Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Bonsoir à toutes et à tous,
Je suis actuellement en classe de première (L) et décidé à enseigner.
Cette envie de transmettre mes connaissances a toujours été, soit depuis le CP.
Elle s'est ensuite approfondie pendant mes classes de collège, durant lesquelles il m'est venu une passion indéfinissable pour le Français.
Aujourd'hui, satisfait de mes bons résultats en Français, langues...j'hésite à enseigner les Lettres Modernes ou l'espagnol, étant donné que ce sont deux matières que j'adore et que j'aimerai savoir maîtriser au mieux.
Je souhaiterais avoir des avis de professeurs de LM, entre autres, afin de savoir quelles sont les différentes difficultés rencontrées ( faire aimer le français, ...), ce qui nécessite d'être connu du bout des doigts, le niveau de culture générale à atteindre, de même que quelques autres informations que vous jugerez utiles. De même pour l'espagnol, de grâce.
J'apprécierais d'avoir des renseignements sur le métier en lui-même, les avantages et/ou inconvénients d'être enseignant, certifié ou agrégé, et quelques témoignages si possible, car les difficultés des épreuves et du métier sont souvent soulignées, mais pas assez les joies et plaisirs.
Je vous remercie d'avance et bon courage à ceux qui sont déjà profs, et tenez bon ceux qui veulent le devenir, comme moi même.
P.S.: À part enseigner, je ne vois pas ce que je pourrai faire d'autre. Il n'y a que ça qui me plaise.
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Réponses

  • Tes goûts et tes aspirations ressemblent furieusement aux miens quand j'avais ton âge...
    J'ai fait un choix que je n'ai jamais regretté.
  • Bonjour,
    Pour être un enseignant épanoui, il faut aimer ce que l'on enseigne bien sûr, mais surtout aimer les élèves et faire de son mieux pour les intéresser et les faire progresser.
    Pour ma part, j'ai aimé les rapports humains que l'on peut avoir avec une classe, et le fait que l'on passe soi-même sa vie à apprendre, mais j'ai souvent ressenti la frustration de ne pas être à la hauteur de ce que j'aurais souhaité leur apporter.
    Je ne peux donc pas dire que je n'aurais pas parfois désiré faire autre chose.
    Je suis devenue professeur de lettres classiques, pour m'être engagée très jeune dans une voie dont il m'était difficile par la suite de m'écarter.
    J'ai eu beaucoup de déboires, liés à l'aléa des nominations, à une administration bornée, et indépendants du fait même d'enseigner, les élèves étant souvent une consolation.
    J'ai eu aussi quelques satisfactions tout de même.
    Mais ma carrière n'a pas été une route pavée de pétales de roses. Il faut dire aussi que je ne me suis pas démenée pour qu'elle le soit, prise par beaucoup d'autres occupations.
  • Ted01Ted01 Membre
    Bonjour @Jacques,
    Je suis certain que je ne regretterai pas mon choix car c'est ce qui me passionne, je prépare même des séances personnelles en rapport avec le programme des différents niveaux.

    @Laoshi, Vous qui enseignez les lettres classiques, vous pourrez certainement m'éclairer: Est-ce obligatoire d'avoir un minimum de connaissances en latin ou grec pour passer le concours de LM?
    Car en 6e j'avais demandé à ce qu'on m'inscrive en option latin/grec, je me suis retrouvé en option musique...

    Merci beaucoup @floreale. Le deuxième lien m'aide beaucoup, dans la mesure où ce sont les ressentis de professeurs. Ceci dit, je ne me vois pas trop enseigner à des élèves de primaire.
  • Est-ce obligatoire d'avoir un minimum de connaissances en latin ou grec pour passer le concours de LM?
    Pas obligatoire pour passer le CAPES par exemple. A mon sens utile tout de même d'avoir des notions de langues anciennes..
    Au concours de l'agrégation de lettres modernes, il y a une épreuve de latin. Le niveau n'est très très élevé, mais tout de même...
  • Ted01Ted01 Membre
    @Laoshi,
    Je vous remercie pour vos réponses très constructives. J'envisagerai de prendre l'option LC.
  • @Laoshi: j'ai entendu dire qu'on pouvait donner à des professeurs de LM des cours de latin à donner dans certains établissements, est-ce juste ?
  • Ted01Ted01 Membre
    @matlev,
    J'ai lu sur un article la même chose.
    C'était le récit d'une remplaçante en lettres modernes qui expliquait qu'on l'avait appelée afin d'assurer des cours de latin à une classe de troisième ( qui a donc un certain niveau en Latin pour un certain nombre d'entre eux). Elle expliquait qu'elle ne savait quoi faire, tant elle était terrassée et dépourvue de toute connaissance dans cette matière.
    Mais selon moi, prof de lettres classiques reste prof de lettres classiques et pareil pour lettres modernes.
    C'est la faute à qui s'il y a plus de recrutement en LM qu'en LC? :rolleyes:
  • Bonsoir Mattlev,
    Tout est possible, et plus rien ne m'étonne, vu la quantité d'établissements où j'ai été en poste et où j'ai vu des choses surprenantes.
    Normalement, en lycée, il y a peu d'heures de langues anciennes et beaucoup de professeurs de lettres classiques.
    On a plus de risque de ne pouvoir enseigner le latin ou le grec régulièrement, même si l'on est spécialiste.
    Par contre, nouvelle nommée dans un collège où j'étais le seul professeur de lettres classiques, j'ai appris qu'avant mon arrivée, l'enseignement du latin était confié, non à la titulaire de lettres classiques partie à la retraite que je remplaçais, mais à une personne qui n'avait même pas le CAPES.
    Plus tard et ailleurs, dans les années 2000, après avoir été nommée "à cheval" sur deux établissements (on n'avait pas réussi à me trouver quinze heures dans mon établissement de rattachement) j'ai su qu'une PEGC d'allemand complétait son emploi du temps avec du français et mes heures de latin, c'était la coutume pour elle depuis des années. Privilège de l'ancienneté. J'ai dû véritablement me battre et menacer le chef d'établissement d'alerter l'inspection pour obtenir 15 heures dans ce bahut... mais seulement l'année suivante, car j'ai découvert trop tard le pot aux roses.
    Il est clair que ce genre de situation ne facilite pas les bonnes relations entre collègues.
    Car bien évidemment, après, c'est elle qui a été nommée sur deux établissements.
  • Ted01Ted01 Membre
    Au final,@Laoshi, l'éducation nationale, c'est le vrai bordel ! Pardonnez l'expression..
    En fin de comptes, les professeurs sont justes des "objets" déposés ici et là, pour "bourrer la tête de p'tits cons. ?."
    Moi, je veux enseigner, mais vraiment. Je comprends maintenant les grèves entamées dès l'année de titularisation, etc..
    Bon, je vais me calmer car je suis outré. Et c'est comme ça qu'ils aspirent à l'éducation des élèves bienveillants? . Alors comme ça, si je le souhaite, d'un coup de baguette magique, je donne des cours à des élèves qui croient apprendre tant ! Non, j'hallucine.
  • Bonjour,
    Il est vrai que la désaffection croissante pour ce magnifique métier, et je le dis parce que je pense qu'effectivement c'est l'un des plus beaux métiers, n'est sans doute pas étrangère au genre de difficultés que j'ai pu rencontrer comme d'autres de mes collègues.
    J'ai souvent eu l'impression d'être un objet ne pouvant infléchir les circonstances ; par contre, je n'ai jamais pensé a priori que mes élèves étaient des "petits cons", mais des victimes du système comme moi,parfois, oui. Ce qui ne veut pas dire que je n'en ai pas eu de temps en temps en classe, mais comme dit Brassens, ce n'est pas une affaire d'âge, et des cons il y en a partout. ;)
    Donc, si tu veux enseigner, il ne faut pas raisonner ainsi. Il faut, comme je le disais plus haut, aimer ce que l'on enseigne, aimer transmettre le peu qu'on sait et surtout respecter ses élèves et avoir avec eux dès relations de sympathie.
    Quant aux conditions de travail, elles sont variables, et à l'avenir peut-être vont-elles s'améliorer.
  • En fin de comptes, les professeurs sont justes des "objets" déposés ici et là, pour "bourrer la tête de p'tits cons ?."

    Sans avoir commencé, tu as déjà de curieux préjugés.
    Si tu penses enseigner, il faudra changer ton regard. :(
  • Oui, je crois qu'il y a eu là une expression fort malheureuse.
  • Ted01Ted01 Membre
    Je ne pense pas que les élèves le soient, bien au contraire. Ils sont (nous sommes) plutôt soumis aux décisions, (plus souvent que rarement) fâcheuses de la direction.
    Ceci dit, j'essaie d'avoir une vue d'ensemble, car si l'éducation nationale avait la moindre estime pour ces travailleurs diplômés, efficaces, ou même pour les élèves, nécessitant de s'enrichir, elle n'aurait certainement pas imposé, ou demandé à des enseignants spécialisés en une matière d'en assurer une autre.
    C'est mon ressenti, après ma volonté d'enseigner et ma détermination restent inébranlables, mais c'est que les difficultés rencontrées dans cette profession sont plus nombreuses qu'on ne le croit.
    Ceci dit, dans un panier tous les fruits ne sont pas pourris
    > cette profession regorge de merveilleux moments, je le sais , car il n'y a rien de plus satisfaisant que de voir un enseignant heureux d'avoir atteint son objectif, d'avoir fait passer un élève de 7 à 12 de moyenne, même de 7 à 10, en accentuant ses efforts.
    Après, il est probable que ma vision des faits et du métier soit fort différente de la vôtre, mais c'est d'autant plus ce qui me motive à le faire.
    Quand on est adolescent, on ne comprend pas forcément les décisions des adultes, on se met nos enseignants, serviables, attentionnés à dos, puis avec le recul, on se rend compte que leurs remarques et leurs punitions étaient pour notre bien.
    En bref, je ne sais pas vraiment comment tous les cours se déroulent, comment est la relation, entre les enseignants et leurs supérieurs, mais il y a une chose dont je suis sûr et certain, c'est que ce Sont des moments que je veux vivre, et ce pendant toute ma vie.
    Alors, je me suis vraisemblablement mal exprimé et mal fait entendre, mais mon intention n'est que des meilleures, je regrette juste le "manque de pédagogie" à l'encontre des supérieurs.
  • Ted01 a écrit:
    Bonjour @Jacques,
    Je suis certain que je ne regretterai pas mon choix car c'est ce qui me passionne, je prépare même des séances personnelles en rapport avec le programme des différents niveaux.


    Mais attention, le métier de professeur ne se borne pas à transmettre des connaissances. Tu prépares des séances, c'est bien, mais pour quelle classe ? Avec quels individus qui la composent ? As-tu pensé à ceux qui ne comprennent rien à un cours "magistral" ou même dialogué faute de vivacité d'esprit, d'éléments culturels nécessaires à la compréhension, ou faute d'attention ?? Et puis surtout, comment vas-tu faire pour qu'ils apprennent à faire au lieu de t'écouter faire ? Comment vas-tu gérer les conflits qui t'empêchent de démarrer ton cours sereinement ? As-tu prévu une disposition des tables qui corresponde aux objectifs que tu t'es donnés aujourd'hui ? Que vas-tu faire de celui qui ne sort pas ses affaires en cours parce que l'école ne lui sert à rien (qu'il dit, bien sûr) ? As-tu pensé aux "bons" qui ont l'impression (fausse souvent) de piétiner ?

    Je m'arrête... je ne veux pas t'effrayer mais te montrer tout ce que j'aime dans mon métier. :D
  • Les deux films " Le Cercle des poètes disparus" et "Écrire pour exister" montrent selon moi la beauté et la profondeur de la vocation de professeur.
  • Ted01Ted01 Membre
    @Jacques
    Aucune inquiétude, rien ne m'effraie :lol:
    J'ai effectivement rencontré des enseignants qui avaient quelques petits "soucis" d'encadrement, ou d'autorité.
    Cependant, je pense que mon caractère assez tolérant permettra à mes futurs élèves de s'adapter, de comprendre plus facilement, peut être, voire de mieux suivre.
    J'ai fait l'expérience. Entre un professeur qui hèle pendant 2heures non-stop et celui qui prend soin d'expliquer les choses. Lequel est le plus écouté?
    J'avoue que quand je suis agacé, je sais me faire entendre, sans pour autant menacer de mort, crier excessivement ou même frapper.
    D'ailleurs, l'école est faite pour travailler, je me préoccuperai davantage de ceux qui travaillent, et les autres, à qui je dois passer un savon 7/7 j, bah. Je pense prendre rdv ou le voir en aparté, qui sait.
    Et j'essaierai de choisir des séances et activités bénéfiques à tous.
    Si vous avez réussi, pourquoi ne le devrais-je pas ?
  • Je ne voulais pas évoquer les problèmes dont j'ai parlé sous l'angle de la discipline pure, mais bien plutôt sous celui de la pédagogie.

    Croyez-vous d'autre part qu'il suffise d'expliquer pour que non seulement la compréhension, mais encore les transferts de savoir-faire s'effectuent chez les élèves ?

    Enfin, je n'ai pas dit que je réussissais à remplir mes objectifs, il y aurait quelque fatuité à le dire - ou même à le penser ! J'ai dit que je m'épanouissais dans mon métier, ce qui est différent.

    Le bordel, l'Éducation nationale ? Trop facile de cracher dans la soupe. N'écoutez pas les grincheux (je ne parle pas de laoshi, à qui vous répondiez, mais enfin les PEGC, ça n'existe plus depuis Hérode (encore la Bible n'en parle-t-elle même pas)), ceux qui ne veulent rien changer, ceux qui disent que dans le temps, c'était mieux, ceux qui crient à la disparition du grec et du latin, ceux qui disent qu'on ne peut être compétent en collège que dans une matière et une seule, ceux qui veulent toujours plus d'heures (pour assommer les élèves la plupart du temps), ceux qui veulent supprimer les EPI en collège, ceux qui ne veulent pas entendre parler de différenciation, ceux qui considèrent l'innovation comme un gros mot.

    Vous êtes en première, je crois. Comment travaillez-vous en classe, disons pour l'oral de français ?

    Mon langage est franc, mais ne voyez aucune agressivité à votre égard. :)
  • Ted01Ted01 Membre
    Ne vous inquiétez pas, je comprends ce que vous vous entendez par là.
    Moi, je me suis référé à ce dit @laoshi, et d'autres témoignages... je faisais simplement un constat de la manière de travailler du gouvernement. Après, ce n'est qu'un minime constat.
    Je ne dis pas que l'explication est tout, mais il faut savoir percer les moments où l'on n'assure pas, les moments où les élèves décrochent.
    Je suis d'avis que l'innovation est bel et bien utile, puisque les outils doivent être variés, et le plus compréhensibles possible! N'oublions pas qui doit apprendre et qui doit faire apprendre. (Rien de personnel, juste une remarque. )
    Pour le moment, c'est les vacances. Je révise les notions abordées depuis le collège, je me documente beaucoup, lis quelques oeuvres du programme, tout en me cultivant lexicalement et en lisant ce qui me plaît.
  • N'écoutez pas les grincheux (je ne parle pas de laoshi, à qui vous répondiez,
    J'espère bien que tu ne parles pas de moi, Jacques. Car j'ai beaucoup de défauts mais ne crois pas être grincheuse. :P
    Si vous avez réussi, pourquoi ne le devrais-je pas ?
    J'espère de tout cœur que tu réussiras.
    Comme le souligne Jacques, dire qu'on a réussi serait bien présomptueux.
    Pour ma part, ce qui m'a tuée la plupart du temps, c'est le sentiment de ne pas réussir à atteindre le but que je m'étais fixé.
    Mais ce sentiment tient beaucoup à ma personnalité. J'avais toujours l'impression de ne pas en faire assez pour les élèves. Au fond, avec le recul, je me dis maintenant que je n'ai peut-être pas tout raté et que j'ai amplifié le sentiment d'échec. Les échanges que j'ai encore avec d'anciens élèves dix ans ou plus après les avoir eus en troisième par exemple devraient me rendre moins pessimiste.
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