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Capes lettres modernes

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Réponses

  • Quentin7 a écrit:
    Je vais poser d'autres questions pour rester dans les clous :

    Comment faites vous pour rendre vos matières appréciables/intéressantes vis à vis d'élèves qui ne sont pas intéressés ou n'ont pas le niveau mais veulent progresser ?

    Comment arriver à la fois à aider les plus faibles, et à approfondir le cours pour les meilleurs élèves ?

    "L'autorité", innée ou acquise ?

    La clé pour arriver à satisfaire les objectifs que tu cites, c'est la différenciation. A certaines heures, je répartis les élèves par groupes de besoin, pourvus chacun d'objectifs précis et adaptés. Le but est de remplir ces objectifs dans l'heure. On travaille donc en "îlots", comme l'institution demande du reste de le faire dans le cadre de la réforme des collèges. Cette disposition permet une meilleure écoute du professeur qui ne se rend pas toujours compte de ce qui peut "bloquer" les élèves, ainsi qu'un meilleur dialogue prof-élèves. La restitution peut prendre des formes diverses : travail ramassé, compte-rendu oral, affiches commentées en classe. Des textes peuvent être travaillés ainsi, mais aussi des règles de grammaire ou d'orthographe, à partir d'un corpus. Certains élèves inventent ainsi des règles personnalisées ou ce que les collègues de maths appellent des "théorèmes-élèves". L'important est qu'ils cherchent des solutions par eux-mêmes, qu'ils mettent la main à la pâte.
    Avec les décrocheurs et ceux qui n'ont pas d'intérêt pour l'école, c'est évidemment plus difficile. L'important est de conserver le dialogue. Si on s'ignore, c'est foutu. Il faut aussi qu'ils trouvent à l'extérieur (stages) des raisons de raccrocher un tant soit peu.

    L'idéal est l'autorité souriante... En matière de discipline, il faut :
    1° éviter de crier tout le temps, de parler dans le bruit, de faire semblant de ne pas avoir vu ou entendu,
    2° se faire respecter par ce qu'on est plus que par ce qu'on fait ou ce qu'on peut faire (facile à dire, je sais),
    3° ne pas punir trop souvent et injustement, toujours en proportion de la faute,
    4° ne pas s'abriter derrière l'autorité de la voie hiérarchique ascendante, souvent absente ou défaillante (je ne parle pas pour mon collège),
    5° ne pas se laisser entraîner par la provocation sourde que peuvent mener certains mauvais esprits.
    6° ne pas s'oublier dans son cours, sans réagir aux bavardages, sans regarder son public (je l'ai vu faire).
    7° ne pas exclure certains élèves qui ne demandent que cela. La punition pour eux, c'est de rester en cours. On peut s'entendre avec un autre collègue qui accueillera l'indésirable... à charge de revanche, bien sûr.

    Une forme courante d'indiscipline, surtout à partir de la Quatrième et au lycée, c'est le bavardage généralisé. Il est difficile de lutter contre ce fléau car à cet âge, les ados éprouvent un besoin quasiment vital de communiquer la moindre chose à leur voisinage, sans toujours avoir l'impression de gêner ("on ne faisait rien, on parlait juste"). Il faut faire très attention aux premiers cours, car dès que c'est installé, c'est presque irréversible...
    Mais pas de panique chez les néo-profs : tout le monde (à de rares exceptions près) a connu des pb de disciplines, rarement avoués d'ailleurs. Vous en rencontrerez, surtout au début de votre carrière (ne pas croire que l'âge rapproche ; plus je vieillis, plus je me dis que l'âge n'est absolument pas un handicap, bien au contraire). Les plus graves mettent en jeu des élèves qui veulent en découdre avec l'institution en vous prenant pour bouc émissaire, qui veulent jouer au caïd parce qu'ils ont leur cours ou qui ne supportent pas le monde des "intellos" dont vous faites partie. En ce cas, il ne faut pas rester isolé, mais en parler à l' "équipe éducative" (quand elle existe). Souvent, le CPE ou les aides-éducateurs s'avèrent de bon conseil.
  • Titania91Titania91 Modérateur
    Quentin7 a écrit:
    Quand nous avions un DS en math le lundi à 14h, le lendemain matin le test était corrigé.

    Alors que la prof de Philo nous a rendu les DS 3 mois plus tard...

    Sans tomber dans les excès de délai de rendu qui se comptent en semaines ou en mois il faut aussi comparer ce qui est comparable :) Je n'ai pas l'expérience de la correction des mathématiques mais force est de constater que mes collègues y passent moins de temps : une démonstration et un résultat sont juste ou faux, l'erreur se trouve à un certain stade, c'est objectif. En français ou en philosophie c'est beaucoup plus compliqué, nuancé et sujet à débat: une dissertation n'est pas "juste" ou "fausse" : elle comporte des points forts comme des points faibles, il faut prendre en compte la qualité de l'orthographe, de la syntaxe, la compréhension du sujet, la pertinence du raisonnement et des arguments, la précision et la qualité des exemples etc. Le barème est autrement plus compliqué et la correction autrement plus longue. Sans parler de la remédiation à mettre en place.

    100% d'accord avec Jacques au sujet de l'autorité souriante.
    Certains élèves inventent ainsi des règles personnalisées ou ce que les collègues de maths appellent des "théorèmes-élèves". L'important est qu'ils cherchent des solutions par eux-mêmes, qu'ils mettent la main à la pâte.

    Je ne connais pas le concept : aurais-tu un exemple ?
  • Concept est un bien grand mot... Ce sont souvent des reformulations ou des "ficelles". Pour l'accord du participe, par exemple, un groupe de 4ème, l'an dernier, avait trouvé le raisonnement : "j'ai écrit une lettre, j'ai une lettre écrite (de vous)" -> si "une lettre" est avant, il y a accord du participe : le pire, c'est qu'ils ont raison étymologiquement (cf la "règle" de Marot sur l'influence du féminin ! ;). Ce que l'on constate, c'est des "ficelles" données par le prof ou les manuels conviennent rarement aux élèves parce qu'ils ne raisonnent pas comme les adultes. D'autre part, les règles sont abstraites et n'induisent un transfert dans la pratique que chez les esprits conceptuels. Il faut au moins faire induire la règle, ne serait-ce que pour leur montrer que ce ne sont pas des êtres métaphysiques : elles ne s'imposent pas par le seul fait qu'elles existent parce qu'un grammairien les a inventées (il a écrit des règles, il a des règles écrites, il les a écrites, donc j'écris inventées :lol: )
    Mais attention, si je réussissais toujours, je serais ministre de l'EN ; je ne veux pas donner cette impression. J'ai aussi des échecs, des instants de découragement...

    Mais quand on est enseignant, il faut toujours essayer et toujours y croire.

    C'est un SACERDOCE.
  • Et avec le programme, avec les contraintes, avec la préparation de l'examen, une règle : redonner le goût d'apprendre et de la découverte, aiguiser la curiosité éteinte ...
    A chacun ses recettes. Ne pas s'ennuyer en classe, surprendre, créer des événements (dans mon établissement, avec un proviseur attentif et qui faisait confiance, il y avait des rencontres avec des écrivains (bien avant que ce soit la mode), un cabaret poétique avant Noël pour deux classes parallèles, des expositions avec le calendrier des célébrations littéraires nationales, un voyage culturel tous les deux ans dans une maison d'écrivain, des cours avec deux classes animés par deux profs de lettres, une gazette comme un flyer sur une célébrité intitulée "chasseur de tête", des projets pédagogiques avec plusieurs classes ... Je m'étais beaucoup trop ennuyée en classe mais à cette époque, l'ennui était un ingrédient accepté ... :)Dans certaines filières, dans certains établissements, le cours de français est une ouverture, une opportunité à exploiter ...
  • Ted01Ted01 Membre
    @ Bonjour à tous,tes
    Asseyez-vous :lol:
    Bien sûr qu'il faut trouver tous les moyens possibles pour captiver les élèves, mais si vous utilisez cette méthode pour deux classes de troisième par exemple, êtes vous sûr (e) que les deux classes auront le même niveau de compréhension ?


    Je m'éloigne du sujet, je sais. Mais cela me vient à l'esprit :
    Concevez-vous, qu'un enseignant utilise son téléphone portable en cours, sous prétexte que ses élèves sont en devoir surveillé ou occupés à faire des exercices,et que lorsque l'un d'entre eux réplique : (vous en trouverez forcément un par classe,au moins.)
    -"Monsieur /Madame, les téléphones portables sont proscrits en cours", l'enseignant lui réponde de manière très spontanée :
    " Je suis l'enseignant et toi l'élève ".

    Je tenais à ouvrir cette parenthèse car l'enseignant, qui répond à ses messages parfois personnels, qui sait, ne montre aucun exemple à des classes de sixième, cinquième ou même terminale, parfois encore très immatures.
    D'autre part, les élèves, par peur d'être réprimandés n'osent même pas 'déranger' l'enseignant, tellement pédagogue, si je puis dire s'ils n'ont pas compris un exercice.

    Peut-être aurais-je dû ouvrir une autre discussion à ce propos, mais je me serais perdu à force.
    Merci de m'éclairer sur ces deux sujets.
  • Bien sûr qu'il faut trouver tous les moyens possibles pour captiver les élèves, mais si vous utilisez cette méthode pour deux classes de troisième par exemple, êtes vous sûr (e) que les deux classes auront le même niveau de compréhension ?

    Je réponds pour que qui me concerne : ce qui compte, ce ne sont pas les classes, regroupements plus ou moins arbitraires, ce qui compte, ce sont les individus. Aucunez classe ne ressemble à l'autre et parler en terme de niveau global n'a guère de sens.

    Je m'éloigne du sujet, je sais. Mais cela me vient à l'esprit :
    Concevez-vous, qu'un enseignant utilise son téléphone portable en cours, sous prétexte que ses élèves sont en devoir surveillé ou occupés à faire des exercices,et que lorsque l'un d'entre eux réplique : (vous en trouverez forcément un par classe,au moins.)
    -"Monsieur /Madame, les téléphones portables sont proscrits en cours", l'enseignant lui réponde de manière très spontanée :
    " Je suis l'enseignant et toi l'élève ".

    Il est totalement anormal qu'un téléphone portable soit sorti par un élève en classe. Il est totalement scandaleux que le même objet soit sorti par un prof, sauf dans certains cas d'urgence prévus dans le réglement.

    Je tenais à ouvrir cette parenthèse car l'enseignant, qui répond à ses messages parfois personnels, qui sait, ne montre aucun exemple à des classes de sixième, cinquième ou même terminale, parfois encore très immatures.
    D'autre part, les élèves, par peur d'être réprimandés n'osent même pas 'déranger' l'enseignant, tellement pédagogue, si je puis dire s'ils n'ont pas compris un exercice.

    C'est pour cela que l'enseignant doit aller à eux.
    D'autre part, n'ayez pas une vision trop angélique des petits 6èmes. Il y a deux ans, j'en avais un qui avait déjà eu affaire à la police... Et je n'enseigne pas à Détroit.


    Peut-être aurais-je dû ouvrir une autre discussion à ce propos, mais je me serais perdu à force.
    Merci de m'éclairer sur ces deux sujets.
  • Ted01Ted01 Membre
    Je comprends votre point de vue, mais il faut quand même que le plus grand nombre possible comprenne !,non?
    Je vous le confirme, ça existe des enseignants comme cela. Selon moi, c'est une sorte d'abus d'autorité. "Il y a une différence entre le professeur et l'élève " :(
    Je ne me fais aucune vision angélique, même concernant les primaires !
    Ceci dit, le but est de montrer l'exemple avant tout.
  • Je vous le confirme, ça existe des enseignants comme cela
    Des brebis galeuses, on en trouve partout.
  • Bonsoir tout le monde,
    Je reviens pour poser quelques petites questions,(entre un ouragan de cat.4 et une grève scolaire) auxquelles j'espère que vous aurez les réponses.
    J'aimerais savoir clairement si un enseignant a le droit de changer de matière. (je suppose que celui-ci devra passer le concours d'enseignement dans cette nouvelle matière). Si toutefois il l'obtient, est-ce que son nouveau "poste" aura un lien avec l'ancien? Je sous-entends par là : L'enseignant devra-t-il à nouveau être un stagiaire? Perdra-t-il ses indemnités? Sera-t-il au niveau minimal de l'échelon parce qu'il aura changé de matière ou ses données seront-elles mémorisées et comptabilisées comme "une succession"?
    Je prends l'exemple d'un prof de langue qui décide de se convertir en enseignant en Histoire-Géographie (ou tout autre exemple de matière). Mr ou Mme X. se verra-t-il/elle traité(e) comme s'il était nouveau dans l'académie?
    Veuillez excuser mon manque d'organisation à l'écrit mais les questions me viennent au fur et à mesure que je rédige.
    Au juste, au niveau des 'points', comment cela se passe-t-il? J'ai eu l'occasion d'en parler avec une enseignante qui m'a clairement dit qu'avec les points accumulés il était possible de se reconvertir dans une autre matière tout en restant dans le système.??
    Aussi, j'aimerai quelques témoignages de profs qui pourraient m'éclairer sur les premiers cours, les premières périodes, les premiers contacts avec ses élèves, et son évolution tout au long de sa carrière, si ce n'est trop demander. Je sais que des sujets existent sur d'autres forums(ou même celui là) à ce sujet mais le fait est que j'en ai lu beaucoup et les versions étaient souvent contradictoires. Vous me direz certainement que le métier est perçu différemment par tout un chacun mais je souhaiterais éventuellement approfondir tout cela avec vos témoignages connaisseurs. D'ailleurs, tant qu'on y est, quelqu'un pourrait-il m'éclairer sur la manière dont il faut gérer les grèves, les manifestations comme il y en a lieu en ce moment,lorsqu'on fait partie de l'Education Nationale.
    Je vous serai vraiment reconnaissant de m'ouvrir chaque fois un peu plus les yeux sur ce métier qui me passionne tant et que je touche de plus en plus du doigt.
    A très vite et merci encore,
    Bon courage à tous,
    Teddy.
  • Bonjour Ted01,
    Je comprends bien que pris dans les éléments déchaînés, tu sois quelque peu perturbé.
    Mais tes questions me semblent un peu décousues.
    Je crois me souvenir que tu souhaitais enseigner. Mais quoi, j'ai oublié.
    En tout cas, un enseignant a effectivement le droit de changer de discipline. Je connais un professeur de SVT qui a passé le CAPES de documentation et est donc devenu documentaliste. On ne repart pas à zéro. On reste dans l'Education nationale, suivant son ancienneté et son échelon, selon de savants calculs que je ne saurais te détailler.
    Les premiers cours, les premiers contacts avec les élèves, cela dépend de l'enseignant...et des élèves. Souvent l'enseignant est un peu angoissé, surtout en début de carrière, et à chaque rentrée, car c'est souvent l'inconnu, surtout si l'on est nouveau dans un établissement. Avec les années, cela s'arrange...ou pas. Mais comme tu le dis si bien toi-même, cela dépend de la personnalité de chacun.
    La manière dont il faut gérer les grèves ? Selon ses convictions. Soit l'on fait grève, soit on ne fait pas grève. Si l'on estime qu'il faut manifester, on manifeste. Là encore, c'est un point de vue personnel. Beaucoup ont des problèmes pour faire grève, car le manque à gagner est à considérer.
    Au fait, tu dis que tu touches le métier du doigt, mais où en es-tu de tes études ?
    Bon courage !
  • Je pense qu'il est bon de se questionner sur ce que l'on veut faire de sa vie. Je crois qu'il est aussi bon de se rendre compte que l'enseignement, c'est une réalité concrète et pas seulement un amour pour une discipline.

    Cela étant, tu es en première L, donc si tout va bien, tu auras ton premier cours probablement dans 8 ans (2 ans de lycée, 5 ans de master et 1 an de préparation au concours)... Ce que tu es n'aura pas forcément grand chose à voir avec ce que tu seras. Alors, c'est bien de se poser ces questions, mais là, je crois que c'est vraiment un peu trop, non ? Je veux dire... Les points accumulés ?...

    En ce qui concerne les grèves, eh bien, je suis d'accord avec Laoshi : cela dépend de tes convictions et de ta situation matérielle. Certains ne peuvent tout simplement pas faire grève, malgré les caisses de solidarité syndicales.

    Bon courage face aux vents et marées.
  • Bonjour chers @Laoshi et @Artz,
    Effectivement, j'envisage d'embrasser la profession d'enseignant (Français ), mais je me posais cette question. Comme je vous l'ai dit autrefois,j'hésitais (maintenant c'est passé )entre enseigner l'espagnol et le français. Merci pour l'information,je pensais que l'enseignant se voyait réévaluer tout son parcours depuis le début. Je suis (seulement) en première L,mais je crois effectivement qu'il est plus que temps que je sache dans quoi je m'embarque,non?
    Car lorsque je dis que je "touche le métier du doigt " je fais référence aux connaissances de la profession, que vous daignez grâcement m'apporter. Les points accumulés ne m'intéressent guère, je faisais simplement référence à mon enseignante qui m'en avait fait part alors que je lui posais cette même question, à savoir celle du changement de matière en cours de carrière.
    Effectivement, à propos des grèves, il y a toujours une/des raisons. Ceci dit,mon avis est qu'il ne faut ps que ces manifestations (qui ont tout leur lieu d'être ) pénalisent d'autres corps d'une même structure,en l'occurrence les élèves, [... ] Après bien sûr, si on ne se fait pas entendre sans pénaliser ceux-ci [...] encore merci à tous pour vos encouragements, vos réponses que vous m'apportez.
    P.S.: merci d'avoir transposé mon message ici, je n'avais plus le droit de répondre sur cette même page.
  • Quand les professeurs font grèves, c'est qu'ils estiment qu'autrement, leurs conditions d'enseignement et donc, les conditions d'apprentissage des élèves, sont en danger.
  • Bien sûr, on ne fait pas la grève de gaîté de coeur.
  • Ce que je voulais dire, c'est que les raisons politiques ou les convictions qui amènent à faire la grève ne sont pas distinctes des conditions concrètes d'enseignement et donc d'apprentissage, contrairement à ce que semble dire Ted.
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