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Réponses

  • Pour revenir à l'utilisation très abondante du français dans "Guerre et Paix" de Léon Tolstoï, je tiens à préciser que l'aristocratie russe utilisait le français à l'époque tsariste. D'ailleurs toutes les cours européennes parlaient le français entre le dix-septième et le dix-neuvième siècle. Toute l'Europe parlait le français: c'était la langue diplomatique à cette époque. C'est seulement après la première guerre mondiale que l'anglais a supplanté le français comme langue internationale.
    Maintenant je réponds à la question de ce forum. Je suis un peu gêné après toutes ces oeuvres majeures que vous avez citées de dire que je viens de finir Jean d'Ormesson: "Casimir mène la grande vie" et que j'enchaîne avec: "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle".
    Bien sûr j'ai aussi lu un grand nombre des oeuvres citées précédemment, notamment les romans russes que j'ai énormément appréciés. Mais, pour moi, Jean d'Ormesson c'est la culture humaniste, progressiste et optimiste qui fait de la résistance dans un univers violent, vulgaire et décadent depuis plus d'un siècle.
    On oublie ses grands romans: La gloire de l'Empire et Au plaisir de Dieu. On le lira encore dans deux siècles alors qu'on aura totalement oublié tous ces gens qui nous cassent les oreilles dans tous les médias: les Houellebecq, Angot, Ernaux et tutti quanti....
  • Dans ce cas-là tu peux en parler sur le fil dédié à la littérature française : https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic1738-que-lisezvous-en-ce-moment.html

    :-)
  • Eh bien, merci beaucoup Freddy ! Vous êtes une vraie mine d'informations, c'est exactement ce qu'il me fallait ! :)
  • Je viens de me rendre compte que ce forum était dédié aux oeuvres étrangères uniquement. Je suis vraiment désolé. En littérature étrangère j'ai surtout lu les romans de Jane Austen et bien entendu les romans russes. Mon roman préféré reste "Humiliés et offensés" de Dostoïevski.
    Un petit mot sur "Anna Karénine" de Tolstoï cependant. Le personnage m'a fasciné. Comment ne pas comparer Anna Karénine avec Emma Bovary. Toutes les deux rencontrent des amants médiocres et leurs maris ont des réponses inadaptées à leurs situations. Emma a un mari faible, influençable, sous le joug de sa mère et qui n'est pas du tout à la hauteur de ce qu'elle attend de lui en tant que mari. Anna a un mari autoritaire, soucieux de son statut social, inquiet pour sa réputation. Il lui retire la garde de son fils qu'elle adore alors que son amant est embarrassé par ce fils. Il finit d'ailleurs par délaisser Anna pour épouser la fille que lui impose sa mère.
    Malgré tout je préfère Anna à Emma. Anna est une femme plus libre, plus intelligente qu'Emma. Elle a plus de prise sur son destin. C'est le chantage de son mari et l'abandon de son amant qui la poussent à sa fin fatale. Emma est une écervelée. C'est la faiblesse de son mari et son incapacité à lui donner un cadre après ses échecs avec des amants médiocres qui la poussent au suicide. Karénine voit bien l'embarras de sa femme mais il l'enfonce de plus en plus alors que Charles ne voit rien du drame de sa femme. Karénine est un homme intelligent, conscient du mal qu'il fait à sa femme. Charles est un homme faible et sans intelligence qui ne se rend pas compte des souffrances de sa femme.
  • Je ne l'ai pas encore commencé, mais acheté aujourd'hui : Summer, de Monica Sabolo.

    La jeune Summer, 19 ans, disparaît lors d'un pique-nique au bord du lac Léman. Vingt-cinq ans plus tard, son frère est hanté par le souvenir de sa sœur. Celle-ci lui apparaît dans ses rêves, des visions, etc. Petit à petit, il va plonger dans les sombres secrets de sa famille.

    J'ai toujours adoré ces histoires de cold case, comme Un souffle, une ombre, dont j'ai déjà parlé sur ce forum.
  • Donau a écrit:
    Un petit mot sur "Anna Karénine" de Tolstoï cependant. Le personnage m'a fasciné. Comment ne pas comparer Anna Karénine avec Emma Bovary.

    C'est vrai qu'on peut être tenté de rapprocher les deux héroïnes, mais les intentions des deux romanciers sont différentes, et surtout leur écriture.
    Il ne faut pas non plus réduire le roman à Anna, malgré son importance.
  • Oui, j'avais aussi été frappé par certaines similitudes entre ces deux femmes.

    Cela dit, comme vous dites Yvain, les autres personnages sont très importants. En fait j'ai un peu l'impression qu'avec les romans classiques russes, tous les personnages sont des personnages principaux.
  • Oui, parce que les vrais héros des romans de Tolstoï sont collectifs : la noblesse (Anna K., la G. et la P.) et le peuple (la G. et la P.).
  • Oui, et j’ai l’impression qu’il s'intéresse surtout aux interactions entre les différents personnages qu’aux actes individuels.
  • Yvain, j'ai une question (récurrente) à propos des classiques de la littérature russes : je les ai presque tous lus dans les éditions de La Pléiade, dans les traductions classiques de Sylvie Luneau, Henri Mongault, Boris de Schlœzer (pour Tolstoï, Dostoïevski, Tourguéniev, Leskov, Saltykov-Chtchédrine), Gustave Aucouturier (pour Griboïèdov, Lermontov et Pouchkine) ou encore Elsa Triolet (pour Tchékhov) pour ne citer que les plus connus.
    Et, pour la plupart, j'ai la ferme intention de les relire au moins une fois tant cette littérature me plaît.

    Il semble que certains, malgré les mérites qu'il reconnaissent à ces grands traducteurs du passé « pour leur époque », trouvent ces traductions un peu datées, voire peu fidèles aux textes originaux.

    On a beaucoup parlé de Markowicz pour de nouvelles traductions de Dostoievski, mais il paraît très critiqué (parce qu'il se voudrait « universel », traduisant aussi bien du chinois ou du grec ancien que du russe ?)...

    Quels seraient les éditeurs, versions et traducteurs à préférer s'il y en a ?
  • Je ne peux hélas pas vous éclairer, vu que je lis les auteurs russes dans le texte original, et que je n'achète guère de traductions. Je sais que Sylvie Luneau m'a égaré une fois sur le sens d'un proverbe que je croyais détourné, ce qui a provoqué une controverse (amicale) avec un membre du site. Mais on ne peut juger sur un aussi petit fait. Boris de Schlœzer est évidemment un grand nom, mais je le connais plus comme musicologue que comme traducteur ! Aucouturier a aussi traduit certains récits de Soljénitsyne.
    Désolé de ne pouvoir vous en dire plus.
  • Merci, Yvain ; j'aurais aimé pouvoir lire ces textes dans leur langue d'origine, comme vous le faites.
    Je continuerai donc à lire et relire les traductions proposées dans La Pléiade.
    Et pour Oblomov de Gontcharov, je pense que je vais acquérir l'édition dans la collection Bouquins chez Robert Laffont, dans sa version de 2016 qui contient également La Frégate Pallas.

    J'en profite pour signaler que j'ai terminé mon volume consacré aux Stoïciens, avec les Entretiens et le Manuel d'Épictète - ouvrages un peu arides mais instructifs, puis avec les Pensées de Marc-Aurèle que je ne peux que conseiller à tous. Je ne sais pas si l'on peut parler de modernité à propos de Marc-Aurèle, mais, malgré mes faibles connaissances de la philosophie, avec des écrits tels que ces Pensées, il me semble que les anciens avaient déjà réfléchi sur tous les grands sujets...
  • Bonjour,

    Moi j'ai commencé Avalanche Hotel, de Nicolas Tackian.

    Vraiment très chouette. Déjà, l'histoire se passe en Suisse dans le canton de Vaud, et la manière dont le récit est raconté est originale. Le héros, un policier, se réveille à l'hôpital après un coma de deux jours. Il a rêvé pendant ces deux jours qu'il en 1980 et qu'il était un détective privé qui devait retrouver une jeune cliente disparue. Une fois réveillé et de retour au commissariat il découvre que l'on a retrouvé une jeune femme inconsciente dans les montagnes et qu'elle avait sur elle une photo de la disparue…

    Je lis aussi Les hommes libres, de Frederic Lynn. L'histoire d'un jeune Français d'origine américaine qui est parti se battre aux côtés des séparatistes du Donbass.

    @ Freddy lombard

    Est-ce que vous avez pu commencer Oblomov ? Et si oui, qu'en avez-vous pensé ?


    Moi j'ai commencé Sympaty for the Devil.

    Pour l'instant, c'est peu emballant.


    Moi j'ai acheté pas mal de livres : dès que j'en vois un qui me plaît, je l'achète et tant pis si j'ai des lectures en retard. J'en ai que j'ai achetés en août 2018 et que je n'ai pas encore commencé.

    J'ai lu il y a quelques semaines Parfaite, avant qu'on ne parle d'en faire une série télévisée. C'est assez sympa de voir cette "romance" à travers les yeux d'un "malade". Le plus croyables est que ce personnage apparaît comme sympathique malgré ses actes. J'ai aussi lu La fille d'avant, qui raconte les "aventures" d'une jeune femme qui s'installe dans un appartement assez mystérieux.

    Là je suis occupé avec Devouchki, de Viktor Remizov, qui raconte l'arrivée à Moscou de deux jeunes "campagnardes" qui vont vite déchanter face à la réalité de la capitale.

    J'ai aussi terminé Maura Murray a disparu. C'est une enquête romancée qui raconte les recherches d'un journaliste qui s'est passionné pour l'affaire de la disparition de Maura Murray, qui n'a plus donné signe de vie depuis le 9 février 2004. De l'aveu même du journaliste, cette enquête est devenue une obsession et il a sorti un autre livre que je vais aussi commander.
    https://histoirescriminelles.fandom.com/fr/wiki/L%27affaire_Maura_Murray

    Je lis aussi de la bande dessinée et j'ai acheté The Division - Rémission, une BD adaptée du célèbre jeu vidéo. C'est très moyen et surtout mal dessiné, malheureusement.
  • Je viens de terminer
    L'ARBRE MONDE de Richard Powers.... EN fait je l'ai terminé hier matin... je n'arrive pas à me l'enlever de la tête... Beaucoup de poésie et un schéma narratif original. Il nous emmène bien au-dessus des cimes. Difficile de redescendre de l'arbre ensuite.
  • je lis Uglies :D un très bon roman sur la société de plus tard et du regard qu'on porte sur soit-meme :cool: déjà tome 3 et vous science fiction ou pas
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