Grammaire française Participe passé

Réponses

  • Intéressant!

    J'ai toujours particulièrement aimé (et admiré!) les écrivains (romanciers, poètes, philosophes...) qui utilisaient une langue concise et précise. Par exemple, Alain, dans ses "Propos". C'est le premier qui me vient à l'esprit.
    Ceci dit, j'aime aussi beaucoup les trouvailles d'écrivains comme Boris Vian. C'est comme si les mots inventés étaient plus précis que les mots existants pour exprimer exactement son univers et le faire partager. Et je ne suis pas insensible à l'humour non plus...
  • Sympathique article.
    Ce qui paraissait évident naguère est en train de disparaître dans le maelstrom de la numérisation.
  • perluète a écrit:
    Intéressant!
    Merci.
    Freddy a écrit:
    Sympathique article.
    Merci.

    C'est par exemple l'emploi de "sur" à toutes les sauces, remplaçant "à" ou "dans".
  • J'aime aussi.
    La banalité par excellence : "faire".
  • DeliaDelia Membre
    Tandis que nous passons de plus en plus de temps à écrire et à lire, le vocabulaire se raréfie, s'atrophie, se limitant aux mêmes termes passe-partout utilisés par mon voisin. "Faire" en est un bon exemple : voilà un verbe utilisé en tous sens, et qui semble devoir remplacer tous les verbes d'action.

    Tlfi :
    FAIRE4, verbe substitut.
    Faire remplace un verbe qu'il faudrait répéter.
    A. [En prop. compar.]
    1. Rare, très recherché. [Le verbe remplacé est trans.] Après m'avoir engraissé comme on fait les oies (MÉRIMÉE, Lettres Panizzi, t. 2, 1870, p. 127).
    Rem. Dans l'usage cour., ou bien on répète le 1er verbe, ou bien on le supprime dans le second terme de la compar., ou plus rarement, on emploie faire suivi des prép. de ou pour ou avec. Sa perfidie (...) empoisonnait sans laisser trace, présentée le sourire aux lèvres, ainsi qu'il eût fait d'une fleur (COURTELINE, Ronds-de-cuir, 1893, 2e tabl., 2, p. 74).
    2. Moins rare. [Le verbe remplacé est intrans. ou trans. indir.]
    a) Faire. Un peu avant midi, nous sommes entrés dans la salle, rapidement comme nous faisons toujours (MARTIN DU G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 584). Élena et moi aurions bien voulu (...) jouer à la poupée, et au papa et à la maman comme tous les enfants font (CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 240).
    Rem. Il existe des loc. verb. de compar. faire comme, en faire autant (= imiter). J'emmène ma femme, dit l'un. J'en fais autant. Et moi aussi (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Boule de Suif, 1880, p. 118). Le maître d'hôtel se saoule avec la cuisinière à l'office et j'ai envoyé le parachutiste en faire autant au village voisin (ANOUILH, Répét., 1950, IV, p. 108).
    b) Le faire. Et si vous me parlez à nouveau comme vous venez de le faire, je vous ferai goûter de ma canne (CAMUS, Possédés, 1959, 2e part., 5e tabl., p. 989).
    Rem. Faire peut remplacer une loc. verb. factitive. Arrêtez (...) cria Trésor des Fèves en faisant claquer le pouce de sa main droite contre le doigt du milieu, comme il l'avoit vu faire à Fleur des Pois (NODIER, Trésor Fèves, 1833, p. 49).
    B. [En dehors de la prop. compar.] Raoul (...) conseilla à Michel d'attendre encore, ce qu'il fit (ABELLIO, Pacifiques, 1946, p. 403). Occupée à laver la vaisselle, elle protestait à son tour qu'elle ne le faisait qu'accidentellement (GIDE, Et nunc manet, 1951, p. 1137). Je ne l'ai pas encore remboursé. Mais je le ferai (CAMUS, Possédés, 1959, 1re part., 3e tabl., p. 960).

    Faire a de bonnes lettres de noblesse qui remontent à l'époque classique. Ecrire comme Madame de Sévigné n'a rien de banal ni de déshonorant.
  • Oui, et attention à ce que le vocabulaire ne soit pas plus riche que la pensée.
  • Tandis que nous lisons de plus en plus*, nous nous retrouvons toujours face aux mêmes mots, aux mêmes expressions, aux mêmes tournures.
    Tandis que nous passons de plus en plus de temps à écrire et à lire*, le vocabulaire se raréfie, s'atrophie, se limitant aux mêmes termes passe-partout utilisés par mon voisin

    Mouais, ça fleure tout de même très fort le Ah ma brave dame, ah mon brave monsieur, c’était teeeellement mieux avant ! et autre Tout fout le camp.
    J’aimerais bien savoir sur quelles études se fondent ces propos. Dommage aucune n’est citée. Serait-ce à dire que mon sentiment n’est pas complètement infondé ?
    À part ça, c’est sûr que quand tu écris un mail pro à tes collègues ou un SMS vite fait à tes familiers, tu ne fais pas forcément du Baudelaire.
    Quant au reste de l’article, oui, les mots ne sont pas neutres mais ça, pour le coup, c’est pas vraiment un scoop.

    Dis Hippocampe, Eric Thivolle, c’est un pote à toi, et tu lui fais de la pub !? :D


    * Au moins sur ce point, le monsieur nous épargne-t-il le lieu commun habituel !
  • nous nous retrouvons toujours face aux mêmes mots, aux mêmes expressions, aux mêmes tournures.

    Les médias sur ce point me semblent un bel exemple de conformisme. Il s'agit plutôt de l'oral que de l'écrit, mais j'en ai franchement assez d'entendre qu'il faut "changer de logiciel" (ça, je l'ai fait en vrai dans le cadre de mon travail, et ce n'est pas une mince affaire!), que "c'est dans son ADN", et que dans le même mouvement "il faut tout donner" et "ne rien lâcher"... On fait comment là? :lol: :lol: :lol:
  • JehanJehan Modérateur
    Je crois bien que toutes les époques ont eu leurs tics de langage.
    Bien sûr, avec les moyens modernes de diffusion et de communication, ça devient plus contagieux à notre époque, et plus difficile d'y échapper.
    Mais dans quelques décennies, les locutions citées, devenues délicieusement désuètes comme tant d'autres de leurs aînées, seront sans doute évoquées avec nostalgie par les amoureux de la langue. J'en prends le pari...
  • @ K :
    Qui est Eric Thivolle ?

    @ J :
    On prend rendez-vous dans cinquante ans, même heure, même lieu ?
  • Are you kidding me my dear?! (In frenchy of the sud de la France Galèjes-tu très cher ?!)
    Pour le cas où non : ben c’est sinon l’auteur du publi-communiqué en tout cas un des consultants de la boite (U* Formation) qui vend sa soupe.
  • Faire a de bonnes lettres de noblesse qui remontent à l'époque classique
    Oui, et attention à ce que le vocabulaire ne soit pas plus riche que la pensée.


    Je suis d'accord. Le verbe faire, puisque que c'est de lui qu'il est question est un bon verbe et vouloir à tout prix lui trouver un substitut frise parfois le ridicule.
    On lit souvent ici : je dois effectuer une dissertation, un commentaire, ....A force de dire aux enfants de varier leur vocabulaire, ils sont parfois maladroits pour éviter de se répéter.
    Bientôt on effectuera pipi ou caca pour ne pas le faire.
    La richesse du vocabulaire ne doit pas, je crois, devenir une forme de préciosité ridicule, mais j'aime bien pour ma part ce que disait Flaubert, dont le style est tout de même un exemple : Plus le mot colle à la pensée et plus c'est beau.
    Et entendre ou lire quelqu'un qui s'exprime dans un langage choisi est un véritable plaisir.
  • DeliaDelia Membre
    Cet article est destiné aux assistantes sociales, grandes productrices de rapports. Il leur indique comment accrocher l'attention des destinataires de leur prose.

    Qui oserait mettre ainsi en garde les poètes :
    Tandis que nous lisons de plus en plus, nous nous retrouvons toujours face aux mêmes mots, aux mêmes expressions, aux mêmes tournures.
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