Pourquoi contraint-on les élèves à commenter des poèmes, avec un plan, des parties, des sous-parties

Je me demande de plus en plus.
Pourquoi contraint-on les élèves à commenter des poèmes, avec un plan, des parties, des sous-parties ?
Simplement les lire, les sentir...ou pas...

Réponses

  • YvainYvain Membre
    1° Les élèves ne doivent pas seulement développer leur sensibilité, ils doivent acquérir aussi des savoirs et des savoir-faire.
    2° Un "plan", dans le sens général d'un principe d'organisation interne du travail écrit, est nécessaire : on ne peut se contenter de remarques éparpillées ou de ruptures constantes dans le discours.
    3° Mais le malheur est que dans de nombreux cas, les élèves ne reçoivent aucune formation sérieuse en méthodologie, alors même qu'on semble exiger avant tout qu'ils trouvent une "problématique", comme s'ils devaient avoir la science infuse.
    Il semblerait que, pour beaucoup d'enseignants, se mettre à la portée de l'élève, utiliser une démarche inductive, prendre le temps de la réflexion et de l'échange soient ou inconfortable, ou indécent, ou inutilement chronophage.
    On est finalement toujours plus ou moins resté sur le principe du cours magistral, voire du cours-conférence.
    Voilà deux élèves que j'essaie d'aider ainsi (mais par écrit ce n'est pas facile). Vous remarquerez qu'ils trouvent des idées parfois "géniales". Pourtant, quand il s'agit de faire un plan simple, ils sont perdus.
    Et je ne doute pas que l'enseignant ait EXPLIQUÉ CE QU'IL FALLAIT FAIRE.
    Mais suffit-il de bien expliquer pour bien enseigner ? (Sans compter que l'élève a le droit de ne pas toujours bien écouter, non ?)
  • DeliaDelia Membre
    on semble exiger avant tout qu'ils trouvent une "problématique", comme s'ils devaient avoir la science infuse.

    En fait la problématique est la batterie de questions que l'on doit se poser face à tout sujet de recherche. C'est donc bien par là qu'il faut commencer : se poser des questions face à ce bizarre OLNI (objet littéraire non identifié). Une fois les réponses trouvées, on se trouve face à un stock de remarques qu'il va falloir ordonner pour construire un commentaire. C'est alors, et seulement alors qu'intervient ce que nos collègues baptisent fâcheusement problématique (ce n'en est pas vraiment une...), une question qui va servir de fil conducteur. Cette question met n évidence une contradiction que le commentaire doit résoudre.


    Exemple type :
    j'arrive pas à trouver de plan pour cette problématique : En quoi "Harmonie du soir" exprime-t-il la quête d,un idéal de la part du poète ?

    Ce n'est pas une problématique mais une question fermée comme on en pose à l'oral : l'élève est sommé de réfléchir à la quête d'un idéal, exclusivement, ce qui l'empêche de voir autre chose, de sentir comme dit Laoshi. Le bon côté, c'est que cette question est le plan du devoir...
  • YvainYvain Membre
    J'entends bien, mais qui suit ce processus, à votre avis ?
  • LaoshiLaoshi Membre
    Le problème c'est que les élèves, certains professeurs aussi peut-être se bloquent, si je puis dire, sur des mots.
    Je suis d'accord avec toi, Jacques, il faut bien que lorsqu'on lit un commentaire, on n'ait pas l'impression de lire des remarques qui partent dans tous les sens.
    On a besoin d'un minimum d'organisation.
    Mais ce qui me gêne, c'est qu'avant même d'avoir lu (j'exagère à peine) le texte, les élèves sont déjà obsédés par l'idée de trouver une problématique, un plan, des axes, des sous-parties, je dis souvent, un squelette sans chair. Tu as eu récemment une expression différente qui me plaisait bien, une coquille vide, il me semble...
    Il me semble que si on a bien compris un texte, si on en a étudié avec précision le quoi et le comment, on doit pouvoir parvenir à écrire un commentaire organisé. (c'est d'ailleurs, il me semble, l'expression qui a remplacé commentaire composé dans les textes officiels.)
    La méthode donnée par Delia est aussi ma méthode, sauf que je n'utilise pas le terme de problématique.
    En fait, les élèves, je crois, achoppent sur des mots qui leur sont à la fois familiers et étrangers..
  • YvainYvain Membre
    Oui, une coquille sans la noix. N'oublions pas que dans l'esprit de l'élève, un "plan" est une planche de salut, une solution de facilité aussi. Comme très peu ont un goût véritable pour l'exercice, voire le texte littéraire, il faut essayer de faire vite et de trouver des stratégies qui le permettent. Dès qu'on a trouvé l'ébauche d'un plan, on est satisfait. L'élève que j'ai essayé d'aider sur A. Bertrand va avoir une mauvaise note parce qu'elle s'est contentée d'un travail à moitié ébauché. Il fallait chercher encore... Je ne savais même pas moi-même à quoi on aboutirait au début !
  • DeliaDelia Membre
    Je ne savais même pas moi-même à quoi on aboutirait au début !

    C'est là la clé : ne pas avoir d'idée préconçue au départ.

    De là à le faire admettre aux élèves... et aux collègues !
  • LaoshiLaoshi Membre
    Je voudrais préciser que ce n'est pas moi qui ai ouvert ce fil, avec ce titre, et qu'il s'agissait au départ, non de lancer une discussion, mais de faire une simple réflexion concernant le commentaire du poème Harmonie du soir, pour lequel un élève, une fois de plus, cherchait un plan, et ne semblait pas comprendre les réponses qui lui étaient données (cf. Bonjour, je suis en première es et j'ai besoin d'aide j'arrive pas à trouver de plan pour cette problématique : En quoi "Harmonie du soir" exprime-t-il la quête d'un idéal de la part du poète ? Aider moi svp c'est urgent. Merci
  • YvainYvain Membre
    Mais c'est très bien d'avoir lancé cette discussion ! Ce type de sujets manquait à notre fort homme (= Cyril).
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