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Réponses

  • @ Perluète

    Oui, c'est bien cela.

    Sinon toute cette première bataille tient plus du hasard que de la stratégie/tactique : ordres qui ne parviennent pas à destination, généraux (Bagration) qui font semblant de commander, troupes constamment prises par surprise (preuve que pas grand chose n'a été anticipé par les chefs militaires)...

    Un "beau" bazar.
  • J'ai beaucoup aimé les traductions de Tolstoï par Henri Mongault et Sylvie Luneau, que l'on retrouve à La Pléiade pour La Guerre et la paix et pour Anna Karénine. Les traductions du russe de Boris Schlœzer et les notes de Gustave Aucouturier sont également hautement recommandables.
    Je ne me place ici que du point de vue du lecteur : leur français est fluide, on est dans un « esprit russe » (du moins, ce que j'en ressens en tant que lecteur passionné par cette littérature russe du XIXe siècle....)

    Cette même traduction se retrouve chez Marabout pour Anna Karénine, alors que la traduction au Livre de Poche en était, de mon point de vue, imbuvable, avec des formules étranges, des tournures pas très françaises, peut-être du mot-à-mot qui se veut fidèle, mais en tous cas pas très agréable à lire.

    Pour ce qui est de la traduction de La Guerre et la paix, il semble que tu aies celle d'Élisabeth Guertik. Je ne la connais pas.

    Si je mentionne ces traductions, c'est que, par expérience, j'ai trouvé des ouvrages dont on pouvait se demander s'ils provenaient bien du même texte original. J'ai lu que plusieurs traductions de grands auteurs russes (notamment Dostoïevsky) avaient été effectuées d'après des traductions en anglais qui semblaient faire autorité ; sauf qu'en passant par l'anglais, il me semble que l'on risque quand-même de perdre un peu de l'esprit d'origine...
  • Je viens de voir la traduction du livre que j'ai : M. J.-BIENSTOCK et P. LAURENT.

    Bon, en avançant (un peu plus de 200 pages lues) je commence à m'y faire un peu plus, j'ai l'impression que ça devient plus fluide. Peut-être que c'est moi qui m'habitue au style des traducteurs.

    Pour Anna Karénine je l'ai lu aux éditions Pocket et j'avais trouvé ça agréable. Etrangement, il est écrit : "Traduction anonyme du russe parue en 1886".

    A propos d'Anna Karénine, je viens de penser à une chose : est-ce que Tolstoï la considère vraiment comme une héroïne ? Elle me fait un peu penser à Madame Bovary. C'est plus une anti-héroine. Elle veut faire les choses bien, mais ça reste une femme "perdue", prisonnière de ses passions et pulsions, tourmentée et qui subit plus qu'elle n'agit.
  • Sais-tu que Flaubert a dit un jour : "Madame Bovary, c'est moi ?"

    Pour ce qui est d'Anna, il est évident que Tolstoï n'est pas sans comprendre l'attitude de la société qui réprouve l'adultère d'Anna. Mais cette réprobation, il la caricature aussi (cf au théâtre !) car il n'adhère pas au puritanisme (souvent hypocrite) des sociétés aristocratiques. Ce qu'il reproche à Anna, c'est de briser la vie d'autres personnes, son mari (qu'il charge néanmoins de plus en plus dans le projets successifs) et surtout son fils. Mais il la présente aussi comme délaissée et pitoyable à la fin, et la scène de son suicide est un chef-d'œuvre. Tolstoï avait toujours pitié de la souffrance, mais c'est aussi la condition de la rédemption (cf la mort du frère de Lévin). Je crois par contre qu'il n'aimait vraiment pas Vronski !! :lol:

    Dans la G et la P, essaie de deviner quel était le personnage préféré de l'auteur. :rolleyes:

    Un jour, lis les Cosaques : une pure merveille.
  • Moi j'aime beaucoup le personnage d'Anna Karénine. Même si elle est parfois pitoyable et brise des vies, c'est toujours involontairement.

    Elle essaie juste d'être heureuse dans une société où sa personnalité tourmentée ne trouve pas sa place.

    Elle souffre aussi parfois beaucoup pour les autres, sans jamais recevoir finalement grand chose en retour.

    Je trouve qu'elle a un peu l'âme russe, face à des mœurs et des comportements froids et calculateurs.
  • Dans un tout autre registre, je lis le deuxième roman de Shilpi Somaya Gowda : “The golden son”.
    Les destins croisés d’un jeune Indien parti faire des études de médecine dans une Amérique qui n’est pas le paradis qu’il imaginait, et d’une jeune fille victime d’un mariage arrangé en Inde, ce qui nous plonge une fois de plus au cœur des contradictions et des problèmes du sous continent qui se veut la plus grande démocratie du monde...
  • Moi je lis La griffe du chien, de Don Winslow.

    Dans les années 80 et 90, on suit l'histoire de Art Keller, un agent de la DEA qui lutte contre les cartels de la drogue. En fait l'auteur emploie des personnages fictifs, mais raconte des événements réels, notamment le rôle joué par la CIA en Amérique centrale (financement d'organisations paramilitaires avec l'argent de la drogue, soutien des Contras au Nicaragua...).

    On découvre aussi l'évolution politique et sociale du Mexique à cette époque.

    Les 700 pages se lisent d'une traite.
  • En ce moment, je lis le théâtre de Plaute. Je viens de terminer :
    - Amphitryon
    - La Comédie des ânes
    - La Comédie de la marmite
    - Les Bacchis
    - Les Prisonniers
    - Casina ou les tireurs de sort
    - La Comédie de la corbeille
    - Charençon
    - Épidicus
    - Les Ménechmes
    - Le Marchand
    - Le Soldat fanfaron
    - La Comédie du fantôme
    - Le Perse
    - Le Carthaginois
    - L'Imposteur
    - Le Cordage


    Il m'en reste quelques unes à lire, avant d'aborder le théâtre de Terence.

    Quand on lit ce théâtre latin, on s'aperçoit que, non seulement ces pièces sont pour la plupart tirées de pièces grecques plus anciennes, mais encore que beaucoup de pièces française du répertoire classique doivent énormément à ce théâtre de l'Antiquité - ici, des comédies (désolé si j'enfonce des portes ouvertes : pour ma part, je découvre Plaute).
  • Quelle édition as-tu choisie ?
  • Comme d'habitude, celle de La Pléiade, ici une traduction de Pierre Grimal publiée en 1971.
  • Avec Grimal, on peut avoir confiance...
    Et oui, l'intertextualité, toujours l'intertextualité...

    J'ai lu Lolita de Nabokov. Livre sulfureux pour l'époque et surtout pour le pays (les USA des années 50).
    Mais on aurait tort de croire qu'il s'agit d'une apologie de la pédophilie.
    On y trouve du réalisme, des fantasmes, de la poésie et.. un meurtre. C'est très "spécial".

    Moralité : attention aux nymphettes qui peuvent naître dans les cerveaux masculins !
  • EmbuEmbu Membre
    J'ai récemment lu Premier amour de Tourgueniev.

    Je suis partagé sur la réaction du personnage principal.

    Certains d'entre-vous se souviennent-ils de cette oeuvre ?
  • Oui, encore un beau scandale, mais plus "classique", avec l'éternel problème de l'adultère... Mais ce qui a paru immoral, c'est le fait que le jeune héros se complaise dans la situation de son père et soit amoureux de la même femme que lui. L'adultère est un thème fréquent dans la littérature (cf. Anna Karénine), mais alors que chez Tolstoï, ce dernier s'inscrit dans un arrière-fond de critique des mœurs aristocratiques, et qu'il n'est pas le seul centre d'intérêt du livre en dépit de son titre, ici, les rapports sentimentaux "malsains" semblent constituer la matière même du livre. Du reste, Tourguéniev se défendait en disant que c'était sa propre biographie qu'il ne faisait que transposer.
  • Merci, Jacques ; ça me « rassure » ou ça me conforte dans le choix de La Pléiade comme premier guide pour découvrir des littératures que je méconnaissais.

    Je sais qu'il existe bien d'autres collections intéressantes (en particulier les classiques Garnier), mais ces derniers temps, j'étais un peu lassé de lire sur un blog dédié des réactions souvent négatives sur cette collection, au sens où les intervenants, probablement d'un niveau littéraire supérieur, prétendent tout le temps que l'appareil critique n'est pas assez ceci ou trop cela, qu'ils connaissent des éditions très supérieures, que Gallimard ne fait bien son travail, qu'eux-mêmes auraient probablement fait mieux... :rolleyes:

    Pour un lecteur qui débute ou qui découvre, je suis assez satisfait. Si un jour je décide d'aller plus loin sur telle ou telle période, je me renseignerai plus à fond pour connaître les meilleures traductions comparées, les plus belles éditions, etc. Pour l'instant, ce que je lis me paraît être convenable et suffisant pour mon premier niveau de lecture.

    Tiens, j'ai attaqué Térence : il me semble que c'est un peu plus complexe que Plaute, qu'il s'agisse de l'écriture, de l'histoire ou des caractères des personnages. Cela me donne l'impression que Térence serait à Plaute ce que Racine a été à Corneille : la nouvelle vague, la jeunesse qui monte, la fougue, un certain talent d'écriture. Néanmoins pas de quoi ringardiser son illustre aîné. :)

    En ce qui concerne Premier amour d'Ivan Tourguéniev, curieusement il ne figure pas parmi mes préférés. Embu, si tu aimes Tourguéniev, voici mes favoris (mais peut-être les as-tu déjà lus) - liste évidemment totalement subjective.

    Mes deux chouchous sont À la veille et Mémoires d'un chasseur

    Sinon, j'ai beaucoup aimé Nid de gentilhomme, Père et fils, Le Journal d'un homme de trop, Moumou , L'Auberge de grand chemin, Deux amis et Les Eaux tranquilles, ainsi que Un Bretteur, Pétouchkhov et Trois rencontres

    Édition du message, 11 avril :

    J’ai terminé la lecture de Résurrection de Léon Tolstoï, qui se situe à la suite d’Anna Karénine dans le même volume de La Pléiade.

    La version publiée ici est la première traduction française du manuscrit intégral de Tolstoï ; en effet, les versions initialement éditées d’abord dans la presse puis par les premiers éditeurs, avaient subi plus de 1000 coupures (!) dont certains paragraphes entiers pour des raisons de censure.

    Sur le plan de l’écriture, je place ce roman au même niveau qu’Anna Karénine ; quant aux idées et à la sensibilité exprimées, je le trouve supérieur aux deux grands classiques de Tolstoï.

    Et pour les amateurs de notes, il y a un « Dossier de Résurrection » assez complet.
  • Moi je lis Chacal, de Frederick Forsyth.

    Ce livre est un peu le précurseur de tous les romans d'espionnage et thriller moderne. Notamment pour mêler l'imaginaire au réel (les faits comme les personnages), la précision dans les descriptions (personnages et lieux) et l'exactitude technique (la mise au point du meurtre).

    Je viens seulement de le découvrir et j'adore.

    J'aime bien aussi le cadre de l'histoire, avec la France gaulliste des années 60. Aujourd'hui j'ai l'impression qu'on idéalise le Général alors qu'à l'époque il ne semblait pas autant apprécié.
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