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Réponses

  • Oui, pas mal de passages en français en italique.

    Dans Anna Karénine, les personnages le parlait aussi.

    J'avance dans La Guerre et la paix, et je me demande justement si avec tous ces passages en français, Tolstoï ne rendait pas une bonne partie de son œuvre inaccessible aux Russes. Parce que ces passages sont vraiment très nombreux.

    Sinon, quelques personnages ont aussi des noms français... alors qu'ils sont Russes.
  • (Entre temps j'ai lu le premier tiers des Mille et une nuits ; je le signale, parce que c'est une lecture au long cours...)

    Je viens de terminer Barbabe Rudge de Charles Dickens.
    Je le place au firmament des Dickens, mais pour l'instant, je n'ai lu que sept de ses quinze grands romans.
    Il me faudra du temps, car je les aime tant que je les relis pour la plupart. :)
  • J'avance dans La Guerre et la Paix et le livre n'est pas facile à comprendre. Les tournures de phrases sont parfois bizarres (la traduction ?) et je ne comprends pas toujours ce que veulent dire les personnages.

    Sinon, si le français est omniprésent dans le livre, j'ai même lu un passage en allemand. On sait si Tolstoï parlait aussi cette langue ?
  • De qui est la traduction que tu lis (si tu lis bien une traduction) ?

    Parce que j'ai pu comparer trois traductions de cet ouvrage et trois d'Anna Karenine, et c'était le jour et la nuit... :/
  • Je ne sais pas.

    C'est un vieil exemplaire des éditions Marabout.

    https://pmcdn.priceminister.com/photo/835453322_MML.jpg

    En fait j'arrive à comprendre ce qui se dit, mais il faut sans cesse faire un gros effort pour "visualiser" ce que l'auteur traduit raconte.
  • Simon UA a écrit:
    J'avance dans La Guerre et la Paix et le livre n'est pas facile à comprendre. Les tournures de phrases sont parfois bizarres (la traduction ?) et je ne comprends pas toujours ce que veulent dire les personnages.

    Sinon, si le français est omniprésent dans le livre, j'ai même lu un passage en allemand. On sait si Tolstoï parlait aussi cette langue ?

    Tolstoï était polyglotte. Il avait même appris l'espéranto.

    Pour ce qui est de sa langue, elle est tout de même plus facile à comprendre que celle de Dostoievski, nerveuse et tourmentée. Tolstoi a toujours eu un parti-pris de clarté parce qu'il voulait écrire pour être compris du plus grand nombre et refusait l'art "gratuit". Son style est souvent ramassé, presque concis, mais c'est un auteur typiquement russe, et sa phrase peut en effet poser problème aux traducteurs. Il n'est pas si influencé qu'on pourrait le croire par la syntaxe française. Il faudrait que je donne des exemples, un jour peut-être.
  • En tout cas, si Tolsto décrit Napoléon et Koutouzov comme des fantoches, je viens de voir que c'est aussi le cas de Pyotr Bagration.
    Il fut très surpris de voir qu’en réalité le prince Bagration ne donnait aucun ordre, et cherchait tout bonnement à faire croire que ses intentions personnelles étaient en parfait accord avec ce qui était en réalité le simple effet de la force des circonstances, de la volonté de ses subordonnés, et des caprices du hasard.

    Ça me fait penser à la citation d'un personnage historique français dont j'ai oublié le nom : "si ces événements nous dépassent, feignons d'en être les instigateurs."
  • Oui, tu cites un exemple très pertinent.
    Koutouzov est mieux traité parce qu'il se rend compte de cela, à la fin. C'est comme cela qu'on peut comprendre sa "retraite".
    Car lui aussi, il fait sa retraite de Russie ! :lol:
  • Simon UA a écrit:
    Ça me fait penser à la citation d'un personnage historique français dont j'ai oublié le nom : "si ces événements nous dépassent, feignons d'en être les instigateurs."

    Ce ne serait pas cela ?

    C'est dans Les mariés de la Tour Eiffel qu'on trouve la phrase célèbre : «Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur.» http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio/Antigone-suivi-de-Les-Maries-de-la-Tour-Eiffel
  • Oui, mais Napoléon ne feint pas, lui ! :D
  • @ Perluète

    Oui, c'est bien cela.

    Sinon toute cette première bataille tient plus du hasard que de la stratégie/tactique : ordres qui ne parviennent pas à destination, généraux (Bagration) qui font semblant de commander, troupes constamment prises par surprise (preuve que pas grand chose n'a été anticipé par les chefs militaires)...

    Un "beau" bazar.
  • J'ai beaucoup aimé les traductions de Tolstoï par Henri Mongault et Sylvie Luneau, que l'on retrouve à La Pléiade pour La Guerre et la paix et pour Anna Karénine. Les traductions du russe de Boris Schlœzer et les notes de Gustave Aucouturier sont également hautement recommandables.
    Je ne me place ici que du point de vue du lecteur : leur français est fluide, on est dans un « esprit russe » (du moins, ce que j'en ressens en tant que lecteur passionné par cette littérature russe du XIXe siècle....)

    Cette même traduction se retrouve chez Marabout pour Anna Karénine, alors que la traduction au Livre de Poche en était, de mon point de vue, imbuvable, avec des formules étranges, des tournures pas très françaises, peut-être du mot-à-mot qui se veut fidèle, mais en tous cas pas très agréable à lire.

    Pour ce qui est de la traduction de La Guerre et la paix, il semble que tu aies celle d'Élisabeth Guertik. Je ne la connais pas.

    Si je mentionne ces traductions, c'est que, par expérience, j'ai trouvé des ouvrages dont on pouvait se demander s'ils provenaient bien du même texte original. J'ai lu que plusieurs traductions de grands auteurs russes (notamment Dostoïevsky) avaient été effectuées d'après des traductions en anglais qui semblaient faire autorité ; sauf qu'en passant par l'anglais, il me semble que l'on risque quand-même de perdre un peu de l'esprit d'origine...
  • Je viens de voir la traduction du livre que j'ai : M. J.-BIENSTOCK et P. LAURENT.

    Bon, en avançant (un peu plus de 200 pages lues) je commence à m'y faire un peu plus, j'ai l'impression que ça devient plus fluide. Peut-être que c'est moi qui m'habitue au style des traducteurs.

    Pour Anna Karénine je l'ai lu aux éditions Pocket et j'avais trouvé ça agréable. Etrangement, il est écrit : "Traduction anonyme du russe parue en 1886".

    A propos d'Anna Karénine, je viens de penser à une chose : est-ce que Tolstoï la considère vraiment comme une héroïne ? Elle me fait un peu penser à Madame Bovary. C'est plus une anti-héroine. Elle veut faire les choses bien, mais ça reste une femme "perdue", prisonnière de ses passions et pulsions, tourmentée et qui subit plus qu'elle n'agit.
  • Sais-tu que Flaubert a dit un jour : "Madame Bovary, c'est moi ?"

    Pour ce qui est d'Anna, il est évident que Tolstoï n'est pas sans comprendre l'attitude de la société qui réprouve l'adultère d'Anna. Mais cette réprobation, il la caricature aussi (cf au théâtre !) car il n'adhère pas au puritanisme (souvent hypocrite) des sociétés aristocratiques. Ce qu'il reproche à Anna, c'est de briser la vie d'autres personnes, son mari (qu'il charge néanmoins de plus en plus dans le projets successifs) et surtout son fils. Mais il la présente aussi comme délaissée et pitoyable à la fin, et la scène de son suicide est un chef-d'œuvre. Tolstoï avait toujours pitié de la souffrance, mais c'est aussi la condition de la rédemption (cf la mort du frère de Lévin). Je crois par contre qu'il n'aimait vraiment pas Vronski !! :lol:

    Dans la G et la P, essaie de deviner quel était le personnage préféré de l'auteur. :rolleyes:

    Un jour, lis les Cosaques : une pure merveille.
  • Moi j'aime beaucoup le personnage d'Anna Karénine. Même si elle est parfois pitoyable et brise des vies, c'est toujours involontairement.

    Elle essaie juste d'être heureuse dans une société où sa personnalité tourmentée ne trouve pas sa place.

    Elle souffre aussi parfois beaucoup pour les autres, sans jamais recevoir finalement grand chose en retour.

    Je trouve qu'elle a un peu l'âme russe, face à des mœurs et des comportements froids et calculateurs.
  • Dans un tout autre registre, je lis le deuxième roman de Shilpi Somaya Gowda : “The golden son”.
    Les destins croisés d’un jeune Indien parti faire des études de médecine dans une Amérique qui n’est pas le paradis qu’il imaginait, et d’une jeune fille victime d’un mariage arrangé en Inde, ce qui nous plonge une fois de plus au cœur des contradictions et des problèmes du sous continent qui se veut la plus grande démocratie du monde...
  • Moi je lis La griffe du chien, de Don Winslow.

    Dans les années 80 et 90, on suit l'histoire de Art Keller, un agent de la DEA qui lutte contre les cartels de la drogue. En fait l'auteur emploie des personnages fictifs, mais raconte des événements réels, notamment le rôle joué par la CIA en Amérique centrale (financement d'organisations paramilitaires avec l'argent de la drogue, soutien des Contras au Nicaragua...).

    On découvre aussi l'évolution politique et sociale du Mexique à cette époque.

    Les 700 pages se lisent d'une traite.
  • En ce moment, je lis le théâtre de Plaute. Je viens de terminer :
    - Amphitryon
    - La Comédie des ânes
    - La Comédie de la marmite
    - Les Bacchis
    - Les Prisonniers
    - Casina ou les tireurs de sort
    - La Comédie de la corbeille
    - Charençon
    - Épidicus
    - Les Ménechmes
    - Le Marchand
    - Le Soldat fanfaron
    - La Comédie du fantôme
    - Le Perse
    - Le Carthaginois
    - L'Imposteur
    - Le Cordage


    Il m'en reste quelques unes à lire, avant d'aborder le théâtre de Terence.

    Quand on lit ce théâtre latin, on s'aperçoit que, non seulement ces pièces sont pour la plupart tirées de pièces grecques plus anciennes, mais encore que beaucoup de pièces française du répertoire classique doivent énormément à ce théâtre de l'Antiquité - ici, des comédies (désolé si j'enfonce des portes ouvertes : pour ma part, je découvre Plaute).
  • Quelle édition as-tu choisie ?
  • Comme d'habitude, celle de La Pléiade, ici une traduction de Pierre Grimal publiée en 1971.
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