Apprendre le grec ancien comme une langue vivante

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Réponses

  • Je l'ai feuilletée en librairie, elle m'a paru intéressante. Si quelqu'un a essayé :) ...
    Je n'ai malheureusement eu ni le temps, ni l'argent, ni la motivation de la tester puisque parler sans avoir personne avec qui parler peut vite devenir décourageant.
  • Oui, le livre est cher. S'il était d'un prix moindre, je me laisserais bien tenter...

    J'en ai trouvé une illustration sur youtube :

    https://www.youtube.com/watch?v=tJrGaOF-bOw

    https://www.youtube.com/watch?v=stNHxR2Zn50
  • Je n'ai écouté que le début du premier document, mais cela me suffit :
    - Καλή ἡμέρα et παρακαλῶ sont du grec moderne adapté.
    - καλός pour dire "bien" est surprenant : c'est καλόν (au neutre) qu'il faut dire.
  • Comment les Grecs de Périclès se saluaient-ils ?

    - Bonjour
    - Comment vas-tu ?
    - Au revoir
    - Merci
    - A bientôt
    - A plus tard
    etc.
  • Marie Hervé a écrit:

    Connaissez-vous une méthode qui enseigne l'anglais comme une langue morte? :rolleyes:
  • Le Grec des Anciens a bien dû être une langue vivante un jour, non ? Les gens devaient bien se dire "bonjour, comment vous appelez-vous, merci, asseyez-vous, taisez-vous, répondez, prenez votre tablette et votre stylet, au revoir, à demain", ... , non ?
  • Mais oui, bien sûr, mais on n'a guère de témoignages de cette langue qui a du reste varié avec les époques et les lieux. La langue des textes, même ceux qui ont un caractère familier ou populaire, les dialogues de Lucien, par exemple, certains passages des dialogues de Platon ou du Dyscolos de Ménandre, est en fait une langue "littéraire" qui se démarque presque par principe de la langue de tous les jours. Même Grégoire de Nazianze n'écrit évidemment pas comme il parle dans ses lettres... Même chose chez les latins. Il faut attendre le Moyen-Age pour qu'il y ait rapprochement, malgré l'habitude d'écrire en vers la plupart des œuvres non philosophiques.

    La seule manière de pratiquer le grec ancien (ou le latin) est d'apprendre par cœur des textes d'une certaine longueur, voire des œuvres entières. C'est une méthode qui m'a beaucoup profité personnellement. J'essaie de l'appliquer en classe, mais malheureusement, les élèves récitent sans comprendre, bien que les textes aient été étudiés au préalable... Un mal bien français je crois.
  • jacquesvaissier a écrit:
    Je n'ai écouté que le début du premier document, mais cela me suffit :
    - Καλή ἡμέρα et παρακαλῶ sont du grec moderne adapté.
    - καλός pour dire "bien" est surprenant : c'est καλόν (au neutre) qu'il faut dire.

    Le souhait Καλή ἡμέρα ne devrait-il pas être à l'accusatif (sous-entendu : "Je te souhaite...") ?

    Peut-être fait-il de καλός un attribut de λόγος sous-entendu : ὁ σὸς λόγος ἐστὶ καλός.

    A l'oral, il y a beaucoup de sous-entendus.
  • Oui, vous avez raison. Mais pour dire bonjour à quelqu'un, on devait dire quelque chose comme χαῖρε ou χαίρειν cf le début du Ion de Platon.
  • J'ai tendance à suivre l'accent et la phonologie des voyelles quand je lis du grec ancien et ça sonne très très différemment de ce que j'ai entendu dans la vidéo. Cependant je trouve l'initiative géniale parce qu'il n'y a pas de moyen plus efficace pour apprendre une langue que de la parler. Tout dépend de l'objectif qu'on se fixe : 1) si l'on s'intéresse à la littérature, à la pratique des textes ou à la grammaire et non de la langue, il faut pratiquer la lecture des textes ; 2) si l'on s'intéresse à la langue, il faut pratiquer la langue. Ce sont deux choses très différentes mais que l'on distingue trop rarement. L'un ou l'autre, les deux ou aucun des deux, c'est un choix personnel. Je trouve merveilleux le fait de donner la possibilité de poursuivre l'objectif 2), même avec une prononciation approximative ou un vocabulaire refait.
  • Je repousse absolument votre seconde voie : il est impossible de "pratiquer" le grec ancien d'une manière qui ne soit pas artificielle... Du reste, sur quel état de langue se baser ? Mieux : quel auteur copier puisqu'on n'a que des textes littéraires pour fixer une norme ? Or ces auteurs ont chacun leur style, parfois leur syntaxe, ils ont vécu à des époques différentes, sur des aires géographiques fort variées. Mieux vaut consacrer ses efforts aux langues vivantes, il me semble.
    Je ne m'en prends évidemment pas à vous en disant cela. :D
  • Cette méthode peut, peut-être, faciliter la mémorisation du vocabulaire et des formes verbales. En gros, ce qui est le plus utile dans la compréhension à la lecture d'un texte.
  • Oui, mais autant apprendre du grec authentique (ce que j'ai fait quand j'étais jeune).
  • jacquesvaissier a écrit:
    Je ne m'en prends évidemment pas à vous en disant cela. :D
    Oui, je sais bien ;) !

    Mais je ne suis pas d'accord :P : je ne prétend pas qu'il soit possible de pratiquer le grec ancien d'une manière qui ne soit pas artificielle, mais qu'il est possible de trouver un intérêt à la pratique d'une certaine forme (altérée, modifiée, reconstruite, etc.) de grec ancien. L'apprentissage du lexique et celui de la gymnastique des flexions sont par exemple grandement facilités par la pratique orale, de la même manière que l'élision française s'apprend par la pratique et non par la théorie.

    Bien sûr l'exactitude linguistique de la forme de grec ancien que l'on pratique est plus qu'approximative mais ce n'est pas un problème : certains s'engagent dans la reconstitution d'événements médiévaux par exemple, d'autres développent toute une culture autour de langues qui n'ont jamais été parlées. J'admire leur passion, l'envie de partager entre eux et avec un public curieux plus large. Je ne vois rien là de condamnable, et si ces activités ludiques favorisent l'accès à des documents historiques de première main, on peut même leur attribuer une certaine utilité, alors pourquoi pas ?
  • Je comprends bien ce que vous dites, notamment sur la nécessité de "pratiquer" les paradigmes au lieu de les "réciter", j'ai quelquefois essayé cela avec des élèves (en latin), mais c'est frustrant parce qu'il y a évidemment de nombreuses choses qu'ils ne peuvent exprimer, et pas seulement celles qui relèvent de la technologie moderne... :D
    Ce que je pratique, c'est le questionnement oral à propos d'un texte étudié ; là, une communication est possible dans la langue du texte.
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