Arrêter la khâgne à la fin du 1er semestre ?

Bonsoir à tous,

Je suis actuellement en khâgne classique dans une bonne prépa parisienne.
Je souhaiterais par la suite faire des études de lettres modernes, je me suis d'ailleurs inscrite pour une équivalence à Paris IV dans cette licence.

Cette année ne se passe pas très bien pour moi et je la vis extrêmement mal pour plusieurs raisons.
Sur le plan scolaire, j'ai un niveau en latin extrêmement faible, j'ai commencé cette langue en hypokhâgne et j'ai énormément de lacunes que j'ai beaucoup de mal à rattraper avec la somme de travail qui s'accumule dans les autres matières. Je ne parviens pas à progresser correctement et je me sens complètement perdue pendant les cours.

Je suis par ailleurs d'une nature extrêmement angoissée, l'année d'hypokhâgne avait déjà été extrêmement éprouvante pour moi de ce point de vue-là si bien que j'ai longuement hésité avant de continuer en khâgne, j'ai malgré tout voulu poursuivre car je pensais que je me sentirais plus épanouie en khâgne une fois le cap de la 1ère année passé , mais le fait est que je supporte très mal la pression (pas tant celle que les profs nous mettent que celle que je m'inflige à moi-même) et que cela m'empêche d'avancer correctement dans mon travail. Je ne suis pas du tout épanouie dans ce que je fais, et j'ai l'impression que tout le travail que je fournis est totalement contre-productif.
Je me sens complètement dépassée , je ne parviens pas à trouver du sens à tout ce que je fais, et la perspective du "concours" ( qui est complètement hors de ma portée, et je ne dis pas cela pour me dévaloriser mais je le pense sincèrement au vu de mes résultats), ne m'offre pas une source de motivation.

Je ne me sens pas capable d'aller jusqu'au bout de la khâgne, et je souhaiterais savoir s'il est possible de rejoindre une L2 de lettres modernes en cours d'année ( après le concours blanc de décembre donc). Devrais-je repasser des examens? Cela pose-t-il des problèmes administrativement? Surtout, et je dois dire que c'est ce qui m'inquiète le plus, cet "abandon" de la khâgne peut-il porter préjudice à mon cursus ultérieur ?

Je remercie par avance les personnes qui pourront m'apporter des informations à ce sujet,

Réponses

  • Tout d'abord, deux choses :
    - d'un point de vue administratif, il faut que tu ailles voir au plus vite Paris IV pour leur exposer ta situation et leur demander ce qui est possible.
    - d'un point de vue, disons stratégique, je dirais que, si tu ne comptes pas avoir l'ENS, c'est l'hypokhâgne qui est l'année la plus formatrice, puisque tu y reprends la méthode et que tu y fais vraiment tes humanités. Autrement dit, je ne pense pas que ça te porte préjudice de ne pas continuer en khâgne.

    Certes, tu vas avoir un concours à passer par la suite, puisque j'imagine que tu envisages une carrière dans l'enseignement, mais tu as plusieurs années pour apprendre à mieux gérer la pression. Il semblerait que tu ne sois pas heureuse en khâgne, et je crois que c'est une question qu'il faut se poser et qu'on ne nous apprend pas à nous poser en prépa. Si tu es sûre que tu ne peux pas être heureuse dans ce système, il faut avoir le courage d'en sortir et au plus vite, donc dès ce semestre si c'est possible administrativement. Autrement, il faut que tu finisses l'année afin d'obtenir les équivalences...
  • Je te remercie pour ta réponse :) .
    Je vais tâcher de me renseigner auprès de Paris IV pour prendre connaissance des possibilités qui s'offrent à moi.
    J'aimerais en effet dans l'idéal me diriger vers l'enseignement, et je suis consciente que je vais devoir apprendre à dépasser cette pression, mais je pense qu'elle s'atténuera si je suis dans un cursus dans lequel je me sens plus épanouie (même si avec un recul suffisant je ne regretterai certainement pas d'être passée par la prépa, qui reste une expérience très formatrice) .


    Cependant dans l'éventualité où je doive aller au terme de mon année, je me posais une question:
    L'accord des équivalences est-il automatique à la fin de la khâgne, même si les résultats ne sont pas bons (en supposant qu'on soit malgré tout resté sérieux et qu'on n'ait pas accumulé d'absences à outrance) ?
  • Attention ! Il n'est pas sûr que tu t'epanouisses davantage en fac.
    Sincèrement je te conseille au moins de finir l'année scolaire.
    La khâgne est pour moi plus formatrice que l'hypokhâgne et le fait de passer un concours plus difficile que l'agrégation est un bon entraînement.
    Peut-être traverses-tu seulement un passage à vide.
    Enfin, bien sûr, nul n'est mieux placé que toi pour décider.
    En principe, et surtout si tu es dans une grande prépa parisienne, tu obtiendras tes équivalences.
    Bon courage !
  • Si tu rejoins la fac (dans ton cas ça me semble quand même souhaitable), attention au "choc" de la transition qui peut être aussi très déstabilisant psychologiquement.On se sent un peu perdu et livré à soi-même, avec peu de cours, beaucoup de monde dans ces cours, et tant d'autonomie qu'on est un peu démuni par rapport à la prépa. ça fait souvent cet effet là en rejoignant une L3, j'imagine que c'est encore plus vrai en milieu d'année. C'est à prendre en compte aussi.
  • En effet, il faut penser au choc de transition, mais aussi aux différences disciplinaires entre le deuxième semestre de L2 et la khâgne (présence de l'ancien français et de la littérature médiévale, par exemple), si ce passage en cours d'année est du moins possible.
    Selon l'université, lorsqu'on arrive en L3 après une khâgne, on peut bénéficier d'un stage de pré-rentrée dans les matières qui ne sont pas abordées ou peu abordées en prépa, ce qui n'est pas le cas d'un transfert effectué en cours d'année.
  • Les équivalences ne sont pas automatiques .
    Tu l'obtiendras sans souci si tu viens régulièrement en cours, si tu donnes le sentiment que tu travailles un peu et si tes notes en français sont correctes ( si tu vises lettres modernes ). On te pardonnera en revanche d'autres notes plus faibles dans des matières sans rapport avec la L2 de lettres modernes .
    C'est ce qui s'est passé dans ma khâgne l'an dernier : tous les élèves "sérieux " et ayant quelques résultats satisfaisants ont obtenu leur équivalence L2; en revanche les fumistes, absentéistes etc ... ont eu quelques mauvaises surprises ...

    Pour la question d'arrêter la khâgne en cours d'année, je peux te dire que j'en étais au même point que toi à la même époque l 'an dernier . J'étais en grec débutant en hypokhâgne avec de très bons résultats ; en khâgne , mélangée avec les grecs confirmés , les débuts ont été très durs et pourtant j'ai progressé au cours de l'année et obtenu une note honorable au concours . De plus , les langues anciennes sont des matières où le travail paye . Pour le reste , cette époque de l'année où la fatigue s'accumule et où on ne voit pas le bout du tunnel est très dure . Et pourtant tu ne peux pas imaginer à quelle vitesse ça va aller, tu vas te retrouver au concours sans avoir réalisé que c'était déjà fini ! Et dans mon cas , les notes ont globalement progressé dans toutes les matières au fil de l'année pour finalement être bien meilleures encore au concours .
    Enfin, si tu bloques sur le latin , as-tu envisagé de présenter Lyon au lieu d'Ulm ? Il est encore possible de rattraper le programme de géographie à ce stade .

    Bon courage !
  • Ascagne a écrit:
    En effet, il faut penser au choc de transition, mais aussi aux différences disciplinaires entre le deuxième semestre de L2 et la khâgne (présence de l'ancien français et de la littérature médiévale, par exemple), si ce passage en cours d'année est du moins possible.
    Selon l'université, lorsqu'on arrive en L3 après une khâgne, on peut bénéficier d'un stage de pré-rentrée dans les matières qui ne sont pas abordées ou peu abordées en prépa, ce qui n'est pas le cas d'un transfert effectué en cours d'année.

    Je pense que tu as raison de le signaler, car il arrive peut-être que ce décalage pose problème, mais pour avoir moi-même fait une L3 de lettres modernes l'an dernier après une khâgne et ce sans bénéficier d'aucun stage de cette espèce, je dois dire que je n'ai rencontré aucune difficulté de ce côté - tout simplement parce que l'ancien français n'était pas obligatoire en L3 et ne semblait pas l'avoir jamais été dans les années précédentes, pas plus que le latin d'ailleurs. Cela dit, je n'étais pas à Paris IV et je crois que l'apprentissage de l'ancien français y est plus régulier dès la L1 que dans mon université. Mais je connais aussi des gens qui sont arrivés en L3 à Paris IV sans faire de stage d'ancien français, qui ont dû rattraper un peu de retard avec un manuel, mais rien d'insurmontable non plus. Je le précise simplement pour que Delferis ne s'angoisse pas trop à ce sujet, mais je maintiens que tu as eu raison d'en parler !
  • Toutes les universités ne proposent pas, en effet, le même cursus pour l'ancien français et la littérature médiévale.
    Il est de bon conseil d'inviter Delferis à regarder ce qu'il en est là où elle songe aller au S2.
    tout simplement parce que l'ancien français n'était pas obligatoire en L3 et ne semblait pas l'avoir jamais été dans les années précédentes, pas plus que le latin d'ailleurs
    C'est assez curieux... Pour ma part, je trouve utile et bénéfique le fait de pouvoir étudier la langue et la littérature médiévales dès la L2, notamment pour les étudiants qui passeront les concours ensuite, mais aussi dans une perspective générale. Je n'écris pas seulement cela pour défendre l'une de mes chapelles (les deux autres étant le latin et le grec, dans l'absolu).
  • Je suis tout à fait d'accord pour dire que c'est non seulement curieux mais potentiellement dommageable pour celles et ceux qui passeront l'agrégation plus tard : il est difficile de se donner la discipline de faire du latin et de l'ancien français régulièrement sans avoir de cours obligatoire... C'est un choix assez difficile à comprendre pour une fac de lettres.

    En tout cas, pour revenir au sujet initial : Delferis, je te conseille en effet de te renseigner dès que possible sur le cursus que tu pourrais rejoindre à l'université. Cela dit, je viens tout juste de discuter avec une amie qui a été très malheureuse au début de la khâgne, et qui a fini par s'y plaire en persévérant malgré tout (et accessoirement par avoir un concours, mais c'est une autre histoire). La transition avec la fac, après la prépa, est parfois difficile, il ne faut donc pas l'idéaliser. Mais tu seras en mesure de prendre une décision en décembre, car l'année sera déjà bien entamée, et tu as raison de faire les démarches dès maintenant au cas où ton impression se confirmerait d'ici là. Bon courage d'ici là !
  • Bonjour.

    Je suis à Paris IV en M1 de Lettres classiques, et j'ai rejoint la fac en L3 après une Khâgne. Mais la présence de cours communs entre les Lettres modernes et les Lettres classiques me permet de connaître un peu ce qui se passe dans le cursus de Lettres modernes.

    Pour répondre à ta question : oui, c'est tout à fait possible de rejoindre la fac pour le deuxième semestre de L2. Je connais des gens qui l'ont fait (mais j'ai perdu contact avec eux donc je ne pourrai pas te fournir leur témoignage). Je ne peux pas te donner les détails de la procédure, contacte Paris IV, ils t'indiqueront quoi faire.

    Est-ce que tu as raison de le faire ? Je pense que tu dois en juger. Rester dans un cursus qui te rend malheureuse n'est pas productif, et avoir arrêté la Khâgne ne te portera pas préjudice à condition que tu sois sereine face à cette décision et que tu n'en fasses pas une source de culpabilité (mais je te laisse juger, c'est toi qui sais comment tu sens les choses).

    De manière plus pragmatique, pour savoir à quoi t'attendre, tu peux consulter les brochures qui sont en ligne sur le site de l'UFR de Littérature française et comparée : http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/Brochure_Lettres_modernes-_LM_FLE_2016-2017-2.pdf. Comme tu peux le voir, en option A (qui est l'option orientée vers les concours de l'enseignement), il y a un pan littéraire et un pan linguistique de l'étude du français. Cette partie "langue française" peut te déstabiliser (d'autant plus qu'à Paris IV l'ancien français est obligatoire en L2, mais optionnel en L3). Mais sache qu'il existe un système de tutorat : ce sont des cours de soutien en accès libre, et les tuteurs sont des étudiants de master ou encore plus avancés. Tu pourras y aller si tu rencontres des difficultés. Il y a de même obligation de suivre un cours de latin, qui peut être un cours de langue (il y a un cours pour les débutants même en 2ème année) ou un cours de civilisation latine, avec des textes en traduction. Mais si tu comptes passer un concours de l'enseignement il vaut mieux suivre le cours de langue. De même, il y a en latin un système de tutorat (je fais moi-même partie des tuteurs de latin de Paris IV pour 2016-2017).

    Voilà, personnellement j'ai adoré débarquer à la fac après mon année de khâgne, si tu passes le pas (après t'être sortie des questions administratives qui sont le pire de la fac !) j'espère que tu t'y épanouiras. N'hésite pas à me contacter si besoin. (Je suis nouvelle sur le site, je ne sais pas s'il y a un système de messagerie ?)
  • (Il y a un système de messagerie. Bienvenue Thaumasia ! :) )
  • Tu pourrais essayer d'aller suivre un cours à la fac avant de prendre une décision définitive: lorsqu'on est en prépa (je sais de quoi je parle, j'y suis et moi non plus je ne m'y sens pas particulièrement bien), la fac devient un espèce de fantasme, un eldorado dans lequel on pense pouvoir s'épanouir parfaitement...
  • latucancita a écrit:
    Je suis tout à fait d'accord pour dire que c'est non seulement curieux mais potentiellement dommageable pour celles et ceux qui passeront l'agrégation plus tard : il est difficile de se donner la discipline de faire du latin et de l'ancien français régulièrement sans avoir de cours obligatoire... C'est un choix assez difficile à comprendre pour une fac de lettres.
    Ce n'est pas forcément un choix volontaire, j'imagine, notamment de la part d'universités plus "petites". C'est effectivement problématique par rapport aux concours, mais aussi gênant dans la perspective générale. En lettres françaises, à mon avis, il est bon de forcer à faire au moins un peu de latin et de littérature antique (au moins traduite bien sûr) et un peu d'ancien français et de littérature médiévale. ;)

    Bon courage pour la suite Delferis !
  • Je vous remercie à tous pour vos réponses, et m'excuse de ne pas avoir pu répondre plus tôt, la reprise a été particulièrement intense!
    Je me suis donc renseignée, il est tout à fait possible de rejoindre la faculté au terme de ce 1er semestre. Je tâcherai de trouver le temps pour aller assister à quelques cours et savoir à quoi m'attendre. Je me laisse jusqu'à la fin du semestre pour mûrir mon choix.
    Après le fait de devoir rattraper des matières comme l'ancien français ne me pose pas problème, au contraire j'aimerais beaucoup étudier la littérature médiévale que j'ai très peu vue en prépa ;) .

    Ce n'est pas tant les cours de la fac que j'idéalise que l'autonomie de travail que je pense pouvoir en tirer, j'ai beaucoup de mal à supporter le "travail guidé" imposé par le programme obligatoire en khâgne qui m'empêche d'approfondir l'étude de la littérature autant que je le voudrais. J'ai pourtant des cours tout à fait intéressants, certains professeurs passionnants , mais je ne supporte plus d'étudier différentes matières pour lesquelles j'ai des intérêts trop inégaux dans la perspective qui est celle du concours, en sachant de toute façon déjà que je ne veux pas khûber et que je rejoindrai une L3 quoi qu'il en soit à l'issue de cette année.

    Ce qui m'inquiète, c'est surtout que j'ai des écarts de niveaux vraiment trop importants entre les disciplines qui me laissent très perplexe, alors j'ai l'impression d'aller droit dans un mur ... J'obtiens de bons résultats en littérature, mais je suis vraiment très loin derrière en latin, les cours sont trop difficiles à suivre avec mon niveau actuel je ne parviens pas à en tirer profit, je désespère de pouvoir rattraper ce retard en quelques mois, même en essayant de le travailler régulièrement.

    J'ai bien conscience que l'année ne s'étend plus que sur quelques mois, mais je ne prends vraiment plus aucun plaisir à étudier tel que je le fais actuellement, il me semble que je ne progresse pas, j'ai l'impression de mener vainement une course contre le temps ce qui me désespère vraiment et m'empêche d'avancer ... Mais j'ai peut-être aussi besoin de prendre un peu de recul par rapport à mon travail, j'ai souvent tendance à dramatiser un peu la situation , surtout en cette période de l'année. Je serai sûrement plus éclairée en décembre,une fois cette échéance passée .
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