Bonjour à tous ! :)

Je viens ici à la pêche aux conseils , je veux profiter de mes vacances pour lire trois livres ( pas beaucoup me diront les plus chevronnés d'entre vous mais je compte bien profiter des fêtes ! :) )
-La métamorphose de Kafka
-La Nausée de J.P Sarte
-L'étranger de Camus

Jusque-là rien qui ne fasse le sujet d'une discussion dans un forum, sauf que j'aimerais bien connaître vos astuces pour faire une lecture active. Faut-il prendre des notes et résumer chaque chapitre ? Relever chaque phrase qui nous semble importante , chaque date , chaque élément de culture ?
Comment vous y prenez-vous pour qu'à la fin du livre vous ayez une trace des réflexions de l'auteur/trame de l'histoire , que vous soyez capable de vous remémorer l'histoire après de simples notes ?
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Réponses

  • j'aimerais bien connaître vos astuces pour faire une lecture active. Faut-il prendre des notes et résumer chaque chapitre ? Relever chaque phrase qui nous semble importante , chaque date , chaque élément de culture ?
    Oui, on peut faire ce que tu dis : lire crayon en main, prendre des notes, souligner au crayon des passages qui semblent importants...
  • Ce n'est plus de la lecture, mais des travaux forcés !
    Entendons-nous : cette lecture avec prise de notes s'impose dans les préparations d'examen, rédaction de thèses et ouvrages critiques.

    Comment vous y prenez-vous pour qu'à la fin du livre vous ayez une trace des réflexions de l'auteur/trame de l'histoire , que vous soyez capable de vous remémorer l'histoire après de simples notes ?

    Je ne fais rien : si le livre est fort, il s'imprime tout seul, sinon, tant pis !
  • Merci pour vos réponses ! Celles-ci me rassure car je n'étais pas très enthousiasme à l'idée de faire ces "travaux forcés" mais je penser que c'était d'augure lors d'une lecture de livre comme ceci. Après des premières lectures , je pense finalement juste écrire les pensées qui me viennent à propos de l'oeuvre car celle-ci risque de vite s'envoler alors que la trame du livre vas je l'espère s'imprimer comme Delia le suggérait !
  • Ne cherche pas à tout retenir... Si tu aimes ce que tu lis, tu t'en souviendras. ;)

    Fais toi plaisir !
  • Ce n'est plus de la lecture, mais des travaux forcés !
    Il ne faut tout de même pas exagérer.
    Il a été écrit : Comment lire d'une manière active ?
    J'ai donc immédiatement pensé à une lecture-étude, qui n'est pas forcément, et pas seulement, une lecture-plaisir (pour moi en tout
    cas.) D'où ma réponse.
    Après chacun lit comme il veut et comme il peut.
    De toute façon, on se rend bien vite compte tout seul si sa lecture est "active" ou non. Et si besoin est, à chacun de rectifier le tir à sa manière.
  • On peut aussi relire tout simplement.
  • Exactement : et lors de la relecture, pourvu que ce soit après un certain temps, ce n'est plus tout à fait le même livre qu'on a sous les yeux.
  • Pour ma part j'ai commencé, depuis quelques livres déjà, à faire, au fur et à mesure d'une lecture, des résumés chapitres par chapitres. J'utilise donc des tirets, me permettant ainsi de repérer rapidement les faits marquants du chapitre ainsi que le cadre spatio-temporel. Ainsi cela me permet de pouvoir revenir sur un livre en lisant mes notes, ce qui est très pratique pour avoir toujours au coin de sa mémoire, les livres lus.
    Je note également les citations qui me plaisent, en particulier celles où l'auteur s'explique directement dans des livres théoriques par exemple ou dans les correspondances.

    Cependant peut-être que ces résumés chapitre par chapitre, peuvent te lasser car forcément, tu es obligé de couper tes lectures.
  • C'est du moins ce que l'on peut appeler une lecture active.
  • Delia a écrit:
    Ce n'est plus de la lecture, mais des travaux forcés !
    Entendons-nous : cette lecture avec prise de notes s'impose dans les préparations d'examen, rédaction de thèses et ouvrages critiques.
    Je ne fais rien : si le livre est fort, il s'imprime tout seul, sinon, tant pis !
    Non. Certains diront (et moi aussi) qu'on ne lit pas vraiment sans travailler le texte, voire contre le texte. C'est précisément le travail acharné qui permet d'entretenir une relation de jouissance avec le texte littéraire, sinon tout reste à plat. Du coup, lire avec dictionnaire, crayon et cahier de notes est indispensable à toute tentative de lecture approfondie. Les bons écrivains méritent de bons lecteurs, pour paraphraser Nabokov.
  • Si vous voulez que Delia vous réponde, ça va être assez difficile... ;) ;)
  • Ah oui, j'ai tendance à me perdre dans les pages du forum et à trouver des messages qui m'interpellent... Je ne suis pas toujours attentive aux dates :lol:
  • Il n'y a pas que les dates qui soient en jeu (mais laissons cela)...

    Je ne suis que partiellement d'accord avec ce que vous dites. Il existe plusieurs sortes de plaisir du texte : quand je lis ou relis (cas très fréquent !), je tiens à ce que seule la sensibilité soit en jeu. Je n'imagine pas une intervention trop marquée de l'intelligence réflexive, encore moins celle de l'écrit. Je ne prends jamais de notes quand je lis un texte nouveau. Je compare souvent le plaisir que j'en retire au déchiffrage d'une partition musicale. Analysée et "travaillée" (massacrée en ce qui me concerne), l'œuvre ne me procure plus du tout le même plaisir, comme un plat dont on aurait abusé et qui finirait pas nous sembler insipide. En revanche, j'éprouve aussi du plaisir à me livrer à un "corps à corps" avec l'œuvre si je dois en faire une étude approfondie, mais ce plaisir est d'un autre ordre et je ne confonds pas les deux.
  • Si ça vous convient, tant mieux. Pour moi, la lecture ne doit pas être une activité éphémère qui s'apparente à la consommation. J'ai besoin d'être changée par elle, au quotidien. Par ailleurs, j'ai l'intime conviction qu'une lecture de sensibilité ne passe jamais outre la reconnaissance, au sein du texte, d'éléments que nous connaissons déjà. Combien de lectures sont faussées, au jour le jour, par le déjà-connu, le lieu commun, le pré-existant, bref la subjectivité bayardienne d'un lecteur qui s'étend sur un texte à peine ouvert ? Jusqu'aux analyses les plus canoniques, partagées sur les bancs d'école. C'est ça, massacrer le texte : le plier à sa réception immédiate, souvent obtuse. Seul le travail sur le texte nous permet d'arriver sur le terrain particulier du texte, mais ces propos n'engagent que moi.
  • Vous avez dû mal me comprendre : je ne parle pas de consommation, mais de jouissance !
    Lire n'est pas prendre une connaissance superficielle d'un texte, c'est se l'approprier en faisant taire momentanément ce que la culture ou la réflexion pourraient interposer entre ce texte et soi. Quand on lit, je crois qu'il faut s'efforcer d'abolir les réflexes du critique ou du professeur : ce sont eux qui vous feront perdre l'écho du Verbe primordial que recèle toute grande œuvre, d'autant plus puissant qu'il est nu et qu'il se suffit à lui-même. Il faut respecter cette nudité, qui est la condition même de sa divine naissance.
    Tous vos arguments, je les fais miens, mais en faveur d'une lecture naïve au possible.
  • en faveur d'une lecture naïve au possible.
    Pour une fois, sur ce point au moins, je suis d'accord avec toi, Jacques.
    Je vais même jusqu'à éviter de lire les préfaces, que je lirai au besoin après, pour me plonger directement dans l'oeuvre.
  • Vous avez dû mal me comprendre : je ne parle pas de consommation, mais de jouissance !
    Lire n'est pas prendre une connaissance superficielle d'un texte, c'est se l'approprier en faisant taire momentanément ce que la culture ou la réflexion pourraient interposer entre ce texte et soi. Quand on lit, je crois qu'il faut s'efforcer d'abolir les réflexes du critique ou du professeur : ce sont eux qui vous feront perdre l'écho du Verbe primordial que recèle toute grande œuvre, d'autant plus puissant qu'il est nu et qu'il se suffit à lui-même. Il faut respecter cette nudité, qui est la condition même de sa divine naissance.
    Tous vos arguments, je les fais miens, mais en faveur d'une lecture naïve au possible.
    Monsieur, nous disons la même chose. A mon sens, il faut fuir absolument l'aura qui précède et entoure le texte. Quel était ce mot de Baudelaire, sur la pensée incommunicable ?

    Cela dit, la pure sensibilité est, je crois, insuffisante : Nabokov parlait d'une lecture menée ni par le cœur, ni par le tête, mais plutôt par l'épine dorsale. J'aime l'image.
  • Oui, mais cela dépend peut-être aussi de ce qu'on lit. Il n'y a pas grand chose de commun entre un "conte" de Voltaire (pour citer un auteur que je n'aime pas) et une ode de Claudel...
  • Nabokov parlait d'une lecture menée ni par le cœur, ni par le tête, mais plutôt par l'épine dorsale. J'aime l'image.
    L'image est effectivement originale, mais bien que l'homme soit corps, coeur et esprit, le coeur et... l'esprit me semblent plus essentiels que l'épine dorsale, qui, selon les âges de la vie peut être moins vigoureuse. ;)
  • Oui, mais cela dépend peut-être aussi de ce qu'on lit. Il n'y a pas grand chose de commun entre un "conte" de Voltaire (pour citer un auteur que je n'aime pas) et une ode de Claudel...
    La charge de travail peut varier, j'en conviens (encore que Voltaire est beaucoup plus subtil et polysémique qu'on voudrait nous faire croire...) Ultimement, c'est la richesse, ou la pauvreté du texte qui conditionnent la lecture. Cela dit, lire est une chose beaucoup plus complexe, variable et stimulante que ces grands principes de lecture énoncés un peu bêtement, mais j'aime bien tout entreprendre avec des principes, quitte à ne plus les suivre éventuellement.
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