Différence entre compléments essentiels et compléments circonstanciels

Bonjour, je reprends mes études et je suis un peu perdue! la seule discussion sur ce sujet que j'ai trouvée date de 2007 et elle ne m'a pas permis de comprendre la différence entre les compléments essentiels (COI pouvant être introduit par une préposition comme "de, à, après, avant, avec, chez, contre, dans, depuis, derrière, devant, en, malgré, par, parmi, pour, sans, sous, sur, vers...". ." ) et les compléments circonstanciels (que je pensais supprimables).
j'ai quand même compris que cela dépendait de la structure du verbe, mais je ne suis pas sûr de moi:

je travaille pour gagner de l'argent (COI?)
Elle me téléphona pour me donner rendez-vous (CC de but?)

sur internet j'ai trouvé: la séance de cinéma dure deux heures (compléments essentiel de temps)

je ne trouve pas d'exemple de COI introduit par la préposition "vers"

me m'excuse pour cette question de base mais selon les sites on trouve vraiment des réponses contradictoires!
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Réponses

  • Je travaille pour gagner de l'argent : COI CC de but
    Elle me téléphona pour me donner rendez-vous : CC de but OUI

    La séance de cinéma dure deux heures : CC de temps OUI

    Il va vers le Nord : complément essentiel de verbe.
  • Il va vers le Nord : complément essentiel de verbe.
    Parce que les autres compléments ne complètent pas des verbes...
    J'aurais dit complément de lieu, mais je suis suppose que c'est désuet. Cela coule tellement sous le sens.
  • Merci pour ta réponse!
    cela vient de la structure du verbe?
    aller quelque part?
    Donner quelque chose?
    voter pour quelqu'un?

    si je dis "je donne aux pauvres" COI

    alors que je donne pour les pauvres CC de but?

    je vote pour lui (COI alors?)

    j'ai lu qu’atterrir était un verbe intransitif mais on atterrit forcément sur quelque chose, est-ce que dans la phrase "l'avion atterrit sur la piste" peut être considéré comme un COI introduit par la préposition sur?

    la leçon que j'ai trouvée, dans laquelle les COI peuvent être introduit par de nombreuses prépositions, me pose vraiment des soucis de compréhension

    désolée mais cette notion reste vraiment difficile à cerner
  • Oui, elle est délicate. Un critère peut être le déplacement afin de faire ressortir la plus ou moins grande autonomie du groupe par rapport au verbe.
    Dans le cas de la phrase Je vais à Paris, à Paris est évidemment un complément de lieu, mais un complément essentiel, appelé par la construction du verbe. On ne peut pas dire A Paris je vais sauf si l'on considère que l'on fait là une inversion à but stylistique, mais on parlera justement d'inversion. Du reste en latin, en grec, en allemand, en russe et dans d'autres langues flexionnelles, on n'aurait pas le même cas de déclinaison que dans la phrase A Paris, j'écoute les cigales. La comparaison avec d'autres langues peut être aussi un critère.

    Dans le cas de votre phrase : Je donne de l'argent pour les pauvres, pour les pauvres sera davantage considéré comme circonstanciel, la construction standard étant Je donne de l'argent aux pauvres.
    Notez que le critère de déplacement est ici inopérant, le COS étant déplaçable.
    Parfois, il existe une nuance de sens suivant qu'un même complément est circonstanciel ou essentiel. Je n'ai pas d'exemple présent à l'esprit, mais je chercherai.
  • Caroline81
    J'ai lu qu’atterrir était un verbe intransitif mais on atterrit forcément sur quelque chose, est-ce que dans la phrase "l'avion atterrit sur la piste" peut être considéré comme un COI introduit par la préposition sur?
    Mais s'il est intransitif comme le confirme le Larousse et le TLFi pourquoi serait-il suivi d'un COI ?
    J'atterris à Orly. Orly est bien un lieu.

    Lorsqu'on voit l'exemple donné par le Larousse pour décoller lui aussi qualifié d'intransitif, il est vrai que l'on peut s'interroger. Cet élève paresseux a décollé du reste de la classe.
    Ici la classe ne représente pas un lieu mais un groupement d'individus.
  • JehanJehan Modérateur
    Laoshi a écrit:
    J'aurais dit complément de lieu, mais je suis suppose que c'est désuet. Cela coule tellement sous le sens.
    Ce n'est pas désuet. C'est la nuance sémantique de ce complément essentiel.
    Je vais vers Paris. : complément essentiel de lieu.
    Cela ne l'empêche pas d'être aussi un COI (puisque ce complément de verbe est introduit par une préposition).

    Même analyse pour J'atterris à Paris.
  • Un complément essentiel de lieu n'est pas un COI.
    Parmi les compléments essentiels, il faut distinguer :
    - les compléments d’objet (COD et COI), qui complètent un verbe d’action ;
    - l’attribut du sujet, qui complète un verbe d’état ;
    - les compléments essentiels de lieu, de temps et de mesure (plus rares), qui complètent certains verbes particuliers.
    https://www.lelivrescolaire.fr/#!manuel/1335887/cyclades/chapitre/1336624/grammaire/page/1353782/11-les-complements-essentiels-du-verbe/lecon
  • JehanJehan Modérateur
    Quelques COI cités par Riegel (VIII, 4.2, édition 2016) :
    s'avancer vers la tribune
    loger chez ses parents
    aller à l'étranger

    Ce sont bien aussi des compléments essentiels de lieu ?
  • Dans J'atterris à Orly, à Orly est un complément essentiel de lieu. et non un complément de phrase - CP - (anciennement ou traditionnellement : complément circonstanciel - CC).

    A cet égard, je me permets de me référer succinctement à mon message n° 844 du 16 avril dernier figurant dans la rubrique concernant l'analyse grammaticale :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic39799-analyse-grammaticale.html

    Par référence aux programmes officiels de 2015 (entrés en application en 2016), je rappelle d'une part, la nécessite de distinguer les CV et les CP et, d'autre part, les propriétés respectives des uns et des autres.
    Ils [Les élèves] repèrent les compléments du verbe (non supprimables, non déplaçables en début de phrase et pronominalisables) et les compléments de phrase (supprimables, déplaçables et non pronominalisables).
    http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=94708
    (Graissé par moi.)

    Application
    J'atterris à Orly . A mon sens, à Orly est supprimable. En effet, j'atterris peut se dire.

    Par contre, il n'est pas déplaçable en début de phrase : A Orly j'atterris n'apparaît pas "naturel". De plus, J'atterris à Orly est pronominalisable : J'y atterris.

    Résultat : 2 des 3 critères sont satisfaits en faveur du complément du verbe, alors qu'une seule condition l'est au profit du complément de phrase. J'encline donc à considérer qu'à Orly est CV, et non CP.

    Mais souvent ces critères sont appréciés en fonction de leur "poids" respectif, de leur importance respective.

    Aussi, afin de pondérer ce résultat et donc d'en apprécier au mieux la portée, il convient d'indiquer que selon plusieurs éminents grammairiens contemporains :
    On considère généralement que le complément de phrase (CP) est mobile et effaçable. Or, seule la mobilité est la propriété caractéristique des CP car bien d'autres éléments de la phrase peuvent être effacés.

    Graissé par moi. Cf. Grevisse, Pellat (il s'agit d'un des auteurs de la fameuse Grammaire méthodique du français) et Fonvielle, Le Grevisse de l'enseignant. « Grammaire de référence. Nouveaux programmes », Magnard, 2017, p. 239.
    La mobilité est la propriété vraiment caractéristique du complément circonstanciel […]
    J'ai graissé. Cf. Riegel, Pellat, Rioul, La grammaire méthodique du français, PUF, 2014, p. 260.

    Or, à Orly n'est pas mobile (sauf recherche d'un effet stylistique ?). Cf. ci-dessus.

    Conclusion : Voir le début de ce message (sic).

    En dehors du contexte scolaire, on pourrait dire aussi qu'à Orly est un complément circonstanciel intégré (au groupe verbal ; cf. message n° 828 de Jehan). Cette position de Denis et Sancier-Château s’inscrirait toutefois dans une vision plus linguistique puisque sont distingués les compléments du verbe, des circonstanciels intégrés et des circonstanciels adjoints (= CP).
    Jehan a écrit :
    Quelques COI cités par Riegel (VIII, 4.2, édition 2016) :
    s'avancer vers la tribune
    loger chez ses parents
    aller à l'étranger
    Ce sont bien aussi des compléments essentiels de lieu ?

    Oui, en application des indications données supra.
  • Comment ai-je pu être professeur de français en négligeant tout cela ?
    Je suis rétrospectivement terrifiée par ce que j’ai enseigné à mes pauvres élèves.
    Avais-je donc tout faux ?
    Je n’ai jamais été habitée de certitudes inébranlables, mais franchement, sur les compléments d’objet direct ou indirect, les compléments d’objet second, les compléments circonstanciels de temps ou de lieu, sur les fonctions en général des mots et groupes de mots dans la phrase, je croyais dominer mon sujet.
    Mais cela me paraît tellement compliqué maintenant.
    Par ma foi, me voilà bien dépitée :(
  • je vous remercie pour toutes vos réponses!

    je me rends compte que ce n'est pas si simple!

    Sur un site j'ai lu
    " - Elle me téléphonera pour me donner l'heure du rendez-vous.
    -> La conjonction pour introduit une proposition subordonnée conjonctive, complément circonstanciel de conséquence."

    cela me parait faux mais je ne suis pas sûr
  • Laoshi, de toute manière, ce n'est pas très utile aux jeunes élèves (et hors de leur portée).Caroline, c'est un groupe infinitif complément circonstanciel de but !
  • du coup, pas une proposition comme ils le disent!! il me semblait bien!!!

    merciiiiiii pour ce forum qui répond à beaucoup de mes questions!!!
  • Laoshi, de toute manière, ce n'est pas très utile aux jeunes élèves (et hors de leur portée).
    C’est aussi hors de la mienne, peut-être parce que je n’en perçois pas non plus l’utilité, bien qu’étant en l’occurrence, non une jeune, mais une vieille élève.
  • Oui, mais tu vois bien que cela correspond à deux constructions différentes en latin et en russe, puisque tu en as fait.
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