Bonjour à tous,
Tout nouveau sur ce forum, je voudrais m'informer sur la question des différentes spécialités en deuxième année de classe prépa. Etant en terminale S (je m'y prends à l'avance), mais avec le désir ardent de rejoindre une hypokhâgne (pas une B/L), je voulais avoir les avis des personnes étant passés par une classe prépa pour connaître leur opinion sur la spécialité de khâgne poursuivie. Je dois encore vous dire que je ne suis aucunement fixé entre une A/L et une LSH et que l'histoire et la philosophie m'attirent autant l'une que l'autre.
Je sais pertinemment que le choix de telle ou telle spécialité est déterminé par les goûts et le projet professionnel de chacun, mais je voudrais quelques détails supplémentaires :
-Me conseillez-vous simplement de me faire ma propre opinion l'année prochaine?
-Quelle sont les options que vous diriez spontanément les plus "casse-gueules" pour les différentes ENS et à l'inverse celles qui sont réputées "plus abordables"?
-Faut-il une culture livresque à l'origine pour bien réussir son option ou est-ce que ces dernières s'appuient sur les connaissances vues pendant l'année?
-Que me conseilleriez-vous plus globalement et sur quels points retiendriez-vous mon attention pour préparer dès à présent mon cycle prépa?
J'en appelle aux ex-prépas qui auront la patience de me lire et suis persuadé que ce topic puisse intéresser les autres.
Merci encore... :D
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Réponses

  • Les lettres classiques et les langues ont le mérite d'être des disciplines plus techniques (en gros, tu travailles, ça paye), ce qui ne veut pas dire que ça soit plus facile, mais c'est plus "fiable". De la même façon, une fois à l'oral, les options rares (chinois, théâtre, musique, etc) sont en général favorisées, parce que le jury essaye toujours de mettre une excellente note à un ou deux candidats admissibles pour avoir un admis dans cette discipline.

    Tu auras le temps de te constituer une culture. De même, tu auras le temps de te positionner sur A/L, LSH. En revanche, si tu veux avoir la possibilité de choisir, il est sans doute préférable de choisir un lycée qui propose les deux, sinon tu risques de devoir changer entre l'hypokhâgne et la khâgne.

    Lis beaucoup. :)

    Bon courage.
  • Tout comme Artz ; j'ajouterais que le plus "stratégique" pour le concours est de prendre en spécialité la matière où l'on réussit le mieux (en hypokhâgne, pas au niveau du lycée où ça ne veut encore pas dire grand chose, les attentes dans chaque matière évoluent quand même beaucoup). ça parait tout bête dit comme ça, mais ce n'est pas forcément la matière que l'on préfère .

    Globalement les spécialités sont sur programme (sauf peut-être pour les langues vivantes ?) donc ce sont sur des connaissances que tu acquiers en khâgne, et des méthodes que tu travailles dès l'HK.
  • Merci beaucoup à vous deux de m'avoir répondu et éclairé de vos lumières et je loue également la rapidité avec laquelle m'est parvenue votre réponse.
    Bonne continuation à vous
  • j'ajouterais que le plus "stratégique" pour le concours est de prendre en spécialité la matière où l'on réussit le mieux (en hypokhâgne, pas au niveau du lycée où ça ne veut encore pas dire grand chose, les attentes dans chaque matière évoluent quand même beaucoup). ça parait tout bête dit comme ça, mais ce n'est pas forcément la matière que l'on préfère .

    Pour Ulm, je suis d'accord, puisqu'on peut très facilement se ré-orienter, mais pour Lyon, on risque ensuite de se retrouver bloqué, non ?
  • @Artz: Ouep. Mauvaise idée à mon avis. La réorientation à Lyon est possible, mais elle est difficile (cela peut signifier valider deux M1 la même année) et jamais automatique. Et il faut être bon dans la matière visée, de toutes façons.

    @Sohanelle: en option langues vivantes, les épreuves sont aussi au moins en partie (l'oral) sur programme, que ce soit pour Ulm ou Lyon, si ça n'a pas changé dans les cinq dernières années.
  • Oui c'est vrai Artz et mattlev, je disais ça vraiment dans le cas où deux matières nous plaisent et qu'on hésite entre deux spécialités, mais si on est déjà sûr de la matière que l'on veut continuer par la suite, il faut en effet faire cette spécialité dès la khâgne. C'est sûr que la réorientation est plus compliquée à Lyon, et je ne sais pas trop quelle tournure ça va prendre avec les changements de déroulement dans la scolarité qui sont en train de se faire (tout le monde rentre en L3).
  • 29tr29tr Membre

    Bonjour.

    Mon année hypokhâgne approche de sa fin, ce qui signifie que je vais devoir bientôt choisir ma spécialité pour la khâgne.

    J'hésite notamment entre les lettres modernes et la philosophie. J'ai de légèrement meilleurs résultats en français (1,5 points de plus sur la moyenne) mais préfère tout de même la philosophie.

    Selon vous, qui êtes professeur étant donc habitué à conseiller des etudiants ou bien étudiant ayant déjà effectué ce choix, vaut-il mieux choisir une matière que l'on préfère ou une matière dans laquelle on performe davantage ?

    Par ailleurs, les concours pour devenir enseignant sont très sélectifs en philosophie : est-il bien raisonnable de choisir cette matière ? En plus, le nombre de postes étant bien plus élevé qu'il ne l etait il y a quelques année en philosophie, ne risque-t-il pas de chuter ? L'insertion professionnelle des étudiants possédant un master de philo et ratant les concours de l'enseignement est-elle bonne ? À quels métiers peut-on prétendre ?


    Merci de m'aider à faire ce choix important.

    Bien à vous.

    Bonne journée.

  • nyctalopenyctalope Membre

    Salutations,

    Tout dépend de si tu vises l'ENS.

    Pour ma part, je suis en khâgne classique spé philo, et j'ai eu la même hésitation que toi l'année dernière. Avec quasiment les mêmes conditions : un intérêt (légèrement) plus grand pour la philo, des résultats (légèrement) meilleurs pour les lettres. Un fait en plus : mon lycée ne proposant pas la spé philo (mais la spé lettres), j'ai changé pour un autre lycée (Fénelon), plus côté.

    J'ai fini par choisir la philo, matière que je préfère. Cela ne signifie pas que mon choix est un modèle, d'autant plus que je voulais changer de lycée.

    Concernant les études de philo, il me semble que le monde de l'entreprise apprécie les philosophes (car ils sauraient s'adapter) pour des postes comme DRH. Reste à voir si cela t'intéresse (non, pour ma part).

    Dernière chose que tu sais peut être : à Ulm, peu importe ta spé si tu entres à l'ENS, mais à Lyon, si tu intègres, tu devras obligatoirement étudier la matière de ta spé.


    Bon choix !

  • sandm77sandm77 Membre

    Les études de philosophie permettent peut être de s'ouvrir plus facilement aux cursus en gestion, droit et management que les études de lettres.

    Si l'enseignement est ton objectif, cela ne doit pas cependant changer ton projet. Que souhaites-tu enseigner ? Les concours de l'enseignement en philosophie sont particulièrement sélectif mais accessibles aux bons étudiants. A noter que les étudiants en philosophie, surtout après un parcours CPGE, réussissent parfois le CAPES de lettres après une année de préparation. Il faut donc simplement t'orienter vers la discipline qui te plaît le plus.

  • 29tr29tr Membre

    Merci de vos retours !

    Je préfèrerais devenir professeur mais le métier de DRH ne me déplairait pas non plus ! Cela ferait une bonne "voie de secours". Mais le métier de DRH, tout comme les professions en gestion/droit/management, est accessible avec n'importe quel master de philosophie ou vaut-il mieux privilégier une certaine école/université/spécialisation (plutôt en philo politique/morale qu'en métaphysique/épistémo je suppose…) ?

    Et par rapport à la philosophie, aviez vous un grand bagage, nyctalope, lors de votre entrée en khâgne, si ce n'est pas trop indiscret ? Car j'ai peur de manquer de culture (j'ai lu peu de textes philosophiques intégralement. J'ai davantage lu des extraits / écouté des conférences).

  • nyctalopenyctalope Membre

    En classique, la spé philo porte sur deux œuvres, il n'est donc pas nécessaire d'avoir un grand bagage philosophique. En moderne, ce sont deux thèmes, donc même si je ne connais que de l'extérieur je suppose qu'il est mieux d'avoir un peu lu sur ces thèmes au moment où le programme sort.

    Je trouve ma culture philosophique très mince, mais j'ai des standards assez élevés ;). J'ai lu quelques œuvres complètes l'été entre hypokhâgne et khagne pour me remettre à niveau, et continue d'en lire régulièrement. Cela ne fut pas un handicap pour les concours, et encore moins pour la spé (puisqu'en classique, c'est de l'analyse de texte).

  • 29tr29tr Membre

    Merci !

  • dinozordinozor Membre
    3 mai modifié

    La spé philosophie me paraît nettement plus simple que la spé lettres modernes (en Ulm) : elle exige simplement d'être un bon lecteur, et, il est vrai, de la rapidité, car il y a beaucoup de choses à dire. Les connaissances extérieures à l'oeuvre importent peu, et j'irais jusqu'à dire que la connaissance de l'oeuvre importe moins que ce qu'on aurait tendance à croire. Il suffit de comprendre le texte et de savoir le restituer, tandis que le commentaire composé en lettres exige une certaine forme de finesse qui ne s'acquiert pas, à mon avis, à moins d'un excellent professeur ; c'est en tout cas ce que j'ai constaté. A titre d'exemple, j'ai obtenu 19 sur Platon, en 2019, alors que je n'avais travaillé que Sartre (je n'étais pas en khâgne et j'ai dû faire des choix) et j'ai obtenu 17,5 l'année suivante, sur Pascal que j'avais davantage travaillé. D'autre part, cela te préparera à l'agrégation ainsi qu'au capes. A mon avis c'est un bon choix, d'autant plus que, pour cette épreuve, tu n'es pas dépendant de ton professeur : tu peux réussir cette épreuve sans cours, ce qui me paraît peu probable en lettres modernes.

  • 29tr29tr Membre

    Désolé, j'ai oublié de préciser : je ne suis pas en prépa Ulm mais Lyon. Ce que vous dites est très intéressant. Cependant, cela est-il valable également pour le concours de Lyon ? Car l'épreuve d'admissibilité, à Lyon, en spé philo, c'est une dissertation.

  • dinozordinozor Membre
    3 mai modifié

    Pour Lyon, l'épreuve de LM est la seule sans programme, tandis que celle de philosophie est sur programme, et sur un programme fort vaste (deux thèmes à l'écrit et à l'oral, deux œuvres à l'oral). Je dirais qu'il est plus simple d'apprendre à faire une dissertation de philosophie qu'un commentaire composé de lettres, mais cela n'engage que moi. D'autre part, dans la perspective de l'agrégation, le programme de spé philo ne peut pas faire de mal.

  • 29tr29tr Membre

    Merci beaucoup pour ces conseils précieux !

    On dévie un peu du sujet mais si vous aviez 3 ou 4 œuvres de philosophie à conseiller lecture (et qui forment la base pour vous, l'indispensable, le vital pour un étudiant entrant en khâgne ou tout simplement les textes qui selon vous sont les plus fondateurs), quels seraient-ils ?

  • dinozordinozor Membre

    Pour l'oral d'Ulm, qui est hors-programme, je recommanderais d'étudier dans le détail l'Ethique à Nicomaque, les Méditations métaphysique, ainsi que la Critique de la raison pure, et une oeuvre plus récente qui permet de répondre à de nombreux sujets, comme l'Être et le néant. En revanche, puisque l'ENS de Lyon propose un programme pour l'écrit comme pour l'oral, le mieux est de s'y attacher.

  • nyctalopenyctalope Membre
    3 mai modifié

    Je ne sais pas trop, n'étant pas prof de philo... De plus, tout dépend de ses intérêts . Bref, ma liste ressemble davantage à un catalogue d’œuvres que j'ai appréciées qu'à de vrais conseils structurés.

    Parmi les textes faciles à lire, on trouve plusieurs dialogues de Platon, dont le Criton et le Protagoras, je conseille aussi la lecture de Rousseau, notamment du Contrat Social. Un ouvrage moins "classique" (il date de 1912 !) est Problèmes de Philosophie, de Russell, écrit pour le grand public et donc abordable. Kant à Kant (je ris dans ma chambre pour ce pauvre jeu de mot), la "trilogie" des critiques est fondatrice, mais ne les ayant pas lues (exceptée l'introduction à cripure), je ne peux que conseiller "Qu'est-ce que les Lumières?" et l'Idée (celle au titre interminable et au texte court).

    Chez les antiques, il y a le De Natura Rerum de Lucrèce, sur lequel j'ai fait du petit latin. Et les Méditations de Descartes, qui sont en classique, parfait pour faire une lecture un peu cartésienne (dans tous les sens du terme) et fondatrice.

    A part pour Russell, mes lectures sont très orientées politique (je n'ose conseiller le Manifeste de Marx et Engels!), mais c'est parce que c'est le thème de l'année.

    A propos de "thème de l'année", j'aurais un conseil au risque de paraître un peu scolaire : lisez ce que vous voulez, mais, quand le programme "tombera" (ce devrait être en mai), lisez des oeuvres en lien avec le domaine du programme. C'est encore plus vrai à Lyon où il n'y a pas d'oral de philo. En revanche, vous pouvez lire dès maintenant les ouvrages d'approche des sciences humaines (Clastres, Héritier...).

  • 29tr29tr Membre

    Merciii❤️ !

    "celle au titre interminable et au texte court" j'ai ri !!!

  • nyctalopenyctalope Membre

    Haha, c'était le but ;)

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