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Capes lettres modernes

Je me pose une question un peu farfelue. Les écoles comme les ENS, l'école des Chartes et d'autres, qui ont pour principaux candidats les élèves des classes préparatoires, ont abrogé la limite d'âge pour se présenter au concours n'est-ce pas?

http://www.chartes.psl.eu/fr/rubrique-admissions/inscriptions
http://www.ens.fr/une-formation-d-exception/admission-concours/concours-voie-cpge/concours-voie-cpge-lettres/le

Du coup, ça veut vraiment dire que n'importe qui peut candidater? Ne serait-ce pas un peu facile pour un professeur de 40 ans par exemple, d'y entrer? Est-ce que quelqu'un l'a fait? Y a-t-il donc des élèves-stagiaires de 30 ou 40 ans dans ces écoles?

Si je regarde les détails, je vois qu'on ne peut présenter l'ENS si l'on a 240 crédits ECTS ou plus, donc toute personne ayant au moins une maîtrise ne peut se présenter, ok. Mais pour les chartes, rien n'est indiqué! Cela signifie-t-il qu'un agrégé d'histoire peut, s'il en a le loisir, préparer et obtenir le concours? Est-ce déjà arrivé?

Je vous avoue que c'est d'abord mon appétit des histoires loufoques et extraordinaires qui me conduit à ces questions mais en fait, ce n'est pas si inintéressant pour qui serait prêt à s'investir sérieusement dans un changement de carrière.
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Réponses

  • Je n'ai pas les réponses, mais le terme "facile" me parait très exagéré surtout quand on a quitté les études depuis longtemps, qu'on a des enfants, etc. De plus je ne vois pas beaucoup d'agrégés de 40 ans parvenus à environ 3000 euros par mois redevenir élève-stagiaire à 1300 euros au milieu de jeunes de 20 ans. Je ne vois pas bien quel serait l'intérêt. Mais peut-être que le cas existe.
  • Ne serait-ce pas un peu facile pour un professeur de 40 ans par exemple, d'y entrer?
    Ce serait un peu la honte, oui !
    Un agrégé de 40 ans en compétition avec des jeunes de 19 ans !
    De plus un agrégé a déjà un master. Le concours, s'il était capable de le passer, il devait y penser avant. Il y a un temps pour tout.
    Pour l'ENS, je n'ai jamais entendu parler d'un tel cas. Et cela me paraît totalement saugrenu.
    Pour ce qui est de l'école des Chartes, je ne sais comment cela fonctionne.
  • Cela ne se fait pas puisqu'il n'y a aucun intérêt pour un professeur à passer l'ENS, étant donnée que celle-ci prépare... aux concours du professorat ! Il s'y ennuierait donc fermement, et serait amené à repréparer des diplômes qu'il a déjà (ex : un master d'histoire). De plus, un normalien est un fonctionnaire-stagiaire et je ne pense pas qu'on puisse redevenir stagiaire quand on est déjà titulaire de la fonction publique (dans le même type de poste j'entends).
  • Un professeur qui donc n'aurait pas de master ? Sans dire que c'est impossible (un PE qui aurait obtenu son concours il y a quelques années serait dans ce cas), c'est tout de même peu probable. Par ailleurs, si l'ENS offre bien des avantages, je pense que ceux-ci sont minorés quand on a 40 ans. Je serais donc plus proche de Sohanelle que de Laoshi sur cette question : je ne pense pas que ce serait une honte, mais je pense que ça n'aurait que peu ou pas d'intérêt.

    Par ailleurs, l'ENS, comme tout concours, est très spécifique dans ses exigences et très généraliste dans son contenu. Je pense que si je devais le passer maintenant, soit 6 ans plus tard, je me ferais massacrer au moins dans un certain nombre de disciplines. :) Fort heureusement : PLUS JAMAIS.
  • Vous allez me dire que je suis fou, que je vais trop loin pour une question qui a si peu d'importance...
    N'importe! J'ai envoyé un mail à l’École des Chartes pour m'en informer à la source :P
    Voici la réponse que j'ai reçue:

    "Bonjour,

    Pour faire suite à votre demande ci-dessous, je vous confirme qu'il n'y a pas de limite d'âge et que l'Ecole n'impose pas de limite en termes de crédits ECTS.

    Vous noterez cependant que le poids de l'histoire [il parle de l'histoire parce que j'ai pris l'exemple d'un professeur de lettres], avec trois épreuves obligatoires sur cinq, est plus important à l'oral qu'à l'écrit (deux sur six), ce qui rend le cap de l'admission plus difficile à franchir pour quelqu'un qui n'y est pas suffisamment préparé.

    bien cordialement"

    Bref, rien de très différent de ce que vous avez dit en fin de compte :lol:
  • Artz a écrit:
    ... Je pense que si je devais le passer maintenant, soit 6 ans plus tard, je me ferais massacrer au moins dans un certain nombre de disciplines. :) Fort heureusement : PLUS JAMAIS.
    Hé hé! De même! Et cela dit, la nuit, je rêve de temps en temps encore que je repasse le concours! Le stress reste indélébile, même 25 ans plus tard.
  • Le stress reste indélébile, même 25 ans plus tard.

    Je pense - j'aime à penser ? - que c'est aussi parce que vous le repassez avec vos étudiants tous les ans... Ou du moins, encore une fois, c'est ce que j'espère !
  • Oui, vous avez sans doute raison. La preuve a contrario est que je ne rêve jamais que je repasse l'agrégation!
  • Autre situation, qui pourrait me concerner: je compte enseigner dans le privé hors contrat, je n'ai donc pas besoin du CAFEP auquel je suis admissible. Mettons que j'aille passer l'oral et que je l'obtienne, mais que je n'en fasse jamais usage et que je le perde, n'ayant ni validé le M1 et le M2, ni effectué le stage, puis-je alors envisager de me présenter au concours de l'ENS? L'obtention d'un tel concours est-elle considérée comme un équivalent de la limite des 240 crédits ECTS pour candidater?
  • LaoshiLaoshi Membre
    Puis-je alors envisager de me présenter au concours de l'ENS? L'obtention d'un tel concours est-elle considérée comme un équivalent de la limite des 240 crédits ECTS pour candidater?
    La question n'est pas claire. Que veux-tu faire exactement ?
  • Non je ne pense pas que tu pourrais passer le concours, si tu as déjà une L3.
    J'ajoute bien sûr au passage qu'il me semble absolument impossible de préparer le concours en candidat libre, il faut passer par la prépa, donc ça voudrait dire retourner en hypokhâgne à bac +0... (Quelques personnes ont obtenu le concours en candidat libre, mais elles sortaient de 3 ans de prépa).
  • @Laoshi Je songe à passer dans quelques années le concours de l'ENS et je me demande tout simplement si l'obtention du CAFEP pourrait m'empêcher de candidater. D'ici là, je compte être prof dans le privé hors contrat, donc le CAFEP n'est pas une nécessité, juste une ligne sur le CV, et ce serait bête de faire l'effort d'aller aux oraux si c'est pour me fermer une porte dans le futur ^^'
    Concrètement donc, le CAFEP est-il considéré comme une équivalence de la limite des 240 crédits ECTS, qui m'empêcherait par conséquent de candidater? Sans doute que non, car le fait de ne pas avoir de master et de ne pas faire le stage annule officiellement l'obtention du concours. Mais on ne sait jamais, je voudrais être certain d'être en droit de tirer des plans sur la comète xD

    @Sohanelle Si, on peut passer ce concours en ayant une L3. Si tu regardes le premier message du topic, il est indiqué que la limite est de 240 crédits ECTS, ce qui correspond à un M1. Je cite le site de l'ENS: "Les personnes titulaires d’un diplôme correspondant à 240 unités ECTS (European Credit Transfer System) ne peuvent être autorisées à concourir."
    Et quant à ma capacité de l'obtenir, il est évident que ce serait difficile, même si je suis allé en prépa. Mais ce n'est pas tellement cela la question, puisque rien ne m'empêche de le préparer sur cinq ans, si c'est nécessaire xD
  • Se pose tout de même la question de la logique de ta démarche. Entre le professorat hors contrat, le CAFEP et l'ENS (qui reste une école de fonctionnaires), il y a vraiment un gouffre, au moins idéologique.

    Ton projet me laisse vraiment dubitatif. Pourquoi l'ENS ? Ce n'est pas une fin en soi.
  • La logique, c'est d'éviter le plus possible la pédagogie contemporaine. Et le privé sous contrat, à l'exception de la charge des banlieues, a tous les vices de l'éducation nationale.
    A long terme, c'est la recherche que je vise. Entre-temps, enseigner me séduit, mais sa forme officielle et la formation qui va avec me désespèrent quelque peu.

    Et pourquoi l'ENS? C'est un subtil mélange d'un lieu adapté à mon projet à long terme, de prestige, de défi personnel, de revanche sur mon échec en prépa, de désir d'avoir une ligne de mire pour ne pas me décourager à étudier...
  • sznnesznne Membre
    psychiogreg77 a écrit:
    Mais ce n'est pas tellement cela la question, puisque rien ne m'empêche de le préparer sur cinq ans, si c'est nécessaire xD

    Je me permets d'intervenir, je suis khube et j'ai passé l'ENS pour la 2e fois cette année. Il y a bien quelque chose qui empêche: à part l'épreuve de langue vivante et de langue ancienne, les autres épreuves sont sur un programme qui change chaque année, notamment l'épreuve d'option qui est très spécifique. Vous pouvez bien bosser la langue vivante et la langue ancienne pendant 5 ans, le programme d'histoire, le programme de philo, le programme de lettres et le programme d'option seront à travailler en un an comme tout le monde.

    De plus, je ne voudrais pas passer pour la khagneuse aigrie, mais je m'interroge encore et toujours sur le niveau de réalisme des projets tels que le vôtre: ce concours demande en effet un niveau d'investissement, tant physique que psychologique, qui me semble tout à fait impraticable pour quiconque n'a plus vingt ans et est déjà inséré dans la vie active. On parle ici d'un investissement d'une dizaine d'heures par jours pendant un an, qui demande une discipline certes possible lorsque l'on sort des années lycées, mais à laquelle je serais étonnée de voir s'astreindre quiconque est sorti des circuits du secondaire. Êtes-vous certain que c'est ce que vous voulez? Le concours de l'ENS... c'est bien, c'est bien... Au fond, faites ce que vous voulez, mais entendez bien que les réactions sceptiques que vous suscitez s'ancrent dans l'absurdité de fait de la démarche. Pourquoi perdre son temps avec l'ENS et ne pas passer l'agrégation? Vous allez vraiment retourner à l'école pendant 4 ans? Vous dites que vous y "songez", que vous savez que ce serait difficile de l'avoir... pourquoi y songer alors? Ne faudrait-il pas prendre une respiration profonde, se regarder dans le miroire, est essayer de mesurer la part d'hubris et celle de rationnalité qui motivent ce "songe"? On parle tout de même de ne pas passer des oraux qui vous garantiront presque un poste au profit d'un projet, non pas fou (si je le définis comme ça, j'ai l'impression d'attiser l'imaginaire fantasque qui paraît alimenter la rêverie), mais contradictoire et dangereux, et qui pourrait porter préjudice en fin de compte à votre carrière.
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