Fiches méthode Bac de français 2020

Bonsoir pourriez vous me donner des exemples de héros qui ne vont pas au bout de leur destin merci d'avance
Je pensais à princesse de cléves car elle ne peut pas être avec son amour mais sinon je n'ai pas vraiment d'idée
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Réponses

  • Dans quel cadre s'inscrit ce devoir ?
    Le héros de roman, être de papier, a le destin que le romancier lui forge.
  • Le héros tragique (Oedipe, Phèdre, Polyeucte, ...) va toujours, par définition de ce qu'est la tragédie, "au bout de son destin". Mais le problème se pose certainement pour le personnage romanesque. Notamment pour le héros romantique, surtout lorsqu'il se suicide (Werther) ou se laisse mourir (Jean Valjean). Et que dire des personnages de Dostoïevski, de Virginia Woolf ou de Modiano ?
  • Bonjour,

    Peut-on parler du personnage principal du Désert des Tartares (de Dino Buzzati) ?
    Il a sacrifié sa carrière et sa vie privée pour rester dans le fort de sa première affectation car il s'attendait à ce que les Tartares finissent par attaquer son pays en commençant par son fort.
    Finalement, car il est vieux ou malade, je ne sais plus très bien, on l'évacue de son fort au moment où les Tartares l'attaquent après des décennies d'attente.
    Il meurt peu après.
  • Qu'est-ce que le bout du destin ?
    A bien y réfléchir, l'expression n'a aucun sens !

    Je suis allée faire un petit tour sur wikipedia et j'ai trouvé ceci :
    Le destin désigne, au moment présent, l'histoire future d'un être humain ou d'une société telle qu'elle est prédéfinie par une instance qui est soit considérée comme supérieure aux hommes (éventuellement divine) dans les conceptions finalistes du Monde, soit comme immanente à l'univers (éventuellement la Philosophie de l'histoire ou la nature) dans les conceptions déterministes.

    Pour les personnages de papier que sont les héros de roman, l'instance supérieure est le romancier qui prédéfinit l'histoire de son personnage. Le personnage fait ce que l'auteur a décidé : le destin de la Princesse de Clèves c'est de refuser de confronter sa passion à la réalité des relations conjugales, celui de Werther de se suicider, celui de Jean Valjean de mourir dans la solitude... C'est en vue de cette fin qu'ils ont été conçus !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Bien entendu le personnage littéraire est la créature soumise de son créateur. La question cherche sans doute à pointer ces héros qui sont en rupture manifeste avec leur déterminisme psychologique ou sociologique. En d'autres termes pourquoi leur auteur a-t-il voulu surprendre son lecteur en s'écartant d'une fin attendue ? Peut-être le héros de La Pitié dangereuse de Zweig qui accepte de survivre à son déshonneur ou Julien Sorel de Le Rouge et le noir qui se convertit de l'arrivisme cynique à l'égotisme amoureux ?
  • Pour les personnages de papier que sont les héros de roman, l'instance supérieure est le romancier qui prédéfinit l'histoire de son personnage. Le personnage fait ce que l'auteur a décidé
    Bien que l'ars et la tekhnè soient étymologiquement apparentés (les termes latin et grec sont synonymes), le processus de production artistique n'est sans doute pas l'application mécanique d'un concept pré-conçu comme c'est le cas dans un processus technique de production. S'agissant de la création d'un personnage romanesque, Proust écrit, par exemple, que "une fois devant son papier, [Jean] écrivait ce qu'il ne connaissait pas encore, ce qui l'invitait sous l'image où c'était caché (et qui n'était en quoi que ce soit un symbole) et non ce qui, par raisonnement, lui aurait paru intelligent et beau"(Proust, Jean Santeuil). Or, si tel est le cas, c'est sans doute parce que les personnages romanesques sont, justement, tout sauf des "personnages de papier", c'est-à-dire un simple agglomérat de matière pré-existante. Et le même d'ajouter : "tandis que le génie de l'auteur nous enchante au point que nous saisissons avec joie dans les interstices du récit toute phrase sur des sujets que nous connaissons [...] ses personnages nous apparaissent si vivants que nous n'aimons pas à songer que c'est une invention artificielle qui les a fabriqués plutôt que d'autres. Et puis nous pouvons déjà être capables de grandes passions pour les personnes vivantes et pour les personnages des livres, sans savoir encore rien de la vie, sans en comprendre la plupart des rapports"(Proust, Jean Santeuil). En ce sens, parler du "destin" d'un personnage n'est pas plus paradoxal que parler de celui d'une personne.
  • Julien Sorel de Le Rouge et le noir qui se convertit de l'arrivisme cynique à l'égotisme amoureux ?

    Pour moi, et cela n'engage que moi, Julien Sorel est de bout en bout un arriviste cynique.
    il est intéressant de noter que le romancier lui trace son destin :
    Il la i]l'église de Verrières[/itrouva sombre et solitaire. À l’occasion d’une fête, toutes les croisées de l’édifice avaient été couvertes d’étoffe cramoisie. Il en résultait, aux rayons du soleil, un effet de lumière éblouissant, du caractère le plus imposant et le plus religieux. Julien tressaillit. Seul, dans l’église, il s’établit dans le banc qui avait la plus belle apparence. Il portait les armes de M. de Rênal.

    Sur le prie-Dieu, Julien remarqua un morceau de papier imprimé, étalé là comme pour être lu. Il y porta les yeux et vit :

    Détails de l’exécution et des derniers moments de Louis Jenrel, exécuté à Besançon, le...

    Le papier était déchiré. Au revers on lisait les deux premiers mots d’une ligne, c’étaient : Le premier pas.

    — Qui a pu mettre ce papier là ? dit Julien. Pauvre malheureux, ajouta-t-il avec un soupir, son nom finit comme le mien... et il froissa le papier.

    En sortant, Julien crut voir du sang près du bénitier, c’était de l’eau bénite qu’on avait répandue : le reflet des rideaux rouges qui couvraient les fenêtres, la faisait paraître du sang.
    Louis Jenrel est l'anagramme de Julien Sorel.

    Quos vult perdere Jupiter dementat : Julien est l'artisan de sa perte :
    Du marquis à sa fille :
    Lisez la lettre que je reçois en réponse aux renseignements que j’avais demandés. L’impudent m’avait engagé lui-même à écrire à Mme de Rênal

    Le romancier boucle la boucle :
    Julien entra dans l’église neuve de Verrières. Toutes les fenêtres hautes de l’édifice étaient voilées avec des rideaux cramoisis. Julien se trouva à quelques pas derrière le banc de madame de Rênal. Il lui sembla qu’elle priait avec ferveur. La vue de cette femme qui l’avait tant aimé fit trembler le bras de Julien d’une telle façon, qu’il ne put d’abord exécuter son dessein. Je ne le puis, se disait-il à lui-même ; physiquement, je ne le puis.

    En ce moment, le jeune clerc qui servait la messe sonna pour l’élévation. Madame de Rênal baissa la tête qui un instant se trouva presque entièrement cachée par les plis de son châle. Julien ne la reconnaissait plus aussi bien ; il tira sur elle un coup de pistolet et la manqua ; il tira un second coup, elle tomba

    La machine infernale du romancier fonctionne remarquablement bien. A noter cette femme qui l'avait tant aimé : à aucun moment il n'est question d'une femme que Julien eût aimée...
    S'agissant de la création d'un personnage romanesque, Proust écrit, par exemple, que "une fois devant son papier, [Jean] écrivait ce qu'il ne connaissait pas encore, ce qui l'invitait sous l'image où c'était caché (et qui n'était en quoi que ce soit un symbole) et non ce qui, par raisonnement, lui aurait paru intelligent et beau"(Proust, Jean Santeuil).
    Proust n'a pas achevé Jean Santeuil et en ce sens on peut ranger Jean Santeuil parmi les héros qui ne vont pas au bout de leur destin car l'auteur les abandonne en route.
    Pour la Recherche, Proust a construit son plan qu'il compare à une cathédrale. Comme les bâtisseurs de cathédrale il a été amené à infléchir ses plans en cours de construction mais la fin est bien celle qu'il avait prévue dès le départ.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Oui, mais la conversion de Julien a lieu après, lorsqu'il se retrouve en prison. Et là son conditionnement inspiré de l'affaire Berthet brusquement disparaît. Julien devient, à notre grande surprise, un disciple de l'art de vivre italien cher au coeur d'Henri Beyle.
    Stendhal a écrit:
    Pour Julien, excepté dans les moments usurpés par la présence de Mathilde, il vivait d'amour et sans presque songer à l'avenir. Par un étrange effet de cette passion, quand elle est extrême et sans feinte aucune, Mme de Rênal partageait presque son insouciance et sa douce gaieté.

    -- Autrefois, lui disait Julien, quand j'aurais pu être si heureux pendant nos promenades dans les bois de Vergy, une ambition fougueuse entraînait mon âme dans les pays imaginaires. Au lieu de serrer contre mon coeur ce bras charmant qui était si près de mes lèvres, l'avenir m'enlevait à toi; j'étais aux innombrables combats que j'aurais à soutenir pour bâtir une fortune colossale... Non, je serais mort sans connaître le bonheur, si vous n'étiez venue me voir dans cette prison.
  • Julien devient, à notre grande surprise, un disciple de l'art de vivre italien

    Vous y croyez, vous ?
    Autrefois, lui disait Julien,

    C'est du baratin : Julien joue encore la comédie pour continuer à recevoir ces visites qui le divertissent au sens pascalien...
  • Vous ne semblez pas prendre la notion de "destin" très au sérieux. Tous les exemples que vous donnez ressortissent non au destin du personnage mais à sa biographie. C'est la biographie qui appartient au Créateur, quelque nom qu'on lui donne par ailleurs, Dieu, la société, l'auteur, etc.

    Les anciens assimilaient le destin (ἡ μοῖρα) à l'ordre du monde auquel les dieux aux-mêmes étaient soumis. Klothô, Lakhèsis et Atropos, les trois Moires (Μοῖραι) ou Parques, les divinités du destin, sont filles d'Ἀνάγκη, la Nécessité. D'où le caractère paradigmatique du héros tragique qui connaissant son destin, ne s'y refuse pas et consent donc à la nécessité, même s'il doit, préalablement, résoudre un dilemme. En Iliade VI, 390-495, Hector explique à Andromaque suppliante et éplorée, en présence d'Astyanax, pourquoi il ne peut refuser de combattre Achille : tant qu'il sera vivant, les murs d'Ilion seront intangibles, mais il sait qu'ils tomberont un jour, aussi doit-il se résoudre à mourir. Le héros tragique se laisse toujours conduire par son destin dont il a toujours, idéalement, une claire conscience : en ce sens, on peut dire qu'il va jusqu'au bout de son destin. Le destin d'Hector n'est pas la biographie qu'en fait Homère. C'est tout le contraire : c'est le poète qui règle la biographie du personnage sur son destin.

    A partir de là, dans quelles circonstances un personnage (ou une personne) peut-il refuser son destin ? Le cas le plus simple est l'ignorance. Les personnages de Modiano sont, typiquement, dans l'ignorance totale de l'ordre supérieur sur lequel se règle leur vie. D'où l'impression d'inconsistance du personnage qui, souvent, n'a pas le même nom d'un bout à l'autre du roman. Une ignorance partielle, confuse, ponctuelle, semi-inconsciente du destin me paraît être une autre circonstance. C'est le cas, probablement, de Julien Sorel ou de Jacques Lantier qui n'ont qu'une conscience très trouble des déterminismes sociaux et biologiques dont ils sont l'objet. Se croyant maudits, ils agissent comme s'ils l'étaient et sont poussés à des extrémités dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas. Une autre circonstance possible est une conscience cynique de la nécessité : Claude Frollo est pleinement conscient de son destin (les occurrences d'"anankè" et de "nécessité" sont, d'ailleurs, fréquentes dans Notre-Dame de Paris), de même pour Cimourdain dans Quatrevingt Treize, mais l'un et l'autre s'acharnent à la nier. Or, comme dit Sénèque, fata volentem ducunt, nolentem trahunt. Résultat : ils ne vont pas jusqu'au bout de leur destin, mais leur destin finit quand même par les rattraper.

    Mais, encore une fois le romancier n'invente pas le destin de ses personnages. Il joue avec. Ce qui est très différent.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour PhiPhilo,

    Merci pour ce rappel structuré de la notion de destin ou de fatum. J'émettrais cependant quelques réserves :

    - la distinction entre destin (inscription d'une existence dans un ordre du monde préétabli) et biographie (fidélité à cette ligne de vie) me paraît formelle. En effet c'est bien le poète qui révèle la destinée, il la sert tout autant qu'il la crée.

    - Appliquée au roman moderne, cette notion de destinée ne peut plus être interprétée selon les concepts de l'Antiquité. En effet le christianisme a apporté (à la suite du judaïsme) l'idée fondamentale d'une humanité créée libre avec amour. Si un moment l'homme est redevenu par sa faute esclave de la mort et du mal, il a été définitivement libéré et racheté par le sacrifice christique. Les romanciers même s'ils ne partagent pas la foi chrétienne s'expriment dans un système culturel qui les a formatés. D'ailleurs cette relation au destin est un fil conducteur de la littérature parce que cette question a toujours fait débat dans le christianisme lui-même. Je rappellerai que depuis Augustin d'Hippone la question de la prédestination divise les théologiens. Augustin a sans doute été frappé par la situation de Judas dont la trahison était nécessaire à l'économie du salut. Comment concilier alors ce déterminisme théologique avec une liberté fondamentale voulue par Dieu ? Comment concilier la toute-puissance de la volonté divine qui arrive toujours à ses fins et la liberté contingente de la créature humaine ? Je pourrais paraître m'éloigner du sujet mais si l'on considère Macbeth nous retrouvons bien ce conflit entre un paganisme barbare fataliste et un christianisme idéaliste libérateur. Phèdre de Racine met en scène le drame janséniste de la prédestination sous couvert de la fable antique. Tolstoï dans La Guerre et la Paix en a fait le fil conducteur de son récit, Gabriel Garcia Marquez joue de manière moderne avec le concept dans Chronique d'une mort annoncée...

    En conclusion je dirais justement que le roman moderne a voulu dénoncer le sens chrétien de l'Histoire (conjonction mystérieuse entre des libertés contingentes et l'avènement d'un monde nouveau voulu de toute éternité par la sagesse de Dieu) en jouant habilement d'une condition humaine absurde et d'actes de libération dérisoires...
  • Jean-Luc, je partage très largement votre analyse. Loin de moi l'intention de promouvoir une fatalitas au sens antique et, encore moins une prédestination au sens calviniste de ce terme. Un simple coup d'oeil à quelques articles (notamment ceux concernant l'identité narrative) de mon blog vous en convaincra. Même si je reste persuadé qu'il faut distinguer destin et biographie (ce que font, par exemple, Hannah Arendt ou Paul Ricoeur), et même si j'évite de confondre, d'une part nécessité ou destin et, d'autre part fatalité (à l'instar de Spinoza, de Leibniz ou de Wittgenstein), l'essentiel n'est pas là. Il s'agissait pour moi de (re-)donner un peu de consistance à la notion de destin en essayant de comprendre en quoi un héros de roman "peut ne pas aller au bout de son destin". Ce qui était la question initialement posée.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Merci pour cette mise au point.
    J'ai beaucoup apprécié les références à Cimourdain, Frollo. Nous aurions pu ajouter Hernani, "Je suis une force qui va", belle illustration de "la force du destin" romantique.
    Pour revenir à la nécessité ou au destin chrétien, il est éclairant de regarder dans l'orthodoxie où, me semble-t-il plus que dans le catholicisme ou le protestantisme, la créature libre est destinée à reconnaître en elle l'image de son créateur. Toute créature est amenée à connaître l'épreuve, la tentation de trahir sa vocation. Une telle conception a été développée par Dostoïevski et chez nous par Bernanos.
  • Excusez-moi si je vous demande pardon, mais nous parlons de héros de roman. Les héros de roman sont des êtres fictifs, des créatures de papier, un effet de réel produit par des signes noirs tracés sur une page blanche. Des signe noirs sur page blanche n'ont ni destin, ni biographie, ni sentiments, ni volonté, ils n'existent pas ! C'est pourquoi il serait judicieux que l'élève nous dise ce qu'il entend, lui, par destin des héros de roman.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Je crois que nous avançons dans un faux débat. Le héros romanesque est un personnage virtuel ou plutôt conceptuel. Mais en même temps il a existé dans la pensée de son créateur. Il a correspondu à un projet, à des conceptions philosophiques, psychologiques, sociologiques. Le personnage romanesque nous révèle ce qu'a été ou pensé son auteur. Je vais prendre un exemple qui me paraît significatif, celui du Noeud de vipères de Mauriac. Tout laisse supposer que ce mal-aimé va mourir empoisonné par sa haine. Tout son conditionnement sociologique et psychologique lui a tracé une voie malsaine d'enfermement sur lui-même, de ressassement délétère. Et pourtant, surprise, avant de succomber à une crise cardiaque il a pu se laisser toucher par la mort des siens. Pourquoi Mauriac ne l'a -t-il pas laissé aller au bout de son destin ? L'écrivain chrétien a voulu scruter le travail secret de la grâce... Louis répond donc à un projet précis. Louis existe parce que Mauriac a voulu satiriser la bourgeoisie bordelaise et garder quand même l'espérance d'une conversion.
  • Pourquoi Mauriac ne l'a -t-il pas laissé aller au bout de son destin ?

    Le destin de tout homme est d'être sauvé, Mauriac le mène là où il devait aller.
  • Excusez-moi si je vous demande pardon, mais nous parlons de héros de roman. Les héros de roman sont des êtres fictifs, des créatures de papier, un effet de réel produit par des signes noirs tracés sur une page blanche. Des signe noirs sur page blanche n'ont ni destin, ni biographie, ni sentiments, ni volonté, ils n'existent pas
    Ils n'existent pas dans le monde réel. Mais s'ils n'existaient dans aucun monde possible, pourquoi et comment attireraient-ils notre attention et notre intérêt ?
    C'est pourquoi il serait judicieux que l'élève nous dise ce qu'il entend, lui, par destin des héros de roman
    Oui mais en commençant par élucider la question à lui posée et non pas en la dissolvant dans le non-sens.
    Le destin de tout homme est d'être sauvé, Mauriac le mène là où il devait aller.
    C'est ce que nous disons : le talent de l'écrivain consiste, entre autres, à jouer avec le destin des hommes dans des mondes possibles.
  • Bonjour,

    Je suis content pour PhiPhilo qu'il ait vite trouvé un interlocuteur intéressant.

    Je suis conscient que dans ce fil interviennent des balèzes en littérature ou philosophie, ce que je ne suis pas du tout. D'ailleurs je ne comprends pas toute votre prose, tant s'en faut.

    Je me permets d'intervenir car j'aimerais savoir si ce que vous dites donne un éclairage particulier de la vie de Sherlock Holmes et de ses rapports avec son créateur : Conan Doyle. En effet, ce dernier trouvait ses autres livres plus intéressants que les histoires de son détective, au point qu'il le fit mourir dans une de ses nouvelles. Mais le public manifesta tellement son refus de cette mort que Conan Doyle finit par écrire une nouvelle servant à ressusciter SH puis il repartit pour une autre série de nouvelles. Il n'était donc pas omnipotent concernant SH : il ne pouvait le tuer. Ce cas infirme-t-il ou confirme-t-il quelque chose ?

    Si ma question est débile ou hors sujet, n'hésitez pas à le dire clairement. C'est fort possible car, je me répète, je n'ai pas tout compris de ce que vous avez écrit.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Je ne sais pas si la résurrection de Sherlock Holmes a quelque chose à voir avec le destinée du personnage romanesque.

    Ce qui est sûr, c'est que la récurrence du héros que nous devons sans doute à Balzac dans la Comédie humaine complique le travail de l'auteur qui doit respecter une cohérence dans l'état civil, la biographie et la psychologie de sa créature. Balzac a commis quelques bourdes. Ses successeurs ont rarement rendu une copie sans faute. En revanche la récurrence crée des attentes chez le lecteur. L'auteur ne peut plus faire ce qu'il veut sauf à se saborder financièrement. De plus les meilleurs auteurs de série ont parfois réussi à faire évoluer leur héros, lui donnant une consistance humaine bien éloignée du stéréotype.
  • OK, merci et bonne soirée.
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