Reprendre des études de lettres et de latin à 60 ans

Bonjour !

J'ai 60 ans, ingé pré-retraité, mais plutôt littéraire dans l'âme, j'aimerais profiter de mes disponibilités pour reprendre des études de lettres et de latin. Je souhaiterais pousser l'exercice jusqu'au bout, c'est à dire essayer de décrocher une licence, quitte à prendre une ou deux années supplémentaires pour y arriver. Non que j'aie besoin d'un diplôme, mais je suis plutôt flemmard de nature, et je sais que la perspective d'avoir régulièrement des examens à passer me donnera le "coup de pied au derrière" virtuel nécessaire lorsque ma motivation sera défaillante. Je l'ai fait pour le japonais il y a une dizaine d'années, et je m'en suis plutôt bien porté...

Je me donne un an pour me préparer, que me conseilleriez vous pour me remettre le pied a l'étrier ?

- Latin : j'en ai fait 4 ans, j'ai bien sûr tout oublié à part quelques déclinaisons et l'histoire d'un mec qui insiste absolument pour qu'on détruise Carthage, mais je pense que ça pourrait revenir assez vite. J'ai feuilleté le bouquin de Simone Deléani, que j'ai trouvé intéressant à lire, mais d'une approche pédagogique que je trouve assez ...tourneboulante : comme il faut aller vite, on avance un peu sur tous les terrains à la fois, et ça me fait l'effet d'un joyeux b... euuh ....d'une joyeuse pagaille où je ne me retrouve pas entièrement ...

- Lettres : J'avais plutôt un bon niveau quand j'ai passé le Bac, mais j'imagine que les cours de Français dispensés aujourd'hui en 1ere n'ont plus grand chose a voir avec ceux d'il y a presque 50 ans, et que la nature des exercices , et plus généralement des "attendus", ont pu changer ? Ou en est-on toujours au bon vieux commentaire composé et à la non moins bonne vieille dissertation ?

Merci de votre aide ! :)
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Réponses

  • mais j'imagine que les cours de Français dispensés aujourd'hui en 1ere n'ont plus grand chose a voir avec ceux d'il y a presque 50 ans,
    Bonjour Jeandantony,
    Effectivement, l'approche est légèrement différente, les termes de l'analyse également, et ils sont devenus plus pompeux au fur et à mesure que les élèves savaient de moins en moins écrire. Mais si vous n'êtes pas rebuté par la problématique, les axes, et tout un jargon inutile...La littérature elle, n'a pas changé.
    Vous parlez du français de première, mais j'imagine que vous ne pensez pas devoir repasser l'épreuve de français de première ?!
    Si vous voulez passer une licence, il est seulement nécessaire de se renseigner sur le programme, et sur le caractère des épreuves.
    Je ne sais si vous voulez travailler seul, mais les universités publiques sont ouvertes à tous, quel que soit l’âge, ou si vous ne souhaitez pas retourner à l’université, pensez au CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) qui propose des préparations aux examens et aux concours par correspondance. Les cours sont envoyés chez vous ou en ligne (en format PDF, PowerPoint, vidéo ou audio).
  • Un grand merci, Laoshi, pour cette réponse rapide ! Non, rassurez-vous, je n’envisageais pas de repasser le « bac de Français », je voulais simplement dire que c’est probablement le niveau ( moyennant quelques ravalements de facade...) que j ai actuellement.

    Par experience, je sais que l’enseignement par correspondance ne me convient pas vraiment sur le moyen et long terme : j ai aussi besoin pour me motiver de la « tension » ( sans doute un reste d’esprit compétitif ...) qu’apporte l’enseignement classique, et aussi des échanges humains qui vont avec .

    J ai aussi des réticences - toutes personnelles - sur les formules du genre université pour tous . si je reprends des études, c’est pour tenter d’acquérir de nouvelles compétences , et m’y engager sérieusement ... s’ il s’agit juste de se « cultiver agréablement » un ou deux soirs par semaine... je verrai ça dans une dizaine d’années !

    Puis-je vous demander encore quelques conseils de lecture , surtout dans le domaine lettres ?.. je pense en particulier des ouvrages qui me permettent de me familiariser avec l’approche « moderne » des textes : axes, problématiques, et toute cette sorte de choses ...

    merci encore pour votre réponse!
    J.
  • J'ai bien entendu que le style université du temps libre n'était pas ce que vous recherchiez. Cela ne débouche de toute façon sur aucun examen.
    Vous pouvez trouver des renseignements dans les fiches-méthode de ce site même, ou sur d'autres sites comme
    http://www.site-magister.com/index2.htm
  • Laoshi a écrit:
    Bonjour Jeandantony,
    Effectivement, l'approche est légèrement différente, les termes de l'analyse également, et ils sont devenus plus pompeux au fur et à mesure que les élèves savaient de moins en moins écrire. Mais si vous n'êtes pas rebuté par la problématique, les axes, et tout un jargon inutile...La littérature elle, n'a pas changé.

    Légèrement tendancieux, comme analyse, et même inexact dans le principe...
    Par contre, je ne peux pas argumenter sous peine de sortir du sujet.
  • Tout à fait tendancieux, j’en conviens, et j’assume. J’ai le défaut d’aimer la simplicité et la clarté dans l’expression.
    Inexact, tu n’es pas plus qualifié que moi pour l’affirmer, mon cher Jacques.
  • Merci à tous les deux de vos réponses... :)

    Lorsque je regarde les documents relatifs aux épreuves de francais de 1ere (n'ayant pas fait d'études supérieures littéraires, je ne me permettrais pas d'émettre un avis sur ce qui a pu se passer à un niveau plus élevé) je suis effectivement frappé par ... disons la complexification du vocabulaire ! Jargon ou souci d'une plus grande précision, je laisse à des personnes plus qualifiées que moi le soin de trancher la question :)

    Tout ce que je peux dire, c'est que ma bible en classe de 1ere était un vieux bouquin tout jauni (avec des pages coupées au coupe-papier !) sur la dissertation littéraire que m'avait donné une de mes tantes, qui était en fac de lettres vers 1950 (les auteurs étaient je crois Chastang et Senninger ? ) : j'avais l'impression - sans doute à tort ;) - de lire des textes assez limpides et d'en comprendre la plus grande partie... ce qui est loin d'être le cas pour certains développements modernes de niveau 1ere que je découvre ces jours-ci ... l'âge sans doute ...

    Dans une discipline que je connais mieux, les mathématiques, une commission d'experts (il s'agissait je crois de la commission Lichnerowicz, présidée par le professeur au Collège de France du même nom) avait proposé, vers 1970, dans un louable souci de clarté et de rigueur, de remplacer dans les manuels de collège, le terme d'angle, qui, sans doute, avait jeté des générations de têtes blondes dans une perplexité mêlée d'effroi, par celui, bien plus rassurant et familier, de secteur angulaire saillant lié...
  • De quels documents parlez-vous au début de votre message ?

    Dans les instructions officielles, où sont la complexité et le jargon évoqué plus haut ?

    http://www.education.gouv.fr/cid53318/mene1019760a.html
  • ArtzArtz Membre
    Pour ce qui a été de mon parcours en lettre (khâgne), on nous recommandait une grande clarté et "une certaine sensibilité au texte" plutôt qu'un appareillage critique trop lourd. Cela n'est probablement pas exempt de problèmes (qu'est-ce qu'une sensibilité au texte précisément ?), et c'était peut-être une réaction à ce que Laoshi évoque dans les études secondaires, mais toujours est-il qu'on ne m'incitait pas au jargon.

    Personnellement, je ne m'en inquiéterais pas trop.

    Quant au fond :
    - Personnellement, j'ai appris dans le Déléani. Je pense qu'il faut s'aider d'un livre de grammaire à côté. Je recommanderais la Sausy, qui est assez complète (du moins qui l'était suffisamment pour l'ambition qui était la mienne, mais je n'étais pas un spécialiste de lettres classiques) et la Cart & Grimal qui est très synthétique. Si le projet est de lire le latin de façon courante, je conseillerais également Les Mots latins de Martin, qui donne le vocabulaire de base (en présentant les mots tirés d'une même racine, ce qui a facilité mon apprentissage). Enfin, j'ai beaucoup bénéficié de Lingua Latina Per Se Illustrata d'Orberg, un manuel de latin entièrement en latin, conçu à la façon des manuels de langues modernes. Cela m'a permis de comprendre que le latin était une langue, donc qu'il était écrit pour être compris.

    - Le commentaire et la dissertation sont sans doute assez proches de ce que vous avez connu. Et puis, si ça n'est pas le cas, vous rectifierez le tir, ce n'est sans doute pas un problème ! En ce qui concerne la culture littéraire, je m'étais fixé pour ambition à la fin du secondaire de connaître au moins un auteur de chaque grand courant littéraire (classicisme, baroque, surréalisme, que sais-je...). Vous pouvez toujours lire les grands auteurs critiques, si vous souhaitez mettre un pied dans la chose (je trouve Genette assez abordable pour une première approche, dont je recommanderais les Figures ou alors Le Plaisir du texte de Barthes), mais je pense que connaître un peu le canon des grands auteurs est plus "utile", pour ne pas dire plus plaisant.

    Amusez-vous bien ! :)
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Jeandantony a écrit:
    Tout ce que je peux dire, c'est que ma bible en classe de 1ere était un vieux bouquin tout jauni (avec des pages coupées au coupe-papier !) sur la dissertation littéraire que m'avait donné une de mes tantes, qui était en fac de lettres vers 1950 (les auteurs étaient je crois Chastang et Senninger ? )
    Chassang &Senninger
  • Je n’ai pas connu ces ouvrages tout jaunis. :D
    Bien que plus vieille que Jean, je dois être plus jeune que sa tante...
    Ce que dit Artz concernant le français au moins me paraît frappé au coin du bon sens.
    Pour ce qui est du latin, je ne connais pas le Deleani. J’utilisais sans doute d’autres ouvrages, dont j’ai oublié le nom, mais nous lisions surtout les auteurs anciens, faisions versions et thèmes... J’etais dans la série Lettres classiques. Je ne sais pas si le latin est obligatoire pour passer une licence de lettres modernes...
  • Jeandantony a écrit:
    Dans une discipline que je connais mieux, les mathématiques, une commission d'experts (il s'agissait je crois de la commission Lichnerowicz, présidée par le professeur au Collège de France du même nom) avait proposé, vers 1970, dans un louable souci de clarté et de rigueur, de remplacer dans les manuels de collège, le terme d'angle, qui, sans doute, avait jeté des générations de têtes blondes dans une perplexité mêlée d'effroi, par celui, bien plus rassurant et familier, de secteur angulaire saillant lié...

    Comment expliquez-vous que "secteur angulaire" soit toujours utilisé dans les programmes du collège ?
    Par contre je n'ai pas trouvé secteur angulaire saillant lié. Comment l'interprèteriez-vous ?


    Le latin n'est plus proposé dans toutes les licences de Lettres modernes, et parfois seulement à partir de la deuxième année. Il n'est pas nécessaire au CAPES, seulement à l'agrégation.
    Sauf à vouloir choisir un cours de latin confirmé, très rarement proposé en licence de Lettres modernes, je ne vois pas l'intérêt d'investir dans des livres de latin. Sinon, bien sûr il faut choisir le Deleani et le terminer avant la rentrée !
  • Merci à toutes et tous pour ces conseils et informations !

    - ouiii ! merci lamaneur ! :) C'était Chassang et non Chastang ! J'ai eu le plaisir de voir que ce livre était toujours en circulation, je vais peut-être me l'offrir (j'ai hélas perdu l'exemplaire de ma tante dans un de mes déménagements..), ne serait-ce que pour profiter d'un moment de proustimadeleinitude.

    - j'ai retrouvé par contre ma vieille grammaire latine de Cart, Grimal, et al. Et je viens de recevoir la Sausy, qui me parait effectivement très bien.

    - Concernant le Deléani, je ne mets pas en cause la qualité de l'ouvrage, que j'ai vu encensé un peu partout, c'est simplement une question "d'atomes crochus": disons que la méthode d'exposition me met un peu mal à l'aise... Et puis, il y a quand même des moments où il faut s'accrocher : les explications (que je trouve personnellement assez fumeuses sachant que l'auteur est censée s'adresser à des débutants) sur les notions de thème, de suffixes, de désinences ont réussi a m'embrouiller complètement ! Et je ne parle pas de la "commutation des morphèmes" : on dirait un titre de film d'horreur... et effectivement, on n'en est pas loin :P ... Plus grave pour les étudiants qui travaillent seuls, il manque des exercices avec corrigés...

    - Bref, sans aller jusqu'au "Censeo Deleanem delendam esse", j'ai tranché dans le vif et remis en vente mon exemplaire, et j'ai acquis la "Méthode de Langue Latine" de Famerie, Bodson, et Dubuisson, qui s'adresse au même public, et que je trouve plus claire, moins "papillonnante". Cerise sur le gâteau : elle comporte un grand nombre d'exercices corrigés.

    - J'ai aussi commencé la lecture de deux bouquins, que j'ai trouvés très accessibles et passionnants : la "Littérature latine" de Zehnacker et Fredouille (seul reproche, qui vaut pour la plupart des volumes de la collection Quadrige des PUF : il faut avoir ses yeux de vingt ans pour déchiffrer ...) , et la "Civilisation Romaine" de Grimal ...

    - Concernant les lettres françaises, ne sachant pas trop par où commencer, j'ai fait l'acquisition de "La littérature française" , un pavé multiauteurs de 1300 pages en 2 volumes publié dans la collection Folio Essais. Certains chapitres se lisent très facilement, d'autres sont moins accessibles... Et puis, j'ai presque honte de le dire, je crois que je vais descendre mes vieux Lagarde et Michard du grenier ! ;)

    - pour répondre a Anne345 : a) sur les affaires d'angle : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? b) sur le latin : d'une part je ne suis pas fixé sur une licence de lettres modernes, et d'autre part, j'ai envie de refaire du latin pour mon plaisir, la licence est pour moi simplement un instrument de motivation sur le long terme, et une occasion de "voir du monde" ...
  • Secteur angulaire et angle ne sont pas synonymes. Un "matheux" devrait le comprendre.
  • Anne345 : je suis vraiment désolé de ne pas être suffisamment matheux pour vous, et confus de vous faire perdre votre temps ... Pour éviter de telles déconvenues, un conseil : ne vous adressez qu'à des gens qui vous méritent ... même si cela vous demande un peu de recherche...
  • D'autant qu'on est sur un site ... littéraire . :)
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