Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonjour,

Nouvelle sur le forum, je ne suis pas sûre d'être au bon endroit...mais je tente ma chance !

J'ai également fait des études de droit, un peu par hasard, après un BAC littéraire. Après avoir exercé le métier de juriste pendant quatre ans, j'envisage aujourd'hui très sérieusement une reconversion dans l'enseignement.

Ma question est la suivante : j'ai lu que, pour enseigner le français en collège/lycée, il fallait avoir une licence de lettres. Est-il tout de même possible, aujourd'hui, avec une maîtrise en droit, d'enseigner le français dans le secondaire, en tant que contractuel dans un premier temps ? (ou dois-je reprendre des études ?)

Y a-t-il des formations/aides particulières pour se "lancer" ?

La situation de contractuel/suppléant est-elle précaire selon vous ?

Je vous remercie par avance pour vos réponses !
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Réponses

  • Bonjour,

    Je ne suis ni prof ni littéraire mais je me permets d'intervenir.
    Si on a arrêté les maths en terminale, même si on était bon en maths dans cette terminale, il saute aux yeux qu'on ne pourra pas l'enseigner, après des années d'expérience dans un métier n'ayant aucun rapport, sauf à retourner à la fac, de maths cette fois-ci, pour y préparer un master ou le CAPES (ou l'agrégation pour les meilleurs). Idem pour la physique, l'histoire ou la philo. On peut en revanche se faire des illusions pour le français car le français permet d'étudier le droit ou les maths de sorte que tout le monde en fait dans le supérieur.
    Or il ne suffit pas d'écrire bien le français et d'avoir lu nombre de livres pour pouvoir enseigner cette langue. Il faut étudier le français à un niveau élevé pendant plusieurs années après le bac. Il faut acquérir de nombreuses compétences et un savoir-faire pédagogique propre à cette matière. Comme pour les maths, l'histoire ou la philo. Un diplôme en droit ne t'apporte pas tout ça.
    Il n'y a qu'à voir ici, dans ce forum, les réponses données par des profs à des questions difficiles. Il est impossible de répondre à ces questions si on est un quidam ayant utilisé le français pour étudier le droit ou les maths.

    Mais après tout, je ne suis pas prof de français et je peux me tromper. Attendons les réponses d'un ou deux profs pour voir.
  • Tu sais, Hippocampe, beaucoup croient qu’il suffit de parler français pour pouvoir l’enseigner, et je ne pense pas qu’il viendrait à l’idée de quiconque de poser la question s’il s’agissait de mathématiques ou de physique.
    C’est un peu insultant pour des gens qui ont étudié longtemps et passé des concours difficiles dans les matières littéraires.
  • C'est bien mon avis.
    Mais ça m'étonne tout de même. On a beaucoup de cours de français avec des profs de français, de la sixième à la terminale. Il me semble que ça donne la possibilité de se rendre compte qu'un prof de français n'est pas qu'une personne sachant bien écrire le français.
  • Il me semble que ça donne la possibilité de se rendre compte
    Les enfants ont du mal à s'en rendre compte. Cela est normal.
    Que des adultes croient qu'il suffit de...est plus grave.
    En même temps, la baisse des exigences requises pour être admissible au concours du CAPEs ces dernières années semble leur donner raison.
    Après, ils pourront toujours s'instruire sur le tas, en même temps que leurs élèves.
    Mais il est de loin préférable à mon avis de dominer et de bien haut son sujet.
  • ArtzArtz Membre
    Est-il tout de même possible, aujourd'hui, avec une maîtrise en droit, d'enseigner le français dans le secondaire, en tant que contractuel dans un premier temps ? (ou dois-je reprendre des études ?)
    C'est possible sur le papier. Cela étant dit, comme le souligne Laoshi, cela pose tout de même question, puisque vous aurez potentiellement le même niveau en français (niveau terminal) que vos élèves. Je ne sais pas si c'est une position souhaitable pour vous, pour vos élèves, ou pour le système en général.
    La situation de contractuel/suppléant est-elle précaire selon vous ?
    Je ne connais pas la situation en chiffres, seulement des anecdotes, mais oui, ça me semble précaire. Cela étant dit, les établissements recourent de plus en plus largement à ces contrats, donc c'est un système appelé à durer, sans doute...
  • LebuLebu Membre
    Bonjour,

    Je passais pas là, et je pense pouvoir participer un peu à cette conversation:

    j'ai moi-même un master 2 en Droit, et c'est à la faculté de Droit que j'ai fait mes études, par hasard, comme vous.

    J'ai regretté (tardivement) ce choix, et je me suis réorienté vers les lettres l'an passé. En un an, j'ai travaillé comme un fou pour rattraper le programme de licence en Lettres, et j'ai préparé le CAPES, que j'ai eu, avec un classement très honorable, compte tenu de ma situation. J'estime avoir ainsi gagné le "droit" de faire partie du corps enseignant.

    Néanmoins, jamais je n'aurais osé me présenter devant une classe, avec mon petit savoir de juriste. Les Lettres, ça ne s'invente pas. Utiliser le langage c'est une chose, comprendre la méthodologie littéraire, le commentaire, l'analyse, la dissertation, c'en est une autre. La méthodologie en Lettres est différente de celle qui nous a été enseignée en Droit.

    La rentrée est dans quelque jours, et j'appréhende beaucoup. La légitimité du savoir est une chose importante, et je ne la considère pas encore comme acquise me concernant (loin de là).

    à vrai dire, je considère que le recours aux contractuels est un mal nécessaire, mais un mal quand même. Ma femme est professeure de mathématiques, et elle en côtoie beaucoup: c'est une catastrophe, d'abord pédagogiquement parlant, et ensuite en terme de niveau.

    à méditer, donc.

    N'y voyez aucune agressivité de ma part, mais je pense que le métier d'enseignant conserve une certaine part de noblesse, et qu'il faut la respecter. Pour être apte à enseigner, il faut se laisser le temps de travailler pour soi d'abord.


    Pour finir: la situation des contractuels est assez intéressante. Elle est parfois moins précaire que celle des titulaires, ce qui est assez honteux, mais que voulez-vous ? Un exemple, il vous sera possible en tant que contractuel, parfois, d'avoir un poste à l'année, comme nos TZR. Mais la logique de "points" ne s'applique pas à vous. Vous pourrez alors avoir un poste dans une zone assez prisée, alors qu'un titulaire ne pourrait y prétendre. Cependant, vous devrez aussi, dans d'autres situations, travailler dans plusieurs établissements, ou encore n'avoir qu'un temps partiel. Vous prendrez ce que l'on vous propose, en somme.

    Personnellement, je vous conseille de reprendre des études oui, pour vous mettre à niveau. C'est crucial. Si vous êtes très, (très, très, très, très) impliqué(e?), vous pourrez le faire en un an ou deux. Avoir lu beaucoup ne suffit pas, malheureusement. Lisez un sujet de CAPES, en grammaire (celui de cette année est intéressant à cet égard), vous comprendrez ce que je veux dire.

    Désolé de la mauvaise pub que je lui fais, mais, n'allez pas voir du côté du CNED, la préparation au CAPES est désastreuse. C'est l'option que j'avais choisie cette année, et j'ai bien regretté. Les enseignants sont pour certains impliqués, mais les ressources qu'ils mettent à votre disposition sont désastreuses. Ils vous laissent penser que c'est suffisant: loin de là. Un travail personnel de recherche est à prévoir, et c'est parfois difficile de cibler les attentes du concours. (exemple: je n'ai absolument pas été préparé aux oraux!)

    Mon conseil: Prenez cette année pour vous mettre doucement à niveau, vous familiariser avec les attendus du concours en lisant les rapports de jury des années 2011, 2014 et 2018 (à paraître) et candidatez à un Master MEEF mention lettres modernes (ou classiques si vous êtes motivé(e?)) lorsque les inscriptions seront ouvertes (en avril généralement). Vous aurez alors une préparation au CAPES digne de ce nom. C'est ce que j'avais fait, dans l'hypothèse où je n'aurais pas eu le CAPES.

    Bon courage dans vos réflexions
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