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Réponses

  • Tu as raison : "Il faut toujours viser la lune car même en cas d'échec on atterrit au milieu des étoiles." (O. Wilde)
  • Bonsoir! j'ai beau me renseigner sur internet, j'ai du mal à comprendre certaines choses quant au métiers d'enseignant chercheur (en lettres modernes éventuellement) Concrètement, après le bac, c'est combien d'années pour être enseignant chercheur? Doit-on vraiment passer tous les concours? (il y en a beaucoup quand même!)
    Personnellement, c'est le côté chercheur qui m'attire le plus..
  • Trois ans de licence, deux ans de master, au moins un an pour passer l'agrégation (qui est souvent nécessaire, mais c'est selon les matières), trois ans au moins pour le doctorat. A partir de là, on entre dans la "carrière" à proprement dit, mais ça ne veut pas dire qu'on a un poste pour autant.
  • Bonsoir,

    Je m'excuse d'avance pour les redites éventuelles.

    Pour devenir professeur des universités, professeur de littérature en particulier, certains titres me semblent difficilement dispensables (j'emploie "professeur" au sens général, en comprenant notamment les maîtres de conférence, dans la mesure où pour obtenir une HDR il faut déjà avoir enseigné en université).

    Grosso modo, il faut se dire que tout est bon à prendre : "tout", cela veut d'abord dire l'ENS, qui offre des avantages multiples en plus de la rémunération : accès à certaines bibliothèques, contacts plus faciles avec des enseignants déjà en poste, échanges avec des universités étrangères qui ont la réputation d'être prestigieuses, etc etc. Ensuite, il faudra compter avec l'agrégation, qui est un sésame quasi indispensable.

    Quand je dis "quasi", j'évalue en proportion des CV que j'ai pu consulter ça et là sur le net (de mes professeurs ou d'autres) : c'est une chose à faire si le métier vous intéresse. Il en ressort assez clairement que pour enseigner la littérature (française du moins, mais également en comparée) l'agrégation et l'ENS (dans une mesure un peu moindre) sont des titres non négligeables.

    Après, tout est relatif. Il y a par exemple une différence de taille entre la province et Paris, où les postes sont "naturellement" plus difficiles d'accès, car plus prisés. Ensuite, il existe une différence (quoique très relative) entre les siècles, puisque les XIX°/XX° ont la réputation d'être moins accessibles (ça, il faut voir : chez les dix-septiémistes par exemple, il n'est pas certain que les postes soient légion).

    Mais le plus important, à mon avis, c'est la thèse de doctorat, et donc l'intitulé de la thèse, bref le sujet des recherches. Il faut faire attention à combiner plusieurs aspects : d'abord, un sujet qui vous plaise, sans quoi vous vous ennuierez ; ensuite, un sujet "porteur", qui apporte réellement quelque chose du point de vue de la recherche et soit original ; enfin, un ou une directrice de recherche qui vous portera, car c'est extrêmement important. J'ai rencontré des professeurs qui n'étaient pas forcément normaliens (mais toujours agrégés, cela dit) mais dont la soutenance de thèse avait été une réussite et leur avait permis de décrocher des postes auxquels ils n'auraient pas cru pouvoir prétendre. Donc : ne pas se précipiter sur un sujet. Il faut prendre le temps. Je pense qu'avoir enseigné dans le secondaire avant sa thèse peut permettre de réfléchir. Chez certains directeurs, c'est même très apprécié.

    Dernière chose : un petit tour sur le site Fabula donnera un aperçu de la recherche à ceux pour qui le terme est encore confus (et en Lettres, il le sera toujours un peu : c'est tout l'intérêt).

    En espérant avoir éclairci certains aspects !
  • Et pour la thèse, j'ajoute : avoir un directeur de thèse qui vous introduise dans le milieu de la recherche, ce qui veut dire qui vous soutient, mais aussi qui a du pouvoir... (juste pour développer ce qui a été dit)
  • Bonjour !

    J'aurais besoin de votre aide pour mes études. Je souhaite enseigner à l'université en tant que professeur de lettres modernes. Je voulais au début enseigner les lettres classiques, mais comme mon lycée ne faisait pas Grec, je ne pouvais pas faire Lettres Classiques en ne faisant que du Latin.

    Bref, je souhaite entrer à Hypokhâgne l'année prochaine pour travailler les lettres modernes. J'aimerais par la suite passer mon master et travailler une thèse de doctorat pour devenir enseignant-chercheur à l'université.

    Le problème, c'est que voilà, pour enseigner faut être "chercheur" : C'est-à-dire "chercheur" ? J'aurais en effet souhaité profiter des horaires moins volumineux d'un professeur d'université pour être aussi journaliste (éventuellement, journaliste politique).

    J'aimerais savoir si vous auriez des conseils, qu'est-ce que fait un professeur-chercheur de lettres modernes ? Que doit-il faire dans ses conférences ?

    Merci beaucoup.
  • ComateenComateen Modérateur
    Etre chercheur est un boulot à part entière, je vois mal comment tu pourrais être journaliste à côté ;). Quand tu es enseignant-chercheur à la fac, ça signifie que tu as fait une thèse et que tu as obtenu un poste à la fac (en litté française, comparée ou linguistique). Tu as un certain nombre d'heures de cours à faire, tout en faisant des recherches dans ton domaine de spécialité. Tu es amené à participer à des séminaires, des colloques sur ce domaine, et tu dois aussi publier des articles dans des revues. Il y a moins d'heures de cours que dans le secondaire (du moins je pense) mais c'est tout aussi prenant.
  • Je ne réponds pas à la question de fond, mais si tu as déjà appris le latin, tu peux commencer en plus le grec l'année prochaine en hypokhâgne. Une fois que tu seras remis à niveau, tu peux tout à fait envisager un parcours en lettres classiques.
  • Quelques éléments de réponse CyrilM06:

    Etre journaliste en parallèle d'enseignant-chercheur: ne crois pas que c'est un métier qui va te laisser beaucoup de temps... Tu auras d'une part ta charge d'enseignement (qui, si elle est bien moins importante que dans le secondaire, n'est pas négligeable: moins d'heures de cours à faire, mais beaucoup plus de temps de préparation), des responsabilités administratives, des choses à gérer par rapport aux étudiants.
    Une fois passé le cap de maître de conférences (le "premier niveau" d'enseignant-chercheur, où en tant que "petit nouveau" tu dois faire pas mal de trucs qui prennent du temps et ne te conviennent pas forcément), si tu deviens professeur: tu passeras beaucoup de temps à t'occuper d'étudiants et de leurs travaux de recherche.
    En ce qui concerne la recherche elle-même, c'est aussi très prenant: il ne s'agit pas juste décrire un article quand il y a le temps ou l'envie. Il faut chercher des colloques, éventuellement en organiser, entretenir des relations avec d'autres enseignants-chercheurs (de ton université et d'autres universités, dans ton domaine), te tenir au courant de ce qui se fait dans ton domaine (histoire de ne pas réinventer la poudre), etc.

    En plus, le statut de fonctionnaire t'interdit d'exercer deux métiers (sauf quelques rares cas, dont il a déjà été question sur le forum: les enseignants en fac de droit peuvent être avocats, par exemple). Je ne sais pas ce qu'il en est du métier de journaliste.

    Pour ce qui est du travail de chercheur: pour en avoir une meilleure idée, tu peux aller fureter sur le site Fabula par exemple (http://recherche.fabula.org/) tu trouveras des intitulés de colloques, des appel à participation, et parfois des compte-rendu de colloques en ligne. Ca te donnera déjà une idée de ce qu'écrivent les chercheurs :)

    En tant qu'enseignant chercheur, tu es obligé de faire du travail de recherche (cela fait partie de ton statut). Sans cela, tu passes dans un statut parallèle, où tu ne fais plus de recherche, mais que de l'enseignement (et beaucoup plus, bien sûr).

    Lettres classiques/modernes: l'hypokhâgne est indifférenciée. C'est l'année suivante, en khâgne, que tu choisis. Tu as la possibilité de commencer le grec en hypo, en grand débutant (en général, c'est un cours intense et accéléré, qui permet d'avoir un niveau correct en entrant en khâgne). Il faut savoir que la très grande majorité des étudiants en Lettres Classiques (qu'ils passent par la fac ou la classe prépa) n'ont fait, au collège et lycée, que latin ou grec - rarement les deux. Tu peux donc envisager sans problème un cursus de Lettres Classiques :)
  • Je vous remercie pour vos réponses vraiment très intéressantes et qui m'en font apprendre davantage sur le métier que je souhaite réaliser. L'agrégation de Lettres Modernes est-elle plus dure ou plus simple que l'agrégation de Lettres Classiques ? Car je souhaite passer mon agrégation après mon master et j'ai peur qu'avec moins d'années de travail en Grec, je me retrouve le bec dans l'eau au moment de passer mon agrég.

    Merci d'avance :-)
  • Anecdote : Laurent Fabius devant passer une agrégation pour l'ENS et trouvant subjective la notation de celle de philosophie, peu pour lui celle d'Histoire, difficile le grec ancien de celle de lettres classiques, il choisit la plus facile, celle de lettres modernes. :D
  • JehanJehan Modérateur
    "trouvant (...) peu pour lui celle d'histoire"
    C'est-à-dire ?
  • Jehan a écrit:
    "trouvant (...) peu pour lui celle d'histoire"
    C'est-à-dire ?
    Je ne me souviens plus très bien de ce que m'a rapporté Delia de son autobiographie (ou biographie) mais je crois qu'il aimait moins l'Histoire, que cette agrégation exigeait trop ou que ses connaissances étaient insuffisantes... Mais je suis certain quant aux autres agrégations.
  • Disons que c'est...l'avis de Fabius ^^

    Une amie agrégée de Lettres Classiques, quand elle a su que je préparais l'agreg de Lettres Modernes, m'a dit qu'elle aurait considéré ça comme mission impossible pour elle (alors qu'elle a un niveau autrement plus élevé que le mien) (c'était ma prof de français en prépa), vu l'étendue du programme à maîtriser.

    Donc la "difficulté" reste tout de même assez subjective... ;)

    Cyril M06: les programmes sont surtout très différents. L'agreg de LC met l'accent sur le latin et le grec (thème, version, puis étude de texte à l'oral), alors que celle de LM a des "épreuves techniques" différentes (ancien français, grammaire et stylistique), et la dissertation de littérature comparée.
    Si tu veux avoir une idée, regarde le site du ministère pour voir les programmes des deux agrégations, et les sujets: ça te donnera une idée :) Par contre, ne te fais pas peur, hein... quand on n'est pas dedans cela semble insurmontable, mais une fois dans le bain, on s'en sort ^^ (je te conseille de ne regarder que les sujets, pas les rapports de jury, souvent décourageants: tu auras le temps quand tu seras dans la course)
    http://www.education.gouv.fr/cid58356/programmes-des-concours-du-second-degre-de-la-session-2014.html#Concours_externe%20de%20l%27agr%C3%A9gation
    http://www.education.gouv.fr/cid67061/sujets-des-epreuves-d-admissibilite-des-concours-de-l-agregation-de-la-session-2013.html
  • Mirliton a écrit:
    Il faut savoir que la très grande majorité des étudiants en Lettres Classiques (qu'ils passent par la fac ou la classe prépa) n'ont fait, au collège et lycée, que latin ou grec - rarement les deux. Tu peux donc envisager sans problème un cursus de Lettres Classiques :)
    Je confirme et je vais même plus loin : il est possible d'intégrer un cursus de Lettres Classiques sans avoir de connaissances en langues anciennes : J'ai fait seulement un an de grec ancien en 3ème, j'ai arrêté au lycée où j'ai fait du japonais pendant trois ans, suivis de deux ans de LLCE Japonais (1ère année réussie, décrochage et échec à la seconde), puis d'un an d'"actorat" dans une école privée de cinéma. Après ça j'ai voulu intégrer une licence de Lettres et j'ai fait plusieurs demandes un peu partout en Lettres Modernes et Lettres Classiques. Avec ce dossier (et une absence quasi totale d'études en langues anciennes), j'ai été acceptée en L1 de Langues Classiques à la Sorbonne (mais j'ai décliné et fait une licence de Lettres Modernes à Paris 3). Donc ne pas avoir fait deux (ou de) langues anciennes ne doit sûrement pas être un obstacle insurmontable.

    J'aimerais également recueillir vos avis sur l'accession au métier d'enseignant chercheur.

    Je vous résume à nouveau brièvement mon parcours du lycée jusqu'à aujourd'hui pour vous situer, parce qu'il s'agit d'un véritable labyrinthe... Version courte : L1 LLCE Japonais mention AB, L2 abandonnée, 1 an d'école de cinéma, 3 ans de licence de Lettres Modernes à P3 mention B, M1 Web en alternance (actuellement)
    Version exhaustive :
    J'ai donc fait un bac L, avec seulement une mention passable (partiellement due à de lourds problèmes de santé avec déscolarisation en février, mais aussi à un manque de travail préalable et de motivation je l'admets). J'ai poursuivi en L1 de LLCE Japonais à Bordeaux III que j'ai eue avec mention Assez Bien. De retour à Paris, j'ai fait ma L2 à l'INALCO mais je suis retombée malade, l'enseignement ne me convenait pas et j'ai décroché. J'ai enchaîné avec une année de jeu d'acteur dans une école privée de cinéma mais je me suis rendue compte qu'être devant la caméra ne me correspondait pas, et que ce que je voulais réellement, c'était me plonger dans la littérature (écrire, lire, étudier les courants, les oeuvres, la langue française,...).
    Donc j'ai rempli des dossiers pour plusieurs universités et j'ai choisi la licence de Lettres Modernes de la Sorbonne Nouvelle, sans savoir dans quelle direction professionnelle je me dirigerais ensuite. Je l'ai validée avec mention Bien, et je suis tombée amoureuse de littérature médiévale en 2ème année et me suis spécialisée en L3 (mon cours "majeur" de littérature était de la littérature médiévale et j'ai choisi des options en ancien français, mais le reste était commun à tous les parcours).

    Arrivée en dernière année, je me suis réellement demandé ce que j'allais faire. Je suis passionnée de littérature et tout particulièrement de littérature médiévale et XVIème. J'adorais étudier et j'ai même suivi des cours de latin en auditeur libre au cas où je prenne la décision de continuer et à terme de passer l'agreg.
    Mais à l'époque j'étais vraiment contre l'idée de devenir prof. Ca me rebutais complètement, je voulais seulement faire de la recherche. Quand j'ai demandé l'avis de ma professeur de littérature médiévale elle m'a répondu très honnêtement et m'a parlé de son parcours. La quasi obligation de passer l'agreg me posait problème et j'avais peur de passer des moments vraiment difficiles entre le moment où je commencerai mon master et le moment où je serai considérée comme une "professionnelle", avec la hantise de ne jamais avoir de poste de chercheur.

    J'ai donc abandonné et j'ai été prise dans un master Culture et Métiers du Web en alternance cette année (2013-2014).
    Mais je me rends compte que l'étude de la littérature me manque énormément et l'émulation intellectuelle du master dans lequel je suis est très inférieure à celle dont je jouissais en licence. J'ai peur de me retrouver à faire un métier peut-être plus confortable du côté "pratique" que celui de chercheur (rémunération, emploi, style de vie) mais qui m'ennuiera assez vite et ne me plaira plus dans quelques années. Même si en étant objective, le web est un domaine qui me plaît (mais bien derrière la littérature médiévale) et qui permet le renouvellement.
    J'ai également conscience qu'être chercheur ou enseignant chercheur n'est pas toujours une partie de plaisir et que je ne ferai bien sûr pas uniquement des choses qui m'intéresseront. Et maintenant que je ne me plais pas dans mon master, j'ai revu mes exigences à la baisse et être professeur (à l'université), s'il le faut pour avoir un poste de chercheur, ne me rebute plus. Je pense même que c'est quelque chose qui pourrait me plaire. Mais je ne souhaite absolument pas être "seulement" professeur (dans le secondaire par exemple), pour moi ce serait un moyen de faire de la recherche.

    Bref, donc mes questions sont les suivantes, dans l'optique où je me redirigerais vers la littérature médiévale :
    -Pensez-vous qu'il soit plus réaliste qu'avec mon parcours à rallonge je valide d'abord un master 2 dans mon master actuel pour avoir le diplôme ? Dans ce cas pensez-vous qu'il soit possible que je fasse le M1 à distance avec le dispositif de Paris 3 ?
    -Pensez-vous que je puisse être acceptée en Master 2 de littérature en ayant fait un Master 1 web (sachant qu'il est catégorisé "SHS - communication" et que je dois faire un mémoire de recherche de 80 à 100 pages en M1, et que j'espère le valider avec minimum mention Bien, dans l'idéal mention Très Bien) ?
    -Dans le cas où je reprendrai en M1, est-ce que certains d'entre vous aurait fait le Master d'Etudes Médiévales co-habilité P3, P4, ENS et ENC ? C'est celui qui me plairait le plus et j'aimerais vraiment l'intégrer. Sinon je me dirigerai vers Paris 3 ou la Sorbonne.
    -J'ai également lu toutes les réponses de ce sujet mais si vous avez de nouveaux avis, témoignages ou avis divergents en ce qui concerne la possibilité d'un parcours sans agrégation, je suis preneuse.
    -Est-ce possible selon vous d'être chercheur en littérature médiévale sans être enseignant chercheur ou est-ce complètement irréaliste ?
    -Pouvez-vous me parler des années suivant le master 2, comment cela se passe-t-il pour être chargé de TD, etc, peut-on avoir un poste à l'université, comment cela se passe-t-il ?
    -Quel est le "marché" de la littérature médiévale : peu d'intéressés j'imagine, mais peu de postes également ?

    J'espère n'avoir pas plongé tout le monde dans le sommeil avec mon roman, et je vous remercie de vos réponses si vous en avez !
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