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Réponses

  • C'est différent : tu n'avais pas parlé de mentalité, mais de politique.
    En effet, on voit nettement dans le roman que Napoléon ne contrôle pas grand chose ; Koutouzov est mieux traité, mais il finit dans une sorte de retraite (sans jeu de mots) car il comprend que les politiques ou les généraux n'ont pas d'influence réelle sur l'Histoire.
    C'est criticable, évidemment, mais comme tu le dis, Tolstoï pensait que la Providence s'incarnait dans le peuple et menait le monde par lui.
  • Mais pour Tolstoï, la Providence guide le peuple et s'incarne ainsi à travers lui, ou alors c'est le peuple qui peut changer le cours des choses en prenant les choses en main (et que les puissants ne peuvent rien y changer) ?

    Sinon à cette époque on voit l'influence allemande sur la Russie. Par exemple Koutouzov a le grade de Feldmarschall.
    C'est Pierre-le-Grand qui avait forcé son armée à se calquer sur le modèle allemand. Quand on connaît la suite de l'Histoire (2eGM) ça fait bizarre de voir quelqu'un avec un grade complètement germanique diriger l'armée russe.
  • Non : les individus ne sont pas conscients de ce qu'ils font et ne contrôlent pas grand chose. Relis les scènes de bataille : l'humour en moins, André, c'est Fabrice à Waterloo !
  • Ah mais j'ai seulement commencé à le lire. Je suis au tout début.

    Sinon c'est un message pour les puissants : ça ne sert à rien de s'opposer au peuple car, derrière ses actes, c'est la Providence qui est à la manœuvre. Le destin des dirigeants est un peu inéluctable.
  • Ou ce sont des fantoches, comme Napoléon.
    Cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire non plus, le providentialisme n'est pas du fatalisme.

    Tu as remarqué tous les passages en français ? Ils sont sûrement indiqués d'une manière ou d'une autre dans les éditions françaises, en italiques, peut-être ?
  • Oui, pas mal de passages en français en italique.

    Dans Anna Karénine, les personnages le parlait aussi.

    J'avance dans La Guerre et la paix, et je me demande justement si avec tous ces passages en français, Tolstoï ne rendait pas une bonne partie de son œuvre inaccessible aux Russes. Parce que ces passages sont vraiment très nombreux.

    Sinon, quelques personnages ont aussi des noms français... alors qu'ils sont Russes.
  • (Entre temps j'ai lu le premier tiers des Mille et une nuits ; je le signale, parce que c'est une lecture au long cours...)

    Je viens de terminer Barbabe Rudge de Charles Dickens.
    Je le place au firmament des Dickens, mais pour l'instant, je n'ai lu que sept de ses quinze grands romans.
    Il me faudra du temps, car je les aime tant que je les relis pour la plupart. :)
  • J'avance dans La Guerre et la Paix et le livre n'est pas facile à comprendre. Les tournures de phrases sont parfois bizarres (la traduction ?) et je ne comprends pas toujours ce que veulent dire les personnages.

    Sinon, si le français est omniprésent dans le livre, j'ai même lu un passage en allemand. On sait si Tolstoï parlait aussi cette langue ?
  • De qui est la traduction que tu lis (si tu lis bien une traduction) ?

    Parce que j'ai pu comparer trois traductions de cet ouvrage et trois d'Anna Karenine, et c'était le jour et la nuit... :/
  • Je ne sais pas.

    C'est un vieil exemplaire des éditions Marabout.

    https://pmcdn.priceminister.com/photo/835453322_MML.jpg

    En fait j'arrive à comprendre ce qui se dit, mais il faut sans cesse faire un gros effort pour "visualiser" ce que l'auteur traduit raconte.
  • Simon UA a écrit:
    J'avance dans La Guerre et la Paix et le livre n'est pas facile à comprendre. Les tournures de phrases sont parfois bizarres (la traduction ?) et je ne comprends pas toujours ce que veulent dire les personnages.

    Sinon, si le français est omniprésent dans le livre, j'ai même lu un passage en allemand. On sait si Tolstoï parlait aussi cette langue ?

    Tolstoï était polyglotte. Il avait même appris l'espéranto.

    Pour ce qui est de sa langue, elle est tout de même plus facile à comprendre que celle de Dostoievski, nerveuse et tourmentée. Tolstoi a toujours eu un parti-pris de clarté parce qu'il voulait écrire pour être compris du plus grand nombre et refusait l'art "gratuit". Son style est souvent ramassé, presque concis, mais c'est un auteur typiquement russe, et sa phrase peut en effet poser problème aux traducteurs. Il n'est pas si influencé qu'on pourrait le croire par la syntaxe française. Il faudrait que je donne des exemples, un jour peut-être.
  • En tout cas, si Tolsto décrit Napoléon et Koutouzov comme des fantoches, je viens de voir que c'est aussi le cas de Pyotr Bagration.
    Il fut très surpris de voir qu’en réalité le prince Bagration ne donnait aucun ordre, et cherchait tout bonnement à faire croire que ses intentions personnelles étaient en parfait accord avec ce qui était en réalité le simple effet de la force des circonstances, de la volonté de ses subordonnés, et des caprices du hasard.

    Ça me fait penser à la citation d'un personnage historique français dont j'ai oublié le nom : "si ces événements nous dépassent, feignons d'en être les instigateurs."
  • Oui, tu cites un exemple très pertinent.
    Koutouzov est mieux traité parce qu'il se rend compte de cela, à la fin. C'est comme cela qu'on peut comprendre sa "retraite".
    Car lui aussi, il fait sa retraite de Russie ! :lol:
  • Simon UA a écrit:
    Ça me fait penser à la citation d'un personnage historique français dont j'ai oublié le nom : "si ces événements nous dépassent, feignons d'en être les instigateurs."

    Ce ne serait pas cela ?

    C'est dans Les mariés de la Tour Eiffel qu'on trouve la phrase célèbre : «Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur.» http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Antigone-suivi-de-Les-Maries-de-la-Tour-Eiffel
  • Oui, mais Napoléon ne feint pas, lui ! :D
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