Dans quelle mesure peut-on dire que Le Diable au corps est un roman moral ?

Bonjour à tous,
Je me suis inscrite sur ce site car j'y ai vu que les réponses étaient bienveillantes et que beaucoup de personnes aidaient.
J'ai moi même un devoir (une dissertation) dont le sujet est "Dans quelle mesure peut-on dire que Le Diable au corps est un roman moral ?" et je bloque complètement...
Je crois avoir compris que ce roman pose des questions morales en montrant justement ce qui est immoral, notamment sur les plans :
- social (critique la bourgeoisie et le vouloir de "scoops")
- historique (la guerre y est décrite comme des vacances)
- sentimental (sur l'amour des deux amants)
Mais je ne sais pas comment rédiger mon introduction, et je ne trouve pas d'arguments...
Je tiens à préciser que c'est mon premier sujet de dissertation, et que j'ai déjà relu plusieurs fois les fiches méthodes données en classe, mais que je ne sais toujours pas comment prendre le sujet, n'ayant aucun argument...
Merci d'avance!

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Tu devrais d'abord bien définir "moral".
    Le Diable au corps est un roman de moeurs en ce qu'il décrit une situation particulière (la guerre), des milieux sociaux, les valeurs et interprétations de ces milieux...
    Mais c'est aussi un roman scandaleux selon la morale...
  • Bonjour Jean-Luc,
    merci pour cette réponse

    J'ai trouvé que moral était "Qui se conduit selon les règles de comportement communément admises dans une société ; qui est conforme aux bonnes mœurs"

    Et je crois que là est mon problème : je ne trouve pas ce que ce roman a e moral, bien au contraire...
    Face à mon interrogation, certaines personnes m'ont dit qu'un roman pouvait être moral par les questions d'immoralité qu'il pose... mais je ne sais pas du tout comment m'y prendre
  • DeliaDelia Membre
    On lit ceci dan le Tlfi, article moral :
    En partic. Qui a pour objet les moeurs d'une société, d'une époque, sans intention moralisatrice particulière. Ouvrage moral. Bien plus que ses contes moraux ou ses tracts esthétiques, Anna Karénine, Ivan Ilitch, La Puissance des Ténèbres, Résurrection, nous apportaient la substance de sa doctrine [de Tolstoï] (J.-R. BLOCH, Dest. du S., 1931, p.76).

    Le Diable au corps a bien pour objet les mœurs d'une époque.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Justement,
    TLFI a écrit:
    MORAL1, -ALE, -AUX, adj.
    A. 1. a) Vieilli. Qui a rapport aux moeurs, aux coutumes, traditions et habitudes de vie propres à une société, à une époque. L'histoire morale de l'humanité. Bientôt vous verrez la civilisation retourner en arrière, les moeurs devenir farouches, les usages durs, et l'édifice de la société rentrer dans l'état moral des douzième et treizième siècles (Le Moniteur, t.2, 1789, p.427). Quand nous voyons les mêmes phénomènes moraux, produits constamment pendant des milliers d'années, chez des peuples aussi éloignés l'un de l'autre, et observés dans des tems et par des hommes si différens, nous sommes bien autorisés à conclure qu'ils sont l'effet d'une institution qui leur est commune (DESTUTT DE TR., Idéol. 2, 1803, p.298). Ces populations ont évolué au point de vue moral (DAVAU-COHEN 1972):

    Tu as là une première partie.
    Ensuite en ce qui concerne l'immoralité qui a scandalisé les contemporains, pose-toi la question de savoir à quelles conditions un auteur peut exposer une situation déviante sans faire preuve de complaisance.
    N'y a-t-il pas une forme de revendication féministe ?
    Quelle est la véritable responsabilité des personnages ?
    Est-ce que la fin peut être considérée comme une tentative de rétablir une fin acceptable ?

    Aujourd'hui, l'individualisme hédoniste à la mode a sérieusement atténué la réprobation que le roman a connu lors de sa publication.
  • Merci beaucoup,
    je vais relire les définitions car je ne comprends plus trop le sens du mot "moral", si le but n'est pas moralisateur...
    En revanche, je n'avais pas vu la fin comme une sorte de rétablissement à quelque chose d'acceptable, merci pour ce point que je vais donc développer en deuxième ou troisième partie.
    Effectivement, l'auteur a conscience que ce qu'il écrit "est mal", serait-il possible que le rôle des bourgeois qui leur portent un mauvais regard soit en fait de montrer cette conscience de l'immoralité?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Pourquoi n'admets-tu pas que moral peut avoir les deux sens que nous t'avons indiqués ?
    En ce qui concerne la morale, Radiguet dénonce les jugements bourgeois.
    Demande-toi ce qui est le plus laid : la liaison d'un adolescent avec une femme mariée ? ou la trahison de l'amitié avec en corollaire le doute insidieux qui pouvait habiter les jeunes combattants ?
    Quant à la fin, est-elle une simple caution à l'ordre bourgeois ou la traduction possible du désarroi d'un jeune irresponsable ?
  • Merci pour vos aides et votre temps,
    J'ai trouvé mon plan et fait en partie la rédaction.
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.