« ON NE SE BAIGNE JAMAIS DEUX FOIS DANS LE MÊME FLEUVE. » HÉRACLITE

Héraclite soutient que tout est en perpétuel changement. Il s’oppose à l’idée de permanence, d’essence et d’identité.
Il affirme le changement absolu : malgré les apparences, rien ne demeure identique mais tout se défait et se fait constamment.

Un fleuve n’est jamais le même car il s’écoule constamment et nous-mêmes sommes en constante évolution. Entre la première et la seconde baignade, l’eau et le baigneur auront tous deux changé.

Héraclite pense que le monde est changement. Son origine substantielle proviendrait de forces contraires constamment en lutte, comme la vie et la mort, le bien et le mal…
Les choses seraient le résultat d’un assemblage de ces forces, à jamais inachevé. Rien n’est donc plutôt ceci que cela, mais tout le devient.
La vie n’est que perpétuel devenir et le changement toujours recommencé, tel un big bang permanent.

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Réponses

  • Salut!!

    A vrai dire, la position d’Héraclite est un sophisme, on peut se rendre compte qu’elle n’est pas tenable et se contredis elle-même. Par exemple, si tout est en mouvement et que rien ne demeure, comment pourrions nous en avoir l’expérience? Pour en avoir l’expérience, il faudrait que nous soyons un être qui perdure, pour pouvoir expérimenter hors de nous le mouvement perpétuelle. C’est la possibilité de toute connaissance qui est en jeu: quand je dis qu’une chose est d’une certaine nature, le temps que je le dise, la chose a changé, moi également, bref il est impossible de dire quoi que ce soit sur moi ou sur les choses.
    Cependant la thèse opposé, celle de Parménide, qui soutient que rien ne change est tout aussi erronée. En effet si rien ne change comment pourrions nous progresser dans la connaissance? Je ne me souviens plus parfaitement de l’argumentation qui disqualifie Parménide (c’était mon tout premier cours de philosophie de la nature en première année de licence, et ça commence à dater!!) mais je peux aller rechercher si ça vous intéresse…

    Nous nous trouvons donc devant un problème: une thèse et son opposé mène à l’absurde. Et là, c’est la catastrophe en Grèce: nous ne pouvons rien connaitre, début du règne des sophiste, des sceptiques…

    Pour résoudre, petite étude d'un exemple: "l'homme devient musicien"
    Que disons nous lorsque nous affirmons cela?Nous affirmons d'un sujet l'acquisition d'une certaine qualité. Pour que l'homme devienne musicien, il faut trois chose: un sujet qui perdure: l’homme
    Un capacité à acquérir cette qualité: on appelle cela une privation
    et la qualité qui advient: être musicien.
    Puisque nous avons à l’origine un homme pas musicien et au terme du mouvement nous avons un homme musicien. Pour devenir musicien encore faut il pouvoir le devenir. Par exemple: "l’homme devint un chien" n’a pas de sens car l’homme n’a pas la capacité de devenir un chien.

    Dans tout mouvement il y a un sujet du mouvement, qui reste le même malgré les changements, et une certaine capacité (dite puissance) à changer. Par exemple un graine à en elle même la capacité (la puissance) de devenir une plante accomplie et de donner du fruit. En elle même elle n’est pas encore un arbre mais elle peut en devenir progressivement. Parménide et Héraclite ont raison, dans une certaine mesure. Il faut tenir que le mobile n’est pas une unité absolue mais un tout composé de partie. Un tout dont une partie perdure, lorsque l’autre change. Une partie est immuable, tandis que l’autre non. Par exemple, je suis la même personne qu’il y a 10 ans malgré le fait que toutes les cellules de mon corps ont changer, malgré le fait que j’ai vécu de nouvelles choses qui ont changer mon caractère. La question qui divise les philosophes est justement la nature de cette partie qui demeure. Pour Platon c’est une ressemblance aux idées, la partie qui demeure est donc extrinsèque au mobile. Pour Aristote, ce qui ne change pas est dans chaque sujet, il nome cela la forme. Mais ça… C’est encore un autre sujet.

    Toute cette thèse (réfutation de Parménide et d’Héraclite, étude du mobile) est développé par Aristote, dans La physique. Ce livre est obscure et difficile à lire mais il existe des commentaires qui le rende un petit peu plus accessible, comme celui de Thomas d’Aquin (disponible en français sur le net) qui reste difficile mais plus accessible. C’est une étude absolument passionnante, qui chercher à définir le mouvement, le lieu et le temps.

    Ps: désolé pour l’orthographe, ce n’est pas mon fort!
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