Maupassant, Bel-Ami - Quand ils arrivèrent, la Patronne était seule dans le petit boudoir...

Bonjour,
je suis en 1ère L et je dois préparer, dans le cadre du thème" Quel personnage le roman réaliste met-il en scène?" le commentaire d'un texte extrait du chapitre 7 de la 2ème partie de Bel-Ami de Maupassant.
c'est le passage au cours duquel Mme Walter rapproche le visage du Christ du visage de son amant G. Duroy. Ce passage commence à "Quand ils arrivèrent, la Patronne était seule dans le petit boudoir Louis XVI adopté pour ses réceptions intimes..." à "Mme Walter demeurait immobile, contemplant d'un œil fixe le visage de son amant à côté du visage du Christ, et elle était devenue aussi blanche que ses cheveux blancs"

J'ai déjà trouvé de nombreuses pistes de réflexion:
- contraste entre Mme Walter qui est d'une gravité solennelle(symbole d'un tragique dérisoire?) et la bonne humeur générale.( focalisation externe pour souligner ce contraste? )
-contraste entre les paroles adressées à son amant qui font d'elle un personnage pathétique et le cynisme de G.Duroy .
- confusion entre amour profane et amour religieux( ou perversion des valeurs religieuses)
-Mme Walter, une femme condamnée à l'enfer?( notion de péché, de faute)
-Mme Walter une femme qui s'accroche à son amant.
J'ai, en revanche, un gros problème. Je ne parviens pas à faire un plan. Quand je fais l'analyse linéaire du texte tout me paraît plutôt simple mais quand je dois trouver des parties, :( je bloque.
Si ce texte que je ne peux pas joindre évoque quelque chose pour vous, pouvez m'aider Svp?
MERCI beaucoup.

Réponses

  • Madame Walter en proie au dilemme : amoureuse ou mystique ?
    Entre le noir et le blanc.

    Quand ils arrivèrent, la Patronne était seule dans le petit boudoir Louis XVI adopté pour ses réceptions intimes. Vêtue de noir, elle avait poudré ses cheveux, ce qui la rendait charmante. Elle avait l’air, de loin, d’une vieille, de près, d’une jeune, et, quand on la regardait bien, d’un joli piège pour les yeux.

    «Vous êtes en deuil ?» demanda Madeleine.

    Elle répondit tristement:

    «Oui et non. Je n’ai perdu personne des miens. Mais je suis arrivée à l’âge où on fait le deuil de sa vie. Je le porte aujourd’hui pour l’inaugurer. Désormais je le porterai dans mon cœur.»

    Du Roy pensa: «Ça tiendra-t-il, cette résolution là?»

    Le dîner fut un peu morne. Seule Suzanne bavardait sans cesse. Rose semblait préoccupée. On félicita beaucoup le journaliste.

    Le soir on s’en alla, errant et causant, par les salons et par la serre. Comme Du Roy marchait derrière, avec la Patronne, elle le retint par le bras.

    «Écoutez, dit-elle à voix basse… Je ne vous parlerai plus de rien, jamais… Mais venez me voir, Georges. Vous voyez que je ne vous tutoie plus. Il m’est impossible de vivre sans vous, impossible. C’est une torture inimaginable. Je vous sens, je vous garde dans mes yeux, dans mon cœur et dans ma chair tout le jour et toute la nuit. C’est comme si vous m’aviez fait boire un poison qui me rongerait en dedans. Je ne puis pas. Non. Je ne puis pas. Je veux bien n’être pour vous qu’une vieille femme. Je me suis mise en cheveux blancs pour vous le montrer; mais venez ici, venez de temps en temps, en ami.»

    Elle lui avait pris la main et elle la serrait, la broyait, enfonçant ses ongles dans sa chair.

    Il répondit avec calme:

    "C’est entendu. Il est inutile de reparler de ça. Vous voyez bien que je suis venu aujourd’hui, tout de suite, sur votre lettre.»

    Walter, qui allait devant avec ses deux filles et Madeleine, attendit Du Roy auprès du Jésus marchant sur les flots.

    «Figurez-vous, dit-il en riant, que j’ai trouvé ma femme hier à genoux devant ce tableau comme dans une chapelle. Elle faisait là ses dévotions. Ce que j’ai ri !»

    Mme Walter répliqua d’une voix ferme, d’une voix où vibrait une exaltation secrète:

    «C’est ce Christ-là qui sauvera mon âme. Il me donne du courage et de la force toutes les fois que je le regarde.»

    Et, s’arrêtant en face du Dieu debout sur la mer, elle murmura:

    «Comme il est beau ! Comme ils en ont peur et comme ils l’aiment, ces hommes ! Regardez donc sa tête, ses yeux, comme il est simple et surnaturel en même temps!»

    Suzanne s’écria:

    «Mais il vous ressemble, Bel-Ami. Je suis sûre qu’il vous ressemble. Si vous aviez des favoris, ou bien s’il était rasé, vous seriez tout pareils tous les deux. Oh ! mais c’est frappant !»

    Elle voulut qu’il se mît debout à côté du tableau ; et tout le monde reconnut, en effet, que les deux figures se ressemblaient !

    Chacun s’étonna. Walter trouva la chose bien singulière. Madeleine, en souriant, déclara que Jésus avait l’air plus viril.

    Mme Walter demeurait immobile, contemplant d’un œil fixe le visage de son amant à côté du visage du Christ, et elle était devenue aussi blanche que ses cheveux blancs.
  • Merci pour votre réponse .
    Que pensez-vous du plan suivant
    I)Mme Walter ,une héroïne tragique dérisoire:( étude basée sur son attitude et ses propos à Madeleine)
    1) contraste entre son attitude( début du texte: fait penser à une tragédienne? trop d'affectation? mise en scène?) et la gaieté des autres personnages( scène plus anodine, rires...)
    ????( mais quelle autre sous-partie??)

    II)Mme Walter : un pathétique dérisoire( étude basée sur ses échanges avec Bel-Ami)
    1) une femme qui souffre.
    2) un excès dans son comportement d'autant plus mis en valeur que Bel-Ami: cynisme.

    III) la perversion des valeurs religieuses
    Mais quelles sous-parties???
    et où mettre sa notion de culpabilité de faute ( j'avais pensé à intituler cette sous-partie" une femme vouée à l'enfer" mais je ne sais dans quelle partie je peux la mettre.

    Si vous pouviez des idées pour mieux structurer mon devoir, ce serait formidable.

    Merci beaucoup
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