issu l'AF fonde.
    *fundula aurait donné l'italien fionde < *flonde < *fondle et le français "moderne" fronde < *flonde < *fondle.

    C'est finalement vieilfrançeis qui avait raison. Mais ce n'est pas pour autant une épenthèse.

    Une autre fois, je regarderai mes sources avant de poster.
  • http://www.treccani.it/vocabolario/ricerca/fionda/
    Fionda a comme étymon flunda* donc un amendla >almanda* certainement avant que le a devienne e ,et almendra en espagnol

    Passage de amandla>almanda vers le IV ou V ème siècle ? A voir
  • Difficile à dire, vu la concurrence des formes : outre les formes citées dans la discussion sur le mot, on trouve aussi alemandre et même alemandle (Godefroy) qui ne supposent pas un déplacement du l, surtout dans alemandle, formation vraiment très curieuse (erreur de lecture du ms ? Dans la cursive, il arrive qu'une lettre à hampe montante en reçoivent une seconde, en boucle, pour se lier à une voyelle, un e en l'occurrence. Et on peut prendre le dessin de la boucle descendante pour un l. Je ne dis évidemment pas que ce soit le cas).
  • Évolution phonétique de grammatica à grammaire
    1èr grammatika
    4 ème grammadiga
    6 ème grammaδiγa
    grammaδia
    grammaδja
    grammajδa
    7 ème grammajra δ>r
    gramajra
    gramajrə
    13 eme gramerə
    17 eme grameR r plus roulé et le ə part
  • Le "j", c'est en fait le yod ?

    Le passage de δ a r semble curieux, mais il n'est pas propre à ce mot ; c'est ainsi qu'on explique AF mire < medicum
  • oui "j" est le yod et non le son j de jeter
  • Et aussi daumaire < dalmaticam, artimaire < arte-mat[thema]ticam !
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